Critique de livre : « Générations Sonic : L’élégance d’un hérisson bleu »

Générations Sonic : L’élégance d’un hérisson bleu

Genre : Livre
Auteur(s) : Benjamin BENOIT
Éditeur : Third Editions
Langue : Français
Sortie France : 20/09/2018
Prix : 24€99 ici

Caractéristiques

Pages : 301
Format : 160 mm × 240 mm
Couverture : cartonnée

 

Site Web Officiel

 

Tout comme l’ouvrage dédié à son rival, « Générations Sonic : L’élégance d’un hérisson bleu » est un beau livre solide avec une couverture rigide à l’image de la mascotte de SEGA, un papier épais de qualité sur lequel il est agréable de passer ses doigts et qui ne contient aucune erreur d’impression, à l’exception de très rares fautes de frappe, ainsi qu’un marque-page. Malheureusement, toujours aucune illustration pour retracer le parcours atypique de ce personnage pas comme les autres.

Le résumé de la quatrième de couverture met en avant les deux éléments qui vont sans cesse revenir lors de notre lecture : la concurrence face à Mario (qui engendrera de nombreuses comparaisons) et le « déplaisir » face à cette saga qui oscille entre formidables réussites et échecs monumentaux. Avec cette promesse implicite de s’attarder sur les ratés de la franchise, le seul auteur de cette véritable encyclopédie, Benjamin BENOIT, ne prend-il pas le risque de faire précisément ce qu’il met en avant dans ses diverses analyses, à savoir créer le doute et engendrer une forme de méfiance face à cet objet transmédia dédié à Sonic, comme c’est le cas pour chaque annonce de nouveau jeu impliquant le hérisson le plus connu du monde vidéoludique ?

 

Avec ses huit chapitres, renommés « zones » afin de coller au mieux à l’univers de Sonic, le livre ne compte pas moins de 301 pages. Dans la première, « Créations » (39 pages), on fait un retour sur l’évolution de la saga à travers le temps pour voir comment elle s’adapte selon les consoles et leurs contraintes. La seconde, « Jeux canoniques » (71 pages), propose une analyse extensive de la genèse de la célèbre mascotte avec la trilogie en 2D sur Mega Drive qu’on ne présente plus. Puis, du passage à la 3D avec les Adventures sur DreamCast et Heroes qui arrive sur la GameCube de Nintendo. On s’intéresse ensuite aux années 2000 qui signent le début de la descente aux enfers pour le hérisson bleu avec des titres tels que Shadow the Hedgehog, Sonic the Hedgehog 2006, ou encore Unleashed. Ce sont alors les titres qui touchent notre fibre nostalgique qui sont mis en avant avec Colours, Sonic the Hedgehog 4, et bien sûr Generations. On oscille ainsi entre bons et mauvais jeux dans ce que l’auteur, les critiques et les fans appellent le « Sonic Cycle », c’est-à-dire un constant va et vient entre échecs et réussites que l’on peut illustrer avec les récents Boom (-), Mania (+), et Forces (-).

C’est très logiquement que l’on s’attaque après aux « Jeux dérivés » (31 pages) dans le troisième chapitre, qui met évidemment en lumière tous les rôles que Sonic a pu endosser et les genres qu’il a pu expérimenter : jeux de rôle (Chronicles : The Dark Brotherhood), de combat (The Fighters, Battle, Super Smash Bros.), de courses (R, All-Stars Racing Transformed), de flipper (Spinball), de société (Shuffle), ou encore de sports (tous les Mario et Sonic aux Jeux Olympiques), pour ne pas citer toutes les autres bizarreries ou jeux façon Tamagotchi. La quatrième partie, « Sonic, objet de transmédia » (28 pages), est l’une des plus intéressantes, car elle fait ce que l’ouvrage dédié à Mario ne fait pas : parler de toutes les plateformes et de tous les supports sur lesquels la mascotte de SEGA s’est déclinée. De là, on arrive aux zones 5 à 7 — « L’univers Sonic à réalité variable » (12 pages), « Musiques » (23 pages), et « Analyses » (32 pages) —, qui s’intéressent à la construction du monde du hérisson bleu ainsi qu’à la réflexion derrière les environnements de la franchise : son ambition écologique ; son mélange des genres ; son utilisation abusive des « shitty friends » ; toutes les fantaisies de ses fans, à qui l’auteur donnera l’occasion de s’exprimer, car qui de mieux que les passionnés pour parler de leur mascotte préférée ?

L’ouvrage se termine par une section malheureusement peu développée, « Héritages » (7 pages), qui contraste avec toutes les autres par son manque de contenu. Là où on aurait voulu voir comment Sonic s’est ancré dans la culture moderne, par exemple à travers des caméos dans diverses productions tels que « Les Mondes de Ralph » au cinéma, et a influencé d’autres jeux, on a finalement que peu de points de comparaison. Un petit bémol, donc.

 

 

Le volume est rédigé dans un niveau de langue très soutenu avec de nombreux mots techniques qui ont toujours une explication dans le but de ne pas perdre les néophytes en cours de lecture. La différence avec l’ouvrage dédié à Mario, c’est que le ton est moins sérieux. En effet, Benjamin BENOIT se permet de faire des blagues, quelques apartés, d’apporter des touches d’ironie par-ci ou des remarques personnelles par-là en exposant ses propres goûts, et donc, en donnant son avis subjectif. Certains lecteurs apprécieront cette légèreté pour la proximité qu’elle apporte avec l’auteur, mais d’autres trouveront que l’humour dessert une œuvre telle que celle-ci, et que le manque d’objectivité — surtout lorsqu’on s’éloigne du sujet principal dans une digression — entache un peu le tout, car c’est dans la nature même d’un travail de recherche d’être le plus neutre possible.

À l’instar de « Générations Mario : C’est l’histoire d’un plombier… », les redites sont, ici aussi, bien présentes. Néanmoins, là où elles étaient utilisées avec parcimonie pour retracer l’histoire de la mascotte de Nintendo et faire quelques piqûres de rappel, ce n’est pas le cas pour celle de SEGA. En effet, là où le premier livre — il faut le souligner — de Benjamin BENOIT pèche, c’est par le manque d’esprit de synthèse. Bien que le choix de la structure du livre est logique et qu’une analyse de chaque opus est effectivement très intéressante, cela pousse l’auteur à se répéter à de nombreuses reprises. Ainsi, la lecture peut parfois devenir rébarbative, car on a l’impression d’avoir déjà lu deux ou trois fois, si ce n’est plus, la même chose. Cela est bien dommage, car ces répétitions mettent très souvent l’accent sur les aspects négatifs en passant par les échecs de la saga, ce qui ne donne pas forcément envie — que ce soit aux fans les plus passionnés ou aux personnes curieuses de découvrir ce personnage souvent qualifié comme étant l’un des plus « cools » de par son attitude — de continuer à feuilleter le livre. Après tout, qui a envie qu’on détruise ses tendres souvenirs d’enfance ?

 

Malgré les paragraphes précédents qui s’attardent, pour certains, sur des détails ouverts aux débats, croire que « Générations Sonic : L’élégance d’un hérisson bleu » est un mauvais livre serait une grave erreur, car cela impliquerait ne pas reconnaître l’immense travail de recherche ainsi que la diversité derrière ce projet très ambitieux qui touche à tout. Il suffit de jeter un œil aux notes de bas de page ainsi qu’à la bibliographie pour se rendre compte de toutes les sources que le rédacteur a décortiqué dans le but de nous proposer cette rétrospective. Alors, oui, le livre s’attarde beaucoup sur les ratés de la franchise, mais il a le mérite d’être franc et de prendre en considération l’ensemble de la carrière de Sonic. C’est précisément là où Benjamin BENOIT brille et surpasse ses confrères à l’origine de l’histoire du plombier. En effet, il ne s’intéresse pas uniquement aux révolutions apportées par le hérisson, mais aussi à sa faculté à innover et à expérimenter, là où Mario se repose finalement sur un concept solide qui se voit agrémenté de nouveautés globalement bien reçues.

De plus, l’auteur met l’accent sur Sonic en tant qu’objet transmédia, ce que ses collègues, Alexis BROSS et Loup LASSINAT-FOUBERT, n’ont absolument pas pris en compte malgré tous les produits dérivés possibles et imaginables. Benjamin BENOIT, lui, l’a fait. Des comics aux dessins animés en passant par la page Twitter de Sonic, aux nombreux memes circulant sur la toile, qui pullulent d’ailleurs d’œuvres de fans (fictions, hack-roms, illustrations, etc.) sur divers réseaux et sites dédiés, sans oublier probablement l’un des éléments les plus importants, car c’est celui qui a défini la marque Sonic pour beaucoup de joueurs — les musiques ! — : tout est pris en compte avec plus ou moins de détails afin de montrer à quel point le hérisson bleu s’est ancré dans la culture pop moderne, surpassant son statut initial de mascotte d’une saga et, de manière plus générale encore, de mascotte de SEGA.

« Générations Sonic: L’élégance d’un hérisson bleu » est une véritable encyclopédie dédiée à la mascotte de SEGA. Le ton adopté dans cette rétrospective se veut plus légère afin d’accompagner Sonic, l’incarnation du « cool » depuis sa création en tant que concurrent de Mario. Bien que ce choix divisera les lecteurs, il n’en demeure pas moins que l’auteur réalise ici un incroyable travail fourmillant de sources diverses et touchant à tous les médias possible et imaginables, qu’ils soient officiels ou inventés par les fans les plus passionnés. On regrettera le manque d’esprit de synthèse mettant l’accent sur les échecs de la saga, car même s’il fallait revenir sur les loupés de Sonic afin d’être le plus exhaustif possible, les redites ternissent un peu le plaisir de la lecture ainsi que l’image du hérisson bleu. Toujours est-il que certaines « zones » du livre valent le détour, notamment celles qui reviennent sur la création du personnage, des niveaux les plus emblématiques, et des mélodies les plus marquantes.

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