Test : AER Memories of Old sur Nintendo Switch

AER Memories of Old

Genre : AVENTURE, CASSE-TÊTE
Langues : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Japonais, Coréen, Portugais, Russe, Chinois
Développé par Forgotten Key
Édité par Daedalic Games
Sortie France : 28/08/2019
Prix : 19,99€ sur l’eShop
Taille : 1154,48 Mo
Joueurs : 1 Joueur
Age minimum : 3 Ans

Site Web Officiel

Si comme 99% de la population vous avez déjà rêvé d’être un oiseau, pour faire cui-cui, voler super haut et être libre comme le vent, alors AER Memories of Old est fait pour vous. Développé par le regretté studio indépendant Forgotten Key, qui a dû fermer ses portes en début d’année, leur titre phare nous parvient sur Nintendo Switch, comme un cadeau posthume.

Vous y incarnez Auk, une jeune femme du Peuple du Ciel effectuant le Pèlerinage. À la suite d’un grand cataclysme, le monde dans lequel vous évoluez où vivaient en paix les hommes et les dieux est désormais un amas d’îlots flottants. Lors de la Grande Dislocation, une prêtresse nommée Karah parvint, à force de prières, à sauver son peuple. Première étape de votre voyage : aller vous recueillir devant son Autel. Une simple formalité qui prend cependant une tournure étrange. Alors que vous alliez partir après votre hommage, la lanterne de la statue se met à briller. La saisissant, vous vous trouvez transporté dans un lieu sombre où rôde une créature menaçante. La vision s’arrête. La caverne s’écroule. Vous courez vers la sortie et commence alors votre aventure.

Le gameplay est très simple. Étant avant tout un jeu d’exploration et de découvertes, il n’offre pas plus qu’un bouton de saut, qui partage aussi la fonction de bouton d’interaction avec les quelques PNJ présents. Là où ça devient intéressant, c’est que Auk, la protagoniste, est ce qu’on appelle une Changeuse. Elle peut, à volonté, se transformer en oiseau d’un claquement de doigt (en l’occurrence, d’une seconde pression du bouton saut une fois en l’air).

On passe de la forme humaine à la forme animale en un instant, c’est aérien, beau et sans accroc. Cependant cette mécanique originale n’est utilisable qu’en extérieur, et n’entrera jamais dans la résolution des diverses énigmes qui constituent les donjons. Un choix étrange puisque ces derniers, trois au total, sont faits de puzzles déjà vus partout ailleurs. Et si le level design est intéressant d’un point de vue artistique, les rares moments de difficulté proviennent surtout de l’absence de carte et de boussole pour se repérer à l’intérieur.

Alors on tourne en rond, espérant découvrir un secret mais rien. C’est d’ailleurs l’étrange paradoxe de ce jeu. Si l’overworld offre une sensation de liberté, de mouvement comme d’exploration, l’histoire est très linéaire. Il n’y a pas d’évolution de gameplay tout au long de l’aventure, et bien que petite, la carte parvient tout de même à rester vide. Quelques endroits spécifiques vous en apprendront plus sur l’histoire du jeu mais 90% des îlots n’ont pas d’intérêt spécifique.

AER Memories of Old est en revanche très réussi du point de vue de sa direction artistique. Tout en low poly avec des jeux de lumière très sympathiques en extérieur comme en intérieur, les graphismes sont réussis et vivants. Une attention toute particulière est portée aux détails. La façon qu’ont les vêtements d’onduler, le mouvement de l’eau quand vous marchez dedans, la façon dont bruissent les ailes ou tout simplement la facilité des animations lors de vos transformations; couplé à un sound design particulièrement efficace, nous avons ici un jeu très satisfaisant qu’il conviendra de faire avec un casque sur les oreilles pour une petite séance d’ASMR aérien.

Côté bande-son, Cajsa Larsson a fait un très beau travail. Tantôt légère et enjouée, tantôt froide et oppressante, la musique s’ajoute parfaitement à l’histoire du jeu. Encore plus agréable est le mécanisme qui fait que la piste gagne un ou deux instruments en plus quand vous vous envolez, ajoutant à l’épique de la situation. Un jeu à D.A. comme l’ont pu être Rime, Fe, où l’expérience de jeu se fait surtout avec les sens. On y trouve cependant l’écueil qu’ont beaucoup de titres du genre, à savoir que le gameplay n’offre rien de neuf. Triste aussi de voir que la Switch peine à faire tourner AER sans ralentissement, jusque dans les cinématiques.

L’aventure se termine en trois heures. C’est court, très court. Et frustrant puisque quand l’on sent l’histoire arriver à un tournant, c’est la fin. Trois donjons se finissant en peu de temps, un univers minimaliste, une fin tenant plus de la cinématique interactive que d’une réelle phase ludique.

Alors oui, le titre est purement contemplatif et c’est une expérience comme une autre mais raconter une aventure au travers d’un gameplay simple n’est efficace que si l’histoire racontée a le temps de s’ancrer en nous avant la fin. Hollow Knight par exemple opte pour le même genre de narration diffuse : on découvre le récit des événements au travers de tablettes disséminées dans le jeu, via quelques dialogues et le puzzle se remonte à l’envers. Mais Hollow Knight demande plusieurs dizaines d’heures avant d’être fini. Ici, au bout de trois, tout s’arrête et le scénario du jeu semble trop grand pour rentrer dans une boîte si petite.

AER Memories of Old est fait pour vous transporter un petit moment dans un univers fantastique. Et on sent toute la volonté d’immerger le joueur. Les graphismes sont très beaux, la bande-son reste en mémoire et les ambiances sont très réussies. Mais il est dommage que cela se fasse au détriment d’un gameplay somme toute basique et surtout d’une narration qui ne laisse pas le temps au joueur de s’en imprégner. Un jeu inégal mais qui a le mérite de proposer tout de même une expérience très agréable.

Test réalisé par Pupitilop sur une version offerte par l’éditeur
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