Test : Alien Isolation sur Nintendo Switch

Test : Alien Isolation sur Nintendo Switch

Test : Alien Isolation sur Nintendo Switch

Genre : FPS, Survival-Horror
Langues & Sous-titres : Multilingue
Développé par Feral Interactive
Édité par Sega Europe Limited
Sortie France : 05/12/2019
Prix : 34,99€ sur l’eShop
Taille : 18161.00 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 16+

Site Web Officiel

La saga Alien fascine depuis ses débuts il y a quatre décennies. Mêlant horreur et science-fiction, elle inspire aussi bon nombre d’adaptations vidéoludiques. Le dernier jeu en date, Alien Isolation, est sorti en 2014 sur Playstation 3 et Xbox 360, puis en version remasterisée sur Playstation 4 et Xbox One. Remarqué de par sa réalisation rétro-futuriste, il s’oriente vers le survival horror et non vers l’action pure et dure. Contre toute attente, le voilà qui débarque ce mois-ci sur Nintendo Switch sous l’impulsion de Feral Interactive.

Alien Isolation se distingue par sa place dans la chronologie des films. En effet, il rend directement hommage au tout premier film, Le Huitième Passager (1979), en agissant comme une sorte de suite. Quinze ans après les événements ayant conduit à la destruction du vaisseau Nostromo, Ellen Ripley est en biostase, à la dérive à bord d’une navette de sauvetage. Même si elle est supposée être morte, sa fille Amanda espère pourtant la retrouver vivante.

Cette dernière apprend que la boîte noire du Nostromo a été localisée et qu’elle se situe dans le port spatial Sébastopol. Afin d’en savoir plus sur le sort de sa mère, elle s’y rend en compagnie de Christopher Samuels, un androïde des industries Weyland, et de Nina Taylor grâce au Torrens. Arrivés sur place, ils découvrent une station endommagée. De plus personne ne répond à leurs appels. Ils décident alors d’enquêter et d’accéder au Sébastopol par l’espace. Mais un incident les sépare et Amanda se retrouve seule dans la station…

Alien Isolation est un jeu en vue FPS. Nous incarnons donc Amanda qui enquête et tente de survivre à bord de la station Sébastopol. La toute première heure de jeu est longue car nous apprenons à manier notre personnage. De plus, les événements du scénario se mettent en place progressivement. Tel un film, il y a une phase de découverte avec ces protagonistes qui nous suivront jusqu’à la fin. Puis vient la catastrophe qui force Amanda à être séparée du reste du groupe.

La voici livrée à elle-même dans un spatioport dévasté. Cadavres, murs maculés de sang, appareils endommagés, incendies, portes bloquées… Le mot « isolation » prend tout son sens car nous sommes coupés de tout et seuls face à une menace invisible. L’angoisse commence à naître.

Pourtant, le xénomorphe n’apparaît pas tout de suite. Ce sont les humains qui font d’abord office d’obstacles. Les survivants ne sont pas tous accueillants, et des androïdes mauvais sont aussi de la partie. Il faut apprendre à activer des mécanismes (moniteurs, boutons…) et à se faufiler par les conduits d’aération.

Crafter à une part d’importance. Les kits de survie, torches, détecteurs et autres pièges ne se trouvent pas en libre service. Il faut ainsi collecter les matériaux nécessaires. Enfin, des armes tels que des marteaux, pistolets ou lance-flammes procurent un sentiment de sécurité. Mais cela ne se passe pas vraiment de cette façon. Dès la mise en scène de l’alien, il n’y a plus aucun doute. L’affronter est inutile. L’action pure et dure ne nous mènera nulle part. Pour survivre, il faut être rusé, silencieux et se cacher.

L’infiltration est au rendez-vous. Le moindre bruit est synonyme de mort, car le xénomorphe rôde. Dans un conduit d’aération ou au plafond, il écoute, renifle, et ressent. Chacun de nos mouvement se doit d’être précis. Courir est interdit, à moins de vouloir se suicider. Un placard ou le dessous d’une table peuvent éventuellement être de bonnes cachettes si jamais nous sommes pris en chasse.

Les morts sont violentes et brutales. Le moindre faux pas est radical. L’alien nous embroche avec sa queue tranchante ou, au contraire, nous explose la tête avec sa mâchoire d’acier. Heureusement, il existe un système de sauvegarde. Ce sont des téléphones, disséminés dans toute la station, qui font office de points de passage.

Cependant, ils ne sont pas très pratiques. D’une part, ils sont longs à activer. D’autres part, leur position est hasardeuse. Certains d’entre eux sont placés à un point de rencontre avec l’alien. Nous fonçons donc tête baissée dessus, et nous nous faisons bêtement tués. Parfois on se demande si sauvegarder à ce moment nécessite autant de risque.

L’IA est satisfaisante mais il lui arrive de faire agir les ennemis de manière étrange. Autant ce sont des aveugles (on passe tranquillement à côté si on est accroupis et un minimum dans la pénombre), autant ce sont des génies (ils anticipent nos mouvements avec précision).

Mais de manière générale, l’IA est plutôt évolutive. Elle tombera dans nos pièges les deux ou trois premières fois mais ne recommencera pas. Lancer un leurre dans une direction peut, à la longue, se retourner contre nous. Le détecteur de mouvement nous indique où sont nos adversaires, mais cela les attire!

On sent que le premier film de Ridley Scott est l’influence principale d’Alien Isolation, et ce jusqu’aux décors. L’atmosphère rétro-futuriste est au top avec ses vieux écrans, lumières et combinaisons qu’on n’oserait même plus montrer dans un film de science-fiction. L’intérieur de la station Sébastopol rappelle énormément celui du Nostromo. Il fourmille de petits détails qui apportent beaucoup de réalisme. On retrouve aussi de spectaculaires effets de lumière ainsi que les inévitables lens flares.

Le jeu tourne à 30 fps, aussi bien en mode docké qu’en portable. Il n’y a quasiment pas de chute de framerate. Les personnages sont très bien faits et ne pixelisent pas. L’alien est le plus effrayant et n’a pas été raté. Grand, rapide, froid… il est imposant et dangereux. Noir comme les ombres, on a l’impression de le voir dans les moindres recoins. Il inspire une nouvelle fois la crainte. Une chose est sûre : on n’aimerait pas l’avoir en face de nous !

Graphiquement, c’est impeccable. Niveau son, ça l’est aussi. Les musiques sont tirées du films mais restent plutôt rares, pour mettre en avant les différents bruits et effets. Cela favorise encore plus l’immersion. Tout est fait pour attirer notre attention et nous mettre sur nos gardes. Voix, respiration, pas, grincement, chutes d’objets, tôle froissée… rien n’est laissé au hasard.

Pour finir, nous avons un doublage français de qualité avec notamment Eric Legrand pour Samuels (Vegeta…) ou encore Laura Blanc pour Amanda (Kate Beckinsale, Jennifer Garner…).

Le scénario principal offre une bonne durée de vie de 20-25 heures. En plus de cela, cette version d’Alien Isolation contient tous les DLC sortis à ce jour. Nous avons différents modes et scénarios nous transportant au sein du Nostromo. Dans « L’équipage peut être sacrifié », nous revivons les événements qui suivent la mort de Brett dans Le Huitième Passager en incarnant Parker ou Dallas.

Dans « Dernière survivante », nous sommes dans la peau d’Ellen Ripley qui doit survivre pour quitter le vaisseau. C’est l’occasion rêvée pour n’importe quel fan de retourner quarante ans en arrière et redécouvrir les moments cultes du premier film. Enfin, le mode « Survie » propose 6 cartes avec différents objectifs. Là encore, il est inutile d’affronter en direct l’alien puisque nos armes ne font que l’écorcher.

Alien Isolation est sans aucun doute la meilleure adaptation vidéo-ludique de la saga Alien. La version Nintendo Switch lui fait honneur à tous les égards. Fluide, beau et angoissant, l’expérience de jeu est au top en nomade ou en docké. Le xénomorphe est inquiétant et les parties de cache-cache intéressantes. La bande-son est aussi immersive qu’effrayante. Ce survival-horror n’est pas exempt de défauts : sauvegardes peu pratiques, système de craft laborieux, IA surprenante, mouvements un tantinet lents. Mais au final on passe un bon moment à se faire peur dans l’univers du Huitième Passager.

 

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