Test : Bomb Chicken sur Nintendo Switch

Bomb Chicken

Genre : Action, Aventure, Plateformes, Casse-tête
Langues : Multilingues – Sous-titres : Multilingues
Développé par Nitrome Ltd.
Édité par Nitrome Ltd.
Sortie France : 12/07/2018
Prix : 13,49 € sur l’eShop
Taille : 248,51 Mo

Site Web Officiel

Soyons clair, son ascension fulgurante est en grande partie un véritable mystère. Leader sur le marché de la restauration rapide à travers le monde, BFC est une société surtout connue pour ses spécialités à base de poulet. Des recettes qui, à en croire les avis des clients, seraient savoureuses grâce à une sauce bleue piquante qui décuplerait toute la saveur de la viande. Sa composition ? Elle est bien évidemment inconnue. Cependant des rumeurs affirmeraient que son secret de fabrication serait jalousement gardé au sein même du siège social de l’entreprise : une immense pyramide sur une île paradisiaque perdue dans l’océan Pacifique.

Au fond d’une sombre salle de stockage d’un édifice vieux de plusieurs siècles, où des centaines d’employés travaillent d’arrache-pied pour répondre à une demande grandissante, une héroïne va pourtant naître et faire basculer tout un ordre établi. Parce que vous aurez lu le titre, vous me répondrez qu’il ne s’agit là que d’un simple poulet guerrier aux œufs explosifs. Eh bien, sachez que vous y étiez presque : notre protagoniste n’est autre qu’une poule pondeuse de bombes. Et au sens littéral, s’il vous plait.

Béni par cet étrange assaisonnement, notre personnage singulier, bien entendu incarné par vous, devra se frayer un chemin dans ce lieu particulier, à la fois inquiétant et dangereux, et surmonter les différents obstacles se dressant devant elle afin de retrouver l’air libre. Telle est l’expérience proposée par Nitrome, une petite équipe de développeurs anglais spécialisée dans la réalisation de titres au style Pixel Art, si cher aux productions indépendantes.

Ainsi, Bomb Chicken se révèle comme étant un jeu de plateformes 2D orienté old school, aux mécaniques de jeu simples et peu nombreuses, mais cependant atypiques. En effet, outre les déplacements horizontaux provenant de la présente caractéristique side-scrolling, vous avez la possibilité de pondre des bombes à volonté, un pouvoir avec des applications intéressantes, dans l’optique d’atteindre la sortie de chaque zone.

Servant de plateformes temporaires et meurtrières, vous aurez donc le choix de les pousser afin d’éliminer vos ennemis, ou bien de prendre de la hauteur pour atteindre des zones inaccessibles auparavant et atterrir sur vos adversaires pour profiter d’un vrai saut. J’insiste bien sur l’adjectif « vrai », puisque aucun saut naturel n’est permis. De plus, un seul coup suffit pour tuer ou être tué, mettant en lumière tout le challenge du jeu avec son aspect die and retry omniprésent.

Chaque niveau, constitué de quelques tableaux courts mais intenses, expose sa particularité, que ce soit une nouvelle mécanique de gameplay, un piège ou un ennemi. Les embûches sont introduites sous une forme simple pour en assimiler le fonctionnement, avant d’être déclinées sous des aspects plus complexes, pour mieux faire appel à vos neurones, puis à vos nerfs. Également, ces obstacles sont assez variés pour donner naissance à des zones non dénuées d’intérêt, témoignant ainsi d’un bon level design.

Durant votre aventure, de nombreuses gemmes bleues pourront être ramassées pour obtenir des vies supplémentaires, en les offrant aux autels situés après chaque niveau. Parfois directement présentes dans les tableaux, certaines sont rangées dans des coffres à exploser, répartis entre les différentes sections cachées de chaque stage. Ouvrir l’œil est donc essentiel pour toutes les trouver.

À toutes ces différentes notions, le jeu associe une difficulté croissante, dont les différents caps sont surtout ressentis lors d’un passage d’un monde à un autre. Ennemis plus nombreux à l’écran et combinaisons de pièges justifieront votre nombre exponentielle d’erreurs, de game over et finalement, dans mon cas, de prises de bec avec votre écran.

Possédant chacun leur propre thème visuel et audio, ces mondes abritent des décors détaillés et constituant un seul et unique plan, qui réagissent aux déflagrations causées par vos explosifs. En conséquence, la perspective n’est que peu implémentée. Toutefois, la fluidité des sprites est à saluer, ainsi que la qualité des animations et des effets de particules.

D’autre part, le genre Pixel Art, bien que restant un type de visuel commun à de nombreux titres indépendants, demeure ici bien maîtrisé. Le sentiment d’évoluer à l’étroit dans un lieu menaçant vous sera donc bien retransmis, grâce à ses effets sonores de bonne facture et aux textures laissant la part belle aux couleurs sombres. D’ailleurs, les thèmes composés complètent parfaitement cette ambiance, tout en présentant des variations charmantes, sans non plus être réellement marquantes.

En proposant un total de 29 niveaux, la durée de vie correspondante à l’épopée de notre gallinacée avoisine les huit heures de jeu, pour à la fois triompher de la dernière zone et récupérer tous les joyaux bleus. Les tableaux terminés peuvent donc être revisités via la roue de sélection dans le menu « Pause » : un badge de couleur verte signale des gemmes encore présentes au sein du niveau associé, en opposition aux bleus.

De ce fait, la rejouabilité du titre est quasi-inexistante, étant donné qu’il n’existe aucun bonus vous poussant à recommencer l’aventure. Le jeu renferme pourtant en lui un véritable potentiel qui aurait pu non seulement se traduire avec des zones supplémentaires, mais aussi en nombreux modes annexes. La façon dont les niveaux sont construits laisserait ainsi la place à un mode endless, avec des tableaux tirés d’une base de données ou générés de manière procédurale, ou bien à un éditeur de niveaux avec l’option de partager le fruit de son travail en ligne.

En allant encore plus loin, la mise en place d’un multijoueur coopératif ou compétitif aurait donné au titre un véritable atout et une bien meilleure longévité. S’entraider ou s’affronter à coups de bombes dans une arène sont par exemple des idées originales qui valent la peine d’être creusées. En résumé, ce manque de contenu constitue bel et bien le défaut majeur de ce platformer, surtout au prix auquel il est actuellement vendu.

Sacrée surprise pour moi lorsque j’ai lu l’information sur Internet, Bomb Chicken était un jeu prévu au départ uniquement pour les smartphones. Aujourd’hui, en l’attente d’une date de publication sur Steam au moment où j’écris ces lignes, le titre est une exclusivité pour l’eshop de la Switch. Le premier élément qui va dans ce sens est l’exploitation intelligente des vibrations HD des manettes. Comprenez par là qu’elles ne sont pas invasives et agréables à ressentir, ce qui fait bien évidemment plaisir à apprendre.

Autre bonne nouvelle, et le contraire aurait été étonnant, l’expérience proposée ne rencontre aucun souci d’optimisation, en livrant constamment 60 images par seconde pour la version portable et celle de salon, le tout accompagné de temps de chargement rapides. Ajoutez aussi une interface peu chargée qui, combinée à la direction artistique, permet une belle lisibilité dans toutes les situations, la possibilité de jouer avec un seul Joy-Con, ainsi qu’une traduction française propre.

Quant à la progression, elle est automatiquement sauvegardée lorsque vous transitez d’un tableau à l’autre. Les gemmes acquises sont donc conservées en cas de mort, et vous réapparaîtrez au début du tableau concerné. Attention, votre avancée est cependant perdue si vous terminez votre session de jeu sans avoir atteint la sortie. Avec autant de preuves techniques qui attestent du bon développement d’un titre, on ne peut qu’applaudir.

Partant d’un concept simple mais aux résultats surprenants par leur richesse, Bomb Chicken est un platformer possédant une véritable âme. Malgré un visuel déjà vu, mais maîtrisé et plaisant aux yeux, les différents mondes visités ne lassent pas une seconde avec des niveaux élaborés à la courbe de difficulté bien tracée.

Effectivement, le manque important de contenu une fois la quête accomplie pourrait freiner votre achat avec le prix auquel le jeu est vendu en ce moment. Cependant, sachez que l’expérience n’en est pas moins agréable, tant l’attention portée au titre est remarquable d’un point aussi bien technique que ludique. En bref ? À savourer sans modération.

Test réalisé par TheAmazingNatpon sur une version offerte par l’éditeur
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