Test : Bombing Busters sur Nintendo Switch

Bombing Busters

Genre : Arcade, Action, Jeu de société
Langues : Anglais
Développé par Sanuk Games
Édité par Sanuk Games
Sortie France : 08/10/2018
Prix : 6,99€ sur l’eShop
Taille : 303 Mo

Site Web Officiel

Le Dr. Wallow veut conquérir l’univers. Afin d’y parvenir, il vous crée : un robot capable d’utiliser des explosifs. Vous partez ainsi à la conquête de différents mondes pour vous défaire des créatures qui les peuplent, les Critters, et de leurs boss. Pour se faire, votre inventeur vous guide et ponctue votre aventure d’un grand nombre de remarques avec son humour assez particulier qui, malheureusement, se trouve aussi être particulièrement lourd. Par ailleurs, il est difficile de le suivre, car non seulement le jeu est en anglais, mais en plus, celui-ci vous parle alors que vous êtes en pleine action et il est donc difficile de suivre tout ce qui se passe à l’écran, d’autant que les textes sont très furtifs, en particulier les petits conseils censés vous aider dans votre partie qui disparaissent aussi vite qu’ils n’apparaissent.

Ce jeu indépendant est en réalité une copie de Bomberman : il faut poser des bombes pour détruire les blocs et éliminer les ennemis. Les power-ups sont identiques à son prédécesseur. Ils permettent d’étendre sa zone d’explosion, aller plus vite, poser plus de bombes, passer à travers elles, leur donner des coups de pied ou les attraper pour les jeter, avoir la possibilité de les déclencher manuellement ou d’avoir un impact pouvant détruire plusieurs blocs d’un coup. Des malus sont également présents pour corser la partie. On retrouve d’ailleurs aussi la tête de mort, item réputé pour dérégler totalement votre avatar, le faisant aller à une vitesse difficilement contrôlable. Cela étant dit, il y a tout de même des différences notables entre les deux opus. Là ou Bomberman est très dynamique, Bombing Busters pèche un peu, car le temps d’explosion des bombes est bien trop long, ce qui rend les parties assez lentes. En revanche, l’I.A. est très bien pensée. En effet, elle est non seulement capable de ramasser les power-ups (qu’elle ne peut pas utiliser) pour vous empêcher de gagner en puissance, mais aussi de vous tendre des pièges. Cette difficulté relevée devient cependant parfois frustrante, notamment face aux boss du jeu, car triompher n’est pas une mince affaire. Il faudra parfois passer de longues minutes, voire même des heures, pour s’en défaire. Néanmoins, les boss sont très bien conçus. Leur esthétique ainsi que leurs patterns collent parfaitement au monde dont ils sont issus, ce qui créé une cohérence agréable, d’autant qu’ils sont inspirés des éléments (à l’exception du premier).

Parlons justement des mondes, car c’est aussi sur ce point-là que le titre de Sanuk Games diffère de son ainé. Là où vous pouvez entre autres monter sur des chariots pour écraser vos adversaires, glisser sur la glace afin de traverser la map ou encore utiliser des tapis roulants dans le but de faire circuler vos explosifs dans Bomberman, vous devrez gérer un environnement plus aléatoire dans Bombing Busters. Effectivement, il faut tout d’abord noter que les blocs de chaque niveau sont générés au hasard, ce qui permet d’éviter aux joueurs de s’ennuyer ou de mémoriser les mondes. Les stage hazards ne sont pas non plus en reste. Vous pourrez et/ou devrez ainsi utiliser des téléporteurs ou des vortex, éviter des volcans ou des fissures sur un sol givré, mais encore gérer des vents violents qui repoussent avatar, ennemis, et items.

Enfin, parlons des quelques spécificités du mode multijoueurs. Dans celui-ci, on retrouve deux mécaniques inspirées de Bomberman. On retrouve en premier lieu les chariots vengeurs qui, dans cet opus, vous donnent la possibilité de viser. Malgré cela, il y a un manque de précision, car la maniabilité n’est pas très bonne. En second lieu, on doit gérer les maps qui rétrécissent lorsqu’il ne reste plus que 30 secondes au chrono. Les animations sont réussies et plus ou moins en accord avec les mondes explorés (piques, stalagmites, flammes, éclairs). Cet élément de gameplay créé une tension supplémentaire fort appréciable.

Les graphismes du jeu font très cartoon et sont agréables à l’œil. L’avatar, un robot avec des pinces — son outil de travail — et un détonateur marqué d’une tête de mort sur la tête, n’est cependant pas des plus charismatiques. Les mondes qu’ils traversent sont colorés et les environnements sont assez simplistes, car il ne faut pas surcharger l’écran afin de ne pas gêner la visibilité des combats, ce qui est un bon point. En revanche, les niveaux d’un même monde se ressemblent tous, ce qui est dommage, car on a l’impression d’inlassablement recommencer le même, d’autant qu’avec la difficulté accrue du titre, on doit recommencer plusieurs fois avant de passer au suivant. Quant aux adversaires, ils sont globalement cohérents avec l’univers du jeu. Cela étant dit, il est regrettable que certaines créatures soient déclinées sous plusieurs formes, on pensera notamment cette bestiole hybride, sorte de poulpe mélangé à un hippocampe sur pattes (hein, quoi ?) qui vous attaquent à distance en vous tirant soit un bloc de glace, soit une boule de feu, soit un laser électrifié, ou à l’espèce d’escargot baveur qui laisser un filer de lave sur son passage ou peut se multiplier. En revanche, si l’opus se démarque bien sur un point, c’est sur le chara-design de ses boss qui, encore une fois, représente LA vraie bonne surprise de Bombing Busters. Pour finir, les animations sont fluides et il n’y a pas de bugs de collision handicapants comme cela peut-être le cas dans certains jeux de ce genre.

En ce qui concerne les musiques, il s’agit de titres tombés dans le domaine public, remixés avec des sonorités plus électroniques qui ne seront pas du coup de tout le monde. L’ajout de ces pistes est assez surprenant, mais cela fonctionne finalement assez bien. Les bruitages sont convenables, mais un des aspects dérangeants du mode aventure concerne la voix robotisée d’une femme qui dit le nom de chaque power-up obtenu, ce qui est très agaçant compte tenu du grand nombre d’items que vous collecterez par niveau.

Il existe deux modes : l’aventure principale, qui se décline en cinq mondes constitués de cinq niveaux et un boss chacun (soit un total de trente zones à explorer), et le mode multijoueur local dans lequel jusqu’à huit avatars (dont trois I.A.) peuvent s’affronter. En ligne droite, le jeu n’est pas très long en soi, mais sa complexité prolonge sa durée de vie, notamment si vous aimez le scoring et que vous voulez obtenir les trois étoiles de chaque niveau en les réussissant en moins de trois minutes. Comptez donc entre 5 et 10 heures de jeu, voire plus si vous avez de grosses difficultés.

Le gros point noir du jeu, c’est forcément le manque d’un mode multijoueur en ligne, alors que celui-ci existe sur d’autres consoles. Ce choix, incompréhensible, fait perdre au titre beaucoup d’intérêt sur Switch. De plus, les développeurs n’ont intégré que le seul robot du Dr. Wallow, décliné en huit couleurs différentes, ce qui est encore une fois dommage. Ils auraient éventuellement pu rendre jouable certains ennemis afin de proposer un peu de variété.

Bombing Busters est-il le digne héritier de Bomberman ?

Le titre est sympathique, sans grande prétention, et il imite un modèle indémodable. Les graphismes très cartoon et la bande son classique sont surprenants, mais fonctionnent bien ensemble, tout en s’encrant dans des mondes axés autour des éléments naturels. Bien que l’opus soit agréable avec son mode histoire corsé (à en devenir parfois très frustrant) et ses combats de boss intéressants, Bombing Busters manque de dynamisme et ne propose au final quasiment rien de nouveau, car il ne fait que reprendre les codes du genre, largement dominé par son prédécesseur. De plus, le jeu brille malheureusement par l’absence d’un mode multijoueur en ligne, un choix regrettable et inexplicable pour un party game tel que celui-ci.

Test réalisé par LYNIX WITT sur une version offerte par l’éditeur
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