Test : Contra Rogue Corps sur Nintendo Switch

Test : Contra Rogue Corps

Genre : Action, Shooter
Langues et Sous-titres : Anglais, Français, Allemand, Espagnol, Italien, Portugais, Japonais
Développé et édité par KONAMI
Sortie France : 26/09/2019
Prix : 39,99€ sur l’eShop, 39,99€ version boîte
Taille : 4119.86 Mo
Joueurs : 1-4
Age minimum : 16+

Site Web Officiel

2019 est l’année du grand retour de la licence culte de KONAMI. Contra a en effet bercé une partie des années 80 et 90 avant de s’essouffler dans les années 2000 sur des versions Playstation. L’éditeur nippon veut donc remettre au goût du jour le fameux run ‘n gun, d’une part avec une compilation sortie en juin dernier, et d’autre part avec un nouvel opus intitulé Contra Rogue Corps sur Nintendo Switch.

L’action se passe plusieurs années après Super Probotector : Alien Rebels (1992). Presque tous les extraterrestres ont été vaporisés par les nouvelles technologies humaines. Entre temps, une ville étrange est sortie de terre. Surnommée « cité maudite », elle renferme des artefacts ainsi qu’un pouvoir particulier qui a la capacité de rendre fous les humains. Tous ? Non ! Certaines personnes résistent aux dégâts psychiques. Elles forment donc une « Rogue Corps », une troupe de têtes brûlées armées jusqu’aux dents, prêtes à détruire les derniers aliens.

Nous ne suivons plus les péripéties des deux marines Bill Rizer et Lance Bean. A la place, nous pouvons incarner, au choix, l’un des quatre personnages suivants: Kaiser (mi-humain, mi-robot), Miss Harakiri (une femme assassin avec un parasite au milieu du ventre), le Gentleman (un insecte extraterrestre) et Hungry Beast (un panda géant cyborg). Ces derniers ont leurs propres armes ainsi qu’un pouvoir qui leur est propre.

Le but du jeu est d’accomplir toutes les missions qui consistent simplement en la destruction de toutes formes de vies extraterrestres. Il faut tirer sur tout ce qui bouge, et avancer rapidement  pour terminer le niveau dans les temps et obtenir le meilleur score.

Côté gameplay, nous n’avons plus affaire à un run ‘n gun nerveux en 2D avec quelques éléments de plateformer, mais à un twin-stick shooter intégralement en 3D. Le joystick gauche sert à se déplacer, et le droit à viser. Il y a un bouton pour tirer, un autre pour faire des dash, et un dernier pour changer d’armes. Ces commandes sont simples mais imprécises. En pleine action, certaines d’entre elles ont du mal à réagir, notamment les dash, qui s’activent de manière aléatoire.

Les armes peuvent être améliorées dans une boutique située dans le camp de base. Grâce à l’argent récoltée en fin de mission ou sur nos victimes, nous dupliquons ainsi notre puissance de feu.

Nos personnages aussi peuvent être augmentés grâce à des implants. Pour cela, il faut parcourir des menus et sous-menus pas toujours très lisibles. L’idée est intéressante mais mal exploitée car il est difficile de s’y retrouver. On s’y prend à plusieurs reprises pour choisir et confirmer l’amélioration qui nous convient.

On sent que KONAMI souhaite attirer un nouveau public, car la modification des caractéristiques ne fait pas du tout partie de l’univers de Contra. Cela aurait pu être sympathique s’il y avait eu des phases d’action intensives, des énigmes, ou pourquoi pas de l’infiltration. Mais il n’en est rien.Les missions sont ennuyantes et manquent de frénésie. Nous tirons sur des aliens aussi similaires les uns que les autres, qui n’ont aucun soupçon d’intelligence. Et les boss sont loin d’être difficiles.

Les stages ne sont pas variés et à l’étroit. Sans inspiration, ils enchaînent ruelles vides, camionnettes piégées, bidons explosifs et rambardes en métal. Il n’y a pas de power up à récupérer en chemin. Pire encore, nos armes surchauffent au bout de quelques secondes d’utilisation. Un comble pour un shooter !

Le soft souffre d’un certain nombre de lacunes. La caméra n’est pas dirigeable et les angles de vue ne s’accordent pas toujours avec nos actions, si bien qu’il est parfois difficile de voir certains ennemis hors champ. Les personnages n’ont pas ou peu de  personnalité, et il ne suffit pas d’incarner un panda avec une Gatling pour changer la donne.

Les graphismes paraissent très anciens avec des décors qui auraient pu apparaître sur Playstation 2. C’est baveux et terne, sans atmosphère. Quant aux animations, elles manquent de fluidité et de créativité.

En ce qui concerne la musique, on retrouve certains thèmes entendus dans les anciens épisodes de Contra. En comparaison, les nouvelles compositions ne sont pas mémorables, et les bruitages restent classiques (explosions, lasers…).

Il existe concrètement deux modes. Une campagne solo, dans laquelle on pourra débloquer des succès, et une fonctionnalité online. Celle-ci permet de faire des parties classées ou rapides, qui nous font obtenir des points de carnage à dépenser dans une boutique spéciale. Enchaîner les victoires améliore notre rang de carnage, ainsi que notre rang global. Malheureusement, nous n’avons pas pu tester ces parties car les salons étaient vides de joueurs !

La fonctionnalité multijoueur est surprenante. Pour faire participer ses amis, il faut opter pour une partie en sans fil local. Pourtant, jouer ensemble sur un même écran aurait été mieux adapté à ce type de shooter, d’autant plus que les anciens Contra proposaient déjà ce service !

La durée de vie n’est pas très importante et une petite dizaine d’heures suffit pour terminer le mode campagne. Pour gonfler le temps de jeu, les missions nous font re-parcourir des niveaux déjà visités, avec des ennemis plus puissants. Autrement, les plus courageux pourront tenter d’obtenir l’ensemble des 89 médailles

Cela faisait longtemps qu’un nouvel épisode de Contra n’avait pas vu le jour. Le retour avait beau être attendu, il n’en reste pas moins décevant. L’essence de la licence a disparu. La 2D est remplacée par la 3D, le run ‘n gun nerveux laisse sa place à un shooter linéaire, et les power up se transforment en amélioration de caractéristiques dans un camp de base. En réinventant le gameplay, KONAMI offre un jeu mou et imprécis. Avec ses graphismes datés, il se rapproche beaucoup plus des opus très moyens sortis sur Playstation. Pourtant, il n’est pas impossible de donner une seconde jeunesse au run ‘n ‘gun old school, comme en témoigne un certain Blazing Chrome, sorti plus tôt cet été.

Test de Contra : Rogue Corps réalisé par Mataï sur une version offerte par l’éditeur
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