Test : Crash Bandicoot 4 : It’s About Time sur Nintendo Switch

Test – Crash Bandicoot 4 : It’s About Time sur Nintendo Switch

Genre : Plateformes
Langues : Multilingue 
Développé par Toys For Bob
Édité par Activision
Sortie France : 12/03/2021
Prix : 49,99€ sur l’eShop
Taille : 10538 MB
Joueurs : 1-4
Age minimum : 12+

Site Web Officiel

Crash Bandicoot fut une des plus importantes mascottes de la Playstation avant de tomber petit à petit dans la désuétude. Les amateurs de jeux de plateformes difficiles et drôles découvraient trois opus de légendes sur PS1 entre 1996 et 1998. Ces derniers ont été remasterisés sur Nintendo Switch en 2018 dans Crash Bandicoot N.Sane Trilogy. Cela a permis au marsupial de retrouver sa grandeur d’antan, d’autant plus que l’épisode Crash Team Racing a lui aussi eu droit à des retouches dans Crash Team Racing Nitro Fueled en 2019.

La création de Naughty Dog est de nouveau à l’ordre du jour avec une suite développée cette fois-ci par le studio Toys For Bob. Crash Bandicoot 4 : It’s About Time se passe après l’épisode 3 sorti en 1998, soit presque 23 ans plus tard. Il fait fi des autres épisodes comme Crash Bandicoot : La Vengeance de Cortex ou encore Crash TwinSanity pour se focaliser sur l’histoire principale. En cela, on sent que l’on cherche à atteindre la fibre nostalgique des joueurs de l’époque, désireux de revenir aux sources. Et Toys For Bob l’a très bien compris.

Le scénario est simple et dans la pure continuité. Neo Cortex, Nefarious Tropy et le masque maléfique Uka Uka, pourtant vaincus plusieurs fois, ne se laissent pas abattre et fomentent un nouveau plan. Cette fois-ci, ce n’est pas le monde qu’ils vont conquérir mais LES mondes. Pour cela, ils sèment la pagaille en ouvrant des portails à travers les dimensions. Crash et sa sœur Coco s’allient de nouveau pour empêcher leurs ennemis de mettre leur plan à exécution.

C’est avec plaisir que nous retrouvons Crash Bandicoot dans une nouvelle aventure. Les mécaniques de jeu bien rodées (sauts, glissades, tourbillons…) sont de nouveau présentes et on retrouve le feeling des anciens opus. Ici, pas question de monde semi-ouvert ni de contrôler la caméra. Nous suivons un chemin prédéfini semé d’embuches, remplis d’ennemis en tous genres et de phases de plateforme.

Dans des mondes en 3D, nous dirigeons le marsupial soit vu de derrière, soit vu de devant (généralement lorsque nous sommes poursuivis) ou vu de côté dans des zones bonus en scrolling horizontal. C’est toujours aussi barré et absurde avec des créatures étranges, des situations imprévisibles et des cinématiques amusantes où les gentils, comme les méchants, enchaînent les bêtises dans des moments pourtant sérieux.

Tobs For Bob reprend en grande partie les codes de la trilogie originelle. Sur la partie plateforme, les sauts doivent être précis et maîtrisés. Il n’est pas toujours facile de bien jauger les distances, même si un petit cercle jaune nous indique, comme une ombre, l’endroit où nous atterrissons. Pour ce qui est des ennemis, généralement on trouve assez intuitivement leur points faibles (sauter sur la tête, tournoyer pour les propulser, etc), mais certains donnent du fil à retordre. D’autant plus que se faire toucher une fois est synonyme de mort!

Il faut donc bien analyser la situation ou alors compter sur le masque Aku Aku pour nous protéger. Car Crash Bandicoot 4 ne déroge pas à la règle côté difficulté : c’est impitoyable ! A côté de cela, nous avons parfois l’occasion de monter sur des montures ou sur des appareils étranges pour terminer un niveau. Il est possible aussi d’incarner d’autres personnages de la licence comme Dingodile ou encore le Docteur Neo Cortex lui-même, chacun ayant une compétence particulière. De quoi enrichir le gameplay.

Même si tout cela a l’air classique, une nouvelle mécanique bien venue permet de diversifier encore plus le propos. Des masques quantiques nous aident dans notre quête en nous prêtant leur pouvoir. Lani-Loli, par exemple, permet de changer de dimension en appuyant sur un bouton. On fait apparaître une plateforme invisible, sur laquelle il est nécessaire de sauter pour accéder à une autre zone qu’on aura au préalable matérialisée. Il faut alors jongler entre les deux dimensions, sans oublier d’appuyer au bon moment sur le bon bouton. Un autre masque comme Akano permet d’alléger la gravité pour faire des sauts plus lents, plus longs, mais aussi plus imprécis. Au moins, le tourbillon qu’il provoque est ultra puissant.

Ces nouveaux compagnons ne peuvent pas être sélectionnés à tout moment. Au contraire ils apparaissent à certains endroits et il n’est pas possible de choisir celui que l’on souhaite. On aurait aimé avoir plus de liberté sur l’utilisation de ces masques. Malgré tout, cette trouvaille est bien sympathique.

Sans surprise, nous retrouvons le même moteur graphique utilisé pour Crash Bandicoot N.Sane Trilogy et Crash Team Racing Nitro Fueled. Toys For Bob en profite donc pour dévoiler des décors chatoyants et dynamiques dans lesquels les ennemis vivent leur petit vie. C’est amusant car il y a toujours un petit détail qui fait sourire, sans compter les nombreuses références aux anciens épisodes.

En termes de diversité, ce n’est pas vraiment ça, car on s’embarque dans des mondes déjà visités de nombreuses fois. Île aux pirates, forêts tropicales, collines glacées et autres cavernes inquiétantes, la recette ne change pas. La structure des niveaux est aussi bien connue, avec ses obstacles en tous genres : plateformes branlantes, pièges ou ennemis cachés, etc. On a beau s’y attendre, on tombe malgré tout les deux pieds dedans.

Côté technique, des concessions ont été faites sur cette édition Nintendo Switch par rapport aux autres versions. Le jeu est fluide et ne souffre pas ou peu de chutes de frame rate, en revanche, on ressent quelques flous ici et là, surtout au niveau des arrière-plans, ainsi que de l’aliasing. Les cinématiques sont baveuses, par contre les temps de chargement ne sont pas très longs. Malgré ses couleurs, on ne peut pas dire que ce soit un jeu très joli.

Pour ce qui est de la bande-son, on retrouve l’ambiance propre à Crash. Tout d’abord, les bruitages rappellent de nombreux souvenirs (les sauts, les pommes, l’explosion de la TNT, etc). Les voix sont déjantées et s’accordent toujours aussi bien aux personnages. Cependant, les musiques ne sont pas aussi mémorables que dans les précédents opus. Il n’y a pas de thèmes particuliers ni d’atmosphère nous disant “oui, nous sommes bien dans ce niveau!”. Chaque composition est interchangeable, sans véritable inspiration.

Les jeux Crash Bandicoot sont très simples dans leur prise en main. On sait tout de suite ce qu’il faut faire pour terminer des niveaux. Et on sait également ce qu’il faut faire pour obtenir le 100% ! Dans Crash Bandicoot 4 : It’s About Time, c’est la même chose. De prime abord, chaque stage se compose d’un certain nombre de caisses à casser (caisses en bois, nitro, TNT). En les détruisant toutes, nous obtenons des gemmes, le but étant d’en avoir un maximum dans chacun des mondes. D’autres conditions permettent d’en posséder davantage, comme récupérer 40 à 80% des pommes, ou trouver un passage secret. La collecte des gemmes fait donc partie des petites et difficiles missions permettant l’obtention du 100%.

Autre recherche : les joyaux colorés, qui eux donnent directement accès à un niveau caché. Nous avons aussi la quête des cassettes vidéo, qui nous transportent dans des stages spéciaux correspondant à des petits préquels de Crash Bandicoot 1, au moment même où Neo Cortex démarrait ses expériences sur Crash. Le mode “N’Versé” renverse l’intégralité des niveaux pour les refaire à l’envers. Enfin, le classique mode “Chrono” nous mène sur la piste des reliques, l’intérêt étant de toutes les avoir en platine.

Toys For Bob remet la licence au goût du jour en incluant des éléments qui sont bien de notre époque. Tout d’abord, la possibilité de débloquer des skins pour customiser notre duo Crash/Coco. Fonctionnalité que nous retrouvions déjà dans Crash Team Racing Nitro Fueled. Puis, un mode multijoueur permettant à 2 voire 4 joueurs de s’affronter en local. Soit chacun son tour en coop dans chacun des niveaux du jeu, soit en s’affrontant dans des batailles de caisses ou du time trial.

Enfin, il existe deux modes de jeu. Le mode “Rétro” nous propose l’ancienne mécanique qui nous fait tout recommencer si nous perdons nos vies. Le mode “Moderne”, lui, ne met plus en avant les vies et s’adapte à notre façon de jouer. Plus nous mourons, et plus des caisses de masque Aku apparaissent pour nous protéger. En outre, les checkpoints sont plus rapprochés pour nous faire terminer plus rapidement et sans frustration un niveau difficile.

Crash Bandicoot 4 : It’s About Time est un très bon retour aux sources, malgré ses faiblesses techniques. Rempli de clins d’œil, il s’adresse avant tout aux connaisseurs de la licence, mais laisse la porte ouverte aux néophytes qui souhaiteraient découvrir le monde du marsupial déjanté. Classique, le jeu l’est indubitablement, avec sa difficulté croissante et ses mécaniques qui nous transportent dans la trilogie des années 90. Heureusement, quelques nouveautés sympathiques comme les pouvoirs des masques quantiques apportent un peu de piment, et surtout, nous évitent de nous enfermer dans le passé. Après tout, c’est un voyage dans le temps que nous faisons dans cet opus et il aurait été dommage de rester coincé dans une époque désormais révolue.

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