Test : PixARK sur Nintendo Switch

PixARK

Genres : Aventure, Sandbox, Construction, Survie
Langues : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Japonais, Portugais, Russe, Chinois.
Développé par Snail Games
Édité par Snail Games
Sortie France : 31/05/2019
Prix : 49,99€ sur l’eShop, 39,99€ version boîte
Taille : 4893,70Mo
Joueurs : 1-64
Age minimum : 12

Site Web Officiel

C’est après avoir été parachuté sur une île hostile que le joueur de PixARK découvre qu’il n’a pas atterri sur un terrain de Battle Royale très populaire (admettez que l’analogie est frappante !), mais bien dans un environnement riche en surprises et peuplé de dinosaures tous plus effrayants et cubiques les uns que les autres ! Les amateurs d’Ark Survival Evolved ne seront ainsi pas étonnés de découvrir un soft qui allie les plus grandes qualités d’un Minecraft au charme inégalable du jeu multijoueur sillonné à dos de vélociraptors et autres charmantes créatures de l’ère jurassique. Aussi, si l’idée d’une telle fusion a tout d’un rêve de gosse enfin réalisé (les enfants des années 90 se rappelleront avec nostalgie que n’importe quel produit destiné à la jeunesse se devait de combiner le dinosaure avec tout ce qui pouvait exister afin de jouir d’un succès immédiat), nous nous chargerons de vérifier si l’idéal se pare de ses plus beaux atours en foulant de son énorme patte les contrées verdoyantes de l’eShop.

Ainsi, à la manière de l’oeuvre de Notch (alias Markus Persson), PixARK invite le joueur à survivre en exploitant diverses ressources, c’est-à-dire en collectant et combinant des éléments afin de crafter des outils ou des objets décoratifs plus ou moins indispensables à sa progression. Vous ne serez donc pas surpris de débuter votre quête avec l’irremplaçable trio pioche / hache / bâton de bois, afin de raser l’Amazonie tout entière et vous offrir le luxe d’une ravissante petite cabane au cœur de la jungle. Aussi, votre avancée dans l’aventure vous donnera accès à des composants toujours plus précieux (et solides), renforçant tantôt la durabilité de vos outils, tantôt la fiabilité de votre antre secrète. En outre, à la manière de certaines espèces minecraftiennes, le titre propose au joueur la possibilité de dompter de nombreuses créatures, allant de la ridicule grosse dinde au plus audacieux ptérodactyle, moyennant récompense (les négociations passant bien souvent par l’estomac de votre futur compagnon !). Une feature fort utile puisque ces monstrueux amas de pixels serviles vous défendront bec et ongles contre vos assaillants les plus hostiles, et il est souvent risible de voir votre allié lapin niveau 64 s’attaquer sans vergogne à un carnivore enragé !

Il faudra toutefois effectuer quelques réglages afin de débuter l’aventure sous les meilleurs auspices, puisque le jeu s’inflige lui-même un départ difficile en optant par défaut pour des options qui ne conviennent aucunement à sa lisibilité : ainsi, si le joueur fait ses premiers pas en vue à la troisième personne, il lui est vivement conseillé de passer en vue subjective, bien plus maniable, tant sa sœur donne l’impression de piloter un véhicule lourd (c’est notamment le cas lorsqu’il faut changer de direction). Ces réglages effectués, l’expérience se montre plus agréable, et vous pouvez vous ébattre fièrement à l’ombre des géants !

En termes de gameplay, PixARK offre d’assez riches possibilités, même s’il innove peu en comparaison de ce que l’on a l’habitude de rencontrer lorsque l’on s’adonne à un jeu du genre. Traditionnellement, les gâchettes servent donc à frapper, utiliser un outil, ou encore placer des blocs de construction. Une pression sur le stick gauche permettra d’alterner entre la marche et la course, mais il faut être conscient que cette dernière ne permet pas d’attaquer. Le stick droit quant à lui sert à gérer la caméra, mais aussi à s’accroupir, ce qui, avouons-le, ne vous servira absolument à rien ! Enfin, les sauts s’effectuent avec la touche A, et le menu s’ouvre en appuyant sur B… Ce qui nous oblige à souligner un énorme défaut de ce portage Switch : l’ergonomie.

Avec une telle configuration, vous risquez plus d’une fois d’ouvrir un menu devenu réellement oppressant, alors que vous comptiez simplement annuler une action. Rageant ! Mais ce n’est pas le seul souci : cette adaptation a été (trop) fidèlement calquée sur la mouture PC, comme en témoigne la disposition des différents onglets qui composent le menu du jeu. Tout a été pensé pour permettre un accès rapide à la souris, certes. Mais lorsqu’il faut naviguer au cœur d’un océan d’options à l’aide d’un stick – que dis-je, DEUX sticks ! – c’est une autre paire de manches. Le joueur doit en effet souvent faire bouger un curseur situé sur la gauche de l’écran jusque dans la partie droite. Là, il utilise alors le joystick droit pour naviguer entre les options nouvellement accessibles : étrange et peu pratique. Heureusement, les développeurs ont eu la bonne idée d’exploiter pleinement les fonctions tactiles de la Nintendo Switch. Cela permet d’éviter des dizaines de minutes d’errances lorsqu’il s’agit de crafter le mobilier de notre futur gîte. Toutefois, cela implique deux limites très contraignantes : la première est que le jeu en mode docké, ne pouvant bénéficier de cette fonction, demeure très laborieux. La deuxième est que le soft ayant hérité les menus de la version PC, les éléments cliquables sont minuscules ! Si vous avez de grandes mains, vous devrez vous y reprendre à plusieurs fois avant de parvenir à valider telle ou telle option de construction ! Un dernier petit mot sur l’imprécision du viseur : il arrive très souvent que nos coups de pioche n’atteignent pas le bloc escompté, tant nos assauts ont tendance à se répercuter sur ses voisins, et quelques ajustements afin de réduire la portée de nos actions seraient bienvenus.

On ne joue pas à un Minecraft-like pour sa réalisation graphique, mais bien pour la cohérence de ses univers générés aléatoirement, la singularité de son atmosphère et des biomes qu’il propose et, pourquoi pas, au dépaysement qu’il peut offrir. Sur ce point, PixARK s’en sort avec les honneurs et sait distiller tout au long de l’aventure le doux parfum de la pérégrination en terre sauvage. Certaines portions de la map sont tout-à-fait fascinantes, notamment lorsqu’elles baignent dans un brouillard nébuleux où s’illuminent de temps en temps quelques champignons fluorescents. Les éclairages ne sont pas en reste, et il peut être parfois inquiétant de s’adonner à des virées nocturnes sous la maigre tutelle d’une torche bienfaitrice ; heureusement, un feu de camp revigorant éclairera d’une flamme plus franche les murs de bois de votre chalet !

Cependant, le jeu souffre d’une optimisation titubante. Par exemple, il est fréquent que le jeu crash et renvoie le joueur en direction du menu de la console. Cela se produit notamment lors de la génération d’une nouvelle map ou de la recherche infructueuse d’un serveur. De plus, le soft souffre de nombreux bugs de collision : il m’est arrivé très souvent de me retrouver coincé dans un bloc de terre ou dans un meuble sur lequel je venais de m’asseoir. A chaque occurrence dudit désagrément, la seule solution envisageable était de détruire l’élément qui me retenait captif (ce qui, dans le cas du mobilier, m’obligeait à le crafter à nouveau, ayant heureusement récupéré les matières premières que nécessitait sa synthèse). D’ailleurs, les mobs ne sont pas épargnés par cette fâcheuse habitude qu’ont les éléments du décor d’enlacer votre jambe pour ne plus jamais la libérer. L’amour a certes ses raisons que la raison ne connaît point, mais nous ne pouvons qu’espérer un correctif qui saura régler ce souci ! Enfin, il faut toucher un petit mot concernant le framerate, loin d’être exemplaire, puisque le jeu tourne constamment à 20 / 25 fps. La fluidité n’est pas au rendez-vous, mais PixARK demeure une expérience de bien meilleure facture que le portage de l’opus principal sur la même console, dont les errances techniques étaient décuplées. Et si cela ne nuit en rien à l’expérience de jeu, qui demeure très agréable, il faut tout de même reconnaître que l’animation de notre personnage en fait les frais puisqu’il existe, en permanence, un léger décalage très étrange entre nos actions et le son de leur impact. Subséquemment, il est parfois délicat d’appréhender la portée de nos coups de pioche sur les éléments destructibles qui composent les biomes.

Terminons en évoquant la personnalisation assez poussée du titre, que ce soit en termes de constructions (de nouvelles options et recettes s’affichant au gré de l’évolution de notre personnage) mais aussi de customisation de notre avatar. Ainsi, si les modifications de son visage sont finalement très limitées, le joueur peut s’adonner à davantage d’excentricité concernant sa corpulence. Logiquement, il pourra par la suite synthétiser des équipements permettant de le prémunir contre tout attentat à la canine. On peut toutefois émettre quelques réserves à propos du chara-design qui, sans être repoussant, manque de finesse et peut être un frein à l’immersion pour les explorateurs rêvant de se forger une identité de voxels.

Cette épopée jurassique propose un contenu faramineux, puisqu’au mode solo (forcément libre et infini) s’ajoute un mode création sans notion de survie et surtout un mode online déjà assez fréquenté pour permettre quelques coalitions (sobrement nommées « tribus »). Il est ainsi très agréable de pouvoir s’adonner à la survie en multijoueur, le tout confortablement blotti dans la chaleur bienveillante d’un édredon : c’est ainsi que la version nomade prend tout son sens. Malheureusement, l’accès aux serveurs online est parasité par des dysfonctionnements variés, comme l’impossibilité pour la recherche automatique d’aboutir à une réponse concluante, le crash immédiat ou la désactivation fortuite de la commande « valider » lors de la génération d’une nouvelle map. En outre, l’absence d’un multijoueur en local joue forcément en la défaveur du soft.

Enfin, il convient d’évoquer la progression au sein du titre, qui diffère totalement de celle d’un Minecraft. En effet, ce dernier invite le joueur à effectuer ses propres expériences, à combiner diverses ressources afin de découvrir la recette miraculeuse, à l’image de ces délires alchimiques qui peuplaient nos jeux d’enfants. PixARK, lui, n’a d’enfantine que sa volonté de nous tenir trop fermement par la main. Ainsi, les différentes recettes se débloquent simplement en dépensant des points de compétence dans l’achat d’engrammes (qui désignent de nouveaux objets à crafter). Ces points s’engrangent lors des montées en niveaux, lesquelles découlent simplement des activités routinières du joueur (oui : marcher, creuser, bâtir, lutter : absolument TOUTE action est récompensée par un gain d’XP.). Le problème, c’est qu’on a très souvent le sentiment de ne mériter ni notre progression, ni les synthèses très sophistiquées débloquées en à peine quelques heures, sans forcer (A cela s’ajoute le fait que de nombreuses fenêtres pop-up s’ouvrent pour vanter nos hauts-faits, ce qui peut s’avérer éreintant, à la longue!).  De ce fait, il semble que PixARK se destine majoritairement à un jeune public qui n’aurait pas la patience nécessaire pour mener à bien ses propres découvertes.

Si sur le papier, PixARK a tout de la concrétisation d’un rêve de gosse, force est d’admettre qu’il n’est pas assez innovant pour se démarquer de son illustre modèle. D’autant plus que si l’on y réfléchit bien, Ark Survival Evolved était DÉJÀ, en quelque sorte, un Minecraft au pays des dinosaures, même s’il offrait forcément très peu de possibilités de terraforming. Dès lors, il est légitime de se demander ce que le nouveau titre de Snail Games a à nous proposer en termes d’originalité, si ce n’est sa patte graphique, toute de voxels vêtue. Pourtant, il serait malhonnête de bouder son plaisir, tant le soft se révèle addictif, au même titre que peut l’être un produit de la concurrence. Amusant, riche, et forcément accrocheur, il plaira sans mal aux constructeurs acharnés. Et s’il aurait pu n’être qu’une goutte dans un immense verre d’eau, il serait très imprudent d’ignorer que depuis quelques secondes, la surface jadis plane du gobelet frémit, annonçant l’arrivée potentielle d’une menace.

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Test réalisé par Yorick sur une version offerte par l’éditeur
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