Test de Windscape sur Nintendo Switch

Windscape

Genre : Aventure, RPG, Action
Langues : Anglais, Français, Allemand
Développé par Magic Sandbox
Édité par Headup Games
Sortie France : 27/03/2019
Prix : 19,99€ sur l’eShop
Taille : 2839,54 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 7 ans

Site Web Officiel

Windscape place le joueur dans la peau d’Ida, une jeune fermière rapidement engagée malgré elle dans un voyage qui la conduira aux quatre coins des mondes afin de sauver les îles célestes d’un déclin certain. La jeune femme devra alors compter sur ses talents de chasseuse-cueilleuse afin d’enrichir son inventaire et braver des dangers de plus en plus pernicieux. Toutefois, son épopée lui réservera parfois d’envoûtantes découvertes.

Sur le papier, Windscape est un jeu enchanteur et intimiste. Sa trame scénaristique, discrète et vaporeuse, s’offre au joueur par le biais des dialogues délivrés par les PNJ (personnages non jouables). Ainsi, c’est avant tout au joueur de creuser pour s’approprier le monde dépeint, tant la mise en scène du soft est simpliste. On déplorera, à ce sujet, l’absence quasi totale de cinématiques afin d’enrichir la narration. En outre, il est vivement conseillé de jouer en anglais afin de cerner les grandes lignes scénaristiques de Windscape, car la traduction française est remplie d’erreurs orthographiques et syntaxiques, voire de boîtes de dialogue dont la localisation n’a pas encore été achevée ! (voir screenshots)

Le jeu est un RPG en vue subjective : à la manière d’un The Elder Scrolls, il place le joueur dans la peau du personnage qu’il incarne. Assez immersif, d’autant plus que les contrées colorées que nous offrent les développeurs méritent le détour ! Le gameplay est plutôt accessible, même s’il faudra un certain temps d’adaptation concernant les sauts, parfois un peu rigides. Aussi, Windscape permet d’alterner entre des armes de corps à corps, tels que les gourdins ou les épées, des armes de jet comme l’arc, ou des sorts. Dans un cas comme dans l’autre, tout est affaire de collecte de matériaux et de crafting via des établis dédiés à tel ou tel art, ce qui rappellera un certain Minecraft. Généreux, le jeu donne rapidement accès à un équipement efficace, permettant de faire face à toute créature, qu’elle soit résistante au fer ou aux flammes. En outre, même si les développeurs assument une inspiration très Zeldaesque (pardonnez le néologisme), les références à l’univers du petit Hylien en culotte verte demeurent modérées, se limitant à des coffres au trésor ou des cœurs obtenus en récompense d’un rude combat de boss.

Il est toutefois regrettable de constater que les développeurs se sont contentés de reproduire le gameplay PC sur les versions consoles de salon. Ainsi, les menus, à la fois très sommaires et peu ergonomiques, requièrent le déplacement d’un curseur initialement prévu pour la souris ! Et même si l’appui d’une gâchette permet son accélération, il n’est pas toujours aisé de piocher potions et autres petits plats préparés avec amour dans son inventaire, au risque de casser le rythme de la progression.

Esthétiquement, Windscape est très singulier et se démarque par sa patte graphique polygonale et son atmosphère poétique. Il est certain qu’un tel parti pris n’enchantera pas tous les joueurs, car il s’agit indubitablement d’une ambiance très particulière que certains qualifieront de paisible et apaisante tandis que d’autres la jugeront morne et soporifique. Les goûts et les aplats de couleurs…

Malgré tout, un réel manque de vie est à déplorer, notamment causé par un chara-design froid et parfois disgracieux ; difficile de ressentir une quelconque affinité envers des avatars au visage figé et inexpressif, rappelant une fois de plus les personnages peuplant les terres cubiques d’un certain Mojang.

D’un point de vue sonore, le soft alterne entre des mélodies discrètes et bucoliques, et des silences profonds que seuls les bruitages de la nature viennent caresser. Toutefois, certains environnements se démarquent en proposant un sound-design plus percutant ; c’est par exemple le cas pour la crypte, ce lieu diablement hanté et rythmé par un orage menaçant.

La durée de vie n’est pas très élevée pour un jeu du genre, puisqu’il faudra compter sur une petite dizaine d’heures pour en faire le tour. Le joueur pourra éventuellement rallonger son expérience en résolvant les quelques quêtes annexes, ou en se démenant afin de débusquer tous les ingrédients permettant la fabrication de toutes les armes du jeu. Mais il se sentira frustré d’avoir si rapidement parcouru un monde qui, pourtant, invite à la découverte permanente.

Quant à la difficulté, elle s’avère finement dosée dans la majeure partie du titre, même si les combats de boss peuvent sensiblement tirer en longueurs (ce sont ce que l’on nomme grossièrement des “sacs à PV !”). Cependant, les deux dernières heures subissent un rehaussement drastique de la courbe de difficulté, rendant la fin du périple moins fluide qu’elle n’aurait pu l’être.

Aboutissement d’une beta popularisée en 2016, Windscape a tout du petit projet ambitieux. Ainsi, il porte sur ses épaules les prétentions d’un The Elder Scroll amateur dans un univers bariolé et enchanteur. Cependant, il se montre parfois trop gourmand, et n’atteint pas tous ses objectifs. Aussi, s’il s’offrira sans mal au joueur désireux de découvrir un monde chatoyant à l’atmosphère singulière ou à ce pèlerin des pixels bariolés qui cherche l’évasion sur le petit écran de sa Nintendo Switch, il rebutera aussi les adeptes d’une expérience riche au gameplay varié et aux quêtes savamment écrites. En outre, la très imparfaite traduction française le destine avant tout à un public anglophone. Nous ne doutons cependant pas de la volonté des développeurs d’enrichir leur soft avec des mises à jour régulières, car il ne faut pas oublier le chemin parcouru depuis les balbutiements du titre en accès anticipé sur Steam.  Peut-être pas le vent revigorant escompté, mais une agréable bise éphémère.

Test réalisé par Yorick sur une version offerte par l’éditeur
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