Test : Dust: An Elysian Tail sur Nintendo Switch

Dust: An Elysian Tail

Genre : Action, RPG, Aventure, Plateformes
Langues : Anglais – Sous-titres : Multilingues
Développé et édité par Humble Hearts LLC
Sortie France : 10/09/2018
Prix : 12,99€ sur l’eShop
Taille : 999 Mo

Site Web Officiel

Aussi splendides furent-elles par le passé, les contrées de Falana connaissent désormais un âge sombre sans précédent. Témoin d’une époque révolue, le Soleil et ses puissants rayons de lumière parvenait ce matin-là, avec grande peine, à transpercer les épais nuages recouvrant les cieux. Pourtant, les minces reflets dévoilèrent près de l’orée de la forêt un individu au pelage bleu ciel, vêtu d’habits turquoise, et dont les yeux étaient cachés par un chapeau conique. Alors que la pluie poursuivait son œuvre loin dans les montagnes au nord, il marchait d’un pas décidé à travers les grandes plaines à l’herbe verdoyante humide, guidé par le vent.

En contemplant le panorama qui s’offrait à lui, le mystérieux voyageur aperçut en contrebas d’une haute falaise, non sans un effet de surprise, le village d’Aurora, la clef qui lui révélerait sa véritable identité. Soudain, mêlés à un cri d’effroi exprimé par son petit compagnon volant, des hurlements se firent entendre dans son dos. En se retournant, il remarqua à quelques pas devant lui la présence de nombreuses créatures hideuses aux ornements étranges, le fixant avec des regards remplis de haine et de méchanceté. Sans hésitation, le brave homme  saisit de sa main droite une lame tranchante, bien décidé à protéger les villageois innocents en ces temps désolés.

Fruit de l’imagination d’un designer américain, Dust: An Elysian Tail se présente ainsi comme étant un beat’em up 2D aux différentes mécaniques RPG, prenant place dans un monde à la structure digne d’un metroidvania. Publié initialement en 2012 sur Xbox 360, le titre indépendant a connu un excellent succès critique auprès des médias et du public, avec à ce jour plus d’un million d’exemplaires vendus, répartis sur divers supports. Il n’est donc pas étonnant que Dean Dodrill propose de conter sa légende aux joueurs de la machine hybride nippone, en ce joli mois de septembre.

Par conséquent, l’œuvre met en scène le personnage de Dust, animal anthropomorphique à l’agilité sans pareille, désireux de retrouver ses souvenirs perdus, dans un univers fantastique régi par les lois de la plateforme en side scrolling. Induites de la caractéristique héritée des licences Metroid et Castlevania, les déplacements sont libres dans et entre chacun des tableaux qui composent le pays. Ce dernier comporte aussi des sections verrouillées par l’absence de maîtrise d’une capacité spéciale spécifique, avec la promesse d’un contenu bien plus étoffé qu’il n’y paraîtrait au premier coup d’œil.

Si la géographie des lieux visités ne représente pas un danger en soi, les monstres arpentant les terres seront hostiles à votre égard dès la première rencontre. Heureusement, malgré son amnésie, le protagoniste n’a pas oublié ses techniques de combat, et dispose ainsi d’un bel éventail de coups pour répondre à n’importe quelle situation. Grâce à différentes combinaisons enseignées progressivement lors des premières heures de jeu par votre arme elle-même, et associées à vos déplacements, Dust est donc capable d’infliger des dégâts à un groupe d’ennemis ou d’engager un duel, que ce soit au sol ou haut dans le ciel.

Cependant, le maniement des boutons d’attaque principale et secondaire n’est pas votre seul allié. Fidget, votre amie ailée, apporte également son aide grâce à ses quelques formes de magie. Peu puissantes lorsque utilisées telles quelles, leur efficacité se voit dupliquer si elles sont couplées à la Tempête de Dust, une aptitude permettant au héros de tournoyer dans les airs afin d’affronter les adversaires volants. Faites toutefois attention à votre barre d’énergie, consommée à titre d’exemple par l’emploi des pouvoirs de votre coéquipier, ou par les esquives, mais se régénérant avec le temps ou en guerroyant ferme.

Ce système de combat généreux et plaisant à prendre en main saura aussi comment vous récompenser. Ainsi, pièces de monnaie, objets de soin et matériaux nécessaires pour vos futurs investissements constituent le butin que vous pouvez récupérer sur chaque créature battue. D’autre part, l’acquisition de points d’expérience repose sur des ensembles de combo à déclencher pour obtenir des multiplicateurs : plus vous enchaînerez les coups avec succès, plus la valeur obtenue sera importante. Subir un coup stoppera néanmoins votre chaîne, à moins que vous ayez le temps d’effectuer une parade pour que l’ennemi subisse un étourdissement, l’un des quelques effets temporaires proposés par le jeu.

Autre mécanisme RP présent, le gain de niveau, ou plutôt ici de pierre de compétence, permet d’améliorer l’une des quatre statistiques du protagoniste avec l’expérience accumulée. Augmenter au choix sa santé, son attaque, sa défense ou la puissance du duo magie/tempête reste bien entendu une base essentielle pour tout bon RPG. Cependant, il est dommage que ces joyaux ne donnent pas accès à des évolutions avancées pour les aptitudes déjà acquises, avec des traits spéciaux en plus de boosts classiques, afin d’étoffer un gameplay déjà bien solide.

Même si le genre beat’em up est bel et bien ancré dans le cœur du titre indépendant, il ne faut pas pour autant oublier l’aspect légendaire de l’univers dépeint. Aucun doute n’est possible ici, la partie technique de la copie est d’une qualité formidable, surtout sous la plume d’un seul individu. Comparables à d’authentiques peintures, les paysages jouissent d’un souci du détail spectaculaire, aussi bien pour les textures que pour les sprites, et sont accompagnés d’animations fluides, tout comme d’effets de lumière et de particule de bonne facture. L’alternance entre beau temps et pluies diluviennes fait ainsi partie de ces éléments qui rendent la direction artistique du jeu si soignée et unique.

Ces tableaux, aux thèmes représentés variés, sont complétés par une bande originale symphonique réalisée par une société tierce, HyperDuck SoundWorks. La prestation de cette dernière est tout simplement excellente, tant les compositions sont élaborées et entraînantes, n’appelant qu’à vivre une aventure épique en compagnie de Dust. Par ailleurs, la qualité des bruitages est également à saluer, avec pour exemple la présence d’écho lorsque que vous naviguez dans les grottes. En quelques mots, vos oreilles, mais aussi vos yeux, seront ravis de ce festin auditif et visuel copieux.

Le résultat d’une telle attention portée à l’esthétique du titre est une immersion convaincante dans la trame proposée, rendant les tutoriaux vivants, et à laquelle participe un doublage aux voix anglaises agréables à écouter. Un bonus sympathique et inattendu pour une petite production comme celle-ci, qui plus est dispose de sous-titres français et d’une traduction globale à la justesse irréprochable pour les non-initiés à la langue de Shakespeare. Ainsi, les différents PNJ croisés devraient être de véritables mines d’informations sur le continent de Falana.

Néanmoins, malgré la possibilité d’enrichir ses connaissances grâce à des dialogues aux choix multiples disséminés à certains points-clés de l’épopée, les personnes bienveillantes peuplant les hameaux du pays font surtout office de donneurs de missions, brisant en conséquence l’atmosphère que le jeu s’efforce d’établir si ardemment. Quoiqu’il en soit, ce défaut mineur offre de nombreuses quêtes secondaires qui vous amèneront à découvrir de nouveaux lieux sur la carte du monde, avec la promesse d’un meilleur équipement pour vous aider dans votre progression.

Car au-delà des gains habituels accordés par les pierres de compétences, Dust peut commercer avec des marchands en entrant dans une échoppe, et acquérir moyennant finance toute sorte de fournitures dans l’optique d’améliorer la valeur de ses traits. Outre les consommables pour assurer votre survie en pleine bataille, différents types de pièces d’armure vous sont proposés à la vente au fur et à mesure de votre avancée dans l’histoire, capables de repousser toujours plus les limites des performances du héros.

 

D’autre part, les plans obtenus en explorant ou en complétant des objectifs permettent de forger ces mêmes équipements auprès d’un artisan. Différence non négligeable à souligner, une partie de la somme à payer en temps normal est remplacée dans ce cas précis par un certain nombre de matériaux. Le système de craft proposé ici s’essouffle donc rapidement, d’autant plus qu’aucune amélioration n’est possible pour votre armure ou votre anneau fétiche, ce qui pourtant aurait permis de moduler en détail une caractéristique particulière du protagoniste.

Selon la difficulté choisie et votre implication dans les quêtes secondaires, la durée de vie du titre oscillera entre une dizaine et une vingtaine d’heures. Ainsi, le contenu offert reste assez dense, en particulier pour les joueurs les plus persévérants qui auront la lourde tâche de localiser les nombreux coffres magiques, renfermant en leur sein moult objets utiles. En fouillant les moindres recoins de chaque zone, vous trouverez également des clefs à usage unique pour forcer les serrures, qui vous mettront à l’épreuve avec une série de quick time event composée des quatre boutons de votre Joy-Con droit à exécuter sans erreur, ajoutant un brin de variation toujours bienvenu.

Face à autant de points positifs, la qualité du portage ne pouvait donc qu’être excellente, avec une fluidité de l’image au rendez-vous, que ce soit avec la version portable ou celle de salon. Aspect important pour un tel jeu, la lisibilité de l’action reste bonne en toute circonstance, en plus d’être combinée à une maniabilité satisfaisante, sans distinction particulière entre le type de manette utilisée. Enfin, l’utilisation à bon escient des vibrations HD témoigne de la volonté du développeur d’offrir la meilleure expérience possible au joueur, une grande marque de professionnalisme indéniable.

Avec ses visuels à la fois enchanteurs et inoubliables, le tout accompagné d’une superbe bande originale, Dust: An Elysian Tail parvient à se distinguer de ses homologues, non seulement avec une combinaison de genres intéressante, donnant naissance un gameplay accessible mais difficile à maîtriser, mais aussi avec une trame charmante, au ton mélancolique et aux personnages attachants.

Bien évidemment, le jeu n’est pas exempté de quelques soucis, à savoir une immersion par moment obscurcie à cause de l’omniprésence de quêtes à débuter dans un même lieu, et des mécanismes RP superficiels ne demandant qu’à être approfondis. Cependant, il n’en est pas moins une véritable pépite de la scène indépendante à découvrir pour tout fan de beat’em up en deux dimensions

 

Test réalisé par TheAmazingNatpon sur une version offerte par l’éditeur
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