Test : Fallen Legion: Rise to Glory sur Nintendo Switch

Fallen Legion: Rise to Glory

Genre : Action RPG / Beat them All
Langues : Japonais / Anglais Textes : Anglais
Développé par YummyYummyTummy  Mintsphere
Édité par NIS America
Sortie France : 01/06/2018
Prix : 39,99 € sur l’eShop / 35€99 sur Amazon
Taille : 1468,01 MB

Site Web Officiel

 

 

Fallen Legion débarque enfin sur la console hybride de Nintendo un an après les consoles de chez Sony. Et comme assez souvent, arriver un peu plus tard que les autres permet à la Switch d’avoir un jeu complet, sans DLC. Fallen Legion: Rise to Glory regroupe donc les deux versions développées par YummyYummyTummy et Mintsphere, Flames of Rebellion et Sins of an Empire. Ces deux jeux nous permettant de jouer et de vivre deux histoires parallèles telles celles vécues sur Fire Emblem Fates.


Je ne vous cacherai pas que le scénario est très compliqué. J’ai pour une fois fortement regretté la non présence de textes en Français, car l’histoire mérite amplement que l’on s’y attarde.

Fallen Legion: Rise to Glory se déroule donc en deux parties. Tout d’abord Flames of Rebellion où vous incarnez Legatus Lændur. Ce dernier, général, lève une troupe pour créer une guerre civile et ainsi faire tomber l’Empire de Fenumia. L’autre histoire, celle de Sins of an Empire, vous êtes la Princesse Cecille, qui après la mort de son père, Empereur, voit son pays dévasté par une guerre civile en devenir menée par Legatus Laendur. Quel que soit le scénario choisi, les histoires se chevaucheront et vous découvrirez qu’elles sont bien plus imbriquées l’une à l’autre que l’on ne pouvait imaginer. Sachez enfin, tel Fire Emblem Fates ou Shining Force III, que chaque choix réalisé dans la première histoire aura une influence sur le scénario que vous vivez, ainsi que sur le second.


J’ai choisi de commencer par la campagne Sins of an Empire qui nous conte l’histoire de la Princesse Cecille. Cette jeune fille devient malgré elle Impératrice de Femunia suite à la mort de son père. Et pour une fois, nous incarnons une femme éloignée des clichés habituels, à savoir que Cecille est un général de l’armée du Pays. Conseillée par un grimoire plutôt étrange la voilà partie pour devenir la protectrice de l’Empire.

On entre dans le vif du sujet immédiatement après simplement quelques dialogues. Déjà que l’histoire est assez complexe et avec pas mal de possibilités, voilà qu’en plus on ne nous laisse pas trop le temps d’assimiler le pourquoi du comment. Nous ne savons pas si nous incarnons les gentils, ou si nous sommes les méchants.
Cependant nous allons vite comprendre que finalement nous ne sommes que spectateur du jeu avec toutefois la possibilité de modifier le cours de l’histoire par des choix sous forme de QCM tout au long des combats.

Les membres de votre équipe sont des Exemplars. Ce sont des illustres combattants qui ont fait preuve de bravoure dans le passé et qui possèdent des armes légendaires. Avant de partir au combat, vous allez devoir former votre équipe qu’il faudra façonner comme vous le désirez, suivant des critères propres à chaque guerrier. Vous devrez au préalable choisir jusqu’à trois d’entre eux pour vous aider, en prenant en compte leurs compétences. Offensif, défensif, à distance, au corps à corps, il faudra essayer d’équilibrer tout ça pour ensuite aller affronter ceux qui veulent du mal à votre pays. Cela n’est pas sans rappeler un certain Valkyrie Profile.
Tout comme dans le jeu de Tri-Ace tous les Exemplar auront une touche (de manette) propre, à savoir Y, B et A, selon comment ils ont été placés juste avant l’entrée en scène. Durant la phase de combat il s’offre à vous plusieurs possibilités d’attaques et ou de défenses. Premièrement, les protagonistes peuvent utiliser soit trois fois d’affilée leurs attaques classiques pour essayer de former des combos (en enchaînant 4 ou 5 coups), soit utiliser leur jauge entièrement pour envoyer une grosse attaque (ZR). Dans les deux cas vous remplissez les jauges de magie de Cecille. Ensuite avec Z vous allez pouvoir bloquer les attaques venant de vos adversaires et les renvoyer, les mettant KO durant quelques secondes. Il faudra en profiter pour placer une contre-attaque digne de ce nom.

Cecille et Legatus Laendur seront quant à eux assigné à X avec la possibilité d’utiliser trois sorts différents pour vous soutenir. Tout d’abord elle peut envoyer une attaque puissante, avec une jauge qui comme dit précédemment se charge grâce à vous et à vos combos. Ensuite il y a la magie de restauration d’énergie, qui se charge assez rapidement, mais qui ne restaure pas assez selon moi. Enfin, vous avez la possibilité de faire revivre un de vos Exemplar décédé au combat. Pas besoin de vous dire que la jauge ne se charge que très lentement. A contrario votre compagnon revient avec sa barre de vie à 100 %.

Sur le papier l’utilisation des touches rappelle fortement les joyaux que sont Valkyrie Profile et Project X Zone (Sega), à la différence près qu’ici le temps ne s’arrête pas. A la façon d’un ATC, pas de tour par tour ici, mais du combat non-stop.
Malheureusement cela rend le système de combat complexe et brouillon. Il faudra en effet avoir un timing parfait pour vous en sortir car les ennemis en face de vous portent des attaques plutôt de façon aléatoire ou désordonnée. Il faudra jongler habilement entre combo, défense et sorts pour apprécier pleinement le combat. A côté de ça, il vous est aussi possible de faire tourner votre équipe durant l’affrontement en faisant par exemple passer votre bretteur derrière votre archer. Cela peut être utilisé en tant qu’esquive, mais attention car certains de vos Exemplar étant faibles défensivement cela pourrait bien vous coûter très cher en points de vie.

Cette phase de gameplay rapproche finalement Fallen Legion plus d’un jeu de baston façon Beat Them All que d’un RPG. Je vous conseille de bien maîtriser ces mécanismes avant d’aller trop loin et de vous prendre des roustes face à des boss vraiment sans pitié et aux patterns particulièrement compliqués.

Après cette phase de baston, Fallen Legion marque encore une fois sa différence.
Entre les combats vous allez pouvoir influencer l’histoire de votre Empire. Trois choix vous seront offerts où votre devoir de politicienne va prendre le pas sur votre rôle de cheffe des armées. Ce choix en plus de modifier votre aventure future va directement modifier les statistiques de vos Exemplars. Plus d’attaque, plus de défense, ou recharge complète de votre jauge de magie voilà le choix qu’il faudra prendre, en sachant que cela aura une influence politique (faire chanter un prince pour gagner de la force ou taxer un village affamé pour faire revivre l’un de vos personnages). Dur dur, d’autant que le temps est compté. Il faudra faire un choix rapidement.
Ces deux phases reviennent assez souvent et on n’a pas trop le temps de souffler.

Fallen Legion ne propose aucun système d’expérience ce qui éloigne encore le jeu des bases du RPG classique. La façon dont vous composez votre équipe et la façon dont vous donnez les gemmes de puissance à vos troupes sera véritablement le seul lien avec ce que l’on retrouve dans nos RPG habituels. Étranges choix de la part des développeurs, car revenir en arrière pour gonfler votre expérience ne servira à rien (il n’y en a pas) et si vous vous retrouvez bloqué, il ne restera que votre façon de jouer pour vaincre et avancer.
On se demande assez rapidement où est concrètement l’intérêt d’un tel jeu et surtout d’un tel gameplay, car une fois que l’on a bien maîtrisé le principe de parades/combos, il n’y a plus qu’à dérouler et foncer tête baissée vers la victoire finale. Un peu limité tout ça et pourtant tellement intéressant.

Graphiquement, Fallen Legion est beau (décors pré-dessinés à la main), mais si j’ai été charmé par le style, je trouve tout de même qu’il y avait moyen de faire mieux. Dans le genre, je pense à un jeu mobile signé par Rayark Games (connu pour le jeu de rythme Voez) qui visuellement est une véritable claque. L’animation est belle et malgré le bordel des phases de combats cela reste impeccable et sans ralentissement.
Coté vilains et bestiaire, c’est assez sympa, sans réellement de surprises et d’originalité, mais tout est très bien détaillé.


Pour le côté musique, et voix maintenant, YummyYummyTummy et Mintsphere ont mis le paquet. L’influence est à proprement parler de Metal Neo classique, mais la musique classique et les belles orchestrations sont aussi de la partie, un peu comme celles entendues sur les Fire Emblem. C’est vraiment de très grande qualité, partout, tout le temps, même pour votre mort. J’aimerai vraiment qu’une OST soit prévue, car pour une fois je crois que je serai prêt à craquer. Les voix sont aussi de qualité. En Anglais, mais aussi et surtout en Japonais, c’est une régalade auditive. Dommage que la langue française ne soit pas disponible car l’anglais écrit est assez dur à comprendre, avec des mots pas franchement courants rendant la compréhension ardue.

Pas vraiment destiné à tous, Fallen Legion serait presque élitiste avec son gameplay si particulier. Ce même gameplay serait presque à en dégoûter certains. A force de répéter ce système de combos/défenses/magies, l’intérêt du jeu tombe à plat, et ce malgré l’idée intéressante de nous faire participer à l’histoire avec ce côté narratif et interactif.
Le jeu a trop le cul entre deux chaises pour vraiment accrocher, pourtant sur le papier c’était on ne peut plus sexy. Le fan de RPG trouvera qu’il manque d’interaction avec ses troupes : pas d’expérience, pas vraiment d’esprit tactique (mais plutôt technique) et trop dirigiste.

Si vous arrivez à tenir le coup sur la longueur, après avoir passé des dizaines d’heures à appuyer frénétiquement sur A, B et Y et un peu sur X et ZL tel un Beat them All, alors vous arriverez sans doute à vous attaquer à la seconde partie de l’histoire… pour revivre exactement le même gameplay.


Le système de jeu rappelle quant à lui un peu les jeux mobiles, à savoir des sessions courtes. Vous avancez, vous avez 4 ou 5 combats à faire avant d’arriver devant un boss. Puis des notes sous formes de lettres viennent récompenser vos skills en attaque, en défense et enfin votre technique générale.
Ce style de jeu propose de découper en sessions courtes l’aventure et permet de faire des parties concises et ainsi de se reposer après à avoir subi autant de tension et de pression.

La difficulté assez élevée du jeu et l’histoire interactive (un peu) donnent pourtant envie de persévérer, de s’y intéresser et de passer outre la redondance des phases de combats.
Arriver au bout du jeu vous garantit un long final étonnant et il serait tout de même dommage de passer outre.
Et vous désirez encore plus de challenge, YummyYummyTummy vous a préparé un mode New Game +, ainsi qu’un infernal mode One Life où vous l’avez compris, la défaite vous amène immédiatement au Game Over.

 

Tous ces petits défauts font que je suis assez mitigé sur Fallen Legion. Mais je pense qu’il faut aller au delà de ces petits problèmes et qu’il faut voir le jeu dans sa globalité. Car si, vous avez le temps d’être attentif pour bien assimiler ce gameplay complexe, si vous avez la patience de vous jeter corps et âme dans l’histoire, le jeu va vous ravir car il est réellement addictif.
Et c’est vraiment là que l’on peut regretter ce côté jeu de niche (fréquent à juste titre chez NIS) car il y a fort à parier que beaucoup d’entre vous risquent de passer à côté d’une expérience exceptionnelle et originale, si vous aimez les Action RPG.

 

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Test réalisé par C2ric sur une version offerte par l’éditeur
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