Test : Final Fantasy VII sur Nintendo Switch

FINAL FANTASY VII

Genre : RPG
Langues : Japonais, Français, Allemand, Espagnol, Anglais
Développé par SQUARE ENIX LTD.
Édité par SQUARE ENIX LTD
Sortie France : 26/03/2019
Prix : 15,99€ sur l’eShop
Taille : 4032,82 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 12 ans

Site Web Officiel

Quand on parle de jeux vidéos, la grande question que les joueurs vont systématiquement se poser est “Quel est ton jeu préféré ?”. Grande question s’il en est, car on passe tous un temps faramineux sur des dizaines de titres chaque année, mais on a tout de même tous un petit bijou cher à notre coeur, et Final Fantasy VII est une des réponses les plus répandues chez les fans de Sony, tout autant que Zelda Ocarina of Time chez les pro-Nintendo. Il aura fallu attendre 2019 pour que ce titre mythique sorte enfin sur une console de la marque au plombier moustachu et je ne peux qu’être extatique à l’idée de le tester pour vous !

L’histoire est célèbre : FFVII démarre lorsque le personnage principal, Cloud, est engagé par une bande de terroristes qui veulent sauver la planète des mains de Shinra, une entreprise toute puissante extrayant l’énergie du monde, et ne craignant aucune instance qui pourrait les arrêter. S’ensuit une aventure autour de la planète avec Cloud et sa bande toujours grandissante, dans le but d’arrêter le traître Sephiroth qui tente de tout détruire. À l’inverse de beaucoup de titres de la licence Final Fantasy, ce jeu est une véritable dystopie où la misère est palpable chez chaque habitant, des bidonvilles de Midgar au camp de réfugiés du Mont Corel, c’est un univers où pèse une dépression omniprésente, et où chacun tente de vivre sa vie tant bien que mal.

Avec Final Fantasy VII, vous allez vivre une aventure riche en revirements de situation, en personnages tout autant déplorables qu’attachants, et en événements tout aussi inventifs qu’ambitieux pour l’époque. Vous visiterez des lieux iconiques, que ce soit en parcourant la base militaire de Junon ou bien en infiltrant le QG de la Shinra, c’est une aventure incroyable. L’histoire est profonde, mélangeant tristesse, deuil, traîtrise, elle va vous faire réfléchir sur vous-même, sur ce que vous êtes, quel est votre but et vous remettrez en question toutes vos croyances avec des moments très lourds en émotions, mais fort heureusement le ton assez étrange vient apporter un peu de douceur et de légèreté dans ce monde si dur.

Pour être parfaitement honnête, je trouve que l’histoire de FFVII est phénoménale et peut aisément rivaliser avec des classiques de la littérature, c’est sans aucun doute le meilleur scénario de la licence grâce à ses multiples twists et ses enjeux. La version française aurait pu être un peu mieux travaillée, mais c’est loin d’être un fiasco total comme on a pu en voir à l’époque, et elle n’altère pas l’histoire du jeu globale.

Je ne vais pas m’étendre en profondeur sur les mécaniques de jeu de FFVII, parce que le titre a plus de 20 ans maintenant, et partage son gameplay avec la majorité des jeux de la licence Final Fantasy, même si ce n’est pas la première des licences JRPG au monde, elle reste un classique pour les fans du genre, et chacun voit à peu près comment ces jeux fonctionnent. On visite des villes, on fait progresser l’histoire, on plonge dans des combats aléatoires au tour par tour, et on va parfois réaliser des quêtes ou jouer à des mini jeux, tout cela est convenu de nos jours.

Mais ce qui distingue Final Fantasy VII de ses pairs, en dehors de son histoire, c’est son système très atypique de materia, qui permet à chaque personnage d’équiper presque n’importe quelle capacité, n’importe quelle magie ou invocation si l’on attache la bonne orbe à leur équipement. Ce système a ses avantages comme ses inconvénients cependant, et  cela pousse le joueur à tester toutes les combinaisons possibles pour découvrir des mécaniques incroyables. Bien sûr, si votre personnage a un équipement en béton, vous pouvez expédier le jeu en sachant quoi faire et en agissant intelligemment, mais c’est très peu probable lors d’une première partie, il faut maîtriser ces mécaniques à la perfection, et en réalité le soft est très bien équilibré pour ceux qui ne s’y connaissent pas vraiment.

Faire monter votre magie de niveau est aussi important qu’améliorer celui du personnage, vous pouvez acheter toute la magie de feu que vous souhaitez, mais tant que vous ne l’équipez pas et que vous n’augmentez pas son niveau, vous ne verrez jamais ses formes les plus puissantes. Le point négatif de ce système est qu’il peut parfois être limité, car peu de slots pour la materia sont disponibles sur les équipements, surtout au début de la partie quand on croule sous les orbes mais qu’on n’a aucun endroit où les placer, de même, peu d’explications nous sont apportées au sujet de quoi faire pour améliorer nos pouvoirs avec ces orbes, heureusement on a aujourd’hui la chance d’avoir un accès plus facile à internet qu’en 1997.

Ce portage sur Switch apporte son lot de bonus pour faciliter l’aventure, ou pour la rendre moins rébarbative, problème récurrent des JRPG des années 90 qui a découragé plus d’un joueur. Toutefois, moins d’éléments modificateurs ont été apportés ici que sur le portage de Final Fantasy IX, mais on retrouve les bases : on peut bloquer les combats aléatoires en appuyant sur les deux joysticks, accélérer le temps par 3 en appuyant sur le joystick de gauche, sans pour autant accélérer la musique, ce qui est très appréciable et qui facilite grandement le levelling, et enfin on peut booster les capacités de nos personnages en combat en appuyant sur le stick de droite, ce qui remplit leur barre de limite pour donner des coups violents et redonne tous les PV (faites attention à utiliser cette option avec parcimonie cependant, au risque de détruire tout le plaisir du jeu). Le boost d’argent gagné n’a pas été ajouté dans ce portage comme dans celui de Final Fantasy IX, mais c’est un moindre mal car cela rendait le jeu vraiment trop facile.

La bande-son de Final Fantasy VII est sans conteste un des chefs d’oeuvre de Nobuo Uematsu, et quand on prend en compte le nombre faramineux d’OST mémorables qu’il a produit, ce n’est pas une déclaration à prendre à la légère. Certes, le jeu manque peut être du punch des autres titres de la licence qui suivront plus tardivement sur PlayStation, certainement dû au fait que la technologie du CD n’était pas encore tout à fait maîtrisée, mais mis à part cela la musique reste phénoménale, Final Fantasy VII compile un grand nombre de pistes devenues classiques se plaçant parmis les plus belles de l’histoire du jeu vidéo. La bande-son du jeu compile un lot incroyable de musiques mythiques ayant dépassées les barrières de la PlayStation, connues aujourd’hui pour avoir été utilisée dans d’autres médiums. Etant un pur produit des années 90, je peux tout de même affirmer que ma nostalgie n’empiète en rien sur le ressenti de la qualité des musiques, et cela ne fait aucun doute que les néophytes seront toujours impressionnés par ce que le titre à a offrir. De la marque de fabrique de Nobuo à travers un style lent et enjoué aux épiques musiques de bataille, tout le monde pourra être impressionné, même si l’on aurait bien aimé une version remastered des pistes pour s’adapter aux standards actuels, peut être pour le remake ? On peut toujours rêver…

Visuellement Final Fantasy VII est certainement l’opus de la licence qui a le moins bien vieilli depuis les jeux originaux sur NES, on retrouve cette bouillie étrange du début de l’ère de la 3D qu’aucune console moderne ne saurait affiner, les personnages sont plus laids et carrés que des figurines Lego, et ils sont bien moins détaillés que ceux de Final Fantasy VIII sorti un an plus tard. Certes, cela à son charme, mais je ne vais pas mentir en disant que c’est ce qu’on a fait de mieux, que c’était bien mieux avant… Personnellement cela ne me dérange pas et me rend même un peu nostalgique, mais je ne serai pas en désaccord avec ceux qui trouveraient cela moche et risible.

Le style artistique, notamment celui des arrière plans, reste cependant une prouesse toujours appréciable aujourd’hui, des bidonvilles dystopiques de Midgar au flamboyant casino en passant par la ville de style oriental d’Utai, la création des visuels est fantastique. Dans ce portage, les personnages ont conservés leur haute résolution originale en laissant de côté la compression infâme du CD, cela se voit, mais beaucoup moins que dans le portage de FFIX par exemple, on a tout juste des couleurs plus vives et agréables, et cela mettrait presque encore plus en valeur le fait que le jeu était peu détaillé face à ses descendants.

Il est aussi bon de noter que le titre conserve sa définition en 4:3, un très bon point si on regarde la honte que sont les portages élargis en 16:9 pour s’adapter à nos écrans modernes. Même si FFVII rend très bien sur un téléviseur, il est beaucoup plus appréciable en mode portable sur le petit écran de la Switch.

Comme tout bon JRPG qui se respecte, et notamment pour une série si iconique que les Final Fantasy, attendez vous à passer des dizaines d’heures à pourchasser Sephiroth, à rire, pleurer, souffrir et ressentir un panel énorme d’autres émotions face à ce chef d’oeuvre. En moyenne, il vous faudra 40h pour venir à bout de l’histoire, mais bien plus si vous prenez le temps de faire monter le niveau de vos personnages le plus haut possible, et de réaliser toutes les quêtes annexes.

Final Fantasy VII est un très bon portage, avec son lot de nouveautés ici sur Switch, des aides apportées pour faciliter l’aventure aux nouveaux venus pas encore adeptes de la série, tout pour ravir autant les fans de la première heure qui trouveront ici une très belle version, enfin portable, et pour les néophytes qui ont un peu peur de mettre les pieds dans un jeu si iconique et ancien, de peur d’être déçus. En attendant le remake qui tarde à pointer le bout de son nez, cette version sur Switch est parfaite pour découvrir ou redécouvrir ce pilier du jeu vidéo !

FFVII est un must-have, comme on pouvait s’en douter. Si vous n’y avez encore jamais joué, il s’agit là d’un jeu considéré comme légendaire pour de très bonnes raisons : 40h d’une histoire profonde riche en rebondissements, des personnages construits et attachants, un monde lugubre mais attrayant et enfin une bande originale plus que fantastique, on ne peut se tromper, c’est un des jeux qu’il faut faire dans sa vie à tout prix, ne serait-ce que pour vivre les changements qu’il a apporté dans l’industrie vidéoludique par son génie jamais remis en question. Si vous y avez déjà joué, il n’y a peut être pas beaucoup de raisons de le reprendre, si ce n’est pour revivre l’aventure en version portable, ce que j’ai particulièrement apprécié. Cette version Switch est certainement le dernier portage que l’on aura de FFVII avant le remake (s’il arrive un jour), et cela valait le coup d’attendre 22 ans pour enfin le voir arriver sur une console Nintendo !

Test réalisé par Natingle sur une version offerte par l’éditeur
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