Test : Fire Emblem : Three Houses sur Nintendo Switch

FIRE EMBLEM : THREE HOUSES

Genre : Tactical-RPG
Langues : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Japonais, Coréen, Chinois
Développé par Intelligent Systems
Édité par Nintendo
Sortie France : 26/07/2019
Prix : 59,99€ sur l’eShop, 45,99€ en version boîte ICI
Taille : 11841,57 Mo
Joueurs : 1 joueur
Age minimum : 12 ans

Site Web Officiel

Nous y sommes enfin. L’attente fut longue, l’appréhension grande et l’excitation encore plus, et pourtant : nous y voilà. Nous pouvons à présent profiter de Fire Emblem : Three Houses et enfin vérifier si ce monstre de contenu est à la hauteur de nos attentes. Après des épisodes 3DS à succès, quoique redondants sur leurs formes, les joueurs étaient en demande d’un vent frais pour cette licence phare de Big N. Le pari est-il réussi ? Faites chauffer vos neurones, sortez vos cahiers et prenez des notes : le cours va commencer !

Edelgard, Dimitri ou Claude : il va falloir choisir !

Le titre vous place dans la peau de Byleth, que vous pouvez choisir homme ou femme selon votre désir, et êtes mercenaire de votre état. Sous la houlette de Jeralt, votre père, vous arpentez les terres de Fódlan et vivez des joies de la route. Ce continent est très particulier, puisque la paix qui y règne repose entièrement sur l’entente cordiale entre trois pays majeurs : l’Empire d’Adrestia, le Saint Royaume de Faerghus et l’Alliance de Leicester. Au centre de ces puissances militaires se trouve le monastère de Garreg Mach, régi par l’église, et dont la fonction a pour but d’éduquer les nobles de chaque contrées grâce à un enseignement rigoureux et prônant la paix. Tout bascule le jour où Byleth se fait appeler à l’aide par trois jeunes gens afin de repousser des bandits. Le hasard fait bien les choses, puisque ce sauvetage émane en réalité d’élèves venant du monastère. Et pas n’importe lesquels : ce sont les trois futurs dirigeants de leurs pays associés. Cette première bataille va donc changer le cours de votre vie et vous ouvrir les portes de cette école de prestige qu’est Garreg Mach (et non, il ne s’agit pas de Poudlard).

L’essence des Fire Emblem est préservée, et se pare de sang neuf !

Sans entrer plus avant dans les détails scénaristiques afin de vous laisser découvrir tout cela par vous-même, vous avez probablement deviné eut égard au titre du jeu que vous allez devenir professeur en charge de l’une des trois maisons. Vous devrez donc faire un choix entre Edelgard (Adrestia), Dimitri (Faerghus) et Claude (Leicester), en sachant que les élèves seront différents et a fortiori des pans du scénario principal également. Disons-le tout de suite : il faudra passer par l’histoire des trois maisons pour apprécier à sa juste valeur le scénario dans sa globalité. Riche, prenant et laissant planer la bonne dose de mystère, l’intrigue séduit et arrive à nous coller à la manette tant l’on veut savoir ce qu’il va se passer ensuite. En ce sens, le titre parvient à briller en proposant un choix crucial au joueur, avec lequel il faudra composer tout le long de votre partie. Et c’est exactement dans ce sens qu’il faut aborder l’aventure : Fire Emblem : Three Houses est le jeu du choix, en permanence !

Si le scénario propose une aventure riche et prenante, c’est aussi car le gameplay l’appui magistralement. Être professeur n’est pas de tout repos, et les différentes activités et tâches qui vous attendent feront fondre votre précieux temps libre comme neige au soleil. Boire un thé, jardiner, pêcher, déjeuner, chanter ou encore se former au combat : ce ne sont pas les activités qui manquent, même si celles-ci ne se valent pas toutes malheureusement, comme nous le verrons un peu plus bas. Un calendrier (façon Persona) régie votre vie, et c’est à vous de le gérer à mieux selon les semaines et les événements aux différents combats qui vous attendent, à noter que la fonction en ligne vous permet de connaitre les choix des autres joueurs à travers le monde. Votre équipe n’est pas au point ? Privilégiez des combats annexes pour monter de niveaux. Vos élèves veulent changer de classe ? Instruisez un séminaire pour les faire étudier. Vous désirez creuser une affinité particulière avec un allié ? Invitez-le à boire un thé, à déjeuner ou à vous aider en combat pendant un mois. La seule limite sont les points d’activités (PA) qui vous octroient un certain nombre d’actions avant de vous imposer d’avancer dans le temps. Ces derniers sont omniprésents, et le jeu est pensé pour que vous en manquiez quoi qu’il arrive, vous forçant une fois de plus à faire un choix. Cette mécanique est cruciale, puisque la frustration qu’elle génère est précisément la raison qui fait que l’on ne parvient pas à décrocher. Fire Emblem oblige, les interactions entre vos élèves/unités prennent une place importante ici, et vous conduiront naturellement à vous lier avec eux. Il faudra alors apprendre à connaître vos élèves ainsi que leurs histoires et à mieux cerner leurs forces et faiblesses pour les exploiter au mieux lors des joutes.

Nouer des liens avec les élèves est primordial !

Parlons-en, justement, des batailles. Ces dernières étaient attendues au tournant par bon nombre de joueurs qui pouvaient trouver que la licence commençait à s’épuiser depuis quelques années. Rassurez-vous, si Three Houses ne renouvelle pas intégralement sa formule, il parvient tout de même à la moderniser suffisamment pour sublimer les mécaniques que l’on connaît. Ainsi, le célèbre triangle des armes n’est plus, ce qui offre une liberté dans l’armement de vos unités. En lieu et place, la part belle est faites aux « nouveautés » qui ajoutent beaucoup plus de « peps » durant les affrontements et apportent un peu de vent frais :

  • Les escouades, qui accompagnent une unité et permettent de déclencher des capacités spéciales pouvant cibler plusieurs ennemis ou infliger des bonus/malus (recul d’une case, immobilisation au prochain tour, etc.). Il faudra également veiller à l’endurance de ces dernières pour ne pas qu’elles battent en retraite en cours de bataille.
  • Les techniques, mécaniques déjà connues mais mieux gérées, qui permettent d’ajuster votre frappe à l’ennemi. Ici, pas de points de magie ou autre : le coût de ces puissantes attaques est décompté directement de la durabilité de l’arme. Vous faites donc plus de dégâts, mais vous usez votre arsenal plus rapidement.
  • Les monstres, qui font leur apparition dans cet épisode, et qui vous demanderont d’adapter votre tactique à leur mode de fonctionnement un peu spécial. Gardez-vous de les laissez en vie, car ces féroces ennemis ne font pas dans la dentelle et proposent souvent de belles récompenses.
  • L’impulsion Divine, qui sans entrer dans les détails, vous permet de revenir à n’importe quelle action déjà réalisée. Un saut dans le temps en somme qui vous permettra de rectifier le tir un nombre limité de fois.

Tous ces éléments mis bout à bout rendent les affrontements d’une puissance tactique folle. Vous êtes vraiment libre d’imaginer les stratégies qui vous conviennent et de laisser libre court à votre imagination. Vous voulez encore plus de liberté ? Parlons des classes et de vos cours hebdomadaires. Lorsque vous ne vous battez pas, vous donnez des leçons vos élèves. Là encore, des points d’activité vous limitent, vous ne pourrez donc pas améliorer tout le monde. Cependant, adieu les classes imposées : vous êtes libre d’engager qui vous voulez dans n’importe quelle direction. Envie de faire d’un évêque un chef de guerre ? Vous pouvez. Vous vous êtes trompés et souhaitez revenir à une classe antérieure ? Vous pouvez aussi. Comme dans les opus précédents, les niveaux de maîtrise se déterminent par des levels allant de E à S+. Vous-même possédez un niveau d’enseignant qui répond aux mêmes critères, à ceci près que les récompenses sont des PA supplémentaires.

Les animations de combat sont réussies et participent à l’immersion !

Three Houses est l’épisode de la liberté, et une fois encore, on en peut que saluer ce choix de gameplay qui ouvre le champ des possibles à tous les stratèges en herbe. À chaque fin de semaine, vos étudiants gagnent tout de même en compétence mais de manière moindre, puisqu’ils étudient souvent seuls, alors qu’un tutorat individuel est forcément plus efficace. Cela a pour impact de faire baisser leur motivation, et donc leurs résultats, et c’est là qu’il faut prendre du temps libre pour leur offrir du thé, des cadeaux, déjeuner avec eux, etc. La boucle est bouclée. Il est donc vital d’alterner entre les phases de quartier-libre, de batailles et de séminaires afin de pleinement profiter du contenu. Comme le dit le dicton : une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. Le titre le comprend bien, et propose assez d’éléments pour ne pas avoir l’impression de sombrer dans une routine monotone. En revanche, on regrettera que Garreg Mach ne fasse office que de HUB central, dans lequel on fait vite le tour, et qui aurait pu faire preuve d’un peu plus d’imagination dans sa conception.

Concernant la direction artistique, il n’est pas utile d’être aussi bavard, malheureusement. Si la bande-son reste fidèle à un Fire Emblem et propose des pistes solides et enchanteresses (quoique discrètes), il faut bien admettre que côté graphismes, nous sommes assez loin de ce que peut proposer la Nintendo Switch. C’est d’ailleurs là le seul vrai défaut du titre. Les visites du monastère restent le meilleur exemple, puisque c’est là que nous pouvons constater des textures fades, mornes, presque datant de l’ère PS2. Certes, ce n’est qu’un détail et les grandes forces de ce Three Houses ne résident pas là. De plus, le jeu peut parfois être contraignant, tant les textes de menus peuvent paraître petit, sans aucune option de personnalisation de l’HUD. Pas de quoi crier au scandale, mais néanmoins dommage.

Durant vos enseignements aussi, il faudra faire des choix !

Cependant, il est dommage de considérer qu’un peaufinage un peu plus abouti aurait été bénéfique. La nuance est importante : le jeu n’est pas «moche», mais techniquement «faible». De plus (toujours à Garreg Mach), il est fréquent lorsque l’on se téléporte, de ne pas voir les PNJ charger, à noter également que les temps de chargement peuvent atteindre jusqu’à 30 secondes entre deux phases. Bref, ce ne sont pas de graves problèmes, entendons-nous bien, mais il est dommage de constater ce type de broutilles en 2019 et sur un jeu de cet acabit. Pour le reste, on peut se délecter de cinématiques prenantes, d’une modélisation des personnages convaincante, de portraits sublimes et d’un doublage parfait en tout point qui renforce encore plus l’immersion en Fódlan.

Comme cité plus haut, votre découverte du scénario débutera par le choix de votre maison de départ et l’histoire dans sa globalité ne vous sera révélée qu’après avoir dirigé les trois maisons, là encore, d’un joueur à l’autre l’intrigue ne sera pas la même selon vos choix. De fait, et selon votre style de jeu, la fourchette de durée de vie peut rapidement doubler. Comptez environ 40 heures pour clôturer l’intrigue lors d’un premier essai, et donc plus d’une centaine si vous désirez faire le tour complet du titre et profiter de tout le contenu qu’il offre. Car oui, Fire Emblem : Three Houses est loin d’être avare et saura maintenir votre attention sur lui malgré les nombreuses heures de jeu. Toutefois, il est à noter que le mode « New Game + », bien qu’intéressant, reste plutôt faiblard malgré les nouveautés proposées. Cependant un DLC est dores et déjà disponible (ici), espérons que son contenu soit digne de son prix.

Fini les spécialisations d’office : vous pouvez gérer vos unités à loisir !

Le titre, aussi gargantuesque soit-il, ne se vaut pas sur tous les tableaux, comme cité précédemment. Si les tactiques de combats permettent de développer les classes, de débloquer des techniques rares et de tester le tout sur un champ de bataille endiablé, les phases au monastère perdent un peu de charme au fil du temps, les différentes activités devenant plus anecdotiques qu’autre chose. Seules survivent les séances de thé, qui bien que répétitives au possible, possèdent un charme fou, propre à chaque élève que vous invitez. Pour le coup, cet ajout est très appréciable et renforce réellement la sensation de relation avec un de ses personnages favori. Le mode «online» est également discutable, puisque ce dernier ne permet pas de grandes folies. À peine faire des parties de cache-cache assez molles et de recruter un élève d’un autre joueur pour le mois en cours. Les plus curieux seront intéressés par le fait de savoir ce que les autres joueurs ont pris comme décision durant l’intrigue. C’est vraiment dommage, car il y avait là une vraie raison de valoriser le Nintendo Switch Online, si au moins il était possible de s’affronter entre joueurs, et encore mieux de pouvoir rejoindre la partie d’un ami.

Il faudra passer par les trois maisons pour connaître toute l’histoire !

Tout voir, tout connaître et apprendre l’historique de tout le monde n’est absolument pas possible en une seule partie, même si il est possible de recruter des élèves d’autres maisons. Le fait que le jeu vous limite régulièrement en termes d’activités, de rencontres et de temps est un des points les plus intelligent. En effet, l’écriture y est si intéressante et les backgrounds des personnages si denses que l’on a envie d’en savoir toujours plus. De fait, on se pose toujours cette question en permanence : « et si j’avais choisi une autre maison ? ». Pour le savoir, il faudra relancer une partie.

Fire Emblem : Three Houses est un des meilleurs épisodes de la licence. Frais, palpitant et avec un contenu absolument monstrueux, il ravira les fans de la saga et se permet même d’être un excellent moyen de s’initier à la série pour les néophytes. Le choix de diviser le scénario en trois parties rend l’aventure beaucoup plus cohérente, et offre une rejouabilité du tonnerre, puisque l’on veut absolument passer par les trois maisons pour connaître les fins mots de l’histoire. Plutôt faible sur le plan graphique, Three Houses n’en reste pas moins un opus solide proposant des mécaniques qui le sont tout autant. Une vraie petite pépite que l’on prend plaisir à parcourir et à apprécier, tant les élèves de Garreg Mach (et les personnages en général) bénéficient d’une écriture soignée et vivante. Il n’y a pas à tourner autour du pot : c’est un titre qui a toute sa place dans la ludothèque Nintendo Switch. Un must-have à n’en pas douter !

Test réalisé par Jibenc0 sur une version offerte par l’éditeur
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