Test : Guilty Gear sur Nintendo Switch

GUILTY GEAR

Genre : ACTION, ARCADE, COMBAT
Langues : Japonais Sous-titres : Anglais
Développé par ARC SYSTEM WORKS
Édité par PQUBE
Sortie France : 17/05/2019
Prix : 19,99 € sur l’eShop, 32,99 € version boîte (compilation Guilty Gear 20th Aniversary Pack)
Taille : 441,45 Mo
Joueurs : 1-2 Joueurs
Age minimum : 16 Ans

Site Web Officiel

En 1998, il s’est passé beaucoup de choses. Outre la nomination populaire de Zinédine Zidane au poste de président, Metal Gear Solid premier du nom et l’arrivée d’Ocarina of Time, une autre pépite est apparue sur les consoles : Guilty Gear. Développé par Arc System Works et Daisuke Ishiwatari qui signe le scénario, la musique et les personnages, le jeu ne connut qu’un faible succès commercial, en dépit de critiques enthousiastes. Depuis la série a évolué et s’est taillée une place de choix dans les rangs des jeux de baston. Offrant des animations à tomber par terre et une bande-son heavy-metal qui envoie, elle arrive aujourd’hui sur Nintendo Switch dans un bundle nommé 20th Anniversary Pack comprenant le Guilty Gear originel ainsi que Guilty Gear XX Accent Core Plus R, sorti en 2010. Alors faites chauffer les pouces, ouvrez grand les yeux et les oreilles, Guilty Gear est là et ça va saigner.L’histoire prend place en 2180. Comme toute bonne oeuvre se projetant dans notre futur, il n’est pas radieux. Cent ans plus tôt, une source d’énergie, la Magie, mit fin aux problèmes énergétiques de l’humanité sans pour autant stopper les divers conflits. Une série d’expérimentations mêlant humains et Magie finit par créer de véritables armes vivantes : les Gears. Ces derniers, se retournant contre les humains, firent éclater une guerre d’un siècle nommée les Croisades. Ce conflit prit fin lorsqu’un groupe de soldats défit Justice, le leader, et l’enferma dans une autre dimension. Leur chef hors d’état de nuire, les Gears semblèrent cesser de fonctionner et la paix fut retrouvée. Cinq ans après la fin des Croisades, un Gear nommé Testament cherche à ramener Justice dans le monde afin de détruire une bonne fois pour toutes l’Humanité. Craignant cela, les Nations Unies organisent alors un tournoi pour trouver des combattants capables d’arrêter Testament et mettre fin à sa périlleuse entreprise. Dix combattants s’inscrivent et il ne tient qu’à vous de les mener à la victoire.

Guilty Gear a été conçu par Daisuke Ishiwatari qui voulait faire un titre difficile, qui apporterait plus que les jeux de combat habituels. Et mon dieu qu’il a réussi. Le système de combat repose sur quatre coups différents : Poing, Pied, Tranche, Tranche Lourde. Très offensif, le jeu vous pousse à faire des combos qui vous feront saigner les doigts. Entre les divers quarts de cercle, 360, les coups à charge, autant vous dire que vous avez devant vous de longues heures avant de maîtriser un seul personnage. Et ici, point de boule de feu en restant safe bien loin de l’adversaire: la barre de tension en bas se remplit quand vous avancez vers lui, prenez des coups ou en donner. En revanche si vous êtes inactif ou reculez trop, elle décroît. En quoi c’est important ? Eh bien cette barre de tension nécessite d’être remplie pour vous octroyer des attaques spéciales, et la laisser se vider entraînera une pénalité, affaiblissant vos coups.Vous l’aurez compris, le jeu vous pousse à vous perfectionner. Cependant, il introduit également une mécanique qui vous fera hurler, de joie ou de douleur selon que vous en soyez l’instigateur ou la victime : l’Instant Kill. Une manipulation compliquée qui détruit tout simplement celui qui en est la cible et met fin au combat instantanément, tandis qu’un des deux joueurs sera désappointé devant l’humiliant écran affichant « Destroyed ». Très risquée, cette technique ajoute à l’imprévisibilité des combats et pourra vous mener vers une victoire absolument méritée, ou une défaite vraiment injuste.Guilty Gear offre une complexité de gameplay rarement vue ailleurs. Il peut être d’ailleurs assez rebutant à prendre en main pour des joueurs profanes ou des habitués de la fluidité des jeux de combat actuels. Roman Cancel, False Roman Cancel, Just Defense, Dead Angle, tant de jolis mots pour des techniques aussi difficiles à maîtriser dans l’input qu’à placer en combat réel pour les néophytes. Perséverez et vous trouverez, non seulement un grand plaisir à naviguer dans la richesse d’un système de combat riche, mais également le délice des larmes de votre adversaire. Le gros bémol d’un tel coffre à jouets de mécaniques ne vient pas du jeu lui-même mais bien de la console. Les Joy-Con offrent en effet un matériel un peu trop fragile et manquant de retour pour un jeu aussi nerveux. D’autant que si les joysticks m’ont permis de réussir des quarts de cercle parfaits, les boutons directionnels sont vraiment insuffisants. Privilégiez donc le Pro Controller si vous en avez un, ses sticks bien plus confortables et sa véritable croix directionnelle en font un instrument de choix. J’ignore si les différents sticks arcade pour Nintendo Switch sont compatibles mais c’est là encore typiquement le genre de jeu dont ils profiteraient.

Originellement prévu pour des graphismes en 3D, Guilty Gear a finalement opté pour de la 2D dessinées à la main et c’est très beau. Certes, le pixel art a fait mieux depuis mais remis dans le contexte de l’époque, où le passage à la 3D semblait être monnaie courante, il faut reconnaître que cette direction artistique est bel et bien mieux que certains polygones d’alors. Les animations sont fluides, les effets tonnent de partout, c’est rapide et magique de voir une telle qualité dans un jeu de combat. Seul bémol du portage : il impose un format 4:3 fermé par des bandes latérales aux couleurs du jeu même dans les menus et l’on peut déplorer qu’aucune option de zoom ne soit offerte mais après tout, c’est quelque chose que l’on oublie assez vite tant le reste tourne bien. La musique, composée par le créateur du jeu, fera appel à vos instincts les plus bestiaux. Car quoi de mieux pour servir un titre violent et offensif à la prise en main complexe, que des guitares distordues, de la double pédale et des solos épiques ? Du bon gros heavy-metal qui demande à être écouté très fort sur des enceintes.

Le jeu offre le strict nécessaire : le mode Histoire, Versus uniquement local, Entraînement afin de maîtriser les combos de votre personnage et un menu option où vous pourrez assigner les touches comme vous le préférez, désactiver les barres latérales, sélectionner la musique d’arrière plan ou encore avoir un manuel d’utilisation du jeu assez complet, en anglais uniquement cependant.La durée de vie d’un jeu de combat ne tient qu’à l’investissement personnel. Aussi il est difficile de donner une idée de temps nécessaire à sa complétion. Chaque personnage dans le story mode se fait en une trentaine de minutes, à enchaîner les combats contre le CPU mais la véritable essence d’un tel titre se fait dans le mode versus, et pour peu que vous ayez des amis suffisamment motivés pour se taper dessus virtuellement au son des guitares, vous êtes partis pour une infinité d’heures.

Oui le jeu a certes vieilli en une vingtaine d’années, mais il reste culte. Guilty Gear a su dès son premier épisode offrir une richesse particulière. Si la série s’est elle-même dépassée d’année en année, le tout premier opus reste encore aujourd’hui un très grand jeu, graphiquement, musicalement, ludiquement. Tout est là. Quand les seuls défauts du soft proviennent d’un format d’écran et d’une configuration particulière de manette, on ferme les yeux. Foncez sur ce titre si vous êtes adeptes de jeu de combats complexes à maîtriser, vous ne le regretterez pas, qu’il vous emmène au Paradis ou en Enfer.

Test réalisé par Pupitilop sur une version offerte par l’éditeur
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