Test : Iro Hero sur Nintendo Switch

Iro Hero

Genre : Shoot Them Up
Langues : Français
Développé par  Artax Games
Édité par Eastasiasoft
Sortie France : 07/06/2018
Prix : 12,99 € sur l’eShop
Taille : 478,15 MB

Site Web Officiel

En 2306, les humains sont exploités depuis quelques années dans des fermes pour produire de l’énergie. En effet, par le passé des êtres supérieurs sont venus nous expliquer comment utiliser notre potentiel énergétique. Malheureusement comme dans toute société dirigée par l’homme, ce potentiel d’énergie illimitée est devenu un business. Résultat nous voilà à la merci d’entreprises peu scrupuleuses, qui ont décidé d’utiliser nos corps à leur faim. Pire encore, une autre espèce extra-terrestre va elle aussi profiter de notre énergie en nous enlevant carrément de notre planète.
Vous dirigez le jeune Iro qui, outre le fait qu’il part à la recherche de réponses, doit aussi sauver sa mère. N’est-ce point trop pour un jeune garçon ?
La suite, vous la découvrirez durant le jeu, notamment durant les phases de combats. WTF !?

Iro Hero est un Shoot them Up inspiré par le fameux (que dis-je, culte) Ikaruga paru d’abord sur Dreamcast avant d’être porté sur Game Cube. Le principe d’opposition de couleurs est ici le même que le Shump de la Dreamcast (noir et blanc). Ici on parle de polarité positive et négative, représentée par le rouge et le bleu. A savoir que lorsque votre vaisseau est rouge, vous pouvez détruire les ennemis bleus et, logiquement, vous êtes vulnérable à leurs tirs. Et inversement une fois que vous êtes de couleur bleue. A contrario lorsque vous êtes rouge, les tirs rouges ne vous font rien, sauf vous chargez une jauge de tirs spéciaux (X puis plus tard Y).
Sur le papier, cela peut sembler assez facile, d’ailleurs sur Ikaruga, une fois la prise en mains bien maîtrisée, on peut s’en sortir en apprenant bien les patterns des vaisseaux ennemis, malgré le fait que le jeu soit un manic shooter.

Ici, dans Iro Hero, la difficulté est vraiment imposante et pourtant nous ne sommes pas attaqués par des milliers de boulettes. Alors qu’est-ce qui rend ce jeu si compliqué ?
Il m’aura fallu un bon moment rien que pour passer le premier niveau. La gestion du switch entre couleur n’est pas réellement un souci, la multiplicité des tirs non plus. La construction des niveaux ? La façon dont les ennemis arrivent ? Il y a d’ailleurs parmi eux des kamikazes qui n’hésiteront pas une seconde à vous poursuivre. De quoi vous faire rager. Non ! Non, le coup de pression qui rend Iro Hero difficile c’est que lorsque vous êtes bleu (ou rouge), il vous est impossible de détruire les vaisseaux de la même couleur ! Tout simplement. Hérésie ! Surtout lorsque l’on a en tête le système de tir de Ikaruga. Dur, dur, vraiment dur de s’en défaire.

Chose amusante, la façon dont descendent les ennemis est un mix entre tous les vieux shoots des années 80. Par moment ils arrivent façon Space Invaders, d’autre façon Galaxian ou d’autres façon Galaga en avançant en peu n’importe comment.
Le tir est en mode automatique et je regrette beaucoup que l’on ne puisse utiliser que le stick pour diriger son petit vaisseau. Et la croix alors ? Connais pas ! Franchement je ne trouve pas cela très pratique au stick !!!
Idem switcher les couleurs avec R pourquoi pas. Mais pourquoi demander à aller chercher Y ou X pour l’arme spé alors que LR est utilisé comme le R!
Chose étrange, l’histoire nous est contée durant la phase de jeu, en tant que dialogue entre notre héro (à gauche) et ses amis (à droite). Il faut donc avoir des yeux partout si vous désirez en savoir un peu plus sur ce que va vivre Iro.
Enfin, Iro Hero ne vous permet pas de jouer à deux et c’est bien dommage.

Le jeu est concrètement typé 2D à l’ancienne pouvant facilement tourner sur une Megadrive, voir moins. C’est très sommaire. Il n’y a rien qui éclate la rétine. Les vaisseaux ennemis sont trop peu différents (11 en tout). Le jeu contrecarre cependant la monotonie et ce manque d’originalité par une réelle innovation dans certains schémas techniques et tactiques. En effet vous allez avoir par exemple des miroirs rouges ou bleus qui réfléchiront vos tirs dans telle ou telle direction détruisant ainsi les vaisseaux de la couleur opposée. Il faudra être rapide, car souvent le jeu ne nous laisse pas le temps de la réflexion. Finalement la pauvreté graphique est compensée par ces petites trouvailles de gameplay. Et c’est en quelque sorte la force du titre. Le premier niveau ne sert vraiment que de prise en main, le temps de s’adapter au level design et à la technique du switch.

Si Iro Hero est faible côté graphique, côté musique, c’est très très fort. La BO du jeu est un régal et même après s’être retapé les mêmes niveaux de nombreuses fois, la seule chose qui fait plaisir ce sont les mélodies que l’on entend. Elles restent en tête, c’est un régal.
Coté bruitage par contre, mon enthousiasme est plus mesuré. En effet les tirs ennemis et les explosions sont vraiment dégueulasses et clairement indignes de la musique qui accompagne.

Lorsque vous perdez vos trois vies, c’est game over et retour au début du premier niveau, sans continu possible. La vie est trop injuste… Mais pour ne pas être trop punitif, après avoir vaincu le boss de chaque niveau, vous aurez la possibilité d’acheter, selon vos gains, de nouveaux vaisseaux. Ouf !
Si vous arrivez à maîtriser le jeu, les neuf niveaux et les 11 boss présents devraient vous prendre une bonne heure, pas plus. Le temps réglementaire pour le genre est donc respecté.
C’est un shoot et concrètement le coté rejouabilité est faible, surtout lorsque nous somme seul. Et à part pour réécouter les musiques, je ne vois pas. Le constat est dur, mais il est là. Et avoir la possibilité de refaire les niveaux pour le fun via une option discrète en haut à droite, n’est que du vent et n’intéressera finalement que les scoreurs.

Autant ressortir Ikaruga sur Dreamcast (ou désormais Switch), qui reste un plaisir, ici pour Iro Hero c’est non. Et l’histoire ? Elle n’est même pas prétexte à revivre l’aventure.

Iro Hero m’a refroidi avec sa difficulté. C’est peut-être le jeu, peut-être moi, je ne sais pas. D’habitude les Shump ne me donnent pas autant de mal, d’où la question.
Sinon à côté de ça, le jeu de Jesús Luengo Rico apporte tout de même quelques subtilités de level design vraiment intéressantes. Si vous avez envie de les découvrir et de vous mettre à l’épreuve, je pense que ce Shoot est fait pour vous. Attention toutefois aux graphismes rétro qui peuvent aussi en refroidir plus d’un.

Test réalisé par C2ric sur une version offerte par l’éditeur
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