Test : Little Nightmares Complete Edition sur Nintendo Switch

Little Nightmares

Genre : Horreur / Casse-tête / Survival
Langues : Français
Développé par Tarsier Studios
Édité par Bandai Namco
Sortie France : 18/05/2018
Prix : 34,99€ sur l’eShop / 27,99€ version boite
Taille : 3029,34 MB

Site Web Officiel

 

Pour ne pas spoiler l’histoire de Little Nightmares, je ne vais rien vous dire ou presque. Mais sachez que vous incarnez une petite fille vêtue d’un imperméable jaune à capuche et qu’il va vous falloir pas mal de courage pour vous échapper d’un bateau où se déroulent certaines choses bien mystérieuses et surtout bien nauséeuses.

Cette « Complete Edition » unique à la Switch et qui contient tout simplement le DLC des autres hardware, vous permet de prendre la main d’un jeune garçon à qui il arrivera des choses encore plus macabres.

Little Nightmares de Tarsier Studio est un jeu combinant plate-forme et Puzzle Game en y ajoutant de l’horreur un peu à la façon d’un Limbo, le tout dans une enveloppe visuelle 3D bluffante.
Il faudra se montrer adulte pour passer outre ce que vous allez voir et entendre. Car oui vous allez vivre une aventure crispante et glaciale où votre esprit va vagabonder et se laisser emporter dans cet univers sombre et poisseux.
Dès les premières secondes vous allez comprendre que la boule au ventre ressentie risque de rester un bon moment. D’ailleurs elle ne va pas vous quitter, que ce soit avec Six (la fille vêtue d’un anorak) ou avec le jeune garçon (le fugueur).
Cette sensation de mal-être fait partie du gameplay, c’est certain, car elle va vous faire perdre par moment: sérénité, sang froid et de fait votre façon de jouer.

Les deux enfants peuvent sauter, courir et regarder dans toutes les directions. Vous allez pouvoir prendre des objets, les jeter. Avec vous, un briquet et une torche, seront vos seuls compagnons de route pour vous éclairer un minimum dans ce dédale de pièces en tout genre. Le stick gauche vous permet d’avancer, quant au stick droit il vous sera utile pour la caméra. Il faudra user de cette dernière par moment pour voir ce qui nous attend dans la pièce voisine, ou pourquoi pas découvrir de petites choses subtilement dissimulées dans celle où vous êtes cachés.

Proche d’un Die & Retry Little Nightmares va parfois vous énerver à cause d’un gameplay assez hasardeux par instant. En effet la 3D vous donnera quelques difficultés sur certains sauts ou objets à lancer, vous obligeant à recommencer encore et encore, car il faudra être très précis. Tout ça est sans doute dû aussi à une caméra capricieuse et qui n’est pas forcément très bien placée dans la pièce. Vous allez découvrir que par moment certains sauts tiennent vraiment du hasard.
A contrario j’ai trouvé les scènes où l’on rencontre les boss bien trop simples, faisant passer celles-ci pour un passage de jeu de plate-formes des plus classiques. Courses poursuites sans réel challenge, ces moments marquent juste par leur grand coup de stress. On aurait pu s’attendre à un défi plus élevé, dommage. Mais l’angoisse est bien présente et ce n’est déjà pas si mal, car la pression est belle et bien là aussi. La peur ressentie de la part de ces enfants que l’on dirige un peu comme de simples poupées se transmet de façon assez incroyable.

Little Nightmares tourne sous Unreal Engine 4 et je dois  vous le dire, la Switch envoie du lourd. Certes il a fallu faire une concession face aux autres plateformes (passer de 60 à 30 fps en mode portable et sur le dock), mais franchement cela est à peine visible. Les effets de lumière du briquet ou de la lampe torche en temps réel sont vraiment surprenants tant c’est beau. L’ambiance qui confère à l’aventure très sombre une part de stress est renforcée par un choix artistique très noir. Le résultat dans le jeu donne un réglage lumineux très bas et cela permet sans doute de cacher quelques détails moins parfaits visuellement pour la console hybride. Mais peu importe, surtout lorsque l’on voit ces géants hideux tout droit sortis de l’esprit de Tim Burton ou du film Seven. Du grand génie.
Ce choix artistique est évidemment l’un des atouts majeurs du jeu de Tarsier Studio, car c’est bien lui qui donne au gameplay tout son intérêt. On court, on se cache, on cherche, on frissonne, on s’émerveille grâce aux graphismes. C’est une vraie réussite.

Ces visuels morbides et cauchemardesques ne seraient peut-être rien sans la bande son du jeu. En effet cette dernière minimaliste, mise sur le réalisme. Les nerfs sont mis à rude épreuve lorsque, dans un silence oppressant, nous pouvons entendre crier au loin, hurler juste au dessus de nous ou bien ramper au fond de la pièce. Attention, le jeu ne fait pas vraiment peur, car il n’est pas destiné à ça, mais éveille tout de même une certaine angoisse, une tension constante qui ne s’arrête qu’à la dernière seconde.

Little Nightmares, DLC compris, vous tiendra en haleine une dizaine d’heures grand max. Mais si vous désirez réaliser le 100 % vous allez devoir compter le double car il va falloir prendre son temps pour rechercher lampions, bouteilles et autres poupées. Ces petits objets vous permettrons de débloquer les fameux art-works du jeu. Pas de quoi s’extasier (pour si peu), mais l’effort est là.
Si l’envie vous prend de faire un speed run, vous pourrez vous approcher des deux heures pour terminer la première partie en compagnie de « Six » .


Vous pouvez trouver le jeu court. Mais clairement le voyage qu’il procure en vaut la chandelle. Entre frissons, stress, émotions, écœurements et dégoûts, Little Nightmares donne envie d’être rejoué encore une fois et également de faire vivre cette aventure à d’autres, car le gameplay simple rend le titre accessible à beaucoup de joueurs, aux curieux, qui ont envie de vivre quelque chose de spécial.
A noter que l’on peut utiliser l’Amiibo PacMan dans le jeu. Ce dernier permettant de posséder un masque un peu particulier.

 

Bien plus qu’un jeu horrifique, Little Nightmares semble vouloir nous présenter une forme de critique d’un monde. Pas évident de vous décrire le ressenti sans vous dévoiler une partie de l’histoire ou de vous gâcher la fin. Pouvant être violent dans l’image comme un Burton, torturé comme La Cité des Enfants Perdus (de Jeunet et Caro), Little Nightmares laisse aussi une place de réflexion comme un film de Miyasaki.
Proche d’un must have, le jeu de Tarsier Studio pêche par certaines approximations dans le gameplay et pourra sans doute en freiner certains par son design. Dommage, car personnellement j’ai passé moment divin.

Test réalisé par C2ric sur une version offerte par l’éditeur
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