Test : Lost Words: Beyond the Page sur Nintendo Switch

Test : Lost Words: Beyond the Page sur Nintendo Switch

Test : Lost Words: Beyond the Page sur Nintendo Switch

Genre : Aventure, Action, Plateformes
Langues : Anglais Sous-titres : Anglais, Allemand, Français, Espagnol, Portugais
Développé par Sketchbook Games
Édité par Modus Games
Sortie France : 06/04/2021
Prix : 14,99 €
Taille : 4875,00 MB
Joueurs : 1
Age minimum : 7 ans

Site Web Officiel

Beyond Divinity, la saga des Overlord, Mirror’s Edge ou encore Prince of Persia, une liste qui ferait baver plus d’un gamer ainsi que de nombreux travailleurs dans le domaine du jeu-vidéo, et encore, on ne cite pas tout ! Le C.V. de l’autrice Rhianna Pratchett est assez impressionnant. De fait, il serait presque étonnant de la retrouver à un tel poste sur un petit jeu indépendant. Il lui est même donné l’occasion d’officier à son second poste de prédilection : doubleuse (et directrice de doublage). Si la seule idée de revoir une femme à l’expérience aussi impressionnante et ayant travaillé sur des jeux aussi cultes ne vous donne pas l’envie d’essayer « Lost Words beyond the page » sur Nintendo Switch, peut-être que son scénario le fera.

Dans Lost Words, nous suivons l’histoire d’Izzy, une petite fille qui a pour plus grand rêve celui de devenir écrivaine et dont les réalités de la vie et du quotidien vont directement impacter ce qu’elle écrit. Lui permettant d’étaler ses joies, mais aussi ses peines et d’encore plus sombres sentiments. Accompagnant et se faisant accompagner par le joueur, mais aussi et surtout le lecteur que nous sommes lors de cette aventure. Dépeignant une histoire pragmatique et teintée d’optimisme au cœur de sentiments dépressifs et profondément réalistes.

Ainsi, Izzy écrira tantôt différentes phases de sa première histoire dans laquelle vous serez amenés à jouer Grace dans une quête épique de chasse au dragon. Mais aussi via ses déboires et pensées personnelles dans son journal intime. Permettant ainsi de lire et ressentir une profonde empathie pour cette gamine vivant sa vie. Tantôt avec beaucoup de courage, de crédulité et parfois, de « bêtises » aussi. Il ne sera donc pas rare de se dire que c’est bateau, très enfantin, pour mieux trouver l’histoire emprunte de vérité et d’autant mieux nous happer dans celle-ci.

En toute logique, la jouabilité se divise en deux phases. Celle ou vous incarnez l’héroïne de cette histoire fantastique et la seconde où vous camperez un petit avatar d’Izzy. Arpentant les pages, l’une après l’autre, du journal en cours d’écriture. Ses phases excessivement simplistes sont surtout l’occasion de lire et de ressentir au plus profond de soit ce que perçoit l’enfant. Son avatar pourra ainsi sauter. Marcher sur des mots déverrouillant des phrases et pensées ” secrètes “. Sauter dans le vide pour réapparaître en haut de l’écran ainsi que rejoindre la déchirure de page pour passer à la suivante.

Parfois, le jeu vous demandera de saisir des mots pour les placer ailleurs. Que ce soit pour vous en servir de plates-formes ou bien encore de déclencheur. Exemple: le mot ouvrir pour accéder aux portes d’un dessin représentant un lieu clos. Si le gameplay reste assez pauvre, malgré ses quelques originalités permettant de révéler des pensées ou de mettre en évidence des photos polaroid. Servant adroitement la mise en scène de l’émotion, d’un point de vue purement technique, il n’y aura aucun défi. Ce n’est pas le but de cette double histoire interactive.

Lorsque vous prendrez le contrôle de Grace – l’un des trois noms possible pour l’héroïne inventée par l’enfant -, c’est alors l’occasion pour Izzy de s’extirper de ses terribles sentiments. Le tout est parfaitement dépeint montrant la manière dont la vie et ce que l’on traverse à un instant T peut totalement influencer ce que l’on écrit. Un sujet que les fans de Tolkien et du Seigneur des Anneaux ne connaissent que trop bien. Mais qui prend ici encore plus d’ampleur par le sujet abordé qui parlera nécessairement à plus de monde. Tout en voulant se changer les idées, Izzy tourmente son héroïne qui semble perdue dans une quête sans fin et sans aboutissement. Les phases de gameplay ne sont pas plus complexes ici, on court, on saute.

Parfois aussi, via un livre de mots magiques, ont détruit des structures, on en répare d’autres, on s’éclaire dans les grottes ou se téléportent en échangeant sa place avec diverses choses. Cependant, de casse-tête il n’existe pas, ni non plus de phases de plates-formes. Si tant est qu’on estime qu’il faille y trouver un minimum de challenge pour parler de plates-formes et pas juste d’avancer et sauter de la gauche vers la droite. Lorsqu’une structure vous bloque la route, c’est qu’il faut la casser -si celle-ci est ébréchée ou la soulever. Lorsque vous ne pouvez plus avancer, il y a une évidente grosse masse de pierre lumineuse à de nouveau éclater quelque part sous vos pieds, bref, tout semble trop logique et de facto beaucoup trop simple.

Cela a un avantage probablement volontaire : on ne perd pas le fil de l’histoire qui continue de suivre son cours, sans interruption, comme la vie elle-même. Ajoutant en crédibilité.

Bien que l’histoire soit difficile à dépeindre sans spoilers qui pourraient gâcher le moindre petit événement. Il n’est pas difficile de dépeindre l’incroyable bande son qui est présente ici. Les musiques sont parfaites et absolument pas anecdotique. Accompagnant chaque phase de jeu, chaque expérience de vie avec une grosse dose de boule au ventre qui pourra parfois vous donner envie de mettre se « livre interactif » en pause et passer à autre chose. Le doublage est quant à lui très agréable bien qu’on pourra regretter qu’il n’existe qu’en anglais, apportant un peu d’intérêt à celui-ci. Surtout quand le texte tarde ou ne s’affiche pas à l’écran..

Car si la traduction textuelle en français est de très belle facture. Le jeu ne brille pas sur sa programmation. En effet, celui-ci est jonché de bugs ou, plus exactement, un ou deux bugs reviennent fréquemment. Il n’est pas rare sur le journal intime de passer au travers des textes ou de marcher sur des lignes du cahier qui ne le sont normalement pas. Cela n’est pas très embêtant, car cette phase n’a rien de punitif et que tout est clairement lisible. Non, il s’agira bien des phases de jeu dans Astoria qui poseront les plus gros soucis. De nombreuses phases vous imposant la marche plutôt que la course pourrons « bloquer » en mode marche. Il conviendrat alors de quitter le jeu. Le souci ?

Hormis d’être horriblement lent, vous ne pourrez plus sauter assez haut et loin ni plus grimper de lianes ! Un autre problème qui lui est bien moins fréquent:

Le texte est parfois hors de l’écran lorsqu’il apparaît dans une bulle. Il y a aussi le doublage qui continue tout seul lorsque vous tombez dans le vide et reprenez un instant plus tôt… Enfin, il y a celui du personnage qui reste « à reculons », n’empêche pas de jouer, mais reste très perturbant. Ajouter à cela une sensibilité assez folle sur les phases accroupies qui n’ont aucune cohérence avec celle des autres actions et on pourra par moments se sentir frustrés..

Fort heureusement, le blocage sur la marche ne semble pas si fréquent. Le jeu se parcourt suffisamment vite et lance des sauvegardes automatiques tout aussi souvent. Permettant de reprendre toujours de très « proche » de là ou ça à foiré, voir de reprendre dans la phase ou ca à bugé, mais sans plus aucun bug -heureusement-. Étant une petite histoire de vie, un compte rapide de quelques pages écrit par une enfant dans un journal intime… Lost World demandera environ 5 heures de jeu pour être intégralement complété.

La re jouabilité est absente puisque l’usage des mots ne change vraisemblablement pas la fin. Il pourra être joué par votre entourage si tant est qu’ils aient envie d’une petite histoire plus que d’un jeu, comme on prête un bon livre.

Si vous en avez ras la casquette des jeux difficiles. De ceux non-linéaires aux milles et uns embranchements, compliqués à finir totalement. Demandant parfois-même plusieurs dizaines d’heures d’investissements. Ou bien encore si vous cherchez tout simplement une petite histoire interactive très bien écrite. Ou encore si vous désirez voir ce que peux donner une « belle histoire » placée dans le cadre d’un écran avec manette de jeu.

Alors oui, Lost word beyond the page sur Nintendo Switch est vraiment cool. La sensation Douce-amère qu’il vous laissera en bouche comme au cœur… Ainsi que la réflexion qu’il pose ne manqueront probablement pas de vous faire vous poser quelques minutes après sa lecture. Cependant, l’absence de challenge, de re jouabilité, la présence de bugs n’en font pas un excellent jeu. Alors, disons simplement que cette expérience mitigée reste, dans l’ensemble, très positive. Il ne manquait pas grand-chose pour en faire un très bon jeu.

 

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