Test : Nelke & the Legendary Alchemists sur Nintendo Switch

Nelke & the Legendary Alchemists : Ateliers of the New World

Genre : RPG, Simulation
Langue : Anglais
Développé par Gust
Édité par Koei Tecmo
Sortie France : 29/03/2019
Prix : 59,99€ sur l’eShop, 59,99€ version boîte
Taille : 14962,13Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 7 ans

Site Web Officiel

Nelke & the Legendary Alchemists est un spin-off de la série des Atelier. Le joueur y incarne Nelke von Lestamm, une jeune bourgeoise propulsée dans un petit village bucolique nommé Westwald, à proximité de l’objet de ses recherches, l’arbre de Granzweit qui lui permettra d’en savoir plus sur les origines de l’alchimie. Ce sera l’occasion pour la jeune fille de faire la rencontre de nombreux personnages hauts en couleur, dont la plupart sont issus des autres opus de la série Atelier, du plus ancien au plus récent. Cependant, ne nous y trompons pas : la demoiselle n’a rien d’une alchimiste et devra compter sur l’aide de ses acolytes afin de parvenir à ses fins !

Nelke & the Legendary Alchemist est assez surprenant dans sa construction puisqu’il s’agit fondamentalement d’un jeu de gestion où l’exploration et les combats sont quelque peu mis en retrait. Ainsi, la trame scénaristique s’étoffe au fil des dialogues, linéaires ou purement optionnels, que le joueur aura le plaisir (ou non!) de parcourir entre deux phases de construction ou de revente de produits locaux. Il est essentiel de noter que le jeu est extrêmement bavard et que les blablas intempestifs des personnages peuvent ralentir le rythme de la progression. Cependant, force est d’admettre que les textes sont assez bien écrits, enrichissant de ce fait les échanges entre les différents protagonistes et l’authenticité de leurs relations sociales.

Le jeu alterne principalement entre deux périodes bien distinctes. Tout d’abord, la semaine qui permet au joueur de construire des édifices qui feront de son hameau un véritable pôle attractif  ; de planter, récolter, fabriquer des produits divers et variés et, bien sûr, les revendre. Ensuite vient la période du repos, propice aux discussions avec les PNJ qui peuplent Westwald, leur venue dépendant d’une part des installations promises par le joueur, d’autre part de son avancée dans le scénario. Ainsi, les liens sociaux se consolident et Nelke collectionne les demandes de ses protégés comme autant de quêtes annexes que le joueur pourra accomplir ou tout simplement ignorer. En effet, la plupart des requêtes, principales et secondaires, sont en temps limité, donc il sera souvent nécessaire de faire des choix afin d’entrevoir la croissance de Westwald sur le long terme.

A propos de l’alchimie, thème central de la série, elle est ici mise au second plan et ne constitue que l’un des nombreux éléments que le joueur doit gérer pour faire prospérer Westwald. Son implication se limite donc au choix des objets que ses employés synthétiseront, et à l’approvisionnement des ateliers en matières premières. Pour cette dernière phase, il devra explorer le monde à la recherche desdits matériaux. Malheureusement, l’exploration se cantonne à une marche automatique dans la nature, à la manière d’un Miitopia, par exemple, et que l’on peut accélérer d’un simple clic sur une gâchette. Occasionnellement, des monstres viennent en découdre au gré d’affrontements au tour par tour. Mais leur aspect rudimentaire couplé à leur très grande facilité – les alchimistes disposent d’un soin automatique en toute circonstance ! – sont un frein à toute dimension épique. Dommage, mais le cœur du jeu est ailleurs.

Graphiquement, la série n’a jamais brillé par ses prouesses techniques. Les décors sont ainsi assez pauvres, notamment au niveau des textures, baveuses et aliasées. Même pour de la Switch, on ne peut pas dire que Nelke & the Legendary Alchemists décolle la rétine ! En revanche, le chara-design a un charme très particulier: tout en rondeurs et en couleurs vives, il offre une galerie de personnages très charmants. Cependant, il faut vraiment accrocher à la plastique exagérément plantureuse des waifus en jupette afin d’apprécier pleinement le soft, car nombreuses sont les héroïnes en petite tenue qui squatteront votre village en exposant sous vos yeux innocents toute l’étendue de leur ingénue candeur. Enfin, il faut préciser que, le genre oblige, le joueur est souvent amené à naviguer dans des menus afin de gérer au mieux son village. Même s’ils sont clairs et lisibles, leur omniprésence a tendance à déshumaniser l’ensemble, comme si le village n’était finalement qu’un regroupement de données statistiques à moduler selon nos compétences et nos choix.

La bande-son est assez agréable à l’oreille même si les thèmes musicaux ne font pas montre d’une originalité prodigieuse. Toutefois, nous saluerons la qualité globale des doublages, qui offrent beaucoup de corps et de singularité aux différents protagonistes, et ce même si une très grande partie des dialogues demeure simplement silencieuse et textuelle.

Nelke & the Legendary Alchemists possède un contenu généreux pour les amateurs des jeux de gestion. Il faut toutefois s’adapter à son rythme très particulier, qui alterne entre une certaine lenteur – pour ne pas dire lourdeur ! – narrative, et des exigences en terme de rendements et de timing lorsqu’une mission vous est confiée par vos concitoyens.

Malgré tout, une certaine monotonie peut occasionnellement pointer le bout de son nez, notamment lorsque le joueur enchaîne des semaines qui se suivent et se ressemblent. Fondamentalement, un cercle vertueux finit par naître : Nelke construit un nouveau bâtiment qui lui permettra d’obtenir des objets à vendre et d’attirer des habitants, lesquels participeront à l’émergence d’une économie florissante, poussant ainsi Nelke à bâtir d’autres ateliers… et ainsi de suite ! Mais peut-on réellement reprocher à un jeu du genre de s’astreindre à des mécaniques routinières et, finalement, répétitives ? Reste que le sentiment de progression est réel et qu’au bout de plusieurs heures, votre Westwald n’aura plus rien du petit village paisible ; comme disait Paulo Coelho : “Lorsqu’une chose évolue, tout ce qui est autour évolue de même.”

Déroutant, Nelke & the Legendary Alchemists ne doit en aucun cas être considéré comme un héritier spirituel de la série Atelier. S’il en emprunte le casting et quelques mécaniques relatives à l’alchimie, le soft est avant tout un jeu de gestion très complet ponctué de phases d’action plus ou moins captivantes. Aussi, si les idées piochées çà-et-là témoignent d’une volonté réelle des développeurs de ne pas se contenter d’offrir une expérience morne et peu inspirée, force est d’admettre que davantage de classicisme aurait probablement permis au jeu d’exceller dans ce qu’il fait sans s’égarer dans de vaines tentatives pour mélanger les genres. Finalement exigeant, Nelke l’est aussi par son absence totale de localisation française, qui pourra s’avérer rebutante compte tenu de la richesse des dialogues et du vocabulaire parfois technique qu’il est indispensable de maîtriser afin de ne pas commettre une erreur de gestion. En conclusion, l’opus tout entier est tel le résultat d’une expérience alchimique : chimérique mais néanmoins imparfait. Une création hybride prenante, mais dont on espère que les défauts résiduels sauront être recyclés par les développeurs afin de penser un second opus plus équilibré !

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Test réalisé par VENT NOCTURNE sur une version offerte par l’éditeur
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