Test : Neo Atlas 1469 sur Nintendo Switch

Neo Atlas 1469

Genre : Gestion, Simulation
Langues : Anglais, Japonais Sous-titres : Anglais, Japonais
Développé par StudioArtDink
Édité par StudioArtDink
Sortie France : 19/04/2019
Prix : 42,99€ sur l’eShop, 49,99€ version boîte
Taille : 1205,86 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 3

Site Web Officiel

Nous connaissons tous les grandes franchises du jeu vidéo de gestion telles que Civilization, Anno ou encore Europa Universalis. Mais beaucoup de personnes ignorent l’existence de Neo Atlas. Il s’agit pourtant d’une série débutée en 1991 par The Atlas sous la houlette du studio japonais Artdink Development. Plusieurs suites ont vu le jour (Neo Atlas en 1998, Neo Atlas II en 1999 et Neo Atlas III en 2000) avant une pause d’une quinzaine d’années. C’est donc tout récemment que les développeurs d’Artdink ont repris leurs activités pour la sortie de Neo Atlas 1469 sur Nintendo Switch.

1469, c’est l’année de naissance de Vasco De Gama, le grand navigateur portugais, mais aussi l’apogée des grandes découvertes. Le monde est encore rempli de mystères et personne ne sait réellement à quoi il ressemble. La planète est supposée être plate et les explorateurs ne se sont pas aventurés au delà des terres répertoriées, de peur de mourir dans d’atroces souffrances. Certains théoriciens, toutefois, imaginent le monde comme une sphère.

C’est à partir de ce postulat que démarre notre histoire. Nous incarnons un commerçant à la tête de la Compagnie portugaise des Indes. Après avoir affrété un bateau, il entreprend un voyage qui consiste à créer une carte du monde. Quelle forme va-t-il lui donner?

Nous commençons ce périple au Portugal avec un conseiller nommé Miguel. Ce dernier nous guide à travers un long tutoriel nous permettant de prendre en main toutes les fonctionnalités du jeu et d’en comprendre les mécanismes.

Au début, la carte du monde n’est pas très détaillée. Nous ne connaissons que les frontières de l’Europe, du Proche Orient et du Maghreb. Même si nous ne pouvons pas encore traverser les océans, il est nécessaire de découvrir des ressources qui nous permettront de gagner de l’argent et de financer nos voyages. À l’aide des joysticks, il faut alors parcourir les différents pays et découvrir les matières premières qu’ils exploitent.

Ceci fait, la phase de commerce peut commencer. Nous devons faire des échanges de marchandises et choisir avec soin celles qui nous rapportent le plus. Le sel, par exemple, n’est pas un produit de luxe. Le café, en revanche, permet de faire de bons bénéfices. Des combinaisons sont même possibles. Troquer des rubis contre des anneaux permet de fabriquer des bijoux.  C’est de cette manière que nous pourrons créer nos premières routes commerciales et faire fortune. Une fois le compte en banque bien rempli, nous pouvons préparer nos navires !

À  partir de ce moment, la quête principale fait son apparition. Elle consiste à découvrir le Zipangu (le légendaire Japon) en l’espace de 30 ans, et ce, pour le compte du Roi du Portugal. Ce dernier, dans sa grande générosité, nous fait signer quelques traités qui nous permettent d’affréter plusieurs vaisseaux. Il nous donne de plus un pourcentage sur toutes nos futures découvertes et nous récompense de plusieurs milliers d’écus dès que la carte du monde s’agrandit. Il est clair qu’à ce stade, nous roulons sur l’or et le jeu semble un peu trop nous aider. Mais ce n’est qu’une impression !

L’argent se dépense très rapidement. En effet, il faut constituer une flotte et cela a un coût. Des navires particuliers comme des caravelles ou des galères peuvent être achetés. Certains sont faits pour le combat (grande puissance de feu), d’autres pour le commerce (stockage de marchandises important). L’optimisation est donc de rigueur.

Il faut aussi engager jusqu’à six amiraux, chacun ayant leur propre personnalité. Ils ont l’avantage selon les situations. Ainsi, un ancien pirate tel que Luis Baldi aura le dessus lors des batailles navales. Une aristocrate comme Maria Almeida pourra user de ses charmes pour attirer la sympathie des peuples les plus hostiles. Et un explorateur chevronné comme Antonio Gomes parcourra plus de milles marins lors de ses expéditions. Toutefois, un salaire de base est à verser à ces amiraux, ainsi qu’un pourcentage sur nos gains. En d’autres termes, plus nous naviguons, plus cela est coûteux.

Parlons maintenant de l’exploration. Il s’agit de la partie la plus importante et la plus excitante du jeu. Même si le roi nous a demandé de découvrir le Zipangu, tout l’intérêt réside dans la création de la planisphère car c’est bien nous, joueurs, qui allons révéler la vraie forme du monde. Les continents seront-ils tels que nous les connaissons? Les pays seront-ils répartis en de nombreux îlots ? La Terre n’est-elle qu’un vaste supercontinent entouré d’un unique océan? C’est à nous de décider !

Nous envoyons nos amiraux en mer à un endroit précis. S’ils reviennent à bon port, ils nous racontent leur voyage. Il faut alors être attentifs à leurs récits car ces derniers servent de base à la création de notre carte. Les rapports sont très variés, certains étant vraisemblables, d’autres assez douteux. Par exemple, on peut nous parler de Kraken et d’Atlantide. Mais peut-être est-ce vrai? A nous d’enquêter… ou pas ! Si nous approuvons un rapport, toute découverte sera acquise. En revanche, si nous le refusons, il faudra explorer de nouveau la partie du globe qui nous intéressait. La forme du monde peut changer considérablement en fonction de nos décisions.

Des quêtes secondaires se dévoilent au fur et à mesure de notre progression. Ces dernières sont les bienvenues, puisqu’elles nous permettent d’obtenir un petit peu plus d’argent, mais sont assez agaçantes. En effet, elles sont synonymes de bavardages incessants entre les différents protagonistes, ce qui casse le rythme. Des dialogues apparaissent dès que nous atteignons un objectif. Si nous mettons une quête de côté pour vaquer à nos occupations, on nous rappelle de façon intempestive. Cela nous pousse à conclure ces quêtes sans même nous y intéresser, tant nous avons envie d’en finir une bonne fois pour toute.

La carte du monde est différente et créée de manière aléatoire à chaque partie. Les événements qui se produisent en mer le sont aussi ! Cela ne nous laisse aucun contrôle sur notre façon de naviguer. Il nous est impossible de déterminer si un endroit est dangereux ou non. Ainsi, une partie du globe relativement calme peut se retrouver tempétueuse ou envahie par des pirates. Nous pouvons même, sans prévenir, subir des avaries. Dans tous les cas, cela force les amiraux à revenir au pays en catastrophe, et les réparations sont particulièrement onéreuses.

La découverte des ressources est, elle aussi, très aléatoire. Avec un peu de chance, elles sont diversifiées et il est ainsi très intéressant de créer de nombreuses routes commerciales. Mais si ce n’est pas le cas, il faut se contenter de produits basiques tels que le sel, le raisin, ou le plomb. À l’autre bout du monde, cela ne vaut vraiment pas le coût de tenter quoi que ce soit avec ce genre de marchandises, et terminer le jeu devient plus compliqué.

Visuellement, Neo Atlas 1469 n’est pas très joli. Son style bande dessiné est minimaliste et laisse peu de place aux détails. Les terres découvertes ne sont pas assez vivantes et se ressemblent énormément, la faute à un manque de textures. Il est alors difficile de faire la différence entre un désert et une forêt. Les animations sont inexistantes : les personnages nous sont présentés à travers leurs portraits et les événements nous sont racontés via une succession d’images fixes. En revanche les menus sont assez précis et la navigation est intuitive. Impossible de s’y perdre.

La bande-son est beaucoup plus diversifiée qu’elle n’y paraît. Peu à peu, la musique classique fait place à des sonorités ethniques. Des airs traditionnels sont à débloquer lors notre exploration et nous pouvons choisir ceux que nous voulons écouter en arrière plan.

Le jeu est entièrement en anglais (ou en japonais par défaut). Sans traduction disponible, il est nécessaire de bien connaître la langue de Shakespeare et de maîtriser le vocabulaire du commerce et de la marine en particulier.

Les heures défilent à grande vitesse car ce jeu est très chronophage. Il est facile d’y passer ses soirées, voire ses nuits, car l’envie de découvrir l’intégralité de la carte du monde pend le dessus. Parcourir les océans à l’aveugle est très excitant. Le développement du commerce est aussi très prenant car sans argent, il est difficile d’aller au bout de ses ambitions. Ainsi, il faut plusieurs dizaines d’heures pour terminer une partie.

Même si Neo Atlas 1469 n’est pas aussi poussé qu’un Civilization ou un Anno, il n’en demeure pas moins complet et complexe. Grâce à son concept original, nous pouvons nous amuser à créer notre propre monde et ressentir, par le biais de nos expéditions, le frisson de l’aventure et l’angoisse de l’inconnu. Il n’y a ni territoire à conquérir, ni civilisation à exterminer, mais une surprenante exploration pour tous les grands fans de géographie. Cependant, le long tutoriel, les dialogues incessants, la direction artistique minimaliste et le manque de traduction peuvent être un frein à la bonne appréciation du jeu.

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Test réalisé par Mataii sur une version offerte par l’éditeur
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