Test : Nihilumbra sur Nintendo Switch

NIHILUMBRA

Genre : Aventure, Plateformes, Casse-tête
Langues : Anglais Sous-titres : Français et autres
Développé par BeautiFun Games
Édité par BeautiFun Games
Sortie France : 03/05/2018
Prix : 6,99€ sur l’eShop
Taille : 1952,45 MB

Site Web Officiel

A l’origine, Nihilumbra est sorti sur IOS en 2012. Le voici porté sur Switch, l’occasion de découvrir ce petit jeu qui a tout d’un grand. En effet, le studio espagnol BeautiFun Games nous propose de vivre un voyage narratif à énigmes, doté d’une esthétique recherchée, sur fond de questions existentielles et de réflexion.

Issu du Néant avec un grand N, Born est un petit être globuleux qui va quitter le vide où il a été créé et prendre la forme du premier objet qu’il va rencontrer : un épouvantail. Son but est de mener à bien LA quête ultime : découvrir qui il est, donner un sens à sa vie et échapper à son destin. Pour ce faire, il devra utiliser les pouvoirs obtenus au fil de son exploration qui lui permettront de façonner le monde qui l’entoure, de manière à atteindre ses objectifs et cheminer.

Avant toute chose, sachez que le portage de Nihilumbra sur Switch vous contraindra à jouer en nomade, le mode tactile étant le seul jouable sur votre console.

La mécanique consiste à modifier la texture du sol, des murs ou des obstacles en les colorant, afin de leur attribuer une fonction : Par exemple le bleu, associé à l’élément glace, va les rendre glissants. Après chaque couleur découverte, vous pourrez en expérimenter les effets dans une zone tutoriel d’une blancheur qui contraste avec le reste des mondes. Une branche d’arbre en ombre chinoise vous sert de palette et vous permet de choisir la couleur que vous souhaitez, sachant que vous avez aussi à disposition le violet qui vous permet d’effacer votre œuvre si nécessaire. Vous disposez d’une quantité limitée de chaque couleur, mais cela ne posera pas de problème, il faut vraiment le vouloir pour se retrouver réservoirs vides.

Évidemment, divers monstres issus du Néant viendront vous compliquer la tâche, leur contact ou leurs projectiles vous tueront instantanément. Là encore, cela ne représentera pas un problème majeur, les check-points étant réguliers et assez nombreux, vous n’aurez pas à refaire le niveau meurtrier dans son intégralité. Globalement, il est assez facile de trouver comment utiliser les couleurs de manière à passer les obstacles et éviter les ennemis.

Esthétiquement réussi, Nihilumbra nous propose d’évoluer dans des décors au rendu magnifique. Les personnages en ombre chinoise apportent énormément à l’ambiance et mettent en valeur le travail réalisé sur les environnements, à l’image de Shadow Bug, un autre jeu au visuel similaire dont vous trouverez le test ici.

Comme bon nombre de jeux axés sur un univers et une histoire, un réel travail sur la bande son a été effectué. Les bruitages sont pertinents et les musiques excellentes. Quel que soit votre choix de langue pour les sous-titres, l’audio sera en anglais, via une voix masculine profonde qui participe à l’ambiance sombre et mélancolique du jeu.

Tout du long, nous sommes accompagnés par cette voix-off qui nous guide et apporte cette touche de narration qui donne de l’intérêt au jeu. Notre personnage va arpenter 5 mondes dans lesquels il va acquérir 5 couleurs possédant chacune une propriété différente. Il va les utiliser pour modifier son environnement et ainsi évoluer dans les 7 ou 8 niveaux qui composent chaque grande zone. Une étape alliant run et réflexion clôture chaque monde, durant laquelle vous devrez échapper au Néant qui anéantit tout sur son passage.

L’expérience va être courte, trop courte, la difficulté globale étant assez faible. Une fois le jeu terminé, vous aurez accès à un mode appelé Void qui nous promet une augmentation considérable de la durée de vie, et pour cause : le contraste de difficulté entre le mode histoire et celui ci est saisissant. Décourageant même. Livrés à vous-même, submergés par un tsunami d’obstacles et d’ennemis, il vous faudra un certain acharnement proche du masochisme pour en venir à bout. A réserver aux joueurs les plus hardcores.

Si on devait se fier à la durée de vie et au mode Void rebutant débloqué une fois l’histoire bouclée, Nihilumbra ne soulèverait pas les foules. C’est sans compter sur cet univers unique qui nous amène à vivre un voyage initiatique teinté de réflexion.

Le peu de difficulté nous permet de nous concentrer sur le contenu de la narration et la beauté du jeu. Car après tout, l’essentiel est là : vivre une expérience qui sort des sentiers battus et nous propose un contenu profond qui peut mener à l’introspection.

Les joueurs uniquement à la recherche de challenge et de baston devront supporter l’aspect  oniriquo-spirituello-intellectuel de l’histoire avant de pouvoir se frotter à cette 2ème partie aux défis particulièrement relevés, qui, elle, découragera sûrement les amateurs de jeux plus posés.

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