Test : Odallus : The Dark Call sur Nintendo Switch

ODALLUS : THE DARK CALL

Odallus: The Dark Call

Genre : Aventure, Action, Plateformes

Langues : Français, Espagnol, Anglais // Sous-titres : Anglais
Développé par JOYMASHER
Édité par DIGERATI
Sortie France : 08/02/2019
Prix : 9.59€ sur l’eShop jusqu’au 10/03/2019 puis 11.99€ // 36.02 € fdpo en version boîte collector et 27.01€ fdpo en version simple. Disponible chez Play-Asia
Taille : 61.87 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 12

Site Web Officiel

Cela n’aura échappé à personne, le retrogaming a le vent en poupe et Nintendo ne s’y est d’ailleurs pas trompé avec ses consoles mini ou son Switch Online. De même, les portages de jeux de notre enfance (pour les plus « jeunes vieux » d’entre nous) sont légion ; quand bien même la qualité est souvent loin d’être au rendez-vous.

C’est donc dans un contexte de concurrence féroce que débarque Odallus : The Dark Call ; se réclamant des Demon’s Crest, Ghosts’n Goblins, Castlevania et consorts. Rien que ça …

Le pitch en lui-même est assez simple : une contrée dévastée par un mal inconnu, des hordes de monstres qui mettent à sac les villages et terrorisent la population. Dans ce chaos ambiant, un homme – vous (si, si les filles aussi) – part à la recherche de son fils disparu, son épée et son courage en bandoulière.

Petit intermède culinaire : on notera que notre héros aux muscles saillants se nomme Haggis. Les amateurs de panse de brebis farcie apprécieront.

Allez, trêve de plaisanteries, on enfile son armure, on prend quelques objets contondants et en route pour bouter les forces du mal hors de ces contrées !

S’il y a un point d’achoppement lorsque l’on parle d’un hommage aux jeux 8bits, c’est bien la prise en main. En effet, la nostalgie suscitée par cette époque peut rapidement s’estomper face à des contrôles aléatoires et vous faire durement sentir à quel point la technologie a évolué au fil des ans.

Cependant, ici point de mauvaise surprise. Odallus : The Dark Call nous offre des contrôles précis, très précis même. Heureusement, tant le jeu peut se révéler exigeant sur certaines phases de plate-forme ou face à certains adversaires.

Les hitbox sont globalement bien délimitées, votre personnage ne donne pas l’impression d’être aussi manœuvrable qu’un mammouth qui tenterait un créneau et les coups partent sans (trop) d’effet de latence … le tout avec cette sensation permanente de vintage. Les développeurs ont ici fait un travail remarquable en adaptant le gameplay d’un jeu 8bits aux technologies modernes.

Le seul petit bémol viendra de l’affectation des touches peu intuitive et qui demandera un peu de pratique ; d’autant qu’on ne peut la modifier. Dommage, une telle option eut été appréciable ; rien de rédhibitoire cependant. De même, vous vous rendrez rapidement compte qu’il vaut mieux jouer avec la croix directionnelle qu’avec le stick analogique. Un vrai jeux retro qu’on vous dit !

Quant au bestiaire, il se compose d’une bonne cinquantaine de monstres – hors boss – qui présentent quasiment tous un pattern différent et donc une approche propre. Inutile de foncer dans le tas avec votre épée, vous mourrez inéluctablement. Vous devrez appréhender la façon de bouger et réagir de chaque type d’ennemi, savoir reculer ou placer un ennemi pour le frapper, rester suspendu à un rebord pour attendre le moment opportun ; tout cela donne un véritable aspect tactique au jeu et le rend très dynamique.

Les boss, eux, n’ont pas de pattern fixe. Leurs attaques peuvent être lancées de manière aléatoire, ce qui rend les affrontements assez tendus il faut bien l’avouer. Le troisième boss notamment est d’une vivacité … surprenante. Aiguisez donc vos réflexes avant de partir à l’assaut.

Au-delà des affrontements purs et durs, le titre propose une véritable progression de votre personnage. Ainsi vous débloquerez tout au long de votre épopée des artefacts vous permettant d’atteindre des zones initialement inaccessibles dans les niveaux précédents. Par exemple un médaillon pour marcher sur l’eau, des brassards de force permettant de pousser de plus gros blocs de pierre …

Car oui, Odallus : The Dark Call n’est pas un jeu dont les niveaux sont de bêtes couloirs rectilignes. Ici vous devrez sauter, escalader, vous suspendre à des rebords, plonger dans des gouffres, revenir sur vos pas … Vous vous rendrez vite compte à quel point le monde que vous arpentez est vaste. Une vraie incitation à l’exploration, d’autant que plusieurs énigmes pimenteront votre progression.

L’aspect survie ne sera pas non plus à négliger. Régulièrement vous croiserez un marchand au fil des niveaux. Celui-ci vous proposera diverses marchandises en échange d’orbes que vous récupérerez sur des ennemis ou dans des coffres. Vous pourrez ainsi acheter des vies supplémentaires, des armes de jet, de la nourriture … Ceci renforcera encore la nécessitée de retourner dans les niveaux précédents pour farmer un peu.

 

En ce qui concerne la bande-son, elle est tout à fait fidèle à ce que l’on est en droit d’attendre d’un tel jeu : du synthétiseur. A chaque niveau sa musique, répétitive sans être entêtante. Ce n’est certes pas le point fort du jeu mais pas une déception pour autant. Ceux qui ont connu la NES ne seront pas dépaysés et au final cela aurait même tendance à renforcer l’immersion.

Quant aux graphismes, c’est un bond de trente ans en arrière qui est proposé. Cependant le tout est réalisé de manière très propre et aboutie. Chaque niveau proposera son ambiance, voire plusieurs. De rues dévastées à des catacombes infestées de goules, en passant par des marais et châteaux, Odallus : The Dark Call reste fidèle à sa vocation tout en démontrant que l’on peut concilier nostalgie et aspect visuel soigné.

Il n’y aura que peu de moments où la lisibilité sera affectée par un décor chargé (par exemple les épieux au sol des catacombes du second niveau, peu visibles de prime abord car ils sont de la même couleur que le sol !).

Le titre réussi même la petite prouesse de remémorer l’ambiance pesante d’un Castlevania. Bien joué.

 

Le soft est assez court, comptez environ 8-9 heures de jeu pour venir à bout des 8 mondes proposés.

Il est cependant important de souligner que, de par ses niveaux ouverts et les multiples secrets initialement inaccessibles dans les précédents niveaux, ce temps peut quasiment être doublé si vous envisagez d’explorer le titre de fond en comble et voulez voir la fin alternative.

Si l’on parle de rejouabilité, il y a de fortes chances que vous ayez l’envie de repartir à l’aventure quelques mois plus tard.

Tout ceci combiné à un aspect exploration bien présent, c’est donc une solide expérience de jeu qui est ici proposée.

 

Véritable pépite sous forme de capsule temporelle, Odallus : The Dark Call est une franche réussite qui parvient à vous replonger dans les plus belles heures du 8bits tout en y incorporant des éléments de modernité.

Que vous soyez quasi quarantenaire ou trop jeune pour avoir connu cette époque, chacune et chacun y trouvera son compte tant le titre offre un contenu riche, varié et immersif.

Exigeant sans être punitif, Odallus : The Dark Call est un titre qui a toute sa place dans une ludothèque Switch et fait pleinement honneur à son aïeule, la NES.

A noter qu’une édition physique à tirage limité est encore disponible chez Play-Asia au moment d’écrire ces lignes (compilation qui regroupe également Oniken). Pour les fans du format physique il s’agit là d’une occasion à ne pas rater.

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Test réalisé par Nanette sur une version offerte par l’éditeur
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