Test : One Night Stand sur Nintendo Switch

Test : One Night Stand sur Nintendo Switch

Genre : Aventure, Simulation, Visual Novel
Langues : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Portugais, Russe, Chinois
Développé par GAMES BY KINMOKU
Édité par RATALAIKA GAMES S.L.
Sortie France : 04/10/2019
Prix : 4,99€ sur l’eShop (3,99€ jusqu’au 20/10/2019)
Taille : 441,45 Mo
Joueurs : 1 Joueur
Age minimum : 16 Ans

Site Web Officiel

Dans de beaux draps

C’est le matin. Vous vous sentez lourd. L’œil est torve, la bouche pâteuse et votre téléphone vibre jusque dans le fond de votre crâne, où l’alcool de la veille joue déjà du tambour. Vous avez bu. Beaucoup. Trop d’ailleurs. Vous vous saisissez alors de votre téléphone et recevez un message de Gary, avec qui vous étiez la veille. Il vous demande ce qui s’est passé et où vous êtes partis. Soudainement il apparaît que cette chambre n’est pas la vôtre, et à vos côtés se trouve une fille, complètement nue. Malgré tous ces indices, vous ne parvenez pas à retrouver le détail des événements. Vous allez devoir faire preuve de tact et de perspicacité pour recréer le fil de la soirée, avec l’aide de votre conquête, passablement gênée.

One Night Stand est le premier jeu de Kinmoku, aka Lucy Blundell. Après avoir travaillé 5 ans chez Electronic Arts dans la branche mobile de l’entreprise, elle décide en 2015 d’entamer une carrière solo en tant que développeuse indépendante. L’idée lui est venue lors d’un voyage dans les transports en commun. En voyant un jeune homme en sale état, elle se demande quel a été son parcours. Coup d’un soir, nuit alcoolisée, insomnie ? Toutes les idées lui semblent amusantes, et c’est de là que tout part. Originellement développé pour une game jam (concours de création de jeu) le soft est porté dans sa version finale et définitive sur toutes les plateformes par le studio Ratalaika Games S.L.

Sensuelle et sans suite

Chaque partie se déroule de la même façon. Deux situations vous sont offertes : les dialogues avec la « conquête » et les moments où cette dernière sort de la chambre, où vous pourrez chercher vous-même des indices sur elle ou les aventures de la veille. Un objet trouvé va débloquer une ligne de dialogue et une conversation mènera à de nouvelles possibilités. On suit alors cette enquête saugrenue, le tout dans une ambiance pesante qui retranscrit parfaitement le malaise qui survient après une « aventure » d’un soir.

Les choix de dialogues poussent à essayer des choses, finir une première partie pour en relancer une deuxième et voir ce qu’il se passe quand on prend la solution C plutôt que la B ou la A. Si j’avais pris une aspirine au lieu d’un café, on serait devenu mari et femme ? Le jeu vous fait poser ce genre de question et sans que l’on s’en rende compte, on devient vite accroché à l’ intrigue. Un point très appréciable du titre : il ne tombe pas dans l’éternel schéma de la fille sans personnalité qui n’existe que pour combler nos fantasmes. Ici elle se dévoile au fur et à mesure des parties qui recommencent, offrant une écriture étonnamment distinguée.

Trait dommage

En revanche le jeu déçoit sur sa direction artistique. Si les visual novels sont connus pour enchaîner les tableaux fixes au profit d’un récit écrit, la balance se fait justement dans l’arrière-plan détaillé ou un doublage des dialogues. Ici quelques bruits d’ambiance et une bande-son planante installent une atmosphère éthérée de matinée difficile, on ressent presque le vent qui soulève les rideaux. De ce côté là, c’est plutôt réussi.

Mais les graphismes ne sont pas très beaux. Entièrement retranscrite en rotoscopie (procédé qui consiste à redessiner par dessus une image filmée), Kinmoku incarne ici la fille. Les couleurs et le trait desservent un jeu qui pourtant mériterait qu’on s’y attarde et sur lequel on peut vite se faire une idée fausse à cause justement de ce style visuel très amateur.

L’histoire sans fin

One Night Stand offre une durée de vie assez faible. Comptez en effet un quart d’heure pour finir une partie. Deux heures tout au plus pour explorer tous les embranchements possibles. Mais un titre comme celui-ci ne trouve pas tant son intérêt dans le fait d’arriver à la fin que celui de toutes les découvrir. Un objet auquel vous ne pensiez pas s’avère indispensable quand ce n’est pas une ligne de dialogue ratée qui débloque une fin manquante.

Certaines fins vous demanderont aussi de la créativité. Le joueur est ainsi encouragé à expérimenter, recommencer jusqu’à avoir vu tous les scénarios possibles. Que vous incarniez le pire des goujats ou le gentil gars, chaque chemin trouve sa récompense. Mention spéciale faite à l’utilisation du gyroscope et des vibrations. Ça ajoute à l’immersion du joueur.

One Night Stand sur Nintendo Switch

Un titre agréablement surprenant. Une fraîcheur dans les dialogues doublé d’une certaine rejouabilité ainsi qu’un propos assez amusant offrent une intrigue bien menée. On se prend vite au jeu de recommencer et débloquer toutes les fins. Les sensations de gêne et de séduction feront écho à vos souvenirs personnels (ou pas). Tout en restant agréable, sans jamais aucune vulgarité. 

Test de One Night Stand sur Nintendo Switch réalisé par Pupitilop sur une version offerte par l’éditeur
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