Test : Planescape : Torment & Icewind Dale : Enhanced Editions sur Nintendo Switch

Test : Planescape : Torment & Icewind Dale : Enhanced Editions sur Nintendo Switch

Jaquette

Genre : RPG
Langues : Allemand, Anglais, Français
Développé par Beamdog
Édité par Beamdog
Sortie France : 15/10/2019
Prix : 49,99€ sur l’eShop, 49,99€ version boîte
Taille : 4579,13 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 16 ans

Site Web Officiel

Initialement parus sur PC en 1999 pour Planescape : Torment et 2000 pour Icewind Dale, puis remasterisés par Beamdog (toujours sur PC) respectivement en 2017 et 2014, voici la dernière mouture de ces deux légendes de RPG sur ordinateur, pour la première fois sur consoles. Les deux jeux, créés par Black Isle Studios, adaptent les règle du célèbre jeu de rôle papier Donjons & Dragons. Même s’ils sont au premier abord très similaire, les deux titres de ce pack ont en fait une philosophie de jeu très différente.

Début (Icewind Dale)
Havredest, première ville du Valbise que vous découvrirez.

Icewind Dale : une aventure glaçante

Icewind Dale, dans la lignée des précédentes adaptations de D&D, se déroule dans le décor de campagne des Royaumes oubliés. Après avoir créé son équipe de personnages, tel un véritable JDR papier, le joueur se retrouve dans le Valbise, région enneigée située à l’extrême nord de Féérune. L’équipe débute en premier lieu à Havredest et rejoint une expédition qui doit enquêter sur les étranges événements qui ont lieu dans la cité de Kuldahar. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu et une embuscade de géants cause la mort des autres membres de l’expéditions. L’équipe se retrouve alors seule dans sa quête pour sauver le monde, et devra affronter monstres et démons au cours de nombreuses aventures.

Début (Planescape)
Bienvenue dans la morgue de Sigil.

Planescape : Torment, à la croisée des dimensions

Planescape quant à lui se déroule dans l’univers de campagne éponyme créé en 1994 par David Cook – qui a ensuite démissionné pour travailler sur Fallout II avec… Black Isle ! Le joueur incarne ici un avatar déjà conçu, Sans-Nom, un immortel amnésique. Ce dernier se réveille dans une morgue après avoir été « tué », sans aucun souvenir des évènements qui l’ont mené ici. Aidé par un crâne flottant du nom de Morte, il va s’échapper puis partir à la recherche de son passé. Ici, contrairement aux poncifs du genre, le joueur n’est pas destiné à sauver le monde, mais est simplement engagé dans une quête personnelle à la recherche de ses vie antérieures et de ses souvenirs. Au cours de ses aventures, Sans-Nom sera rejoint par de nombreux personnages hauts en couleur, comme un mage en feu, un succube chaste ou encore un fantôme.

Des personnages à votre image

Comme d’ordinaire dans les jeux de type, l’aventure commence dans les deux cas par la création des personnages. Pour Planescape, celle-ci durera moins d’une minute : seules les statistiques de Sans-Nom sont modifiables. Dans Icewind Dale, à l’opposé, c’est toute une équipe – 6 personnages – que vous devrez créer de toutes pièces. Il y a une grande liberté dans l’outil de création, et donc dans l’expérience de jeu : au-delà de la race et de l’apparence physique, il est possible de choisir la classe, les stats, les talents et les sorts de base.

Le défaut majeur de cette liberté est le manque de profondeur des protagonistes : on a presque l’impression qu’ils n’existent pas, c’est le groupe qui est une seule entité parlant aux PNJ. L’écriture en souffre, car on perd les réactions de nos compagnons, leurs dialogues et leurs quêtes personnelles. Au contraire dans Planescape, les membres de l’équipe sont très variés et possèdent beaucoup de personnalité et de background.

Fiche perso (Icewind Dale)
La fiche de personnage récapitule toutes vos statistiques et vos talents.

Une interface complexe

Le gameplay est à l’origine adapté pour PC, il est donc beaucoup moins intuitif sur console qu’à la souris. D’abord, parlons de l’interface. La prise en main et l’ergonomie est unifiée sur les deux jeux, des menus radiaux remplacent les raccourcis sur l’HUD. L’inventaire est très visuel, contrairement aux longues listes dans les RPG japonais, mais semble souvent trop petit et le transfert d’objet d’un personnage à un autre est trop long. Globalement, on remarque que l’interface aurait mérité des raccourcis supplémentaires pour faciliter la navigation.

Inventaire (Icewind Dale)
L’inventaire d’un aventurier débutant, un peu vide.

Une adaptation difficile

Les combats sont eux aussi parfois long et laborieux, mais l’adaptation reste relativement efficace, et le jeu est jouable sans aucun problème grâce au système de pause active, qui permet de prévoir ses actions. Devoir passer par des barres d’actions et des sous-menus demandent beaucoup d’énergie. De façon générale, on a l’impression que la phase d’adaptation totalement normale après des heures sur les versions PC s’éternise, tandis qu’un nouveau joueur pestera contre les commandes mal pensées. On peut regretter que Beamdog ai réalisé un portage trop fidèle, sans oser retoucher certaines mécanique qui aurait nécessité un dépoussiérage.

Un combat dans Icewind Dale
Ces orques semblent en avoir après le groupe.

Bien que jouabilité et interface soient assez similaires, les deux soft diffèrent tout de même. Icewind Dale est beaucoup plus linéaire et orienté sur le dungeon-crawling. Au contraire dans Planescape, dialogue et scénario prennent fortement le pas sur le gameplay et les combats. Le build est limité, avec seulement quatre classes, et il est même fortement conseillé de jouer un magicien car leurs statistiques principales débloquent plus de dialogues. Ainsi, peu de combats sont obligatoire, mais il faut cependant parfois grind pour justement augmenter ces stats qui influent sur les dialogues. La mort fait aussi partie des mécaniques, elle n’est jamais punitive, parfois même nécessaire. Finalement, avec son écriture inégalable oscillant entre questions philosophiques et traits d’humour mémorable, à contre-courant des standards très manichéens de l’époque, Planescape est très différent des autres jeux basés sur le moteur Infinity.

Basés sur le même moteur graphique, Infiniy Engine, les deux jeux accusent leur âge. Les graphismes sont très moyens, surtout lorsque l’on zoom. Les sprites des personnages deviennent très pixellisés. Il est préférable de jouer en mode portable car l’image pique les yeux sur une TV. Même si très simpliste, les animations des sortilèges apportent beaucoup à l’action des combats, comparés aux mouvement rigides des personnages. Planescape dispose d’une version légèrement améliorée du moteur, qui permet des mouvements plus fluides et une interface moins austère. Dans Icewind Dale, les décors sont assez peu variés, principalement des zones enneigées, même si l’on visite quelques zones différentes comme un volcan ou une forteresse elfique.

VIlle de Sigil (Planescape)
Sigil, la cité des portes.

Planescape reste assez agréable grâce à sa direction artistique. Le soft n’utilise pas les codes de la fantasy classique : tous les personnages et monstres sont plutôt exotiques, loin des elfes et orques habituels, le héros lui-même est un cadavre ambulant accompagné d’un crâne flottant. L’action se déroulant dans divers plans d’existence, les environnements sont très variés. On pense principalement à Sigil, ville tentaculaire et indescriptible. Tout ce que l’on voit est perturbant, ce qui participe à l’ambiance extravagante du jeu. La bande son est efficace et accompagne bien les jeux : celle de Planescape, composée par Mark Morgan, possède un côté envoutant qui colle très bien à l’ambiance générale. Celle d’Icewind Dale est composée par le talentueux Jeremy Soule – le compositeur des Elder Scrolls -, qui apporte un style épique qui dynamise le jeu.

En premier lieu, la durée de vie est époustouflante : comptez entre 60h et 80h pour chaque titres. De plus, Icewind Dale est accompagné de son extension Heart of Winter, qui rajoute quelques heures de jeu. On peut regretter l’absence d’Icewind Dale II, qui n’a jamais été remasterisé : il semblerait que le code source du jeu original ait été perdu, et les recherches de Beamdog ont été finalement infructeuses.

Ecran titre
Un écran titre qui promet de longues heures de jeu !

Chaque soft dispose de centaines de sorts différents pour permettre diverses stratégies au combat, ainsi que de nombreux types d’ennemis au comportement variés et une ribambelle d’objets. Il faut ensuite évoquer les dialogues – près de 800 000 mots seulement pour Planescape ! Les nombreux choix au cours du jeu apporte un grande rejouabilité, de même que les builds à expérimenter… Enfin, il y a beaucoup d’options, d’abord graphique et sons, mais surtout sur le gameplay. Notamment, la difficulté est modulable pour vivre une aventure adaptée pour chaque joueur. Icewind Dale propose même un mode « Histoire » où vous ne pourrez pas mourir.

Cette Enhanced Edition apporte pour la première fois deux grands jeux de la fin des années 90 sur console. Certes, les jeux sont difficiles d’accès pour les néophytes, mais il est certain que la nostalgie touchera ceux qui ont déjà joués à ces titres il y a près de 20 ans. Ce sont deux jeux bourrés de contenu, diamétralement opposés dans leur philosophie ce qui permet des centaines d’heures d’aventure non redondante. Bien que les soft aient de nombreux défauts inhérents à leur âge et au portage, il est impressionnant d’avoir accès au mondes de Donjons & Dragons … dans une console portable ! Dernier point qui refroidira les ardeurs de certains : le prix, prohibitif pour un remaster. Mais cela n’empêche certainement pas de (re)parcourir avec plaisir les contrées magiques de Féérune et de Planescape.

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Test de Planescape : Torment & Icewind Dale : Enhanced Editions sur Nintendo Switch réalisé par Vaniel sur une version offerte par l’éditeur
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