Test : Pool Panic sur Nintendo Switch

Pool Panic

Genre : Aventure, Casse-tête
Langues : Multilingues Sous-titres : Multilingues
Développé par Rekim
Édité par Adult Swim Games
Sortie France : 23/07/2018
Prix : 12,19€ sur l’eShop 
Taille : 2,5 Go

Site Web Officiel

Pool Panic se targue d’être la simulation de billard la moins réaliste au monde et c’est totalement vrai ! Avant de continuer cette lecture, si vous pensez qu’il s’agit d’un jeu de billard, enlevez-vous ça de l’esprit tout de suite. Pendant les premières minutes de jeu, on pourrait croire que c’est le cas, mais non. Si Pool Panic était un vrai jeu de billard, alors Splatoon serait un jeu mettant en scène des peintres en bâtiment et Mario Tennis serait le cinquième tournoi du grand chelem.

Oui, il y a une bille blanche, une noire et d’autres pouvant aborder d’autres couleurs. Oui, le plus souvent, il faudra les empocher en les frappant à l’aide d’une queue. Et oui, on vous demandera généralement de finir par la boule noire. Pourtant, on ne vous demandera jamais d’éclater le jeu, de jouer d’une certaine couleur ou de finir en trois bandes. À la place, vous allez notamment assiéger un fort, ruiner un mariage, soutenir une manifestation écologiste, vomir à bord d’un bateau pirate, devenir le chef d’un gang de motard, cambrioler une banque, faire du ski ou encore profaner un cimetière. Pool Panic est un voyage qui vous invite à découvrir ce qui pourrait se cacher à l’intérieur d’un billard, sous le tapis, au pays où vivent toutes les billes.

Dans Pool Panic, vous incarnez la boule blanche et le stick droit vous permet de vous déplacer librement, ce qui déjà est un premier écart assez conséquent avec n’importe quel jeu de billard. D’ailleurs, toutes les billes possèdent des petites jambes dont elles n’hésiteront pas à faire usage. Si la plupart feront leur vie sans se soucier de vous, certaines chercheront à vous éviter ou à vous gêner.

Avec le stick droit, vous contrôlez la queue permettant de jouer. Il est possible de verrouiller une cible et de se déplacer tout en visant pour parfaire son tir. Une fois votre trajectoire établie, une pression sur ZR ou R permet de faire un tir fort ou léger. Et c’est tout ! Le tutoriel du jeu ne vous enseignera rien de plus. Après cela, à vous d’analyser et de réagir en fonction des événements. Avec une palette de mouvement aussi réduite, on pourrait craindre que le jeu devienne vite répétitif, mais le génie de Pool Panic vient de sa capacité à proposer des situations totalement inattendues.

Un niveau de Pool Panic, c’est à la fois une scénette rigolote et une idée loufoque à découvrir. Le jeu ne vous donne presque aucune indication sur la marche à suivre, si bien qu’on a parfois le sentiment d’être face à un puzzle-game ou à un Wario-Ware version snooker. Et si une idée introduite par un niveau de ne vous plaît pas, il y a de grandes chances qu’elle ne réapparaisse jamais.

Pour finir un niveau, il faudra généralement (trouver comment) empocher un certain nombre de billes colorées, avant de passer à la bille noire. Quatre trophées peuvent être obtenus à chaque stage en respectant certaines conditions :

  • Terminer avant la fin du temps imparti
  • Réussir à terminer sans dépasser un certain nombre de coups
  • Terminer en ayant empoché toutes les billes présentes sur le terrain de jeu
  • Ne pas empocher la bille noire ou la bille blanche avant la fin du niveau

Notez qu’il n’est jamais handicapant de boucler un niveau sans la moindre récompense et qu’il arrive que des trophées soient mutuellement exclusifs. Par exemple, il n’est pas toujours possible d’empocher toutes les billes sans dépasser la limite de coups. On apprécie alors d’autant plus que cette collecte soit totalement optionnelle, puisque certains stages peuvent s’avérer assez chaotiques. Entre les éléments de décors avec lesquels il est possible d’interagir et des billes parfois aussi nombreuses qu’indisciplinées, votre capacité à prédire les conséquences de vos actions sera mise à rude épreuve. Avec une centaine de niveaux et autant de surprises à découvrir, on oublie vite l’idée de finir parfaitement chaque niveau et on préfère foncer vers la prochaine aventure.

Quelques stages ressembleront à un tapis de billard et vous demanderont de réaliser un trick shot, c’est-à-dire de trouver l’angle parfait permettant d’empocher toutes les billes en un seul coup. Ces rares moments sont de loin les passages les moins funs de Pool Panic et on apprécie qu’ils soient si peu nombreux. En parlant de moments ennuyeux, vous risquez de pester régulièrement contre la caméra sur laquelle vous n’avez aucun contrôle. Vous devrez régulièrement composer avec un élément de décors masquant l’action ou avec un plan trop serré qui ne vous donne qu’une vision partielle de la zone de jeu.

Enfin, un petit mot sur la technique qui fait parfois défaut au titre. Durant nos sessions de jeu, nous avons subi deux plantages et avons aussi dû relancer plusieurs niveaux à cause de bugs de collision ou d’une bille devenue impossible à déloger.

Qui d’autre qu’Adult Swim aurait pu éditer un jeu avec une telle allure ? En plissant les yeux, on pourrait croire que Pool Panic se déroule quelque part dans l’univers de Superjail! ou de Rick and Morty. Les couleurs sont vives, le trait volontairement imprécis et les grands aplats de couleur sont de rigueurs. Ici, chaque bille est un personnage secondaire loufoque au visage aussi expressif que caricatural.

Si Pool Panic se veut généreux dans la variété de situations offertes au joueur, il convient de souligner l’énorme travail abattu par Grandmaster Gareth pour affubler le jeu d’une identité musicale. En signant pas loin de cent titres pour l’occasion, chaque niveau possède sa piste qui ne pourra pas être entendu ailleurs. Au milieu des compositions originales, on retrouve quelques reprises de thèmes connus lorsque les niveaux s’y prêtent, comme la Marche Nuptiale de Mendelssohn ou les Danses Hongroises de Brahms. Forcément, avec des niveaux qui s’enchaînent très rapidement, rares sont les thèmes qui ont le temps de se faire une place durable dans nos souvenirs, mais l’OST contribue grandement à la richesse du jeu et au plaisir ressenti.

Dommage que les bruitages, notamment les grommellements de certaines billes, peuvent ennuyer à la longue. Il s’agit du seul aspect du jeu franchissant régulièrement la ligne de l’humour potache pour arriver dans la zone du lourdingue un peu épuisant. Dans ces moments, on aurait aimé trouver une option permettant de réduire le volume des bruitages, hélas absente.

Après un petit tutorial, vous serez propulsé sur une carte du monde où vous naviguerez librement pour accéder à la centaine de niveaux. Tous ne sont pas immédiatement accessibles, mais le choix est rapidement assez conséquent pour qu’on ne se sente pas contraint. Si une zone ne vous plait pas, libre à vous de vous diriger ailleurs et d’y revenir plus tard.

Après avoir passé les premiers niveaux vous permettant de prendre vos marques, les stages suivants se termineront le plus souvent en moins de trois minutes. Au fur et à mesure de votre progression, vous ferez jaillir du sol une tour abritant quelques jolies surprises, comme un système de succès ou un mode difficile. Dans ce mode, on retrouvera à l’identique la carte et les niveaux, mais notre personnage y sera poursuivi par une créature fantomatique. Si elle vous attrape, c’est perdu ! L’ajout de ce bonus est sympathique, mais reste assez anecdotique puisqu’on aurait aimé qu’il apporte plus de nouveauté ou une plus grosse relecture du contenu de base qui se terminera en une petite dizaine d’heures.

Le jeu propose aussi un mode Panique dans lequel vous allez devoir enchaîner une série de niveaux en un temps limité. Dommage que les stages proposés soient aussi sages, car après avoir traversé ceux du mode Histoire il est difficile de ne pas s’en lasser rapidement. Enfin, un mode multijoueur propose plusieurs mini-jeux pouvant accueillir de deux à quatre joueurs en local. Chaque mini-jeu est totalement loufoque et vous poussera évidemment à enchaîner les coups bas contre vos adversaires. Même s’il ne vous occupera certainement pas plus de quelques soirées entre amis, on apprécie vraiment la présence de ce mode qui souligne une fois de plus la générosité du jeu.

Pool Panic est un jeu brillamment stupide où le thème du billard n’est qu’une excuse pour vous inviter à un voyage loufoque dans un univers complètement barré. Si vous avez peur de vous lancer dans ce qui pourrait s’apparenter à un jeu de billard, sachez que c’était aussi mon cas, que j’ai malgré tout passé un très bon moment et que je n’ai toujours aucune idée de quelles peuvent être les règles de billards, qu’il soit français ou américain.

Malgré quelques carences techniques, certains niveaux très chaotiques et des bruitages parfois fatigants, sa générosité et sa capacité à enchaîner à un rythme effréné les gags tous plus ubuesques les uns que les autres font qu’on lui pardonne facilement ses quelques défauts.

Test réalisé par Sylvain sur une version offerte par l’éditeur
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