Test : Rage in Peace sur Nintendo Switch

Rage in Peace

Genre : Aventure, Action, Plateformes, Die and retry
Langues : Français, Allemand, Espagnol, Chinois, Anglais Sous-titres : Français, Allemand, Espagnol, Chinois, Anglais
Développé par Rolling Glory Jam
Édité par Toge Productions
Sortie France : 08/11/2018
Prix : 11,99€ sur l’eShop
Taille : 2096,10 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 16+

Site Web Officiel

Dans Rage in Peace vous incarnez Timothy Malinu (ou Timmy), un personnage lambda de 27 ans, avec une vie lambda, parmi des gens lambda, dans une ville lambda… Et alors qu’il commence une nouvelle journée de travail identique à toutes les précédentes… Une invitée de marque vient lui rendre une visite de courtoisie : La Faucheuse en personne ! Dans sa grande mansuétude, elle vient annoncer à notre personnage qu’il va mourir aujourd’hui même, par décapitation, mais sans plus de précisions sur l’heure ou le lieu.

Une rencontre et un rêve particuliers !

Si passer de vie à trépas ne fait ni chaud ni froid à Timmy, ce n’est pas pour autant que la méthode lui convienne. En effet, si son existence n’a rien de palpitante, il possède un unique rêve : mourir dans son lit et pendant son sommeil. Notre amie La Faucheuse, fort avenante, le laisse tenter de regagner son domicile tout en le prévenant que des forces supérieures tenteront tout et n’importe quoi pour qu’il n’y arrive pas. Au joueur d’aider notre héros à mener à bien sa quête initiatique qui l’emmènera bien plus loin qu’il ne le pensait sur la compréhension de son état d’homme lambda…

Certains jeux nécessitent une armada de boutons et de combinaisons à retenir, Rage in Peace en est tout le contraire. Le stick ou la croix de gauche déplacent Timmy et une pression sur B le fait sauter… Une seule petite fantaisie nous est offerte : le double saut. Et c’est tout ! Il y a bien quelques variations de gameplay en fonction des niveaux ; mais ce n’est jamais plus compliqué. Car la difficulté est ailleurs…

Une seule fantaisie : le double saut

Si pour vous le « Die & Retry » est une catégorie de jeu que vous affectionnez tout particulièrement, Rage in Peace pourrait bien devenir votre nouveau maître étalon. En effet, vous allez mourir, beaucoup mourir, ÉNORMÉMENT mourir, jusqu’à vous réjouir de réussir à maintenir Timmy en vie 30 secondes d’affilée. Car des centaines de pièges vont surgir à son passage, toujours mortels, rien n’indique leur présence. Ils sont positionnés de manière à ne vous laisser aucune chance tant que vous n’en connaissez pas l’existence. Il faudra alors recommencer le passage depuis le dernier checkpoint. Ces derniers sont la seule concession sympathique envers nous, joueurs. Ils sont nombreux et intelligemment disposés, véritables oasis de bonheur dans cet univers de mort.

Une vision à laquelle il faudra s’habituer…

Mais alors comment avancer s’il n’y a pas le moindre indice sur le positionnement des pièges ? Il vous faudra utiliser votre mémoire, puis vos réflexes. En effet, il n’y a aucun hasard dans le titre de Rolling Glory Jam. Chaque emplacement est fixe, à vous de les éviter lors de votre tentative suivante. C’est là où les réflexes du joueur sont parfois mis à rude épreuve et si les passages de plateformes sont le cœur du jeu, les développeurs ont inclus des niveaux empruntant leur gameplay aux pires créations de ces trente dernières années : inversion de la gauche et de la droite, niveau vertical où l’on tombe sans voir ce qui arrive sur nous, scrolling latéral avec obstacles à la « Flappy Bird »… Fort heureusement, aucun lag ni latence n’est à déplorer, ce sera donc vous contre le jeu, d’homme à homme !

Le style graphique coloré, est plutôt mignon. Il rappelle les bandes dessinées pour enfants. Le contraste est saisissant dès notre rencontre avec le premier piège et le décès aussi soudain de Timmy. Le sang gicle, sans tomber dans le gore, mais justifie la classification du titre en 16+. Les obstacles sont originaux, très souvent décalés. Ils prêtent même à sourire, abstraction faite du nombre de tentatives nécessaires pour en venir à bout. Idem pour les boss qui sont moins difficiles que certains passages du jeu et dont les attaques feront resurgir des souvenirs aux plus vieux d’entre vous.

La psychée parfois obscure de Timmy

Si les graphismes des phases de jeu peuvent paraître parfois trop simples, les phases narratives sont un délice visuel. L’histoire de Timmy nous est comptée au fil de son avancée au travers les niveaux et de ses rencontres avec différents protagonistes. Le jeu acquièrt une dimension narrative impressionnante qui nous pousse, au final, à mettre au placard la frustration engendrée par nos centaines de décès et d’en découvrir encore plus. L’ensemble flirtant avec une approche philosophique du sens de la vie et de la mort dont on ne soupçonnait pas l’existence au premier lancement du jeu. Il en va de même avec certains passages d’après-boss qui se transforment en contemplation de paysages particulièrement fouillés.

Un peu de calme et de sérénité

La partie sonore bénéficie du même traitement. En effet, les bruitages ingame soulignent l’action à l’écran sans venir briser la concentration nécessaire au joueur pour surmonter un passage délicat. Puis, lors de la narration, la qualité des titres devient somptueuse avec un soin tout particulier à leur mise en adéquation avec le déroulement de l’histoire. Les développeurs n’ont pas hésité à faire appel à des artistes indonésiens pour leur réalisation. L’OST est d’ailleurs trouvable sur toutes les plateformes musicales : Steam, Spotify, iTunes Music, Deezer ou Google Music.

Rage in Peace nous fait souffrir pendant 28 niveaux répartis en 5 actes tous très différents, que ce soit au niveau du bestiaire ou de l’ambiance. Ils représentent tous une partie de la psyché de Timmy et prendront leur sens au cours des différentes cut-scènes. Une fois l’aventure finie, le mode « Speedrun » se débloque. Il permet au joueur de refaire chaque acte dans l’objectif d’améliorer son chrono.

Terminé après 1161 décès…

Pour les Dieux de la manette, il y a également le mode « pèlerinage » qui pourra être accessible à la seule condition d’avoir fini le jeu sans perdre une seule vie… Et à l’heure où j’écris ces lignes personne n’en a encore été capable ! Enfin, pour nous aider un peu, il est possible d’activer l’option « amnésie ». Cette dernière ne diminue pas le nombre de pièges mais augmente considérablement la quantité de checkpoint. Le jeu reste donc exigeant, mais nous évite quelques crises de nerfs. Comptez entre 5H et 10H pour en venir à bout en fonction de votre capacité à gérer les échecs.

Rage in Peace est vraiment le parfait exemple du « Die & Retry ». Exigeant, non-permissif et par dessus tout énervant tant la difficulté est élevée, il saura trouver son public. En effet, il est emmené par une réalisation irréprochable, une musique et une histoire à tomber par terre. À essayer au moins une fois pour se laisser une chance d’aider Timmy à réaliser son rêve… Vous pourriez être très agréablement surpris !

Test réalisé par Patbol1 sur une version offerte par l’éditeur
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