Test : Redout sur Nintendo Switch

Redout

Genre : Course, Arcade
Langues : Japonais, Français, Anglais, Allemand, Italien, Espagnol, Néerlandais, Portugais, Russe.
Développé par 34BigThings
Édité par Nicalis
Sortie France : 14/05/2019
Prix : 39,99€ sur l’eShop
Taille : 2365,59 Mo
Joueurs : 1-6
Age minimum : 3

Site Web Officiel

Durant de nombreuses années, deux mastodontes du jeu de courses de vaisseaux spatiaux ont régné d’une poigne de fer sur le vaste univers vidéo-ludique : la série des F-Zero côté Nintendo, qui semble sommeiller d’un repos éternel (Hélas!), et la série des Wipeout chez le concurrent Sony, qui perdure dans son excellence au point de s’être frottée (avec succès) au délicat exercice de la VR. Pourtant, sur Switch, le genre a très rapidement été approché par le très bon Fast RMX, héritier spirituel de la Falcon Punch Family, qui a su dès le premier jour s’imposer comme une référence. Dès lors, l’exercice s’annonce difficile pour Redout, sorti en 2016 sur PC, et qui franchit désormais les frontières de la transportable nippone pour nous faire voyager à la vitesse de la lumière. Les joueurs trouveront-ils matière à changer de cockpit ? Réponse dans ce test.

Il faut tout d’abord évoquer la présence d’un mode Carrière, véritable cœur du titre, au sein duquel le joueur bénéficiera d’une somme de départ afin de financer l’achat d’un véhicule, lequel pourra jouir de diverses améliorations techniques avant de rejoindre le garage au profit d’un vaisseau plus performant. Mais pour glaner les deniers et l’expérience nécessaires à son évolution, le joueur devra atteindre divers objectifs, parmi lesquels des courses simples, des défis chronométrés et autres affrontements en mort subite. Le tout dans un bel écrin composé d’une soixantaine de circuits répartis en douze environnements (merci les DLC qui sont venus gonfler le contenu déjà faramineux de la version originelle sortie sur PC !). À noter que Redout est un jeu très exigeant et que chacune des médailles devra se mériter, au prix d’une véritable maîtrise de notre vaisseau. Le mode Carrière a donc bénéficié d’un soin tout particulier, même s’il faut noter que la localisation des menus est très approximative et que la traduction de certains conseils peut prêter à sourire tant le français employé est hasardeux (et emprunte parfois une syntaxe régionale, comme ce « au plus… au plus… » propre au Sud de la France, consultable sur le screenshot ci-dessus !)

Redout est un jeu rythmé et nerveux, et il est fort aisé d’être propulsé vers l’infini et… dans l’au-delà. Ainsi, le moindre écart peut être fatal. En effet, les développeurs ont opté pour une conduite au double stick, le gauche servant à déterminer la direction du véhicule tandis que le droit permet de l’incliner dans les virages ou dans les pentes (il est nécessaire de lever la pointe dans une montée afin de ne pas racler le sol et vider inutilement une barre de vie qui a déjà tendance à fondre comme neige au soleil). Aussi, il faudra habilement composer entre accélération, freinage et exploitation de l’inertie pour mieux repartir après une succession de virages renversants. La prise en main du titre est donc très technique et requiert un vrai temps d’adaptation, d’autant plus que les tracés se révèlent parfois sadiques et impliquent une bonne connaissance du circuit (pour ne pas dire un apprentissage minutieux !)

Toutefois, cette exigence en termes de gameplay trouve en écho une difficulté redoutable et parfois frustrante, qui élève la médaille d’or au rang céleste tandis que le joueur se satisfera souvent de sa maigre récompense de bronze âprement disputée. Très tôt, il pourra se retrouver bloqué face à des épreuves de plus en plus farouches et sans l’accomplissement desquelles il ne pourra malheureusement pas poursuivre sa carrière et débloquer les circuits et véhicules qu’offre le jeu !

En outre, cette difficulté est sublimée par le parti pris graphique qui, même s’il ne laisse pas indifférent, peut s’avérer problématique par son manque de lisibilité. L’univers du jeu est très coloré et le pilote se ravira d’affronter ses adversaires dans des décors anguleux constitués d’aplats de couleurs dépeignant une ambiance rétro-futuriste du plus bel effet. Mais l’abstraction des arrière-plans a tendance à faire se confondre la ligne d’horizon avec la piste du circuit, et l’on a parfois bien du mal à appréhender les prochains virages.

De surcroît, les graphistes n’ont pas été avares en effets spéciaux de toutes sortes, et ont véritablement eu la main lourde sur le blur omniprésent (dès lors que notre vaisseau traverse un portail, un écran de fumée ou emprunte un accélérateur). L’esthétique prend alors des faux-airs de tableau abstrait à la peinture à l’eau qui, s’il offre de jolis arrêts sur image, convient guère à la nervosité d’un jeu de courses en 30 fps constants. Et puisqu’il faut louer ce framerate d’une fluidité exemplaire, on regrettera malgré tout qu’il se soit imposé au détriment de la résolution, faible en portable comme sur grand écran, et qui a tendance à pixeliser lorsque l’action s’intensifie. Dommage, d’autant plus que son concurrent Fast RMX était clairement plus flatteur pour la rétine des Anakin en herbe!

Enfin, évoquons l’ambiance sonore du titre qui, si elle ne brille pas par son originalité (encore de la techno et de l’électro dans un jeu de course futuriste !), propose tout de même des morceaux qui sortent du lot par la virtuosité de leurs chants lorgnant sur le style techno trance. Plutôt agréable !

Proposant l’intégralité des DLC sortis sur PC et sur consoles de salon, Redout est un jeu au contenu colossal. Du haut de ses soixante circuits, il toise de haut de nombreux AAA qui n’en proposent pas la moitié (même s’il faut rappeler que beaucoup de ces tracés partagent le même environnement, attention !). Ajouté à cela, pléthore de modes de jeux permettent de varier l’expérience, tant dans la campagne qu’en partie libre. Et le soft requérant une pratique intensive avant de dévoiler toute la subtilité de son gameplay, nul doute que les férus de pilotage trouveront en lui le messie tant invoqué.

Le jeu permet aussi aux amis de s’affronter en multijoueur, en local comme en ligne. Toutefois, ce dernier mode est totalement désertique et il nous a été impossible d’en tester la fiabilité, même en hébergeant plusieurs parties successives pendant une heure entière. Dommage car malgré ses défauts listés ci-dessus, Redout est une expérience qui mérite que l’on s’y attarde et a un certain potentiel compétitif. Espérons que les joueurs poseront un œil bienveillant sur lui et que ses rangs grossiront à vitesse grand V.

Sérieux concurrent à Fast RMX, le portage de Redout se distingue du maître par sa prise en mains millimétrée qui place la gestion de l’inertie et du cabrage du véhicule au centre du gameplay. Difficile mais rarement injuste, le titre ne pardonne aucune erreur au joueur et requiert une grande finesse de sa part, laquelle ne peut être obtenue que par un entraînement sérieux et une pratique fréquente. Mais une fois apprivoisés, nos vaisseaux de pixels filent à toute allure sur des circuits psychédéliques. On regrettera toutefois une résolution très faible et un manque de lisibilité surligné par une surabondance d’effets visuels, lesquels ne permettent pas d’envisager sereinement les tracés sans les connaître par cœur. On peut aussi reprocher au soft un certain manque de folie, puisqu’il propose finalement des univers et des véhicules très génériques, sans vraiment se démarquer de ses aînés vidéo-ludiques. Enfin, la présence d’un mode Online constitue un réel avantage, certes. Mais les serveurs étant (déjà) désertés par les joueurs, on peut vraiment craindre pour l’avenir multijoueur de Redout. Croisons les doigts pour que le jeu bénéficie de la reconnaissance qu’il mérite.

Test réalisé par Yorick sur une version offerte par l’éditeur
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