Test : Rock of Ages 2: Bigger & Boulder sur Nintendo Switch

ROCK OF AGES 2: BIGGER & BOULDER

Genre : ACTION, STRATÉGIE
Langues : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien Sous-titres : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien
Développé par ACE TEAM
Édité par SEGA
Sortie France : 14/05/2019
Prix : 14,99€ sur l’eShop
Taille : 2627,73 Mo
Joueurs : 1-4 joueurs
Age minimum : 12 ans

Site Web Officiel

Prenez une marmite, mélangez les sketchs d’animation des Monty Python, du tower defense, et des jeux d’adresse à la Monkey Ball. Faites chauffer le tout par le studio Chilien d’Ace Team, puis éditez tout ça chez Sega; vous obtenez alors Rock of Ages 2: Bigger & Boulder sur Nintendo Switch. La suite de Rock of Ages premier du nom reprend sa recette : de l’adresse, de la stratégie, une bonne dose d’humour et un univers fait d’hommages à l’histoire de l’art, tous plus réussis les uns que les autres. Oubliez la logique, ouvrez grand les yeux et détendez-vous les zygomatiques.Le second volet s’ouvre sur la création de l’Univers : Atlas, portant la Terre commence à fatiguer, tandis que Dieu s’amuse à placer les astres et dessine les premières formes de vie sur son chevalet. Profitant d’un moment d’inattention du Père; Atlas pose la Terre le temps de souffler un peu. Malheureusement, cette dernière tombe de la plateforme où elle se trouve. Avant que le Créateur ne se retourne, le porteur de monde fouille à l’aveuglette mais se trompe et ramasse le rocher de Sisyphe qui dormait en contrebas. S’en rendant compte trop tard, il saute pour éviter les foudres de Dieu et tombe sur la Terre où l’attendent les dangers les plus artistiques.Car chaque ennemi que vous rencontrerez ne cherchera qu’à vous faire la guerre. Et comme chacun sait -Hérodote le rappellera dès le début-, la guerre s’est toujours faite en lançant des gros rochers du haut de pentes qui donnent sur le château ennemi. Vous voici donc confronté à toute une ribambelle de personnages historico-artistiques : de Jeanne d’Arc au Sphinx d’Egypte en passant par Baba Yaga et le Cri de Munch, vous n’êtes pas au bout de vos peines et aussi bien l’adresse que l’inventivité vous seront nécessaires.

Chaque affrontement se joue donc en deux phases : une défensive et une offensive.

La première vous place en vue aérienne sur le long de votre piste. Là vous devrez disposer tout le long du chemin diverses constructions aux effets variés : murailles de pierre, vaches collantes, planches éjectables, éclairs, feux d’artifices, canons. Les outils ne manquent pas, et vous permettent d’adopter différentes stratégies non seulement en fonction de vous, mais également du circuit. Vaut-il mieux blinder une piste de ressorts pour éjecter le rocher adverse du chemin ? Ou au contraire, amorcer une longue descente aux enfers, faite d’explosifs et de vaches collantes pour endommager et ralentir votre assaillant ? C’est à vous de voir, et d’adapter votre défense en fonction des résultats.La deuxième phase commence dès que votre rocher est prêt. Au début du combat, deux petits ouvriers en bas de votre écran sculptent votre rocher et vous pouvez suivre son avancement tout en plaçant votre stratégie défensive, puis une trompette victorieuse retentit. Taïaut ! Il est l’heure de faire rugir la roche. Votre boulet s’élance du haut de la piste et commence alors un jeu subtil de prise de vitesse, d’esquive d’ennemis et de course acharnée. L’objectif est pour vous de ménager votre boulet et d’acquérir suffisamment de vitesse pour infliger le maximum de dégâts à la porte du château adverse. Sachant que votre course est la même que celle de l’adversaire, cette phase là peut aussi vous permettre de repérer les endroits où les difficultés sont les plus intéressantes à exploiter. Souvent, l’ennemi que vous affrontez possède une nouvelle arme que vous n’avez pas et que vous remporterez si la victoire est vôtre.Chaque boulet a des caractéristiques et des effets propres, vous permettant là aussi de tester différentes stratégies. Prendrez-vous un boulet rapide et léger au détriment de ses dégâts ? Ou bien un gros boulet lent qui aura besoin de tout son momentum pour infliger le plus de dommages aux portes d’en face ? D’autres vous permettent de goudronner la piste, rendant impossible la construction de l’ennemi. Force, Vitesse, Accélération, Poids, chaque boulet est particulier. Vous pouvez aussi peindre votre rocher, en plus de choisir votre personnage parmi ceux déjà battus ainsi qu’une bannière afin d’asseoir encore plus l’épique de ce jeu.

La direction artistique du soft est très belle. Véritable cri d’amour à l’histoire de l’art, Rock of Ages 2: Bigger & Boulder est un petit bijou visuel et sonore. Des vases de l’Antiquité à l’expressionnisme de Munch, chaque ennemi est un hommage à ces périodes et les niveaux adoptent à chaque fois une patte propre à notre adversaire. On voyage dans les tableaux, les contes et légendes, tapisseries et poteries. Avec pour chaque affrontement une petite cinématique hilarante rendant un hommage évident à l’animation de Terry Gilliam. La musique, composée d’airs classiques, accompagne à merveille le jeu, et répond à un sound design léché ajoutant encore à l’humour du titre. Maladresse cependant dans la composition des morceaux, trop courts, et dont la boucle se fait après une coupure abrupte..Malheureusement, l’optimisation sur Switch est assez désastreuse. Si en mode TV, le jeu est assez beau et laisse aller à la contemplation, jouer en portable est une énorme douche froide. Les textures sont baveuses, le framerate connaît des baisses importantes dès lors qu’il y a beaucoup d’animations à l’écran. Souvent, placer ses défenses devient compliqué; quand le style graphique d’un niveau ajouté au flou des graphismes en mode portable rend la carte presque illisible, on se désole d’un si gros manque de finition pour un jeu où l’univers visuel en fait tout le sel. J’ai également rencontré des bugs de graphismes en mode TV, où sur une fin de niveau, les textures des personnages étaient tout simplement absentes. Un défaut qui, on l’espère, sera réglé rapidement via une mise à jour prochaine

Le jeu comporte un mode solo et la possibilité de jouer en ligne. Le mode en ligne étant désert, que ce soit pour rejoindre ou héberger des parties, je n’ai pas pu le tester. Il est à noter que la version Switch ne dispose pas de multijoueur local, ajoutant ainsi à la liste de défauts ternissant un peu ce portage. Rock of Ages 2 vous prendra 4 ou 5 heures de votre temps pour le finir entièrement. Un petit mode histoire honnête pour un jeu indépendant de ce genre, avec un scénario badin et plaisant à suivre, ni trop court ni trop long. Doté d’un mode escarmouche, qui vous permettra de refaire vos combats avec différentes combinaisons d’armes et de boulets; et d’un mode contre la montre, qui vous fera vous mesurer aux leaderboards sur chaque circuit sans obstacle, c’est ici une invitation à montrer son skill le plus pur. Trois niveaux de difficulté et une bonne dose de curiosité: « Et ça fait quoi si je prends ces armes avec ce boulet ? » font de Bigger & Boulder un titre à la rejouabilité assez sympathique qui en fait sa force.

Rock of Ages 2: Bigger and Boulder est un jeu qui aurait pu être excellent : le postulat est simple, la prise en main facile, le contenu est conséquent et la direction artistique aux petits oignons répond à un humour vraiment hilarant. Un patch viendra peut-être corriger ça à l’avenir mais en attendant, malgré toutes ses qualités, les bugs graphiques et sonores, ajoutés au multijoueur local manquant laissent un goût amer dans la bouche. La faute à une optimisation très moyenne, le jeu reste un peu coincé comme un caillou au fond de la chaussure et jamais ne prend son envol comme il le mériterait

 

Test réalisé par PUPITILOP sur une version offerte par l’éditeur
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