Test : Saints Row : The Third – The Full Package sur Nintendo Switch

Saints Row : The Third – The Full Package

Genres : Action, GTA-like, bac à sable
Langue : Anglais Sous-titres : Anglais, Français, Allemand, Italien, Espagnol, Néerlandais, Russe
Développé par Deep Silver Volition
Édité par Koch Media
Sortie France : 10/05/2019
Prix : 39,99€ sur l’eShop, 39,99€ version boîte
Taille : 7586,45Mo
Joueurs : 1-2
Age minimum : 18 ans

Site Web Officiel

Longtemps comparé à la série majeure dont il s’inspirait à l’origine, Saints Row vole désormais de ses propres ailes, et a préféré jouer la carte de l’absurdité à son paroxysme plutôt que celle d’un humour grinçant véhiculant, par ses personnages hauts en couleur, une acerbe satire sociale profondément ancrée dans le réel. Loin de singer la superproduction de Rockstar, Volution a choisi de suivre sa propre voie en nous proposant un concentré de grand n’importe quoi à l’état pur, sorte de délire cathartique voguant entre l’hyper-violence et l’humour sous la ceinture. Bienvenue à Steelport, ville de tous les excès, de vitesse ou de folie, chef lieu du moindre écart, de conduite ou de jambes.

Le scénario de Saints Row, troisième du nom, fait directement suite à celui de son prédécesseur, et l’on retrouve sans déplaisir le contact des Saints, un gang qui n’a de vertueux que le nom et qui, depuis ses débuts sur Xbox 360 en 2006, a su tirer son épingle du jeu et jouir d’une influence considérable auprès de la communauté des joueurs. Véritable emblème de la truanderie bling-bling et du petit profit sur son lit de liasses, le groupe voit cependant son empire s’effondrer lorsque le Syndicat, un gang rival, le double insidieusement et lui propose une indigne place de second. Nos fortes têtes, qui en ont fait tomber bien d’autres, ne se laissent nullement impressionner, et c’est au cours de deux missions haletantes en guise d’introduction que nos compères régleront leurs comptes avant de pérégriner dans une immense ville qu’ils devront reconquérir à la sueur de leurs cartouches.

Dès les premières minutes de jeu, le ton est donné, puisque le joueur enchaînera des gunfights surréalistes sur le toit d’un immeuble, suspendu au câble d’une grue, avant de littéralement s’élever dans les airs en abattant des dizaines d’assaillants tout en sautant en parachute ou en agrippant au vol un avion qui passait par là, pour mieux l’infiltrer et en déloger les odieux occupants ! Déroutant, mais diablement hilarant tant les développeurs se sont plu à viser la surenchère d’actions improbables, comme le sont ces fantastiques nanards indiens dont les héros musculeux crèvent l’écran ! Si la crédibilité s’est exilée, c’est l’amusement à son état le plus bestial qui prédomine tout au long de l’aventure.

Et puisqu’il est question d’apparence, profitons d’une habile transition pour évoquer l’impressionnant éditeur de personnages, qui vous permettra de créer absolument n’importe quel avatar, qu’il possède les attributs d’un Quasimodo comme le charme séducteur d’un Phoebus, du plus frêle et malingre gringalet à la plus plantureuse des femmes fatales à l’opulente cambrure ; tout est permis. D’ailleurs, peut-être choisirez-vous tout simplement d’incarner une créature hybride dont l’apparence, soumise à votre créativité débordante, reniera toute cohérence anthropomorphe ?

Du point de vue du gameplay, Saints Row reprend les codes du GTA-like, tout en élargissant dès le début le champ des possibilités offertes au joueur. Ainsi, si l’oeuvre de Rockstar suit une progression logique où les récompenses attribuées dépendent de l’avancée dans le scénario ou des prouesses entreprises pour mériter telle ou telle arme, le titre de Volition ne s’embarrasse pas de telles formalités et peut aisément, et sans le moindre remord, vous placer aux commandes d’un hélicoptère dès les premières missions ; ou vous confier la garde d’un beau bébé au gros calibre, lequel vous sera fort pratique lorsqu’il faudra exterminer massivement les assaillants et autres véhicules gênants qui auraient eu l’audace de se dresser sur votre chemin. Il faut dire que vos ennemis disposent des mêmes prédispositions à la virulence, et que certains gangs adverses possèdent des pouvoirs surhumains, comme une force herculéenne ou la capacité de téléportation ; donc un arsenal bien rempli vous sera rapidement salutaire !

L’évolution de votre gang est au cœur du système de jeu. Il est en effet fréquent que les missions vous obligent à agir en équipe, cette dernière étant totalement customisable ! En outre, votre réputation est évaluée par une jauge de respect, laquelle est influencée par vos actions dans l’open world et les missions principales ou secondaires que vous accomplissez. De fil en aiguille, vous accumulerez des points de compétences permettant d’augmenter vos statistiques, et que vous dépenserez librement dans un menu dédié. De surcroît, et aussi surprenant que cela puisse paraître, Saints Row The Third possède un aspect éco-gestion plutôt intéressant qui permet au gang de s’enrichir en achetant divers commerces ou en délogeant les bandes adverses afin de bénéficier, par exemple, de tarifs préférentiels sur l’achat d’armes, de munitions, de véhicules, etc.

La maniabilité est assez aisée, et la configuration des commandes est intuitive pour un jeu du genre. Toutefois, le manque de précision des Joy-Con est parfois dommageable, notamment lorsqu’il s’agit d’aligner le réticule de visée sur l’adversaire un peu trop effronté qui voudrait humer le doux fumet de votre poudre. Un défaut exacerbé par l’instabilité du framerate que nous évoquerons par la suite, et qui peut nuire à la fluidité de l’action lorsque celle-ci s’intensifie. C’est par exemple le cas lorsque des dizaines d’assaillants vous encerclent dans une situation propice aux explosions et autres effets pyrotechniques, et il faut admettre que cela peut s’avérer frustrant. En outre, nous pouvons regretter l’absence totale d’exploitation des capacités de la Nintendo Switch, et particulièrement l’utilisation du gyroscope qui aurait pourtant constitué une idéale aide à la visée. Nous croisons les doigts pour que Volition intègre cette fonction dans une éventuelle mise à jour, même si rien n’a été annoncé au moment où nous rédigeons ces lignes.

Faire tourner convenablement un open world sur Switch n’est pas toujours évident, et nombreux sont les titres qui se sont cassé les dents, proposant tantôt une résolution faiblarde, tantôt un framerate souffreteux. En toute logique, les joueurs attendaient Saints Row au tournant. Aussi, si le résultat demeure convenable et permet un amusement instinctif dès les premiers pas de notre avatar dans la ville de Steelport, les développeurs ont dû faire des concessions afin d’offrir une expérience techniquement acceptable. D’une part, la qualité graphique, déjà moyenne lors de la sortie du jeu sur Xbox 360 en 2011, est bien loin des standards actuels, y compris sur la transportable de Nintendo : les textures sont peu travaillées, les PNJ ont une apparence physique sommaire et anguleuse, les véhicules sont assez lisses dans l’ensemble et l’on déplore des petits soucis de crénelage et de popping des éléments du décor. Toutefois, la cohérence géographique des lieux et le soin apporté à l’architecture permettent de garantir une immersion totale dans ce petit univers déjanté. D’autre part, le framerate est réellement instable : le jeu subit constamment des saccades lors des mouvements de caméra ou durant les phases de conduite, et l’on constate des baisses très handicapantes lorsque des explosions viennent perturber la douce quiétude de nos assassinats routiniers.  En outre, divers bugs de collision sont également de la partie, déjà présents dans la version originale. Couplés à d’autres soucis comme le décalage fortuit du son des cinématiques (qui peut prendre un retard d’une bonne minute sur l’action !) ou l’absence totale de doublage lors des dialogues en monde ouvert (privant les anglophobes d’une bonne dose d’humour potache), ils finissent par ternir une expérience ludique qui promet énormément sans tenir tous ses engagements. Malgré tout, les développeurs ont dores-et-déjà prévu un patch qui, même s’il pâtit d’une semaine de retard (et ne mérite plus l’appellation Day 1 !), devrait selon leurs dires régler tous ces problèmes pointés par les joueurs. À cette occasion, nous mettrons bien évidemment ce test à jour afin de rendre le plus fidèlement compte de la qualité finale du titre.

Le soin porté à l’ambiance sonore est quant à lui très appréciable. En effet, que serait un GTA-like sans ses stations de radios endiablées permettant de proposer à tous les joueurs un condensé des tubes emblématiques classés selon différents genres musicaux ? Et l’on peut dire que le choix de la playlist est de très bon goût, et vous pourrez rythmer vos courses-poursuites à grands renforts de Black Keys, de Bonnie Tyler ou encore de Talk Talk ! Un régal pour les oreilles qui vous motivera très souvent à prendre le volant pour le simple plaisir de tâter l’autoradio ! De surcroît, les doublages anglais sont profondément crédibles et enjoués et participent à cette atmosphère hystérique et décomplexée, et l’on sent que les comédiens s’en sont donné à cœur joie.

Ce Full Package, que l’on nommera très élégamment Gros Paquet dans la langue de Molière, propose un contenu faramineux compte tenu de la présence de tous les DLC sortis à l’origine, ainsi que d’un mode multijoueur réellement prenant. D’autant plus que le jeu de base est déjà très généreux et agrémente l’aventure principale de nombreuses quêtes annexes toutes plus loufoques les unes que les autres, parmi lesquelles les odieusement hilarantes émissions télévisées du Professeur Genki.  Aussi, le territoire a beau demeurer finalement assez restreint si on le compare avec les références actuelles en termes de monde ouvert (que sont Red Dead Redemption 2 ou Zelda Breath of the Wild), il est suffisamment riche en points d’intérêts pour maintenir le joueur en alerte. Surtout que la liberté offerte par les compétences des différents costumes et véhicules élargit l’horizon des folies envisageables, et l’on peut affirmer que la série des Saints Row mérite plus que toute autre de figurer au Panthéon des bacs-à-sable. Aussi, le mode Horde, équivalent du mode Zombie d’un Call of Duty, demandera au joueur de résister le plus longtemps possible en affrontant des vagues d’ennemis toutes plus vicieuses les unes que les autres.

Toutefois, le mode multijoueur n’offre aucune option en écran splitté. Chaque joueur doit en effet posséder sa console afin d’en profiter. Au vu des errances techniques subies par ce portage, on comprendra sans mal que la Nintendo Switch ne pouvait probablement pas gérer un écran scindé sans sacrifier une fluidité déjà fébrile. Enfin, il est toujours possible de parcourir l’aventure en mode online, même si l’expérience se limitera, encore une fois, à une coopération entre deux joueurs.

Ode à la violence cathartique et véritable festival du grand n’importe quoi assumé, Saints Row The Third est une cour de récréation adulte mais potache qui fait de l’excès une routine de gameplay. Parodie des plus grands délires cinématographiques à la sauce testostérone et vision satirique du milieu gangsta/jet-set, le titre offre au joueur un défouloir idéal, et ce dès les premières minutes. Riche et complet en termes de possibilités, le portage bénéficie de la totalité des DLC sortis jusqu’à ce jour, et jouit donc d’une durée de vie conséquente. Toutefois, le joueur devra faire preuve d’indulgence afin de digérer une réalisation peu affriolante, malmenée par des graphismes datés, un aliasing prononcé et un framerate titubant qui peut s’avérer réellement gênant lors des fusillades nerveuses et explosives. On peut également déplorer le manque d’audace de ce portage qui ne tire aucunement partie des spécificités de la Nintendo Switch, se privant même d’exploiter la visée gyroscopique ! Malgré tout, il s’agit-là de l’un des GTA-like les plus aboutis actuellement sur console portable, et il est réellement grisant de pouvoir s’adonner à de micro-carnages sur le banc de l’arrêt de bus. Nous espérons désormais que les développeurs de Volition mettront le Gros Paquet afin d’optimiser le titre lors des prochaines mises à jour.

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Test réalisé par Yorick sur une version offerte par l’éditeur
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