Test: Sheltered sur Nintendo Switch

Sheltered

Genre : RPG, Stratégie
Langues : Anglais, Français, Allemand, Italien, Espagnol, Russe, Chinois
Développé par Team17Unicube
Édité par Team17
Sortie France : 18/12/2018
Prix : 14,99€ sur l’eShop
Taille : 587,20 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 12

Site Web Officiel

Sheltered se déroule dans un monde post-apocalyptique. Vous contrôlez une famille qui doit survivre dans un bunker, mais pas n’importe quelle famille ! En effet, dès le début de la partie vous allez en constituer les membres : deux parents (de sexes identiques ou opposés), deux enfants et un animal de compagnie. Libre à vous de constituer ce quatuor de départ comme bon vous semble. Sachez simplement que vous les verrez pendant des heures et des heures… si tout se passe bien. Car la survie n’a jamais rien de simple lorsqu’on se trouve dans un environnement où il faut bricoler le moindre outil. Le ton global du jeu se montre néanmoins plus léger que This War of Mine, un titre très similaire.

Vos premiers pas dans votre bunker seront déroutants. Suite à un bref tutoriel, vous voilà face aux quatre individus modélisés de la tête aux pieds. Chacun a son caractère, ses caractéristiques propres et surtout ses jauges de besoin. Manger, boire, se laver, dormir … Ces barres se remplissent à chaque seconde, exactement comme si on jouait aux Sims. Et si vous ne vous occupez pas de leurs problèmes, vous risquez fort d’avoir des morts sur la conscience.

Pour subvenir à ces besoins, plusieurs facteurs sont à prendre en compte.

En premier lieu, votre bunker peut être considéré comme un personnage à part entière. Il faudra par exemple constamment remplir le réservoir du générateur car si ce dernier tombe en panne, le filtre à air et le filtre à eau situés à la surface ne seront plus alimentés. Tout dans le bunker va s’user avec le temps. Que ce soit générateur, filtre, toilettes, lits ou congélateur, tout devra être entretenu régulièrement. Mais avant ça, il faut avoir construit des cabinets d’aisance et pour ce faire de nombreux matériaux sont à chercher.

Le deuxième facteur à prendre en compte concerne les ressources.

Vos débuts seront confus face aux dizaines d’objets fabriquables dans l’atelier. Vous apprendrez très vite ce qui est essentiel et ce qui relève du confort. L’eau par exemple est une ressource vitale utilisée pour s’hydrater mais également pour la douche. Vos réservoirs sont limités et il faut attendre la pluie pour espérer les voir se remplir. Si vous en faites une mauvaise gestion et qu’une longue période de sécheresse se déclare, vous risquez de dire adieu à vos survivants. Ensuite vous devez penser à la nourriture, denrée toute aussi rare. L’un des premiers moyens d’en obtenir est de poser des pièges à collet à la surface pour attraper des lapins, puis d’entreposer la viande dans un congélateur. Mais n’oubliez pas l’hygiène de base! Si vous mangez cette viande crue, vos personnages souffriront d’une intoxication alimentaire et vomiront leurs tripes dans tout le bunker. Quelqu’un aura la tâche ingrate de tout nettoyer.

Tous ces petits concepts, le jeu ne vous les explique jamais. Vous les apprendrez, en faisant des erreurs comme votre serviteur qui a vu toute sa famille périr suite à un manque d’eau au soixantième jour.

Maintenant, comment obtenir des matériaux? Il faut envoyer jusqu’à deux de vos habitants explorer la carte. Chaque expédition prendra de nombreux jours mais vous serez contactés régulièrement par la radio au moindre évènement. Le résultat de la fouille d’une maison vous permet de choisir quels matériaux garder dans vos sacs limités en quantité. La rencontre avec des individus vous fera quant à elle changer d’écran et de point de vue, quittant momentanément le bunker. C’est sur cet écran de rencontre que vous aurez parfois le choix de recruter de nouvelles personnes ou de les combattre.

Les mécaniques combats sont d’une grande simplicité. Prenant la forme d’un combat de RPG tour par tour, vos personnages pourront attaquer, désarmer, voler ou même neutraliser l’adversaire (humain ou animal). Ici, vos caractéristiques choisies en début de partie vous seront utiles et comme on pourra s’en douter, la force permet de faire de gros dégâts, tandis que la dextérité influe sur la chance de toucher l’ennemi. C’est lors de ces rencontres que vous serez content d’avoir choisi le chien comme animal de compagnie. En effet, ce dernier est un allié majeur durant les combats.

En parlant d’interaction: vous ne serez pas seul au monde. Régulièrement, des survivants extérieurs viendront frapper à votre porte soit pour commercer, soit pour vous demander asile. À vous de choisir si vous voulez les laisser entrer, quitte à avoir une bouche de plus à nourrir. Notez juste qu’en cas de refus, il est possible qu’il y ait des représailles. Certains vont saboter vos filtres à la surface avant de partir, d’autres reviendront armés et prêts à en découdre.

Parmi les aspects négatifs de ce jeu, il est à noter que même si la quantité d’actions et d’objectifs à réaliser sont nombreux, le jeu n’empêche pas une certaine routine de s’installer, spécialement lorsque vous envoyez vos personnages en expédition. En effet, ceux restant dans le bunker n’auront d’autre choix que de survivre puisqu’ils sont en attente de nouveaux matériaux pour évoluer. On se retrouve réellement dans une gestion de Sims plutôt lente et on s’occupe comme on peut avec les quelques meubles à réparer de temps en temps.

Autre point noir, la gestion de l’abri et de ses habitants se fait par un curseur. Même si ce mode de contrôle semble idéal sur PC, le déplacement est quelque peu fastidieux sur console et pourra déplaire à certains, surtout lorsqu’on peine à sélectionner des éléments.

Enfin, chaque nouveau jour fera freezer le jeu deux secondes, sans parler de quelques ralentissements relativement oubliables mais présents.

La mode est aux jeux tout en pixels et nombres de titres ont su convaincre en proposant des décors de toute beauté. Soyons clair, vous ne retournerez pas sur Sheltered pour ses environnements éblouissants. Assez simple graphiquement, les développeurs de la Team17 ont cependant réussi à modéliser correctement les différents éléments pour qu’ils soient facilement reconnaissables et différenciables.

Malheureusement, la musique ne restera également pas dans les mémoires. Très en retrait pour l’ambiance, on entendra davantage la pluie tomber et les survivants s’affairer à leurs occupations que des notes de musique. Les bruitages demeurent corrects et animeront les moments passifs en attente à l’abri. Par contre, en combat, vous aurez un peu plus de rythme mais la diversité demeure assez maigre.

À partir du moment où vous adhérez au principe de Sheltered, le titre va vous tenir en haleine sur des dizaines d’heures. Votre but premier est la survie. Une fois bien installé et à l’aise, vous pourrez trouver des pièces pour réparer votre camping-car. À terme, il sera possible de quitter votre abri pour rejoindre un autre membre de votre famille dans un nouveau bunker où vous allez recommencer de zéro, avec les matériaux emportés du précédent abri. Ce concept peut se répéter encore et encore en agrandissant la famille réunie.

Pour varier les plaisirs, un mode scénario est présent, vous proposant deux histoires à la famille pré-établie. Ces dernières sont loin d’être de tout repos. Par exemple, la première met en scène une mère et son fils qui doivent survivre dans l’abri face à des pillards, en attendant que le père reviennent pour les amener en sécurité.

Sheltered est un titre qui dispose de nombreuses qualités, à partir du moment où on y adhère. Si les premières heures seront laborieuses, une fois vos marques prises, l’expérience se montrera plus plaisante. Entre les meubles à fabriquer pour se faciliter la vie et l’exploration d’un monde post-apocalyptique, vous aurez de quoi vous occuper. Comme dans tout jeu de survie, la gestion des ressources reste primordiale pour ne pas finir dans une tombe. Pour ceux qui ne s’en lassent pas, le jeu se renouvelle encore et encore en allant d’abri en abri avec toute votre famille. Ce portage accuse cependant de quelques ratés en terme de performances, mais également en terme de gameplay. On pensera à cette gestion au curseur, peu pratique pour ce format. Autre regret dans le coeur même du gameplay, sa relative répétitivité qui donnera parfois l’impression d’être spectateur d’un Sims en 2D. En somme, Sheltered plaira aux amateurs de jeu de survie qui préfèrent des mécaniques relativement simples et un peu moins punitives que d’autres titres du même genre.

Test réalisé par Nadium sur une version offerte par l’éditeur
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