Test : Shin Megami Tensei V sur Nintendo Switch

Test :

8.1

SCENARIO

7.5/10

GAMEPLAY

9.0/10

GRAPHISMES

7.0/10

BANDE-SON

8.5/10

CONTENU ET DUREE DE VIE

8.5/10

Les plus

  • Un univers captivant
  • Des mécaniques bien ficelées
  • La fusion et le recrutement de démons
  • De l'exploration dans les ruines de Tokyo

Les moins

  • Une difficulté qui peut être frustrante
  • Des graphismes jolis mais en dessous des standards
  • Quelques quêtes annexes redondantes

Test : Shin Megami Tensei V sur Nintendo Switch

Test : Shin Megami Tensei V sur Nintendo Switch

Genre : J-RPG
Langues : Anglais, Japonais Sous-titres : Français
Développé et Edité par ATLUS
Sortie France : 12/11/2021
Prix : 59,99€ sur l’eShop, 44,49€ version boîte 
Taille : 13242 MB
Joueurs : 1
Age minimum : 16+

Site Web Officiel

SCENARIO

Shin Megami Tensei est une licence japonaise créée en 1992 par Atlus. Longtemps méconnue du public européen, la faute à des sorties exclusivement nippones, elle s’est faite davantage connaître grâce à la série des Persona, son spin-off le plus populaire. Pourtant, SMT a posé les bases d’un J-RPG sombre et difficile d’accès, mêlant occultisme, combats de démons et dungeon-crawler. Les trois premiers opus sont sortis sur Super Famicom, les autres sur Playstation 2 et Nintendo DS et 3DS. De même pour d’autres spin-off comme les Devil Summoner ou les Devil Survivor.

Si c’est bien Persona qui a le vent en poupe ces dernières années, grâce notamment au 5e épisode et ses dérivés, mais aussi à Tokyo Mirage Session #FE Encore, il semble qu’Atlus tente petit à petit de faire revenir SMT-V sur le devant de la scène. D’abord avec un portage de de Shin Megami Tensei III : Nocturne sur Nintendo Switch au printemps 2021 et ensuite avec un nouvel opus, Shin Megami Tensei V, sur la même console hybride.

Cette cinquième partie met de nouveau en avant un lycée dans le Tokyo de tous les jours, embarqué sans le vouloir dans une guerre mondiale entre Anges et Démons. Le monde qu’il connaît n’existe plus et se retrouve complètement dévasté. Ravagé par les différents affrontements qui ont eu lieu, la mégalopole est méconnaissable. Le lycéen fait la connaissance d’un être puissant, Aogami, avec lequel il fusionne pour devenir le Nahobino, une créature maudite pouvant communiquer avec les démons et en faire ses alliés.

GAMEPLAY

Shin Megami Tensei V se situe à cheval entre le 3e et le 4e épisode. Il emprunte au premier la profondeur du scénario, et au second le système de jeu. L’aspect dungeon-crawler, en vue à la première personne et images fixes, n’est plus d’actualité. Nous contrôlons le Nahobino en mode troisième personne et parcourons dans un semi-monde ouvert un Tokyo post-apocalyptique où le danger est partout. De nombreux démons croisent notre route et il faut les affronter dans des combats au tour par tour pour gagner de l’expérience et monter en niveau.

En bon RPG, les combats sont stratégiques, avec un système de force et de faiblesse bien pensé. Il faut donc exploiter les différents éléments pour tirer son épingle du jeu : feu, glace, vent, ombre, lumière, poison, etc. Chaque démon peut avoir plusieurs résistances, allant jusqu’à bloquer une attaque, la rendant ainsi inefficace. Un système de Press-Turn permet de gagner un tour si le point faible est atteint. Autant l’ exploiter au maximum !

Le principe des démons “alliés” est toujours bien présent dans cette cinquième mouture. Et c’est là tout l’intérêt du jeu. Ceux que nous affrontons si vaillamment deviennent nos amis. Il suffit de leur parler à n’importe quel moment du combat et entamer des négociations.

Généralement imprévisibles, les dialogues peuvent aussi bien être positifs que négatifs. Tout dépend aussi de l’humeur du démon, qui varie en fonction des phases de la Lune. Une chose est sûre, c’est qu’un recrutement est très souvent coûteux. Il vaut mieux avoir beaucoup d’argent en réserve ou des objets de soin pour satisfaire le démon.

Une fois la créature devenue notre alliée, elle combat à nos côtés. Au final, nous pouvons constituer un groupe de 4 combattants (le Nahobino + 3 démons). A nous d’élaborer la meilleure des équipes pour faire face à toutes les situations. Au fur et à mesure de notre progression, les démons rencontrés sont de plus en plus puissants, et le levelling de plus en plus lent. Pour être toujours au niveau, et avoir une longueur d’avance sur nos ennemis, il faut user et abuser de la fusion en allant dans le Mondes des Ombres. En effet, deux voire trois démons peuvent être combinés pour n’en former plus qu’un. Il aura généralement des meilleurs statistiques. Il hérite également des compétences, en fonction de sa spécialité. Autant dire que le joueur passe énormément de temps à peaufiner ses équipes, recruter, et étudier les différentes possibilités qui s’offrent à lui.

Inéluctablement, nous éprouvons de plus en plus de sympathie pour les démons, qui pourtant, apparaissent dès le départ comme nos ennemis. Les recrutements, avec certaines conversations divertissantes, n’aident pas. Et que dire des quêtes annexes, où certaines créatures nous feraient presque de la peine. Les récompenses sont souvent intéressantes et il y a parfois des fins inattendues. Mais comme dans beaucoup de RPG, les quêtes annexes sont en moyenne assez redondantes (aller chercher tel objet, battre tant de démons, affronter tel démon puissant, etc).

Mine de rien, le monde de Shin Megami Tensei V est assez peuplé, et il est rare de traverser une zone sans rencontrer un seul démon. L’exploration est à l’honneur avec un level design bien pensé. Nous traversons d’anciennes zones habitées, grimpons au sommet de building et nous frayons un chemin dans les ruines, où quelques objets abandonnés nous attendent. La carte est assez grande, avec plusieurs zones bien distinctes mais traversables sans chargements ni clics sur une map-monde. Chacune d’entre elle est gardée par un Abcès, une sorte de sentinelle démoniaque, nous permettant de débloquer de nouvelles compétences.

A l’inverse de Persona, SMT V ne met pas en valeur des moments de vie et de dialogues entre amis. Le côté feel-good n’a pas sa place ici, car l’ambiance est sombre et occulte. Il ne laisse pas beaucoup de place à l’improvisation. En effet, la difficulté est au rendez-vous, avec des ennemis qui exploitent sans problème les faiblesses de nos équipiers…pour mieux nous achever. Un combat peut très vite mal tourner, avec un Game Over assuré.

GRAPHISMES ET BANDE-SON

Shin Megami Tensei V se dote de graphismes particuliers. Le Tokyo qui est dépeint est post-apocalyptique, dénué de toute vies humaines et habité par des démons aussi variés qu’inquiétants. Les larges étendues de sable sont nombreuses (quoique lassantes), ainsi que les ruines des bâtiments qui faisaient le charme des rues de Tokyo. Les couleurs sont vives avec des tonalités chaudes, ce qui tranche avec le côté terne et gris de nombreux jeux post-apocalyptiques.

Les animations sont très réussies. Les cinématiques jolies, très fines, et les démons particulièrement bien représentés. On retrouve un bestiaire assez complet et complexe, avec des créatures emblématiques des SMT comme les Pixie, les Jack ‘o Lantern ou les Jack Frost. La plupart proviennent des mythologies du monde entier, avec un large panel originaire de l’Inde et du Japon.

Techniquement, le jeu ne s’en sort pas trop mal. Même s’il tourne avec le moteur Unreal Engine 4, l’aliasing et le clipping sont bien présents. Il y a parfois quelques légers bugs de textures mais rien de grave, car les démons sont visibles et identifiables. En mode portable, le jeu souffre de quelques ralentissements, mais en mode docké c’est plutôt fluide et stable. En plus de cela, rares sont les temps de chargement puisque nous passons d’une zone à une autre sans interruption. Pareil pour le passage d’un point de sauvegarde à un autre, ou lors d’une descente dans le Monde des Ombres. C’est très appréciable et cela ne brise en rien l’immersion.

La bande-son est tout à fait atypique. Entre les voix déformées de certains personnages et les cris uniques de chaque démon, on sent que le lore de Shin Megami Tensei est riche rien qu’à l’oreille. Les musiques sont, elles aussi, particulières, quelque part entre rock, électro et dark ambient. On navigue en pleine musique expérimentale, avec des thèmes souvent dissonants, mais captivants.

CONTENU ET DUREE DE VIE

La durée de vie de Shin Megami Tensei V est très honorable avec ses (minimum) 50 heures de jeu. Et pour le coup, ce ne sont pas vraiment les quêtes annexes qui étendent inutilement le temps de jeu car elles ne sont pas si nombreuses que ça. L’exploration, en revanche, ainsi que la recherche des objets et la chasse aux Miman (des petits démons farceurs cachés aux quatre coins de la carte) nous occupent pendant un moment.

Mais c’est sans aucun doute toute la partie stratégique liée aux combats, à la fusion, au recrutement des démons et aux transferts de compétences qui est redoutable. On ne voit pas le temps passer tellement on est pris dans l’élaboration d’une équipe parfaite, polyvalente et originale. D’autant plus que notre groupe de démons ne reste jamais identique du début à la fin tant il faut favoriser la fusion, encore et encore. Et ce, afin de ne pas stagner et obtenir des compagnons encore plus puissants…

À noter qu’il est possible de choisir sa difficulté et donc les développeurs ont fait le choix de l’inclusion en permettant à tous de vivre l’expérience. Pas d’élitisme forcé ici.

Par contre et c’est bien dommage il n’y a toujours pas de sauvegarde automatique. Il vous faudra vous rendre à des points de contrôles spécifiques régulièrement et cela peut être particulièrement frustrant.

La Nintendo Switch nous offre de nouveau un excellent J-RPG avec ce Shin Megami Tensei V. Même si elles sont bien connues des amateurs de la licence, les mécaniques atypiques mêlant combats de démons, recrutement et fusions restent originales et bien faites. Atlus semble vouloir remettre au goût du jour sa série, en mettant notamment en avant l’exploration et une vue à la troisième personne. Le scénario, lui, reprend les bases des anciens épisodes mais conserve une ambiance particulièrement sombre, mélangeant fin du monde et affrontements entre anges et démons. Et même si techniquement on reste en dessous des standards, les visuels restent captivants.

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