Test : SolSeraph sur Nintendo Switch

SolSeraph

Genre : Plateforme, Action, Stratégie
Langues : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien
Développé par Ace Team
Édité par SEGA
Sortie France : 10/07/2019
Prix : 14,99€ sur l’eShop
Taille : 1928,33 Mo
Joueurs : 1 joueur
Age minimum : 3 ans

Site Web Officiel

Quand on parle d’un jeu réunissant un savant mélange de genres bien distincts, à savoir la gestion et l’action/plateforme, il est difficile de ne pas faire écho à ActRaiser, série populaire de la Super NES comptant deux opus et ayant fait en son temps les beaux jour de la 16-bits de Nintendo. Le parallèle n’est pas anodin, puisque c’est bel et bien de cette licence que s’inspire SolSeraph, le titre dont il est question ici.

Les dialogues tournent autour des humains qu’il faut sauver !

Tout comme ActRaiser, il s’agit de prendre le contrôle d’un demi-dieu qui a pour tâche d’aider une civilisation à se développer tout en éliminant la menace que représentent les démons. Ici, nous prenons le contrôle d’Hélios, et le but du titre sera d’alterner les séquences d’action durant lesquelles nous nettoyons les bases de démons, suivi des phases de gestion qui nous permettront de libérer le peuple d’humains qui nous louent.

Action ou Gestion, il faut choisir : SolSeraph fait les deux !

Le scénario peut tenir sur un simple post-it, et c’est bien regrettable, car même si le conflit ange/démon est un terreau fertile à une bonne histoire, le manque de rebondissements et des dialogues plus agaçants qu’autre chose font qu’il est difficile de se passionner pour l’intrigue. Férus de narration style RPG, passez votre chemin : SolSeraph se joue pour son gameplay et non pour son univers. Dommage !

Comme cité plus haut, ce sont donc deux phases principales qui se répètent en boucle durant tout le jeu. Les phases d’action/plateforme suivies des phases de gestion. Le constat, lui, ne change pas : ce mix fonctionne à merveille et parvient à séduire… Sur le papier ! En effet, la réalité est tout autre. Les niveaux de plateforme sont redondants, plutôt lents et l’inertie que dégage Hélios dans sa panoplie de mouvement est si molle qu’elle en est à couper au couteau.

Les phases de gestion ont de bonnes idées, mais inachevées !

Nous en venons presque à nous demander si le moteur du jeu n’était pas plus pensé pour un jeu de gestion qu’un jeu de plateforme, tellement la physique pose des questions. Ce n’est pas tout, puisque les ennemis bénéficient d’un traitement particulier. Ils apparaissent un peu n’importe comment, parfois des bords latéraux de l’écran, parfois du fond du décor. Dans l’un comme dans l’autre, on ne peut pas les toucher tant qu’ils ne sont pas clairement considérés comme « apparus » par le jeu. Plutôt anecdotique au début, cela devient assez vite frustrant au fur et à mesure de la progression, et surtout lorsque beaucoup d’ennemis sont présents.

Les boss paraissent retors, mais sont en réalité assez simples !

Les séquences de gestion relèvent toutefois le niveau. Même si elles ne sont pas parfaites, elles ont le mérite de proposer de bonnes idées et de rendre cohérentes les scènes de Tower-Defense (autre genre ajouté au lot). Plus agréable à jouer, gérer son peuple, construire des habitations, des scieries et autres bâtiments défensifs se fait avec envie. De plus, il est possible d’utiliser ses pouvoirs de demi-dieu, comme par exemple pour faire pleuvoir et ainsi rendre le sol fertile. Pleins de bonnes idées, en effet, mais qui ne parviennent pas à dynamiser le tout et à rendre le titre indispensable. Nous avons plus l’impression de jouer à un « petit jeu de gestion » qui est aussi un « petit jeu de plateforme ».

La direction artistique est clairement l’atout le plus délicieux de SolSeraph. Les graphismes rendent bien hommage à ActRaiser et affichent un univers plaisant et intriguant. Les ennemis, les PNJ et les lieux  que l’on visite (démoniaque ou non) font la part belle à l’équipe de développement qui, malgré la petite taille de l’équipe, démontre un réel savoir-faire.

La direction artistique vaut le détour : elle sauve un peu le titre !

La bande-son n’est pas en reste, puisqu’elle colle parfaitement à l’ambiance et appuient correctement les différentes situations présentées. C’est pour cette raison qu’il est frustrant de ne pas voir voir les phases de gameplay à la hauteur alors que le visuel qui est offert au joueur donne envie de creuser toujours plus loin.

Selon votre façon de jouer et le temps (plus ou moins long) que vous mettrez à développer votre civilisation, il ne vous faudra pas plus de quelques heures pour terminer SolSeraph. De plus, le contenu ne permet pas vraiment de proposer une rejouabilité efficace ou d’allonger correctement la durée de vie d’une quelconque manière.

Nettoyer les puits de démons vous permettra de progresser sur la carte !

Cela commence à faire donc un tableau assez chargé. Court, des phases assez fades et un manque d’immersion et de développement scénaristique… Même si le titre n’est clairement pas à jeter à la poubelle, loin de là, il faut bien admettre qu’il ne propose rien d’assez solide pour pouvoir le considérer comme digne héritier d’ActRaiser.

SolSeraph est un titre qui voulait bien faire, mais qui n’a pas réussi à tenir son pari. Possédant de bons atouts mais ne sachant pas les mettre suffisamment en valeur, il en ressort une expérience assez tiède et incomplète. Durée de vie très courte, séquences de gameplay brouillonnent et physique de jeu étrange pour un plateformer : il a trop essayé de ressembler à l’original, si bien qu’il en a conservé la plupart des défauts de l’époque. Cependant, tout n’est pas à jeter, et les plus curieux d’entre vous pourront peut-être y trouver leur compte. En attendant, le titre fait un excellent terreau pour une éventuelle suite, si tant est que l’équipe d’Ace Team parvienne à sublimer sa recette.

Test réalisé par Jibenc0 sur une version offerte par l’éditeur
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