Test : Soulblight sur Nintendo Switch

Soulblight

Genre : RPG, Action
Langues : Français, Allemand, Espagnol, Anglais
Développé par My Next Games
Édité par Movie Games
Sortie France : 04/10/2018
Prix : 14€99
Taille : 877,99 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 16

Site Web Officiel

Le jeu vidéo est considéré de nos jours comme un loisir, on sous-entend par là qu’il permet de nous divertir, que c’est un moment agréable à passer dans la joie et la bonne humeur et que l’on ressort de notre session de jeu détendu et serein. Ce n’est pas le cas de Soulblight. Non, non, non, oubliez la détente et l’allégresse, ce jeu ne provoque que frustration, énervement et déception. On pourrait croire que c’est une très mauvaise chose pour un jeu, mais c’est exactement ce que Soulblight nous propose, de nous frustrer par une difficulté élevée, une exigence dans l’input et des morts à répétitions. On se fait humilier par le jeu, écraser, mais on en redemande pour pouvoir de nouveau sentir le plaisir qu’on reçoit lorsque l’on finit un niveau ou que l’on bat un ennemi coriace. Et c’est ce sentiment qui différencie les bons et les mauvais rogue-like.

Mais pourquoi est-ce que j’en parle dans la partie scénario ? Et bien, comme pas mal de rogue-like, Soulblight ne brille pas exactement par son histoire, mais ce n’est pas cet élément qui nous pousse à continuer l’aventure et on lui pardonne volontiers. Votre héros se déplace dans un monde médiéval fantastique dans lequel les Hommes ont abandonné leur seigneur et qui a permis aux ténèbres de se répandre sur le monde. Comme vous pouvez le voir (le lire ?), on est sur du grand classique. Là où Soulblight diffère de la concurrence, c’est dans son système de roleplay.

Soulblight propose un système de traits de caractères au travers de vices. Plutôt que de se focaliser sur une montée en niveau, qui rend les runs répétitifs puisque les maigres différences entre 2 parties ne suffisent pas à prévenir la monotonie, nous sommes ici sur un gameplay qui nous permet de choisir quels malheurs frapperont notre personnage. Certains ne seront que négatifs, d’autres seront négatifs mais balancés par un bonus qui pourrait vous être utile. Le tout peut être considéré comme un pari vous pouvez faire en sorte que moins vous avez de points de vie et plus vous taperez fort, si vous maîtrisez votre personnage, vous pourrez rouler sur les ennemis, dans le cas contraire, votre partie sera très courte. Ces traits seront parfois déclenchés par vos actions, comme la torture de petits animaux afin de grappiller quelques points de santé.

Le gameplay en lui-même est bien plus complexe qu’un simple bourrage de touches pour détruire tout ce qui passera devant vous. Plusieurs choses sont à gérer en même temps. L’attaque de votre ennemi, la distance à laquelle il porte ses coups, pour au choix : vous approcher et l’empoigner, ou vous éloigner pour éviter d’être mis en mauvaise posture (et la possibilité de repousser votre adversaire s’il vous attrape). Votre stamina et votre santé. Il en résulte une mécanique complexe, qu’il sera difficile de maîtriser et qui promet des premières parties très courtes, surtout que le jeu ne vous aidera pas beaucoup, et qu’il vous balance généralement une simple phrase pour expliquer tout un concept que vous ne pourrez de toute façon comprendre qu’en pratiquant, un douloureux apprentissage.

Point qui l’éloigne aussi de ses concurrents, Soulblight se déroule à la vue du dessus et non pas en 2D/3D comme on peut souvent le voir. Les graphismes sont sombres et sales, et bien que ce soit l’effet voulu, il en résulte un jeu parfois trop obscure dans lequel on a du mal à se retrouver, et encore pire, repérer ses ennemis qui ne cherchent pourtant pas à se cacher et si le personnage n’était pas constamment au centre de l’écran, il aurait pu m’arriver de le perdre. Malgré cela, ces graphismes font de Soulblight un jeu qui se démarque, une identité propre, même si ce n’est pas une ambiance qui nous marquera sur le long terme, elle reste suffisamment originale pour être plaisante.

La musique correspond bien à cette ambiance médiévale fantastique et se fond bien dans le jeu, soit en disparaissant complètement, comme après une défaite par exemple, vous êtes renvoyé dans un lobby, comme si le jeu se moquait une fois de plus de vous, en faisant exprès de se taire pour que vous vous rendiez compte de votre niveau, soit en se faisant remarquer en augmentant le volume et le rythme métallique de cette musique lors d’un combat, venant ajouter une pression à la rencontre, un air grave et brutal.

Soulblight, comme pas mal de ses confrères, a choisi la voie de la génération procédurale, qui permet une grande créativité et une bonne rejouabilité, mais qui, c’est en tout cas mon opinion, fait aussi perdre ce sens de détail du niveau, du soin apporté à chaque petit bout de stage, qui peuvent ainsi nous marquer, là ou les levels de Soulblight sont relativement oubliables.

Néanmoins, la possibilité de mélanger les combos d’aptitudes associés aux niveaux tous différents (dans la forme mais pas le fond), offre à ce jeu une bonne rejouabilité. Soulblight est un rogue-like qui prend aussi le chemin de la perma-death, ce qui signifie que si vous mourrez, vous perdez absolument tout et revenez à votre point de départ, nu comme un vers.

En jouant à ce jeu, je suis passé par de nombreux stades : la joie, la frustration, l’énervement. Il m’est arrivé de claquer ma manette sur mon bureau après être mort plusieurs fois sans comprendre pourquoi, accusant le jeu d’avoir une dent contre moi. Et pourtant, après m’être calmé, j’ai rallumé la console, prêt à me prendre une nouvelle raclée avec plaisir. Je ne sais pas ce que ça peut vouloir dire sur moi, vouloir se faire du mal à ce point est peut-être inquiétant, mais Soulblight m’a aidé à ressentir ce combo joie/frustration qui permet à un jeu de se démarquer des autres. Soulblight est un jeu difficile mais pas injuste (peu importe ce que vous pourriez en dire au bout d’une énième défaite), et les mécaniques de gameplay demanderont du travail pour être comprises et encore plus d’entraînements (de morts) pour les maîtriser.

Test réalisé par Ykialon sur une version offerte par l’éditeur
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