Logo de Spheroids

Test : Spheroids sur Nintendo Switch

Spheroids

Logo de Spheroids

Genre : Plateforme, Arcade, Aventure
Langues : Anglais
Développé par Eclipse Games
Édité par Eclipse Games
Sortie France : 20/07/2018
Prix : 7,99$ sur l’eShop

Site Web Officiel

La terre est envahie par des aliens répondant au doux nom de Spheroids. Pour tenter de libérer la planète du joug de l’ennemi, deux terriens vont tenter de s’interposer : un scientifique aussi fou que blagueur, et Lucas, notre froussard de héros.Capture d'écran de Spheroids - Ecran titre

Pour le reste, il faudra laisser votre imagination travailler car Spheroids est un jeu plutôt avare du côté de sa trame scénaristique. Un tant pis pour un tant mieux, puisque le texte n’est disponible qu’en anglais, malgré sa sortie originale début 2017. Rassurez-vous, ces phases de dialogue à l’humour potache n’apportent aucun fond à l’histoire et font surtout office de brefs tutoriaux et de transitions entre les différents environnements.

Spheroids est un jeu de plateforme en vue de côté où vous devrez rejoindre la sortie située à la fin de chaque tableau. Sur votre chemin, vous affronterez des ennemis sphériques dont la taille et les capacités varieront au fur et à mesure du jeu. Même si certains affrontements sont optionnels, vous serez régulièrement coincés dans des petites arènes dont vous ne pourrez sortir qu’après avoir éliminé chaque adversaire.

Principale originalité du jeu, votre seule arme sera un harpon qui se déroule verticalement du sol au plafond, à moins qu’il rencontre un obstacle sur sa route. Hélas, manette en main, on voit rapidement les limites de cet arsenal : un temps de déploiement très variable, l’impossibilité de viser précisément un ennemi, l’absence de moyen de défense après avoir effectué un mauvais déploiement. Pire, l’arme impose naturellement un rythme assez lent à chaque phase de combat.

Capture d'écran de Spheroids - Le Brésil

À côté de ça, notre héros obtiendra petit à petit de nouvelles capacités, comme un grappin bien peu maniable ou des bottes lui permettant de s’accrocher quelques secondes au plafond. Si la palette de mouvement est très classique pour un jeu du genre, on réalise rapidement un autre problème de Spheroids : les idées y sont introduites aussi vite qu’elles sont oubliées. Qu’il s’agisse de l’équipement ou de certaines créatures, de nombreux éléments sont peu exploités ou à usage unique. On a parfois l’impression d’être face à un pot-pourri d’idées mal maîtrisées et jetées en vrac. Même les quelques items pouvant apparaître aléatoirement au fil de votre progression n’apportent rapidement aucune fraîcheur tant ils sont peu nombreux. Enfin, les quelques énigmes – généralement à base d’interrupteurs à presser dans un ordre précis ou avec le bon timing – sont bien trop simplistes pour susciter un intérêt particulier. Dommage.

La direction artistique de Spheroids est assez étrange. Les plateformes y sont plates, peu détaillés et tout en gros pixels. Le personnage principal, un peu plus détaillé, bénéficie lui d’un petit effet de profondeur. Les arrières plans alternent entre le pixel art et le vectoriel. Quant aux ennemis, ils rappellent beaucoup les bulles du jeu Pang sorti à la fin des années 80, auquel Spheroids emprunte d’ailleurs quelques mécaniques de gameplay. Forcément, l’ensemble dénote et on dirait que les différents assets ont été sélectionnés aléatoirement dans une librairie Unity. Les effets de particules sont rares et les éclairages peu travaillés. Heureusement que la palette de couleurs aide à faire passer la pilule.

Capture d'écran de Spheroids - La Russie

Du côté de la bande son, si les différentes sonorités se veulent légères et cohérentes entre-elles, le résultat oscille entre le générique et le quelconque, malgré quelques inspirations évoquant timidement les environnements explorés. Notez qu’aucune variation ne viendra jamais soutenir l’action d’une quelconque manière, puisque la bande son est un simple fond musical qui continuera de se dérouler inlassablement de la même manière, ce qui pourra finir par taper sur les nerfs de certains joueurs. Aussi vites écoutées, aussi vites oubliées, les différentes loops s’enchaînent sans ménagement lors de l’exploration des niveaux.

Spheroids se décompose en 32 niveaux, eux-mêmes répartis dans 8 environnements mettant sommairement en scène des décors terrestres : le Japon, le Brésil, l’Egypte, le Kenya etc. Pour un titre déjà sorti sur Wii U, PS4, Vita et PC, on aurait pu espérer un peu de contenu supplémentaire puisque le jeu se termine en quelques heures et que rien ne vous invitera à le relancer. Aucun item caché dans les niveaux, pas de succès, pas de new game + ni même de fins alternatives qui compenseraient l’unique niveau de difficulté. Autant dire que l’on a déjà vu plus généreux.

Capture d'écran de Spheroids - Le Kenya

La difficulté, parlons-en, puisque c’est le seul levier actionné par le titre pour ralentir votre progression. Si les check-points sont généreusement placés en début de jeu, cela est de moins en moins le cas par la suite. Passé la première heure, attendez-vous à mourir souvent et de façon injuste ou frustrante.

Contrairement à des jeux comme Celeste ou Super Meat Boy, vous ne tirerez jamais aucune leçon de vos ratés. Dans la majorité des cas, un échec sera ici à imputer à une action trop peu lisible, à un piège impossible à anticiper, à une téléportation sur un ennemi, à un rebond improbable, à un bug de collision ou à votre arme qui vous laisse bien trop démuni fasse à de nombreux adversaires. Inutile de préciser qu’aucune aide optionnelle n’est proposée aux joueurs bloquant sur un passage. Et même si certaines morts sont dues à une mauvaise manipulation au mauvais moment, on se rappelle alors tristement que le titre ne propose aucune option permettant de reconfigurer les touches.

Amusant dans ses premiers tableaux, Spheroids se dévoile vite comme étant un jeu terriblement imparfait, plutôt léger niveau contenu, et dont chaque aspect mériterait d’être revu et amélioré. On imagine alors qu’il faudrait commencer par retravailler l’unique arme mise à la disposition du joueur, qui représente déjà un frein à l’amusement tant elle s’avère rapidement frustrante. On imagine que le jeu aurait gagné en rythme si des boss concluaient chaque environnement et on rêve d’un mode deux joueurs pour dynamiser le tout. Avec un tel tableau, dur de vous recommander l’achat de Spheroids. Que vous soyez fan de pixel art, de jeux d’arcade, de plateforme ou de jeux à petit prix à consommer rapidement, le catalogue de la Switch ne manque pas de choix bien plus divertissants.

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