Test : State of Anarchy: Master of Mayhem sur Nintendo Switch

State of Anarchy: Master of Mayhem

Genre : Action, Jeu de tir
Langues : Français Sous-titres : Français
Développé par Lapovich
Édité par Sometimes You
Sortie France : 01/08/2018
Prix : 7,99€ sur l’eShop
Taille : 421,53 Mo

Site Web Officiel

Alors que vous n’étiez qu’un citoyen lambda dans une ville normale, une invasion extra-terrestre est venue semer le chaos et l’anarchie gronde. Les rues sont à feu et à sang, les banques se font piller les unes après les autres et même les aliens semblent en vouloir à votre vie.

Même s’il a le mérite d’être illustré par quelques images fixes et qu’il tentera de vous faire sourire assez régulièrement, le scénario de State of Anarchy: Master of Mayhem fait plus office de prétexte qu’autre chose. Vous devez tirer sur tout le monde et réciproquement, même si vous n’avez jamais vraiment idée du pourquoi du comment. Un run & gun dans son plus simple appareil.

Signalons que même si l’interface est en français, la qualité de la traduction est très douteuse. Entre les phrases en “Franglais”, quelques termes issus de la version PC qui n’ont pas été modifiés, les fautes et autres non-sens, les coquilles sont bien trop nombreuses pour être passées sous silence.

State of Anarchy: Master of Mayhem se présente comme un twin stick shooter. Le joy-con gauche vous servira à vous déplacer de haut en bas et de gauche à droite, alors que le joy-con droit est dédié à votre orientation. Voilà pour l’aspect “twin stick”.

Évoquons maintenant le point “shooter”. Rapidement vous serez en possession de deux armes, la principale se distingue de la secondaire par des dégâts plus faibles en contre-partie d’une meilleure portée. Cette arme principale est affectée au stick droit. Ciblez un adversaire et votre personnage tire. Du moins, c’est ce qu’on souhaiterait qu’il fasse, mais dans de nombreuses situations notre protagoniste refuse d’attaquer sans que l’on sache pourquoi ou que l’on puisse l’anticiper. Parfois tout fonctionnera bien pendant une minute et d’un seul coup il vous faudra triturer le stick dans toutes les directions pour espérer tirer une balle. Le genre de surprise qui a le don de pimenter vos rencontres contre les différents boss. Vous pourrez toujours compter sur votre jauge de fury qui se chargera à chaque shoot faisant mouche. Une fois pleine, elle vous permettra d’accélérer vos déplacements et votre cadence de tir lors des passages les plus retors.

Du côté de l’arme secondaire, celle-ci est affectée au bouton L. Oui L, et non ZL. On imagine que cela aurait été bien trop facile d’affecter une arme à une gâchette tombant naturellement sous le doigt. Évidemment aucune option ne permet de revoir l’affectation des boutons. Les gâchettes ZL et ZR sont utilisées pour les phases en véhicule pour accélérer ou faire marche arrière. À défaut d’être particulièrement marquants, ces derniers sont surtout là pour faciliter les longs déplacements d’un bout à l’autre de la carte.

Après chaque mission, votre équipement évoluera puisque vous allez mettre la main sur l’une des soixante armes disponibles. Les ennemis forts d’une mission seront les faibles des missions suivantes. Hélas, vous n’aurez jamais le choix de votre arsenal puisque le jeu vous impose de saisir et d’utiliser chaque nouvelle arme qui se présente à vous. Impossible de privilégier une configuration avec laquelle vous êtes particulièrement à l’aise. On imagine que cette contrainte a été mise en place pour faire monter le joueur en puissance.

La fin de chaque niveau sera aussi l’occasion de dépenser votre argent pour améliorer vos armes, ou vos points de talents pour faire progresser votre personnage. La plupart des améliorations se présentera sous la forme d’un gain en pourcentage : portée améliorée de 1%, vie augmentée de 5% etc.

Enfin, sachez que votre serviteur est parvenu à faire planter State of Anarchy: Master of Mayhem en naviguant dans les menus avant même d’avoir lancé sa première mission. Aïe…

À première vue, la direction artistique de State of Anarchy: Master of Mayhem à tout pour intriguer, avec son esthétique minimaliste et ses bruitages réalisés à la bouche. Dans les faits, on aurait aimé que ses idées fassent l’objets de bien plus de soins.

Du côté des graphismes, même si le travail réalisé est soigné, on a l’impression d’avoir fait très rapidement le tour des différents assets. À l’exception de quelques environnements que l’on ne s’attend pas à découvrir en lançant le jeu et qui apportent ponctuellement une fraîcheur bienvenue, l’ensemble manque rapidement de charme et de personnalité. Tout se ressemble et manque de vie, un sentiment qui n’est clairement pas aidé par les animations extrêmement simples du titre. Ce manque d’animation reflète d’ailleurs bien la palette de mouvements très limité à disposition de notre héros : se déplacer, tirer et monter dans une voiture. Où sont les dash, les roulades et les combats à l’arme blanche ?

Du côté de la bande-son, il convient ici de distinguer la musique des bruitages. Ces derniers sont donc réalisés à la bouche. S’il est vraiment fun d’entendre que vroum-vroum, des kaboom et des pan-pan lors des premières minutes de jeu, le tout manque de variété et risque de finir par vous taper sur le système après plusieurs heures. Peu importe vos armes, les tirs se ressemblent tous et les variantes d’explosions doivent se compter sur les doigts d’une main. En sacrifiant les bruitages sur l’autel de l’humour, le jeu a aussi mis de côté une grande partie de ses feedback sonores, ce qui amoindrit fortement le dynamisme ressenti manette en main. À l’oreille, aucune arme et aucun ennemi ne semblera jamais plus puissant qu’un autre.

Du côté des musiques, l’action est soutenue par des mélodies rock et folk légères, jouées à la guitare. Cela n’accentue pas vraiment l’ambiance anarchique qui règne, mais contribue plutôt bien au ton très léger du jeu. Dommage que chaque boucle musicale se répète aussi rapidement et finisse par sembler monotone.

Le jeu est divisé en quarante-huit étapes et propose deux modes de difficulté : normal et difficile. En mode normal, comptez cinq minutes pour boucler la plupart des étapes, dix pour les plus longues. Au bout du compte, vous obtenez un jeu qui se termine en une poignée d’heures. Notez aussi que les actions que vous allez devoir réaliser tout au long du jeu sont assez répétitives. Pour évoquer l’exemple le plus flagrant, préparez-vous à piller plus de banque en quelques heures de jeu que vous ne pourriez en croiser durant une après-midi shopping en plein centre de Paris.

Le mode difficile offrira forcément plus de challenge, peut-être même trop puisque la difficulté provient essentiellement du nombre d’ennemis présents à l’écran. Entre la maniabilité qui ne laisse aucune place à l’imagination et l’impossibilité de jongler entre les différentes armes, vous aurez parfois le sentiment que le jeu ne vous donne pas les moyens de briller face à certaines vagues d’ennemis. Heureusement, vos adversaires souffrent régulièrement de problèmes de pathfinding et il ne sera pas rare de voir un malfrat être bloqué par un bureau ou une voiture. C’est regrettable, mais cela vous permettra au moins de respirer un peu plus.

Vous comprendrez donc que la rejouabilité n’est pas le point fort de ce jeu, et n’espérez pas qu’un mode boss-rush ou qu’un mode multijoueur vienne compléter l’addition, car il n’en est rien. C’est dommage, puisque la ville aurait été assez grande pour être le théâtre d’affrontements ou de courses à plusieurs.

Lorsqu’on le voit pour la première fois, on aimerait que State of Anarchy: Master of Mayhem soit un Hotline Miami crayonné et à l’histoire fun. Hélas, il n’est ni un bon run & gun, ni un bon twin stick shooter. Reste une direction artistique et un ton qui séduiront certains joueurs en quête d’un jeu très léger se terminant rapidement.

Son gameplay manque de souplesse et présente trop de défauts pénalisants pour que les fans d’action viscérale y trouvent leur compte, d’autant plus s’ils ont déjà goûté aux canons du genre disponibles sur l’eShop.

 

Test réalisé par Sylvain sur une version offerte par l’éditeur
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