Test : Super Cane Magic ZERO sur Nintendo Switch

SUPER CANE MAGIC ZERO

Genre : JEU DE RÔLE, ACTION, MULTIJOUEUR
Langues : Anglais, Espagnol, Portugais, Français, Allemand, Italien
Développé par Studio Evil
Édité par Intragames
Sortie France : 30/05/2019
Prix : 24,99€ sur l’eShop, 29,99€ version boîte à venir 
Taille : 2,0 Go
Joueurs : 1-4
Age minimum : 3 ans

Site Web Officiel

Prenez un enfant hyperactif, donnez-lui des feutres, beaucoup trop de sucre, trois cafés et vous aurez à peu près l’ambiance de Super Cane Magic ZERO, un action-RPG développé par Studio Evil et basé sur des créations de l’italien Simone « Sio »Albrigi.

Le jeu s’ouvre dans un pays lointain, Bielefeld, où vit Jean-Claude, comptable originaire de Paris… qui n’a rien à voir avec l’histoire. Cette dernière se passe en réalité dans le monde magique de WOTF. Tout bascule le jour où le magicien Gâteau est en train de manger une salade de pâtisseries. Il éternue et meurt. Son chien, qui se trouvait à ses côtés lors du drame, est soudain transformé en canidé magique et chaque aboiement qu’il pousse provoque des catastrophes. Des bonbons géants s’écrasent sur les villes, la lune est recouverte d’une barrière infranchissable de chocolat, et pour ne rien arranger, des météorites canines tombent en cascade un peu partout, détruisant le pays. Stopper ce chien devient donc une urgence absolue.

Votre personnage se réveille un jour dans un cratère, totalement amnésique. Puis se fait arrêter (pour formation illégale de cratère) par la police des extraterrestres avant d’être emprisonné, pour une courte durée. La chute des météorites ayant provoqué la fin d’Internet, le président a démissionné avant d’abroger toutes les lois. Vous êtes donc libre, et votre périple commence. J’ai mal à la tête.

Dès le début, le jeu annonce la couleur et gardera ce rythme effréné et absurde tout au long de l’aventure. Si la trame vous demande classiquement de sauver le monde, elle vous transporte dans un univers chamarré et loufoque. Archives de bibliothèque, forêt aléatoire, grotte, village à reconstruire; tout fait référence à plein de choses déjà vues, ce qui laisse le joueur en terrain connu, contrebalançant ainsi avec la désorientation qu’offre l’histoire et l’univers visuel du soft.

Évidemment, avec un monde pareil, le gameplay ne pouvait pas être ennuyeux. Vous avez le choix entre quatre personnages au début -quinze au total- ayant chacun des statistiques différentes : Santé, Mana, Attaque, Ego et Lancer. Tous disposent d’une attaque spéciale aux divers effets : soins, altération de statut, défense etc.

Le jeu est entièrement jouable en solo ou en coopération, chaque personnage a son propre inventaire et est interchangeable dans le hub, vous permettant ainsi de vous adapter à chaque situation, avec des amis ou seul. Question personnalisation, le titre n’est pas en reste. Tout au long de votre route, vous ramasserez diverses pièces d’équipement et armes qui auront chacune différents effets et boosteront vos stats, améliorant par exemple vos chances de coup critique ou vos possibilités d’assommer les ennemis. Ajoutez des accessoires pour combler le tout, sept arbres de compétences et vous avez là de quoi faire.

La prise en main a de quoi dérouter au début. Votre vitesse est croissante au fur et à mesure de vos déplacements, et l’univers mélangeant décors 3D et sprites 2D demande un petit temps d’adaptation mais on s’y fait très vite. D’autant que votre personnage est doté d’un marqueur qui indique la direction dans laquelle vos coups partiront. Souvent entourés de plusieurs ennemis, les déplacements deviennent alors indispensables en permanence et vous devrez faire preuve d’adresse pour toucher efficacement. Mais à mesure que vos réflexes s’affinent, les combats deviennent vraiment nerveux et plaisants.

 

Une des autres mécaniques centrales du soft est que le monde magique de WOTF est très mal rangé. Le sol est jonché de choses diverses et variées: cailloux, pâtisseries explosives, légumes, fruits, caisses à outils. Et pour continuer dans la logique illogique du titre, tous ces objets sont comestibles. Oui, tous. Ainsi, les premières heures de jeu s’apparentent à la vie d’un nouveau né qui mange tout ce qu’il trouve pour voir si un croissant de lave c’est bon. (Non, ça n’est pas bon, vous perdez juste des points de vie et des dégâts de brûlure pendant quelques instants). Tout ce que vous ramassez peut devenir un projectile, y compris les ennemis. Frappez suffisamment un monstre afin de l’assommer, et vous avez quelques secondes pour le prendre et le balancer contre un mur ou un groupe d’autres vilains. Certains ennemis étant explosifs lors de leur mort, cette manœuvre est parfois nécessaire pour éviter de se prendre des dégâts.

Assez inventif, le jeu est bourré de statistiques et de diverses altérations de statut dont on ne comprend pas toujours l’intérêt. Il est difficile de tout comprendre au début puisque rien n’est expliqué sinon les mécaniques basiques. C’est au joueur d’aller fouiller dans les menus, un manque d’ergonomie qui demandera une implication réelle pour tirer efficacement parti de tout ce qu’offre le titre.

Visuellement, le jeu est un pur bonheur. Bourré de détails visuels, de personnages hauts en couleurs et de références aussi bien à la culture internet que la pop culture en général; Super Cane Magic ZERO est une explosion multicolore dans laquelle on peut passer des heures à chercher trois mille choses dans le décor. Le style de Sio se prête à merveille à ce genre de jeu et l’univers présenté, bien que complètement barjo, est cohérent. Le mélange des décors en 3D, juxtaposé à la 2D des personnages et objets offre une profondeur à un level design somme toute assez basique, où quelques petits ralentissements opèrent lorsque trop d’ennemis apparaissent à l’écran. 

La musique, complètement électronique, rejoint l’esprit général du jeu : une surdose de vitamine C qui ne vous lâche jamais et vous tient constamment éveillé. Des sons rappelant l’ère 16-bit, des mélodies répétitives et absurdes, c’est parfaitement cohérent avec le monde de WOTF. Le soft étant aussi très chargé visuellement, il m’est arrivé parfois de baisser le son ou de l’enlever afin de reposer au moins un de mes organes sensoriels. C’est malheureusement le problème général du jeu : il en fait beaucoup, en permanence, et c’est parfois trop, surtout sur un RPG qui se joue sur de longues sessions.

Comme dit précédemment, le titre est un coffre rempli de jouets. Quatre niveaux de difficultés, quinze personnages au total, sept arbres de compétences à remplir, des centaines d’objets et un puits sans fond d’équipement; Super Cane Magic ZERO est très loin d’être avare en contenu. Comptez à peu près 25h pour le finir seul en mode normal, autant d’heures pour le refaire avec des amis puisque le friendly fire est activé et fait mal.

Ajoutons à cela un mode PVP, constitué de plusieurs arènes ayant chacune leurs spécificités, où vous pourrez joyeusement vous taper dessus . Le jeu devient alors un party game assez appréciable quand des amis viennent à la maison et que la conversation devient ennuyeuse. Après 4 ans de développement, les italiens de Studio Evil nous livrent un soft fourmillant de contenu, que ce soit dans le mode principal ou annexe. On peut noter cependant des temps de chargement assez longs, je ne sais pas si c’est la version test que j’ai eu mais c’est assez dommage, fort heureusement, ces moments délivrent des conseils vraiment très très utiles.

Super Cane Magic ZERO est un ovni pur et simple dans le monde du jeu-vidéo. Dynamitant tous les codes de la logique et offrant en même temps une recette de gameplay qui a fait ses preuves avec  un mélange de compétences et d’équipement pour améliorer votre personnage. S’il est parfois usant lors de longues sessions, il faut reconnaître qu’un trop plein de contenu est bien plus appréciable qu’un soft trop vide et on aura tôt fait de relancer une partie pour s’y remettre avec autant de plaisir à chaque fois. Bourré de mille choses à voir et à faire, il est assurément la meilleure preuve que sauver le monde, c’est pas du gâteau

Test réalisé par Pupitilop sur une version offerte par l’éditeur
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