Test : Super Dragon Ball Heroes : World Mission sur Nintendo Switch

Super Dragon Ball Heroes : World Mission

Genre : Jeu de Plateau, stratégie
Langues : Voix en Japonais uniquement Sous-titres : Français, Allemand, Espagnol, Italien, Anglais
Développé par BANDAI NAMCO Entertainment
Édité par EBANDAI NAMCO Entertainment
Sortie France : 05/04/2019
Prix : 59.99€ sur l’eShop, de 54.99€ à 59.99€ en version boîte
Taille : 10.3 Go
Joueurs : 1-2
Age minimum : 12

Site Web Officiel

Dragon Ball… une saga qui a bercé l’adolescence de bon nombre d’entre nous, synonyme de grosses bastons, de boules d’énergie dévastatrices, d’explosions cataclysmiques, bref que de bons moments ! Autant dire que l’arrivée d’un nouveau jeu en lien avec cet univers est toujours un événement scruté à la loupe ; à plus forte raison quand le dernier en date – DragonBall FighterZ – s’est révélé être plutôt réussi.

Néanmoins, ce n’est pas un jeu de combat pur et dur qui est aujourd’hui sous le feu des projecteurs et ce n’est pas non plus une nouveauté ; loin s’en faut. Super Dragon Ball Heroes : World Mission (SDBH dans la suite du test) est bien plus que cela.

Pour bien resituer les choses, SDBH est né en 2010 au Japon du croisement quelque peu saugrenu entre un TCG et une borne d’arcade. Ainsi, le joueur doit collectionner et utiliser des cartes bien réelles pour produire des effets en jeu ; un véritable succès au Japon depuis près d’une décennie. Sous nos latitudes, SDBH est surtout connu des aficionados de Son Goku et ses amis mais reste assez confidentiel pour le quidam.

Autant dire que son arrivée sur le marché occidental est un véritable événement pour les fans les plus assidus – qui le réclamaient depuis longtemps – et un objet de curiosité pour les autres.

Ces propos liminaires étant posés, nous pouvons aborder le cœur du sujet : SDBH c’est bien ou pas ?

Au niveau du scénario nous sommes sur du très très léger (en mode histoire). Dans les grandes lignes, vous incarnez un jeune garçon fan de SDBH et voulant se frotter à ses idoles dans des parties de cartes endiablées. Au fur et à mesure ce qui n’était qu’un jeu ne deviendra ni plus ni moins qu’une quête en vue de sauver le monde.

Et … c’est à partir de là que l’histoire part un peu dans tous les sens, tentant d’opérer un mélange entre réalité et cartes qui prennent vie, mélangeant toutes les périodes de la saga, mettant en scène le même personnage à différents stades en simultané … Un sacré bazar qui n’a pas véritablement d’autre intérêt que vous proposer un très long tutoriel.

Le mode arcade, quant à lui, permettra de se plonger dans les différentes époques de la série et sera donc, un tout petit peu, moins confus.

Il ne faut donc pas miser sur un scénario travaillé et/ou en droite ligne de la saga. En vérité il n’est qu’un prétexte visant à familiariser le joueur avec le gameplay. Et il y a de quoi faire !

 

Comme évoqué juste avant, le mode histoire n’est en réalité qu’un interminable tutoriel de plusieurs heures. En effet, si nos amis japonais ont eu presque dix ans pour se familiariser avec toutes les subtilités du jeu, le joueur occidental se retrouve à devoir tout assimiler d’une traite.

Ce qui nous donne un mode histoire quelque peu rébarbatif d’une bonne quinzaine d’heures au cours desquelles vous répéterez quasi machinalement les mêmes actions encore et encore, avec une petite nouveauté à chaque étape. C’est vraiment long.

Et pourtant, si vous n’avez pas jeté la cartouche par la fenêtre après tout ce temps, vous aurez alors toutes les cartes en main pour profiter pleinement de SDBH. Et justement en parlant de cartes … plus de 1100 sont disponibles à la sortie du jeu ! L’intégralité des dernières sorties depuis 2010, autant dire que les combinaisons de deck sont extrêmement variées, voire infinies.

En bref, accrochez-vous et prenez le temps de faire les modes histoire et arcade si vous voulez prendre la pleine mesure du jeu.

Lors de vos premiers affrontements, le gameplay à proprement parler pourra vous apparaître simple – voire simpliste – dans la mesure où il s’agira surtout de phases de QTE. Vous devrez avoir de bons réflexes pour stopper la progression d’une barre « impact de charge »au bon moment pour maximiser vos dégâts ou votre défense. Basique et efficace, à défaut d’être original et captivant.

Des phases QTE qui seront omniprésentes tout au long du jeu pour : les fusions de personnages, l’utilisation de capsules, se lancer à la poursuite d’un adversaire, des jeux bonus … ces phases sont fondamentales dans l’avancée de votre aventure et ne sont aucunement à prendre à la légère.

Puis viendront les subtilités comme le placement de vos cartes plus ou moins en retrait sur l’aire d’affrontement. Plus une carte sera en première ligne et plus elle fera / prendra de dégâts, tandis qu’une placée sur l’aire bleue (ligne de soutien) régénérera son endurance à l’abri des combats. À vous de jouer finement en fonction de votre deck et d’adopter une posture plus ou moins offensive/défensive.

À cela il faudra ajouter les capacités de chacune des cartes ; certaines étant uniques, d’autres visant à booster les alliés, déclencher une attaque surpuissante, mettre hors jeu une partie du roster adverse … c’est donc une infinité de combinaisons qui s’offrent au joueur, quelque peu submergé devant la masse d’informations à assimiler ; d’autant que l’interface est loin d’être intuitive.

Si le gameplay de SBDH ne mobilise pas beaucoup de touches, les capacités cognitives du joueur sont – elles – mises à rude épreuve tant les données à prendre en compte sont nombreuses. Vos premières heures vous paraîtront sans doute assez laborieuses tant il y a de choses à retenir et assimiler.

Libre à chacun d’y voir un gameplay riche ou particulièrement brouillon. Une seule certitude, la prise en main de SDBH est loin d’être évidente mais dévoile un gameplay particulièrement pointu pour qui s’accroche.

Rappelez vous bien que SDBH est un portage pur et dur d’un jeu d’arcade sorti en 2010 !

Ceci étant posé – et en toute objectivité – les graphismes sont très datés. Quand bien même il ne s’agit pas du même style de jeu, comparer SDBH et FighterZ est extrêmement cruel pour le premier.

Les contours sont assez mal délimités, les décors sont vides et ne proposent quasi aucune interaction, les animations des attaques spéciales ne sont guère variées. Et aucun moyen de couper court, non vous devrez à chaque fois supporter encore et encore la même animation interminable. Pitié, ajoutez une possibilité de skip les phases d’actions, nos rétines ne s’en porteront que mieux et les combats seront plus courts.

Et s’il n’y avait que les graphismes qui soient pris en défaut mais non … l’aliasing est omniprésent et gâche d’autant la perception du jeu. Alors certes, c’est un portage d’un jeu de 2010 mais quand même … cela n’empêche pas d’actualiser un peu la technique et d’y ajouter une touche de modernité !

Mauvais point pour l’aspect visuel donc.

Quant à la bande-son que dire ? La musique rock/pop omniprésente et horripilante à souhait additionnée aux interventions à tords et à travers de Trunk auront tôt fait d’avoir raison de vos nerfs et de vos tympans. D’autant que les voix en japonais sont particulièrement présentes et pénibles sur de longues sessions de jeu.

L’aspect sonore est donc tout aussi décevant.

En ce qui concerne la localisation, il semble évident que le jeu a d’abord été traduit du Japonais vers l’Anglais puis mot-à-mot de l’Anglais vers le Français. En effet, on ne compte plus le nombre de phrases dont le sens semble assez approximatif, une vraie partie de Kamoulox ! Un conseil, laissez les textes en anglais, ce n’est pas fameux mais déjà moins désastreux.

Sur le plan purement technique, SDBH accuse donc lourdement le poids des années. D’aucuns argueront d’un respect du jeu original et d’un portage fidèle, certes … mais on aurait au moins aimé un effort sur la localisation FR et les problèmes graphiques. Bref, l’aspect fan service du titre se fait ici lourdement sentir.

 

Là nous attaquons véritablement LE point fort de SDBH.

C’est bien simple, si votre détermination a survécu au mode histoire et bravé le mode arcade pour faire le plein de cartes et items alors c’est un contenu absolument colossal qui s’offre à vous.

Vous aurez, au bout de quelques dizaines d’heures de jeu, eu accès à certaines des cartes les plus puissantes et serez en mesure de construire des decks aussi variés que forts pour aller vous confronter à d’autres joueurs.

Car c’est là que SDBH prend sa pleine mesure : dans le versus. Ici vous oublierez l’histoire insipide à souhait et la technique d’un autre âge pour vous plonger avec un réel plaisir dans des affrontements online dantesques.

Attention, nombre de joueurs sont déjà très aguerris et ont constitué des decks particulièrement puissants. Mais qu’importe, même dans la défaite le plaisir de jeu est bien là et vous aurez tout loisir d’analyser les rencontres pour affiner vos équipes.

Et si le online vous lasse, SDBH propose un éditeur de cartes et de maps particulièrement poussé. À vous donc les joies des missions sur mesure avec un deck de votre propre création. Vous pourrez même proposer le tout aux autres joueurs ou profiter de leurs builds. Le tout est extrêmement bien réalisé et pensé.

SDBH, de par sa somme phénoménale de contenu, parvient largement à gommer ses lacunes techniques et scénaristiques pour proposer une durée de vie quasi illimitée à qui aura accroché au jeu.

De ce point de vue on ne peut que comprendre le succès du titre au Japon, il peut devenir très addictif.

 

 

Les fans s’écrieront certainement : pourquoi simplement « bon » ?

En toute objectivité, SDBH est un jeu techniquement largement perfectible. Opérer un portage fidèle à l’arcade ne dispense pas d’une mise à niveau technique digne de ce nom et d’une localisation correcte. Le fan service n’excuse pas tout, bien au contraire.

De plus, la prise en main est particulièrement retords et il ne fait aucun doute que nombre de joueurs seront découragés devant la masse d’information à assimiler. Ceci, combiné à un tutoriel long comme un jour sans pain et peu immersif, concourt à faire de SDBH un jeu peu accessible et pouvant rapidement devenir frustrant si l’on est pas un fan hardcore de la saga.

Enfin, affiché à un prix allant de 50€ à 60€, SDBH se place d’emblée dans la fourchette tarifaire haute des jeux Switch. Or, à ce tarif, le joueur est en droit d’attendre un produit irréprochable ou presque. Ce n’est pas le cas.

Reste que SDBH affiche une durée de vie absolument colossale et difficilement chiffrable – en gros tant qu’il y aura des joueurs pour alimenter le mode online. De plus, les 1100 cartes sont toutes accessibles sans supplément et l’on dénombre pas moins de 300 personnages ; même les plus méconnus répondent à l’appel. Si le gameplay peu intuitif et la technique datée ne vous ont pas rebuté, alors foncez.

In fine à qui se destine Super Dragon Ball Heroes : World Mission ? À un public bien ciblé : des fans absolus – et particulièrement compréhensifs – de la saga et de TCG ; ceux-là le considéreront excellent. Les autres auront tôt fait de se détourner du titre.

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Test réalisé par Nanette sur une version offerte par l’éditeur
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