Test : Syberia sur Nintendo Switch

SYBERIA 1

Genre : Aventure – Point’n Click
Développé et édité par Microïds & Koalabs studio
Sortie France : 20/10/2017
Prix : 29,99€ sur l’eShop – 23,99€ version boîte sur Amazon
Taille : 1391,46 Mb

Site Web Officiel

Une scène d’introduction pluvieuse et mélancolique, nous sommes dans une rue, une femme apparemment fraîchement débarquée dans le coin assiste à une scène étrange : un cortège funéraire composé d’automates emmène un cercueil dans le cimetière local.

Cette femme est Kate Walker, une avocate d’affaire américaine superficielle envoyée en France par son patron, afin de mener les négociations pour le rachat d’une usine d’automates, située dans la petite ville de Valadilène. Elle se rend à l’hôtel où une chambre lui est réservée, le responsable des lieux lui fait part d’une nouvelle inattendue, les funérailles ayant eu lieu sont celles de Madame Anna Voralberg qui n’est autre que la propriétaire de l’usine qui devait être rachetée et avec laquelle les négociations devaient se dérouler.

Pensant que la vente allait pouvoir être conclue malgré tout, Kate se rend alors chez le notaire de la ville, mais il lui apprend que Madame Voralberg a un frère prénommé Hans, que leur père avait fait passer pour mort et qui est l’héritier légitime de l’usine.

Notre avocate va devoir chercher des informations afin de retrouver Hans, elle fera alors connaissance de l’ automate Oscar, une des créations de l’héritier disparu, une véritable IA. Ses investigations vont la mener à travers l’Europe, ce qui devait être une banale affaire de rachat va devenir un long voyage qui va mener Kate à se découvrir elle même.

Point essentiel, cette version Switch nous offre de nombreuses possibilités de commandes à choisir dans le menu : duo manette/dock, avec Joycons seuls, version portable classique et surtout, grosse valeur ajoutée, en 100% tactile !

Ce mode de jeu est tout bonnement excellent, il apporte un réel confort car il permet de visualiser très facilement les différents points à cliquer grâce aux icônes d’action qui sont représentés, ce qui n’est pas le cas dans les autres modes. En dehors de la version tactile, les points d’action peuvent être laborieux à trouver, rendant le déroulé de l’histoire fastidieux. D’autre part, il est possible de faire courir Kate en réalisant un double clic à l’endroit où on souhaite qu’elle se rende, cela donne une pointe de dynamisme au rythme plutôt tranquille de Syberia. A noter que l’option « courir » est possible hors mode tactile grâce aux boutons R ou ZR.

D’un point de vue plus général, nous retrouvons dans Syberia version Switch les défauts des précédentes versions, à savoir une maniabilité parfois calamiteuse dans les changements de zone avec cette caméra fixe qui nous impose des 360°, les mouvements des personnages qui sont saccadés et qui semblent parfois se téléporter ou se déplacer via des chaussures montées sur aéroglisseur.

Le menu est bien conçu, plutôt intuitif. Les commandes quant à elles nécessitent un temps d’adaptation minime. Il n’y a pas de sauvegardes à réaliser manuellement, elles se font automatiquement aux checkpoints, qui sont en nombre suffisant.

Nous sommes guidés par le biais des dialogues avec les PNJ ou par les réflexions que Kate peut se faire. Les interactions orales peuvent toutefois avoir un côté répétitif, quand nous sommes amenés à revenir plusieurs fois vers un même personnage rien ne nous indique si l’intégralité des dialogues possibles ont été entendus/lus, une bonne mémoire vous rendra service. Kate dispose également d’un téléphone, il est possible de passer des appels et ceux qu’elle reçoit apportent du contenu à l’histoire. Point important, les lieux visités peuvent contenir des écrits qu’il me paraît indispensable de lire entièrement car ils apportent des éclaircissements précieux sur l’intrigue ou la personnalité des personnages.

Il y a une réelle différence entre les graphismes en version nomade et en version dock, dans cette dernière on est très proche du jeu original, c’est nettement plus sympathique en non docké. Comme à l’origine, on retrouve également 2 bandes bien moches sur les côtés qui font penser au vieux format 4:3, mais il est possible de passer en 16/9ème. J’ai largement préféré, passant outre l’aspect écrasé par un camion des personnages. Pour finir, avec cette version Switch, la modélisation des personnages et les décors ne semblent pas avoir bénéficié de quelque amélioration, il faut donc s’attendre à retrouver les graphismes originaux.

L’aventure se déroule majoritairement sans musique, avec des bruitages pertinents qui contrebalancent le manque de détails visuels (décors figés). Les quelques musiques sont minimalistes, mais parfaites, elles collent à l’ambiance et sont agréables. Des ruptures de son à noter lors de certains passages de zone.

Syberia nous embarque pour un voyage à travers 4 lieux inspirés du continent européen (France et pays de l’est) : Valadilène, Barrockstadt, Komkolzgrad et Aralbad. La mécanique de jeu est similaire dans chacun de ces lieux, elle met l’accent sur l’exploration et la quête d’objets qui vont être utilisés pour résoudre des petites énigmes permettant d’évoluer dans l’histoire.

C’est parfois compliqué de capter les points de changement de zone ou d’objets à collecter dans le mode classique, le mode tactile a l’avantage de limiter les allers retours rébarbatifs pour trouver les objets manqués ce qui impacte la durée de vie du jeu, mais une 10aine d’heures sont toutefois nécessaires pour bien exploiter le tout.

Amateurs de claques graphiques, d’action et de flux tendu, passez votre chemin, si au contraire vous privilégiez le scénario, vous aimez prendre votre temps et vous appréciez la découverte sans pression, vous êtes au bon endroit.

La force de Syberia réside dans son scénario, il y a une certaine profondeur amenée par l’évolution de Kate et par les thèmes abordés.

Ce portage est du (quasi) pur et dur, pas de bonus, pas de + dans le scénario, les mêmes défauts toujours présents, mais à mon sens le plus gênant d’entre eux est corrigé par un mode 100% tactile bien exploité, ce qui permet de profiter pleinement de cette histoire sans subir de rupture notable dans la fluidité du jeu.

En résumé, une référence à découvrir ou redécouvrir, avec ce mode tactile qui apporte un gros, très gros plus à l’expérience.

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