Test : The Lost Child sur Nintendo Switch

The Lost Child

Genre : Donjon RPG / Visual Novel
Langues : Japonais / Anglais Textes: Anglais
Développé par Kadokawa Games
Édité par NIS America
Sortie France : 22/06/2018
Prix : 49,99 € sur l’eShop / 49,99€ version Boite
Taille : 3478,13 MB

Site Web Officiel

NIS América avait jusqu’à présent une belle flopée de jeux type donjon RPG, mais avec The Lost Child, une petite chose nouvelle s’invite. Nous contant une histoire bizarre, avec des démons bizarres et des anges déchus bizarres, Takeyasu Sawaki (le papa de El Shaddai : Ascension of the Metatron) nous propose d’incarner un certain Hayato Ibuki, un journaliste spécialiste en occultisme tout aussi bizarre. Il est parait-il le seul humain à pouvoir mettre un terme au conflit entre anges, démons et anges déchus. Il est aidé dans son aventure par un ange aux attributs féminins, nommé Lua qui n’est qu’une simple novice. Je vous avais dit que c’était bizarre.

The Lost Child débute de façon tout aussi étrange. Vous êtes envoyé par votre boss pour votre magazine traitant le surnaturel, suite à plusieurs suicides rencontrés sur une ligne de Métro. Mais selon plusieurs témoins ce serait plutôt des fantômes qui pousseraient ces victimes au dernier moment vers la rame. Sur place, après quelques questions posées aux témoins, voilà qu’il vous arrive la même chose. Un fantôme cherche à vous pousser. Heureusement une femme vous sauve in-extremis et vous laisse dans une valise une arme mystérieuse baptisée Gangour et pouvant capturer les démons, sans plus d’explication.

The Lost Child essaie bon gré mal gré de mélanger l’univers de Lovecraft avec celui de certains mythes Catholiques. Si sur le papier le mélange Necronomicon, Eldritch, ou Dagon associé au Catholicisme est alléchant, il faut bien comprendre que dans le monde de Lovecraft on ne voit jamais les monstres. C’est à notre esprit qui vagabonde de s’imaginer leurs formes, leurs races ou bien encore s’ils sont bons ou mauvais. Or ici, ils sont représentés d’une façon qui ne serait pas forcement la nôtre. Et puis comment sont arrivés les Anges, Anges Déchus ou autre Cuthulu dans ce qu’est -finalement- notre monde ? Cela reste un mystère et je dois dire que dans le jeu et l’histoire rien ne nous est vraiment expliqué. C’est plutôt incohérent. Dommage.

Encore plus dommage, le charisme des PNJ qui nous accompagnent. C’est plat, ennuyeux, on n’a vraiment pas envie de s’attacher et d’ailleurs ils ne font rien pour. Si Hayato, l’Élu semble un peu tombé là par hasard, Lua qui l’accompagne ne sert qu’à nous faire comprendre le scénario capillotracté. Pas d’humour, pas de blague, pas d’anxiété, pas de peur… rien.
Et puis je ne parle pas de certains anges déchus devenus mortels qui vous aident dans votre aventure en étant médecins, prêtre ou bien vendeur d’appareils photos. Rien de palpitant donc.

The Lost Child vous invite à rencontrer des bestioles imaginées dans l’univers de Lovecraft dans un donjon RPG croisé avec un Visual Novel.
Pour faire simple il faut essayer d’imaginer le croisement entre Chaos Child, Wizardry, Personna et autres Shin Megami, Snatcher et Policenauts pour les plus anciens d’entre-vous.
Vous allez discuter, beaucoup, beaucoup trop, et vous allez devoir mener des enquêtes en posant des questions aux PNJ, qu’ils soient témoins ou dans les boutiques. C’est la partie finalement la moins ennuyeuses du jeu même s’il faut lire (si si) et juste appuyer sur un bouton. En effet c’est ici, que vous en apprendrez sur la trame de l’histoire. Il ne faudra pas hésiter à vous promener partout et même à revenir souvent dans des lieux déjà visités. L’enquête est le principal moteur d’intérêt ne l’oubliez jamais, sinon vous pouvez déjà passer votre tour.

A coté de ça il y a donc la partie Donjon RPG. Il faudra avancer dans des couloirs de façon très classique et vous allez y rencontrer des démons, un peu. Mais pas trop, histoire de rendre la promenade dans ce dédale de murs totalement soporifique.
Vous allez passer pas mal de temps dans les donjons et pourtant on n’a qu’une envie c’est de le quitter rapidement. Vous allez y rencontrer certaines choses dont des démons à éliminer (mais pas que), mais pas de quoi nous réveiller. Les combats sont classiques, à la façon d’un Phantasy Star ou d’un Shin Megami Tensei et les habitués du genre ne seront pas dépaysés. Combats aléatoires au tour par tour, donjons sur plusieurs étages, voilà le programme. Sauf que vous l’avez compris, c’est tristoune, c’est vide, on s’ennuie dans ce labyrinthe interminable qui mène naturellement jusqu’au boss.
Pour nous tenir un minimum en alerte, vous allez pouvoir grâce à votre arme spéciale, le Gangour, absorber les démons qui vous font face (tout d’abord, et plus tard des anges déchus), puis les faire combattre à vos cotés. Comment ça, ça rappelle Shin Megami et Demon Gaze ? Les Astrals (ceux qui combattent pour vous) sont ainsi du fait up-gradable en utilisant l’énergie récoltées après la bataille (bon karma, mauvais karma ou mitigé). Une fois leur niveau max atteint on pourra aussi les faire changer de forme pour devenir plus puissant encore.
Si il vous plaît de tous les collectionner, c’est aussi possible de vous prendre pour un chasseur type Pokemon, car ils sont variés, à défaut d’être tous utiles.

Ces Astrals (puis plus tard les boss vaincus) devront être utilisés en combat de façon assez technique et l’autre force du jeu est ici. Car comme le jeu du Pierre/Papier/Ciseaux certains Astrals sont attitrés à certaines capacités comme air/eau/feu etc, qu’il faudra utiliser à bon escient car vos adversaires seront plus faibles et cela permet aussi de créer une sorte de combo d’attaque. Et je peux vous dire que face aux boss cela vous sera très utile, car l’unique difficulté des donjons est là, à la fin, face à ces géants esprits démoniaques.

Comme tout Donjon RPG, et Visual Novel qui se respecte le jeu est long, très long ! Pour voir la fin de l’histoire il faudra compter sur une cinquantaine d’heures, voir plus.
Cette longueur est due tout d’abord à l’histoire qui mérite le coup d’œil.  En effet le scénario est bien ficelé, pas ennuyeux et réussi à parler du catholicisme sans cliché. Au fil des épisodes on en apprend plus sur certains détails. On comprend bien que les créateurs du jeu on fait très attention aux écrits saints. Par contre c’est moins vrai en ce qui concerne Lovecraft, car mis à part les noms et la représentation des démons, quid réellement de l’héritage du Necronomicon ? Peut-on comparer l’histoire que vit Hayato à celle de Tintin à Innsmouth ou plus sérieusement à celle de l’inspecteur John Legrasse dans la ville de St Louis ? Carrément pas. Dommage, car l’utilisation à 100 % de l’univers crée par Lovecraft dans ce type de jeu l’aurait rendu imparable et cela même avec ses défauts inséparables du genre. En dehors des donjons, il n’y aucune tentatives d’utiliser des symboles ou un quelconque héritage de Cthulhu. Vous êtes un journaliste de l’occulte et du paranormal, vous êtes spécialiste en forces occultes, théories du complot mais il n’y a rien concernant le Necronomicon… a part des noms. C’est clairement regrettable.

Ensuite, le jeu est long, parce que pour affronter sans trop difficulté les boss, il falloir arpenter les couloirs ou les rues de certaines villes deux fois minimum, histoire de faire monter vos stats. Car sinon, en jouant mal l’esprit tactique demandé (ou plutôt espéré) ça sera la branlée. Attention, le jeu dans son ensemble est très facile, mais l’affrontement du boss, de part ses (parfois) quadruple attaques successives surprend et rend le combat très déséquilibré.
En parlant de difficulté, L’IA reste faible et dans les donjons on en vient vite à appuyer simplement et de façon redondante sur l’action d’attaque, sans chercher à utiliser les skills proposés et pourtant très efficaces.
De plus et toujours dans les couloirs des donjons, il n’y a pas d’objet à ramasser, pas de narration, on est très loin de la qualité d’un Shin Megami Tensei à ce niveau.

Enfin et pour les plus courageux il paraîtrait que Kadokawa Games ait prévu un énorme challenge final. En effet sur Playstation une fois le jeu terminé et après le dernier donjon, vous avez la possibilité de vous mesurer à un labyrinthe long de 300 heures, ce qui représenterai plus de 100 étages de donjon à arpenter. Et comme dirai La Grande Sophie, il faudra, du courage, du courage… pour conclure la chose.

Graphiquement et comme sur PS4 nous avons plutôt le sentiment d’être sur la génération précédente. C’est n’est pas franchement folichon. Les textures sont assez baveuses dans les donjons souterrains. Quant à ceux visibles en extérieur, les rues des villes sont pauvres en détails. Les dédales sont vraiment labyrinthiques et il ne faudra avoir peur de faire pas mal d’aller et retour dans les couloirs pour appuyer sur un bouton qui déverrouille une porte à l’autre bout, tout ça pour un coffre au contenu à l’utilité douteuse, ou pour ouvrir un raccourci.

Lors des phases de dialogue les décors sont jolis. On fait le tour de l’archipel Nippon et cela nous permet de découvrir quelques coins sympa. Les PNJ, mis à part ceux importants pour le scénario (les Anges Déchus si vous avez suivi), sont presque tout le temps les mêmes. On se demande d’ailleurs comment ils peuvent être à plusieurs endroit simultanément.

Le bestiaire est quant à lui plutôt sympa. Les designers ont eu des idées intéressantes et même si on se rapproche un peu de certaines bêtes déjà vues ailleurs (toujours Shin Megami) il faut admettre qu’il y a de la recherche. Et puis bon, à mon avis cela va commencer à être difficile d’être original à ce niveau dans les futurs jeux.

Kadokawa Games pour la musique est un peu plus inspiré que pour les graphismes. Attention cependant, une fois encore nous ne sommes pas en face d’un jeu de la qualité de ceux d’ Atlus. Les orchestrations sont belles, les styles sont variés, que cela soit durant les phases d’enquêtes ou les phases de combats, mais nous ne sommes pas au niveau d’un Personna ou d’un Shin Megami pour ne citer qu’eux.

The Lost Child aurait pu être convaincant à vouloir mélanger Donjon RPG et Visual Novel comme avait pu déjà l’être Demon Gaze et sa suite. Le jeu édité par NIS America perd en intérêt surtout du fait de sa partie donjon ennuyeuse, mais aussi à cause d’un enrobage graphique assez pauvre et pas vraiment agréable à l’œil. Les personnages sont fades et semblent hors sujet alors que le thème abordé et l’histoire sont vraiment intéressants.
Les donjons sont monotones, mais la grande durée de vie fausse le sentiment que l’on a du jeu. Il est agréable mais l’absence par exemple d’animation durant les phases de recherche d’informations font que le jeu semble presque sans vie.

Les boss sont convaincants, la collectionnite de démons est potentiellement intéressante et l’histoire captivante, mais les défauts sus nommés sont un gros frein pour prendre du plaisir à jouer. Un beau gâchis. Un jeu que je ne peux que conseiller aux gros amateurs du genre.

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Test réalisé par C2ric sur une version offerte par l’éditeur
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