Test : The Mooseman sur Nintendo Switch

The Mooseman

Genre : Puzzle Game/Cours d’Histoire
Langues : Français
Développé par Morteshka
Édité par Sometimes You
Sortie France : 18/07/2018
Prix : 6,99€ sur l’eShop
Taille :  686.84 MB

Site Web Officiel

 

Entres mythes et légendes, vous êtes un homme-élan qui part loin de son peuple pour trouver artefacts et autres totems d’un monde ancien.
Il s’agit de la tribu Tchoudes (peuple finno-ougrien) originaire de Finlande et de l’Oural Russe, où selon la légende le monde a été créé grâce à Chozh, un dieu-oiseau. Chozh portait six œufs dans ses ailes qu’il a malheureusement fait tomber… Deux seulement ont atterri sur la Terre. Les autres sombrant dans la mer. Yen le premier d’entre-eux donna vie au monde du milieu en donnant naissance à toutes les espèces vivantes pour que l’Homme puisse vivre des animaux et de la végétation. Omöl prit quant à lui le monde souterrain, celui des morts.

La quête de The Mooseman, vous emmènera donc, à la rencontre de légendes aujourd’hui disparues dont il ne reste que quelques écrits, dessins et langues.

Le gameplay de base est aussi minimaliste que possible, avec juste la touche A et le stick gauche qui vous dirige. Clairement cette simplification au maximum n’est là que pour rendre service au jeu.
En effet A ne sert qu’à switcher entre le monde réel et le monde des morts. Ce passage de l’autre côté vous permet de voir des choses, d’utiliser certains monstres à votre avantage (ou pas). Il faudra utiliser ce pouvoir pour votre service soit en utilisant ces fantômes du passé comme ponts ou comme montagnes si ne pouvez plus avancer, ou encore pour déverrouiller quelques puzzles.

L’histoire avançant d’autres possibilités vous seront offertes. Mais je ne vous en dirai pas plus.
L’intérêt du jeu n’est donc pas son gameplay, mais bien son histoire, cette légende que tout du long on nous raconte.

L’atmosphère du jeu est très particulière. La musique est discrète pourtant elle est une force majeure du jeu. Ethnique, World Music… il est difficile de décrire le ressenti qu’elle apporte. Composée par un homme et chantée par la chorale de Perm, elle nous transporte, nous berce et nous accompagne discrètement tout au long du voyage. Un grand bravo aussi à cette voix off qui nous raconte l’histoire en langue Komi et ce final dantesque.

Graphiquement c’est aussi assez exceptionnel et tout autant onirique que la musique. C’est épuré, avec seulement deux principales couleurs (blanc et noir) et des teintes plus variées comprenant le gris et le bleu par exemple. Les effets de lumières et les ombres dynamiques sont vraiment remarquables. Ce mélange de blanc et de noir lorsque l’on navigue entre les mondes est superbe. Pourtant proche du vide et dans un monde sans vie, The Mooseman cache bien son jeu, car cela fourmille de détails. Si l’esprit anthropologique se fait par les informations que l’on nous délivre et accessoirement par la musique, il ne faut pas pour autant oublier les graphismes. Car on apprend aussi tout au long des niveaux. Les gravures représentant une chasse à l’ours sont animées par exemple, c’est un peu comme voir les dessins de la grotte de Lascaux se mettre en mouvement devant nous, comme dans nos rêves les plus fous.

A l’opposé des jeux triples A, avec ses graphismes minimalistes The Mooseman arrive tout de même à être attirant. Au premier coup d’œil j’étais plutôt sceptique, mais finalement il a réussi à me convaincre.

A la base The Mooseman est un jeu Steam puis adapté sur Iphone et Android, la durée de vie est donc assez limitée. D’autant qu’une fois le jeu terminé, on n’a clairement pas envie d’y retourner, car rien ne nous y pousse.
Heureusement le jeu de Vladimir Beletsky sauve son intérêt grâce à son histoire, sa thématique et les informations qu’il nous transmet à chaque totem découvert et à chaque nouvelle bête rencontrée.
Avec un peu de recul on peut se dire que The Mooseman dépasse le statut de jeu vidéo. C’est une œuvre à part entière, un hommage à ce peuple aujourd’hui disparu, mais qui a marqué cette partie du monde.


Shvachko Beletsky a voulu rendre hommage et raconter l’histoire des peuples anciens et cette volonté de faire bien à rendu le jeu proche d’un livre interactif capable de donner vie aux mythes, légendes et divinités presque oubliés. Chaque élément du jeu, les mécaniques, ont cette tâche précise où tout a été étudié et inséré pour raconter et donner vie à cette histoire. Les points de contrôles par exemple, sont aussi utilisés pour nous parler de la mythologie finno-ougrienne, la création du monde, du monde des morts, le milieu où les hommes ont vécus, ou bien encore de l’alternance des saisons.

On apprendra donc pas mal de choses sur cette mythologie. Notamment un étonnant rapprochement avec la mythologie Grecque et même certaines croyances païennes.

The Mooseman est ce que l’on peut appeler une bonne leçon d’anthropologie, non seulement pour ses informations distillées tout au long du jeu, mais aussi pour l’atmosphère qu’il parvient à disséminer. On s’étonne de prendre part avec autant de facilité à cette connexion entre le réel et le surnaturel dont s’imprégnait la vie des tribus nomades.
La difficulté du jeu n’arrêtera pas grand gamers. En deux heures vous aurez fait le tour de ce monde glacial et brumeux.

 

Ce n’est pas un jeu très simple d’accès. Il a clairement de l’intérêt pour son coté historique, mais… Concernant le jeu en lui-même je suis moins excité. C’est lent, il ne se passe pas grand-chose et les puzzles ne sont pas du tout difficiles. Dommage car avec l’atmosphère très particulière que les développeurs ont su injecter, ils auraient pu faire de The Mooseman un jeu vraiment extraordinaire.

Test réalisé par C2ric sur une version offerte par l’éditeur
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