Test : Travis Strikes Again : No More Heroes sur Nintendo Switch

Travis Strikes Again : No More Heroes

Genre : Action, Beat’em All
Langues : Japonais, Français, Allemand, Italien, Espagnol, Chinois, Anglais Sous-titres : Japonais, Français, Allemand, Italien, Espagnol, Chinois, Anglais

Développé par Grasshopper Manufacture Inc.
Édité par Marvelous Inc.
Sortie France : 18/01/2019
Prix : 29,99€ sur l’eShop, 39,99€ version boîte
Taille : 6029,31 MB
Joueurs : 1-2
Age minimum : 16+

Site Web Officiel

Initiée en 2008 sur la Wii, la série des No More Heroes a su apporter à l’époque un peu d’ambiance irrévérencieuse au catalogue trop sage de la console de Nintendo. Le public ayant été conquis, une suite était même parue en 2011 où Travis Touchdown, le héros de la saga, reprenait du service pour dézinguer à nouveau du méchant à grand coup de Beam Katana. Depuis, notre protagoniste se la coule douce dans une retraite bien méritée.

La Death Drive Mark II qui se réveille !

Travis Strikes Again : No More Heroes commence avec Bad Man qui cherche à se venger de Travis. En effet, ce dernier a assassiné sa fille, une certaine Bad Girl, dans le premier épisode des No More Heroes. Le voilà donc qui retrouve la trace de notre héros dans sa caravane, au milieu de nulle part, et tente de séparer sa tête du reste de son corps à grand coup de batte de baseball… Alors que le combat fait rage, ils réveillent une vieille console légendaire posée sous la télévision : la Death Drive Mark II. Celle-ci est capable de se connecter directement au joueur pour lui offrir des sensations de jeu inédite en le plongeant directement « à l’intérieur » du jeu. Cette console, jamais sortie officiellement, possède un catalogue de six titres inédits. Et, selon une légende, quiconque les termine sans mourir se voit offrir la possibilité d’exaucer un vœu. Voilà donc l’opportunité parfaite dont rêvait Bad Man pour retrouver sa fille chérie…

Suda51, le créateur de la licence et président du studio de développement de jeux vidéo Grasshopper Manufacture, nous livre ici un Beat’em All nerveux qui va piocher son inspiration dans la scène indépendante et les productions des années 80 – 90. En effet, la Death Drive Mark II est, selon l’histoire, une console de collection produite aux alentours de 1990. Les jeux tournant dessus vont donc respecter les codes de cette époque. Les développeurs du soft ont donc le champ libre pour nous proposer un melting pot de gameplay des productions d’il y a 30 ans : jeu de plateformes, labyrinthe dont il faut tourner les cases pour avancer, course de motos façon TRON

Ici il faudra avancer en tournant les quartiers

Mais si chacun des jeux de la console offre une variation dans la forme, le fond reste toujours de bonnes vieilles phases de baston contre des multiples ennemis où il vous faudra user du Beam Katana jusqu’à plus soif. Travis réagit au doigt et à l’œil et on enchaîne les coups, esquives et attaques aériennes sans jamais prendre en défaut la maniabilité. Au fur et à mesure de notre avancée de nouveaux pouvoirs deviennent disponibles : zone de soin, étourdissement, tourbillon ravageur, mur de protection… À chacun de choisir son panel de quatre coups préférés ou d’en changer en fonction des situations.

Distribution de claques

La recette semble alléchante décrite comme ça. Malheureusement, le titre de Grasshopper Manufacture souffre d’un cruel manque de rythme : chaque jeu se découpe en niveaux… qui se répètent sans véritablement changer jusqu’au Boss… ce qui induit une lassitude qui revient bien trop rapidement une fois passée la découverte de l’ambiance et des mécaniques. C’est d’autant plus dommage que les développeurs ont su garder le côté débridé de la licence : dialogues non censurés, blagues sous la ceinture et une sauvegarde qui passe par un arrêt aux toilettes… on ne peut s’empêcher de sourire et d’en apprécier l’approche. Dommage de ne pas s’être lâché sur l’ensemble du jeu de la même manière.

Si, si, c’est ainsi que l’on sauvegarde…

Dans l’histoire, Travis n’est en possession que de la console et c’est Bad Man qui ramène la cartouche (ou « Death Ball« ). Notre héros devra donc partir à l’aventure dans le monde réel pour tenter de trouver celles qui lui manquent. Cette collecte intitulée « Travis Strikes Back : l’Odyssée de Travis » aurait pu donner lieu à des phases plus contemporaines. Mais le choix des développeurs s’avère étrange puisque nous nous retrouvons en face d’une simple « Visual Novel » (ou « Nouvelle Visuelle » pour les moins anglophones de nos lecteurs). La seule action que le joueur ait à faire est d’appuyer sur le bouton « A » afin de faire défiler le texte… Qui plus est dans un style assez horrible à base d’images pixelisées vertes sur fond noir, le tout en 4/3… 

Attention ça pique un peu les yeux

Travis Strikes Again: No More Heroes fait la part belle à l’Unreal Engine 4. Le moteur de jeu d’Epic Game est capable de belles choses tant son optimisation a été travaillée depuis de nombreuses années. Malheureusement, on ne s’en rend pas toujours compte en arpentant le jeu : textures lisses et plates, modélisations 3D parfois trop sommaires côtoient des phases plus agréables à l’œil… Certains diront que c’est une volonté des développeurs pour respecter le scénario et sa machiavélique console rétro. Alors oui, la direction artistique part dans tous les sens en fonction des jeux lancés sur la Death Drive Mark II et le dépaysement est agréable d’un jeu à l’autre, mais à trop vouloir en faire on en ressort avec une impression qu’ils n’ont pas eut le temps de peaufiner leur bébé. Surtout, que la caravane de Travis, qui sert de hub central aux différentes aventures, ne souffre pas de ces défauts ! Et pourquoi limiter l’affichage à un petit 4/3 lors de nos pérégrinations dans la Death Drive Mark II ? Oui, cela renforce encore une fois l’aspect scénaristique, mais, rapidement, on se sent étriqué ; que ce soit en mode portable ou sur téléviseur.

Des environnements qui pourraient être plus fouillés

La bande-son n’est clairement pas en reste, avec un savant mélange de musique électro actuelle et de sonorités rétros qui feront vibrer le cœur des nostalgiques d’une période révolue. C’est un sans faute de ce côté là et toute la partie sonore renforce parfaitement l’ambiance du jeu avec des thèmes qui s’adaptent en fonction de l’action.

Faire le tour de l’intégralité des cartouches de la Death Drive Mark II devrait vous prendre entre 7 et 10 heures. Le jeu pêche par un challenge trop peu élevé et, si rien ne vous empêche de refaire les niveaux avec les autres degrés de difficulté (Sucré, Salé, Hot), leur répétitivité n’en donne pas forcément envie. Sachez tout de même qu’une fois ceux-ci bouclés en intégralité un quatrième devient disponible… Avis aux amateurs ! Quant aux collectionneurs, ils pourront toujours tenter d’obtenir l’ensemble des T-Shirts de Travis. Ceux-ci sont des clins d’œil à bon nombre de titres phares de ces dernières années : Fallen Legion, Dead Cells, Hollow Knight pour n’en citer que quelques-uns. 

Travis commande ses T-Shirts sur son PC

Afin de pimenter un peu vos parties et d’ajouter un peu de profondeur, Travis reçoit toujours un fax dans sa caravane dès qu’il met la main sur une nouvelle Death Ball. En provenance d’un certain « K », il s’agit en fait d’une explication et de détails sur la cartouche tout juste acquise. Vous y trouverez notamment des codes à exécuter à certains emplacements précis pour déclencher un événement ou regagner de la vie. Ces petits ajouts très oldschool sont une très bonne idée, aussi bien sur le fond que sur la forme. Ils rappelleront de bons souvenirs à tous ceux qui ont connus les magazines de jeux vidéo « pré internet » et leurs listes de codes à rallonge ! Ils servent de missions secondaires au jeu de Suda51.

Un fax d’un certain « K »

Et si jouer seul c’est bien, jouer à plusieurs c’est mieux ! En effet, il nous est offert la possibilité de casser du méchant en duo, sur le même écran, le tout avec seulement un Joy-Con chacun. Le second joueur endosse de ce fait le rôle de Bad Man. Chaque protagoniste pourra choisir son set de coups spéciaux parmi ceux déjà acquis. Travis Strikes Again: No More Heroes prend ainsi une autre dimension très agréable et fun à parcourir.

Et c’est parti pour une petite partie en coopération

Pour finir, je parlerais brièvement des futurs DLC (puisque non sortis à l’heure où j’écris ces lignes). Au nombre de deux, ils seront disponibles les 28 février et 30 avril prochains. Ils permettront aux joueurs de se glisser dans la peau de Shinobu Jacobs et de Bad Girl tout en rajoutant de nouvelles techniques spéciales et deux aventures supplémentaires. Non-achetables séparément, il faudra s’acquitter de 9,99€ afin de prendre le season pass dédié. À savoir que certaines versions physiques du jeu sont vendues directement avec les codes de téléchargement.

Travis Strikes Again : No More Heroes marque le retour du héros au Beam Katana dans cet épisode spin-off de la série. Les habitués retrouveront avec plaisir le ton peu cérémonieux du héros et l’univers décalé de Suda51. Ce dernier n’hésite pas à briser le quatrième mur et à nous prendre directement à parti en nous abreuvant de clins d’œil et références aux jeux vidéo des années 80 – 90. Malheureusement, le jeu s’enlise un peu trop vite dans une répétitivité et un manque d’originalité qui fait traîner en longueur certaines phases de gameplay. Idem pour la partie graphique bien trop inégale selon les niveaux. Fort heureusement, les phases de beat’em all, qui constituent le cœur du jeu, sont très agréables avec un Travis qui répond toujours présent dès qu’il faut dessouder quelques malfrats, le tout sur un fond musical électro pop du plus bel effet.

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Test réalisé par Patbol1 sur une version offerte par l’éditeur
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