Test : V-Rally 4 sur Nintendo Switch

V-RALLY 4

 

Genre : Course, Simulation

Langues : Anglais, Français, Allemand, Italien, Espagnol, Coréen, Russe, Chinois

Développé par Kylotonn Games
Édité par BigBen Interactive
Sortie France : 13/12/2018
Prix : 49.99€ sur l’eShop, 49.99€ version boîte
Taille : 12243.17 Mo
Joueurs : 1-2
Age minimum : 3

Site Web Officiel

Jusqu’à présent, les jeux de courses automobiles sur Switch se limitaient à des titres assez orientés arcade. Les amateurs de jeux plus pointus et de simulation restaient, eux, quelque peu sur leur faim.

C’était sans compter sur BigBen Interactive qui, près de quinze ans après le dernier opus de la série, ressuscite une licence phare de la fin des années 90, début 2000 : V-Rally et nous livre sa mouture sur Switch.

V-Rally 4 vous propose trois modes de jeu :

  • Le mode V-Rally qui vous permettra de mener votre carrière et construire votre légende (ou votre réputation de tondeuse à gazon pour les moins doués …) ;

  • Le mode Partie Rapide, idéal pour tester différents véhicules et réglages avant achat. Il sera également possible de tester l’ensemble des circuits du jeu et ainsi de se familiariser avec leurs particularités respectives ;

  • Le mode Multijoueurs, en local avec écran scindé ou online (malheureusement indisponible lors de la réalisation de ce test).

Au-delà de ces trois modes de jeu, vous évoluerez parmi cinq types d’épreuves :

  • Le rallye évidemment, au travers de spéciales chronométrées que vous réaliserez en solo. Des checkpoints vous indiqueront régulièrement si vous êtes dans les temps ou si vous avez manifestement oublié d’enlever le frein à main.

  • La course de côte (hillclimb et downhill). Au volant de véritables monstres, vous devrez monter / descendre une route tortueuse le plus rapidement possible.

  • Le rally-cross : contrairement au rallye simple, ici vous serez directement opposé à des véhicules pilotés par l’IA sur des circuits alternant terre et asphalte. Outre le décor, il faudra donc faire attention aux adversaires.

  • Le buggy, là aussi vous serez opposé directement à l’IA et devrez probablement jouer un peu des coudes pour arriver premier au bout d’un tracé très très accidenté.

  • L’extrême-khana (plus connu sous le nom de gymkhana sous nos latitudes) qui vous demandera de maîtriser à la perfection l’art du dérapage et du frein à main pour enchaîner le plus vite possible d’innombrables manœuvres très serrées. Sans doute le mode le plus extrême et difficile à prendre en mains ; mais ô combien plaisant quand vous y parviendrez.

 

 

Cependant, V-Rally 4 ne vous demandera pas simplement d’enchaîner les courses ; non, vous serez appelé à devenir chef d’écurie. A ce titre, vous gérerez les recrutements (mécanicien, ingénieur, responsable de la communication pour la recherche d’épreuves et sponsors …), l’achat de vos différents véhicules, leurs réparations et optimisation.

Bref, c’est vous le boss et pour avancer il vous faudra de l’argent, beaucoup d’argent. Et pour avoir des sous, il faudra vous faire une place de choix dans le classement.

Alors contact, première et semelle de plomb sur la pédale de droite !

 

Autant l’annoncer de suite, ici BigBen Interactive a clairement orienté le jeu vers de la simulation. Si vous recherchez un gameplay typé arcade, passez votre chemin, ici on pilote de manière raisonnée ; voire même plutôt pointue.

Au premier lancement, un rapide tutoriel vous permettra de vous familiariser avec l’interface et de faire le tour du propriétaire (garage, recrutement, carte des activités …). Ce sera également l’occasion d’acquérir votre premier bolide. Évidemment, votre première monture ne sera pas particulièrement véloce, mais vous pourrez rapidement procéder aux premières améliorations pour lui donner un peu plus de pêche et espérer semer vos adversaires.

En piste, V-Rally 4 intègre cinq vues de conduite (deux extérieures, une reproduisant le tableau de bord, une avec le capot visible et une en « plein écran » au ras du sol). Chacun choisira ici selon ses préférences.

Une fois ce choix opéré, vos premiers tours de roues vous mettrons tout de suite dans l’ambiance grâce à la voix d’un copilote qui vous annoncera les virages à venir, leur sens, le rapport optimal à engager (surtout si vous jouer avec une boite manuelle), la présence de sauts ou d’obstacles (comme des rochers) … et vous vous rendrez vite compte à quel point sa présence est indispensable tant l’impression de vitesse est fidèlement rendue. Force est de constater que BigBen Interactive a très bien su restituer le défilement du paysage, très beau boulot.

Au niveau de la conduite, vous devrez jouer subtilement, gérer les transferts de masse, l’appel/contre-appel et le point de corde pour réaliser de bons chronos. De même, passer d’une traction à une propulsion ou une quatre roues motrices changera radicalement la conduite. Fort heureusement, les commandes sont bien pensées et instinctives.

Idem en ce qui concerne les vibrations HD parfaitement synchronisées et qui participeront pleinement à l’immersion.

Ayez toutefois bien en tête qu’il s’agit d’un jeu de rallye, vous piloterez donc sur des surfaces variées (neige, graviers, terre et parfois un bout d’asphalte). A ce titre, ce sera à vous de gérer la tenue de route de votre véhicule et d’anticiper les changements de trajectoire. Si vous voulez bien figurer au classement il faudra savoir lever le pied au bon moment pour ne pas aller tout droit dans le ravin, sous peine de pénalités.

À noter que quelques bugs de collision (somme toute rares) sont à déplorer et qu’il sera considéré que vous avez touché alors que visuellement « ça passait ». Plus rarement (deux fois en 18 heures de jeu) votre voiture tournoiera dans les airs après un décollage sur une bosse et mettra plusieurs secondes à retomber … frustrant, surtout quand vous teniez la première place.

Si vous décidez de vous lancer dans un championnat composé de plusieurs courses, il vous sera possible de réaliser des réparations entre chaque épreuve. En effet, votre voiture souffrira plus ou moins de votre style de conduite et des chocs. Là aussi, BigBen Interactive a réalisé un beau travail d’impact des dégâts sur la conduite. Plus vous ferez souffrir votre voiture et plus elle deviendra difficile à conduire ; voire se traînera péniblement (tout parallèle avec un testeur ayant particulièrement ruiné sa voiture en Sibérie – à tel point qu’il ne dépassait plus les 70km/h – serait purement fortuit !).

Question pilotage, l’expérience proposée par V-Rally 4 est donc tout à fait satisfaisante et l’ont sentira clairement le bénéfice des améliorations techniques / réglages appliqués. Même sans connaissances mécaniques vous vous en sortirez aisément puisque le jeu vous proposera par défaut des réglages permettant d’envisager la victoire. Les fanatiques de l’optimisation pourront, quant à eux, s’en donner à cœur joie et aller chercher la seconde manquante.

Au début de chaque championnat vous pouvez régler le degré de l’IA. Plus vous monterez en difficulté et plus vos gains seront élevés. Toutefois, l’IA au niveau maximum est … incroyablement rapide et vous demandera déjà d’avoir pas mal progressé avant d’espérer finir la course en tête. Il faudra donc commencer raisonnablement sous peine de finir au fin fond du classement et voir vos finances fondre comme neige au soleil.

Une fois extrait de votre siège baquet vous entrerez dans l’aspect gestion du jeu et la vie de patron d’écurie. À intervalles réguliers (environ quatre-vingt-dix minutes) vos différents employés vous feront savoir qu’il est temps de les payer.

Et le fait est qu’ils coûtent extrêmement cher ! Trop même, tant les gains obtenus en course peuvent paraître faibles, surtout eu égard au coût des réparations et optimisations.

L’argent sera donc le nerf de la guerre et vos débuts en tant que patron risquent d’être douloureux. Acheter un véhicule supplémentaire sera une décision à mûrement réfléchir.

En matière de bande-son, point de surprise, vous n’aurez droit qu’aux rugissements de votre mécanique et aux hurlements de douleur de vos freins quand vous les solliciterez trop. C’est réussi sans être transcendant.

L’on aurait apprécié que le son d’un quatre cylindres soit plus clairement distinct de celui d’un six. Idem, l’absence de bruit de « dump valve » sur un moteur turbo perturbera les aficionados de courses automobiles. Dommage pour l’immersion des plus exigeants, même si ce n’est pas dramatique tant l’action sera soutenue.

La musique des menus ne présente, quant à elle, pas d’intérêt particulier. Là encore, rien de gênant, d’autant que nous sommes dans un jeu qui se veut plus axé simulation qu’arcade.

Quant aux graphismes, à l’arrêt soyons honnête, ce n’est pas exceptionnel. Pas laid, mais pas transcendant. La restitution d’une belle sensation de vitesse s’est sans doute faite au prix de quelques concessions sur les graphismes.

La modélisation des véhicules est correcte, sans plus. On reconnaîtra sans peine le modèle d’origine mais pestera contre le manque de détails (la BMW M3 Rally en est l’exemple patent). Petite déception pour les puristes.

Par ailleurs, on relèvera des ralentissements assez sensibles dans les modes vous opposant en direct à vos adversaires (IA et multijoueurs). Les limites techniques de la console hybride de Nintendo semblent ici atteintes, sans que ce soit dramatique. Il est néanmoins dommage de passer d’une extrême fluidité en solo à un framerate en réelle baisse contre des adversaires ; qui plus est au nombre de seulement cinq …

En course ces bémols s’effaceront néanmoins substantiellement tant l’action sera soutenue.

À noter la présence d’un peu de clipping et allaising. Rien de dramatique. Là aussi les développeurs ont vraisemblablement été contraints de composer avec les caractéristiques de la Switch pour permettre une bonne expérience de jeu, que ce soit en mode télé ou nomade.

Enfin, il faut relever que si les dégâts se sentiront fortement sur la conduite, il n’en est pas de même quant à leur impact visuel. Ici point de carrosserie défoncée et autres déformations. Non, tout au plus des textures suggérant des rayures et salissures, des phares qui ne s’allument plus, des essuie-glaces au fonctionnement erratique (vue depuis le tableau de bord), voire même un halo de fumée plus ou moins noire ; mais c’est tout ! Dommage, on aurait vraiment apprécié percuter un rocher à 100km/h laisse plus de traces qu’un phare cassé (cf. photo ci-dessus, après 10 minutes à rentrer dans tous les obstacles présents).

V-Rally 4 propose une bonne variété de circuits et de disciplines, vous assurant de nombreuses heures de jeu avant d’avoir le sentiment de tout maîtriser.

Le choix de véhicules est, quant à lui, correct et leur optimisation plaisante sans être exhaustive. On est donc pas sur un Assetto Corsa (ou un Dirt pour rester dans l’univers du rallye) en terme de rigueur et de lineup mais c’est suffisant pour ne pas frustrer le joueur.

Quant à l’aspect gestion, il est intéressant mais on aura vite l’impression que les recrutements n’auront que peu d’incidences sur le jeu (un peu de temps et d’efficacité gagnés lors des réparations). Il est donc probable que vous marquiez une grosse pause dans vos recrutements quand vous aurez le sentiment que quasi tous vos gains passent en salaires plutôt que dans l’agrandissement de votre garage et l’optimisation de vos bolides.

Le coût des réparations, lui, est aussi assez élevé mais baissera substantiellement au fur et à mesure que votre pilotage progressera. Il faudra vous armer de courage et de patience ; les premiers bilans financiers que le jeu établira seront sans doute déficitaires.

C’est donc une courbe d’apprentissage assez raide qui est proposée par V-Rally 4. Rien de décourageant mais il faudra néanmoins vous accrocher avant de sentir votre carrière décoller. Mais le rallye est une discipline exigeante après tout.

V-Rally 4 vient combler de manière tout à fait satisfaisante un vide au sein des jeux de courses automobile disponibles sur Switch et propose, enfin, la simulation qui manquait.

Si sur un plan graphique on sentira les concessions réalisées, il faut néanmoins mettre au crédit de BigBen Interactive la réussite en terme de fluidité et d’ergonomie.

Tant en mode nomade que dock, le titre proposera une expérience plaisante ; juste entachée de quelques ralentissements quand plusieurs adversaires seront à l’écran.

Alors V-Rally 4, titre indispensable ?

Dispensable, si vous recherchez de l’arcade, du pilotage peu punitif et des modèles de véhicules en grande quantité.

Indispensable si vous aimez régler aux petits oignons votre bolide, recherchez un gameplay complet mais exigeant et avez conscience qu’une carrière ne se construit pas d’un claquement de doigts. Si tel est votre cas, le jeu ne manquera pas d’action et vous invitera à fignoler votre gameplay pendant de nombreuses heures.

Bravo à Big Ben Interactive d’avoir eu le courage de se lancer dans un tel projet quand on sait à quel point de tels jeux sont difficiles à porter sur des consoles nomades.

Un très très bon titre donc, que vous pourrez ajouter sans souci à votre ludothèque.

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Test réalisé par Nanette sur une version offerte par l’éditeur
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