Test : Zenith sur Nintendo Switch

Test : Zenith

Genre : RPG, Aventure, Hack n’ Slash
Langues & Sous-titres : Anglais, Français, Espagnol, Allemand, Italien, Russe
Développé par Infinigon
Édité par BadLand Publishing
Sortie France : 20/09/2019
Prix : 14.99€ sur l’eShop
Taille : 6413,09 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 16+

Site Web Officiel

Zenith est un Action-RPG développé par le studio indépendant espagnol Infinigon. D’abord sorti sur Playstation 4, Xbox One et PC en 2016, le soft a droit cette année à son portage sur Nintendo Switch. Dans un univers d’heroic fantasy, il met en scène un mage sarcastique du nom d’Argus qui se retrouve entraîné, malgré lui, dans une histoire de fin du monde. Il sert en effet un empereur mégalomane qui, par ambition, a utilisé les pouvoirs d’un sceptre maudit qui l’a transformé en dragon.

Quelques années plus tard, Argus est un apothicaire bien rangé qui ne souhaite plus avoir de lien avec l’empire et le monde de la magie. Mais encore une fois, une bande d’aventuriers ainsi qu’une jeune femme mystérieuse, le pousseront à sauver le monde car le dragon est de retour. Ils mettent alors en place un plan pour retrouver le fameux sceptre maudit…

Si l’histoire est classique, le monde dans lequel nous évoluons l’est tout autant. Dès les premières minutes, nous avons presque l’impression d’avoir affaire à un croisement entre Skyrim et Final Fantasy. Forêts et montagnes enneigées, gardes impériaux, elfes et araignées géantes côtoient mages, vaisseaux et mechas.

Au milieu de tout ceci, nous avons Argus en vue du dessus à la troisième personne. Il est impossible de contrôler la caméra et cela devient très vite problématique. D’une part, elle est très capricieuse et ne se dirige pas forcément là où on aimerait aller. D’autre part, les angles de vue ne sont pas toujours les bons et il est compliqué de chercher des items derrière un mur.

En conséquence, les combats ne sont pas du tout optimisés. Notre personnage se coincera derrière un arbre à cause d’un problème de caméra. Pourtant, les bagarres auraient pu être dynamiques et nerveuses. De type hack ‘n slash, il suffit de bourriner son adversaire pour le mettre au tapis. Nous pouvons utiliser nos pouvoirs de mage (glace, feu, vent), frapper à l’aide de nos poings ou d’une épée, et esquiver les coups.

Malheureusement, aucun combo n’est possible, ce qui rend l’ensemble très ennuyeux. Il suffit juste de frapper / esquiver / frapper sans vraiment réfléchir, l’intelligence artificielle n’étant pas la plus performante (les ennemis qui foncent dans le vide ou qui traversent des éléments du décor…).

Il existe un arbre des compétences mais ce dernier est presque anecdotique. Une fois un certain niveau atteint, il suffit d’augmenter la puissance de notre magie, ou notre résistance. Là encore, il n’y a pas de combinaison disponible, et la progression se fait très rapidement. Argus étant un mage, on aurait aimé pouvoir développer notre propre style de magie, et décliner nos sorts selon plusieurs catégories.

A côté de cela, il y a tout de même des quêtes intéressantes qui mènent à de nombreuses phases d’exploration. Mais ces dernières sont particulièrement fastidieuses. La faute à deux choses. D’une part, la carte du monde est imprécise et peine à nous révéler notre position.

D’autre part, il n’y a aucune indication de quêtes. On nous demandera par exemple d’aller voir un personnage sans même savoir où il se trouve. On devra se rendre dans une maison spécifique mais elles se ressemblent toutes. Celui qui arrive à se diriger sans tourner en rond des dizaines de fois méritent des félicitations.

Zenith ne se distingue pas particulièrement par son gameplay, mais son humour est tout à fait atypique. Quoi qu’il arrive, Argus et ses compagnons ne se privent pas de faire des remarques piquantes concernant les situations dans lesquels ils se sont mises. L’histoire a beau être sérieuse (fin du monde, dragon destructeur, sceptre maudit…), les dialogues ne le sont pas du tout!

Certaines blagues sont très drôles mais cela nous empêche de nous impliquer totalement dans l’intrigue. Argus est un véritable bout-en-train et peu importe les circonstances, il ne se sent absolument pas sous pression. Il n’y a donc ni tension dramatique, ni suspense, ni danger à proprement parler. Nous n’avons pas peur de rater les énigmes et les morts imminentes nous font presque sourire.

Les développeurs sont des grands passionnés de pop culture et ils nous le montrent bien au sein de ce soft. Nous retrouvons beaucoup de clichés ainsi que des références à des séries, livres, jeux, ou films. Il y a donc un peu de Zelda (bandit vert qui casse des jarres), d’Indiana Jones (saut de la foi), de Game of Thrones (un personnage ressemble à s’y méprendre à Varys) et plus encore. Il peut être intéressant de partir à la conquête de toutes ces allusions.

Dans des décors très médiévaux, nous avons parfois de belles séquences avec des jeux de lumière sympathiques, des villages mignons et des donjons imposants. Certains passages dans les plaines enneigées sont vraiment beaux. Hormis cela, les textures sont souvent anciennes et grossières, certains plans étant même dignes des graphismes de la Playstation 2 (notamment les cours d’eau).

De nombreux soucis techniques gâchent le reste. Lorsque ce ne sont pas les murs invisibles qui nous empêchent de progresser correctement, ce sont les baisses de frame rate et les temps de chargement qui nous ralentissent. Le level-design peine à se renouveler, car les lieux se ressemblent et ne sortent aucunement de l’ordinaire. Les intérieurs sont trop serrés et les extérieurs trop vastes. Le character-design, lui, est plutôt pas mal avec des personnages hauts en couleur et des monstres qui valent le détour (araignées qui chantent…).

Les musiques sortent de l’ordinaire. Elles paraissent hors sujet selon les circonstances. On s’attend à des thèmes moyenâgeux mais il n’en est rien. Une séquence de bataille, normalement épique, tourne en fanfare avec une mélodie revenant en boucle. Un moment grave finit en autodérision avec des flûtes gentillettes sur des cuivres sombres. On est loin de s’attendre à ce type de bande son.

L’aventure est uniquement à faire en solo. Elle se termine en une quinzaine d’heures. Cela peut paraître relativement court, surtout pour un RPG, mais étendre la durée de vie n’aurait pas été positif, surtout avec les divers problèmes techniques cités plus haut, qui alourdissent déjà le jeu.

Même si les combats sont fastidieux à cause d’une IA à côté de la plaque, il y a tout de même des gros boss à vaincre.

Zenith aurait pu être très prometteur. Ce RPG mélangé à du hack n’ slash nous offre des personnages atypiques, des moments loufoques et un humour rafraîchissant. Toutefois, le gameplay est trop classique, le scénario sent le réchauffé, les combats demeurent ennuyeux et les graphismes sont très faibles. Les caractéristiques propres aux jeux de rôles (quêtes, inventaire, énigmes, compétences…) sont de plus bâclées. En définitive, c’est l’originalité des dialogues qui arrive à nous faire tenir jusqu’à la fin, car les phases de jeu, elles, ne sont pas les plus amusantes…

Test de Zenith réalisé par Mataï sur une version offerte par l’éditeur
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