Test : Blue Rider sur Nintendo Switch

Blue Rider

Blue Rider

Genre : Jeu de tir, Action, Arcade

Langues :  Japonais, Anglais, Français, Allemand, Italien, Espagnol, Coréen, Portugais, Chinois
Développé par ratalaikagames
Édité par Eastasiasoft
Sortie France : 13/12/2018
Prix : 8.99€ sur l’eShop jusqu’au 26/12/2018, puis 9.99€
Taille : 818.94 Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 3

Initialement sorti en septembre 2016 sur Vita et PS4, Blue Rider a fait son apparition sur la console hybride de Nintendo le 13 décembre 2018 (en version dématérialisée uniquement). La Switch étant fort bien pourvue en shmup; notamment avec de très bons portages de la NeoGeo (Strikers 1945, Aero Fighters 2 …) et d’excellents titres du même éditeur (RXN Raijin ou encore Shikhondo : Soul Eater) ; il est intéressant de voir comment Blue Rider va s’en sortir face à une telle concurrence.

 

Au lancement du jeu, point d’introduction ou d’amorce de scénario. Le joueur est directement plongé dans l’action : traverser le niveau en dézinguant tout sur son passage pour arriver à un boss. Basique mais ô combien coutumier pour le genre. D’approche très classique, vous parcourrez 9 niveaux à débloquer successivement en pilotant un vaisseau … bleu, en vue de dessus. Trois niveaux de difficulté sont présents : facile / moyen / difficile. On attache le harnais et c’est parti !

Dans Blue Rider, vous vous servirez des deux sticks. Gauche pour diriger le vaisseau, droite pour gérer la caméra et vous orienter. Car oui, Blue Rider n’est pas un shmup à pur scrolling vertical, vous devrez cheminer dans des niveaux tortueux et régulièrement vous servir des éléments du décor comme protection lors de pulls trop ambitieux. Déstabilisante au début, la prise en main se révèle finalement assez aisée et l’on arrive à décimer des packs d’ennemis en faisant des virages à 180 degrés pour les prendre à revers.

Toutefois, il faudra composer avec une forte inertie du vaisseau et une sensation de mollesse dans ses réactions. Dommage, la nervosité du gameplay s’en trouve grandement affectée et cela peut même devenir gênant dans les niveaux élevés en mode difficile.

Niveau armement, Blue Rider fait dans le basique, voire le famélique : une arme principale illimitée (un laser à faisceau étroit mais à fort DPS ou une mitrailleuse pour canarder sur un large rayon mais avec des dégâts amoindris) qui variera en fonction des bonus obtenus/pris en cours de route et une arme secondaire en quantité limitée (des missiles à tête chercheuse qui feront d’énormes dégâts). Vous disposerez également d’un boost de vitesse dont l’intérêt ne se fera sentir qu’à partir du niveau 8.

Autant commencer par ce qui fâche : l’ambiance sonore. Les musiques vont de l’insipide à l’insupportable, avec des basses trop présentes et une furieuse impression que la “mélodie” a été composée avec un synthétiseur des années 90. Quant aux bruitages, les “piou piou piou” de votre vaisseau et des ennemis auront tôt fait de vous faire couper le son. Sur ce point Blue Rider est une vraie déception.

Côté graphisme, là non plus ce n’est pas fameux. Certes c’est coloré, d’inspiration très cartoon  et ça passe à peu près en mode nomade (vous évoluerez successivement dans une jungle, le désert, la neige, une zone volcanique, ce qui semble être la base opérationnelle du boss final). Mais en mode dock les contours des décors sont baveux, les ennemis pixelisés et les ralentissements bien présents (bien plus qu’en nomade étrangement). Le bestiaire, quant à lui n’est pas très varié ; une dizaine de modèles déclinés sous différentes teintes. Seuls les boss se démarquent. Bref, en ce qui concerne la cosmétique, Blue Rider n’est pas du tout à la hauteur.

S’il y a bien un point fondamental pour un shmup c’est la rejouabilité ; que ce soit pour du scoring ou du speedrun. Or, Blue Rider est un jeu extrêmement punitif. En effet, vous ne disposez que d’une seule et unique vie (une supplémentaire à 50,000 points et une à 75,000 points, sachant que vous gagnerez environ 15,000 points par niveau terminé à 100%). Toute mort se soldera pas un game over et vous devrez recommencer tout le niveau depuis le début, il n’y a pas de checkpoint. Heureusement que les level validés (même sans atteindre le 100%) se débloquent définitivement. Si vous voulez des vies supplémentaires, il faudra vous lancer dans un farm intensif des niveaux précédents. Ce sera bien la seule concession faite au joueur pour lui faciliter, un peu, la tâche.

Autre point marquant, l’aléatoire est très (trop) présent, notamment au niveau des bonus de vie. Si vous avez de la chance, vous looterez lesdits bonus à foison et pourrez terminer un niveau sans que votre barre n’ait bougé. Mais la plupart du temps vous n’obtiendrez rien ou quasiment, ce qui vous amènera à recommencer encore et encore le même niveau jusqu’à tomber sur la bonne combinaison de bonus (typiquement le niveau huit en mode difficile, quasi-infaisable sans le bonus de vie par ennemi tué et se terminant sur un boss qui remplira votre écran de projectiles).

Difficile donc d’estimer la durée de vie de ce titre, tout dépendra de votre acharnement. Comptez cependant une dizaine d’heures pour enchaîner les trois modes de difficulté sans chercher à exploser le tableau des scores. Si vous vous cantonnez au mode facile, le titre ne vous résistera guère plus d’une heure et demie.

Proposé à 8.99€ sur l’eShop jusqu’au 26 décembre 2018 (puis 9.99€), Blue Driver est un jeu extrêmement exigeant, voire frustrant par de nombreux aspects. Si vous êtes fan  absolu de shmup (qui plus est doté d’une patience à toute épreuve) et avez déjà fait le tour des autres titres disponibles sur Switch, alors il peut valoir le coup pour tenter de battre des records. Si vous êtes novice ou juste curieux, passez votre chemin et orientez-vous vers des titres plus solides au niveau de la technique et du gameplay.

Bref, bien peu d’arguments en faveur d’un titre qui promettait beaucoup mais se prend allègrement les pieds dans le tapis.

Test réalisé par Nanette sur une version offerte par l’éditeur
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