Test : Assassin’s Creed III Remastered sur Nintendo Switch

Assassin’s Creed III Remastered

Genre : Action, Aventure
Langues : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Japonais, Coréen, Néerlandais, Portugais, Russe, Chinois
Développé par Ubisoft
Édité par Ubisoft
Sortie France : 21/05/2019
Prix : 39,99€ sur l’eShop, 29,99€ version boîte
Taille : 14640,22 Mo (+ pack de langues à télécharger)
Joueurs : 1
Age minimum : 18

Site Web Officiel

Assassin’s Creed III glisse le joueur dans la peau de Desmond Miles, toujours en lutte contre Abstergo, un conglomérat d’entreprises multinationales descendant directement de l’ordre des Templiers qui espère instaurer un Nouvel Ordre Mondial. Notre héros, issu d’une grande lignée d’assassins, doit plonger dans son patrimoine génétique grâce à la technologie de l’Animus afin de revivre virtuellement l’existence mouvementée de ses ancêtres. Dans cet opus, il suivra les traces de Ratonhnhaké:ton, un courageux amérindien qui deviendra Connor lorsqu’il rejoindra la Confrérie ; et  qui œuvrera en tant qu’assassin dans les rues de Boston, sur fond de Révolution Américaine. Même si les détracteurs d’Ubisoft ont tendance à qualifier le scénario de la série de rocambolesque et capillotracté, force est de constater que l’histoire racontée se laisse suivre sans le moindre déplaisir, même si le rythme oscille parfois entre des scènes d’une grande intensité et la mollesse des passages se déroulant dans le présent (le pauvre Desmond n’ayant pas le charisme de ses prédécesseurs malgré l’acharnement des développeurs pour rendre ses phases de gameplay légitimes !)

Aveline de Grandpré est quant à elle l’héroïne de Liberation, un spin-of se déroulant approximativement à la même époque que l’opus principal, mais tenant place dans la Nouvelle-Orléans. Cette jeune femme, élégante et distinguée, s’avère être une tueuse redoutable, notamment lorsqu’il s’agit de lutter contre l’esclavage et l’invasion hispanique. Toutefois, sa trame scénaristique est mineure dans la chronologie de la série et l’on se satisfera davantage de l’impact symbolique véhiculé par le personnage (première assassine jouable, tout de même !)

Un véritable soin a été apporté concernant le gameplay de ces versions restaurées, affinant notamment certaines mécaniques qui se distinguaient par leur raideur, en 2012 (le double-assassinat a notamment été revu, car souffrant de véritables lacunes à l’époque). Le maniement de Connor et Aveline est ainsi beaucoup plus leste qu’auparavant, et la navigation dans les différents menus a elle aussi été facilitée, notamment grâce à un système de curseurs de couleur sensiblement plus lisible. Notons que contrairement aux deux premiers opus majeurs, le gameplay d’Assassin’s Creed III joue sur l’horizontalité, et propose beaucoup moins d’escalade que les virées italiennes d’Ezio, par exemple. Aussi, les développeurs ont facilité les déplacements en offrant aux joueurs de plus nombreux éléments sur lesquels se hisser lors d’une course poursuite, ce qui permet d’atteindre plus aisément les différents objectifs. Cependant, si vous avez joué aux récents opus current-gen, vous serez peut-être choqués de vous remémorer cette époque où toute surface n’offrait pas forcément de point d’appui, et la recherche de prises sur une paroi surélevée vous donnera parfois du fil à retordre !

Les deux jeux proposent un gameplay assez varié, partagé entre les classiques missions d’assassinat, mais aussi des objectifs plus délicats comme certaines missions d’escorte ou des passages purement stratégiques obligeant notre avatar à réagir rapidement pour se rendre d’un point à un autre à cheval afin de sécuriser plusieurs fronts. L’opus canon se démarque par l’apparition des batailles navales, même si leur conception n’arrive pas à la cheville des joutes endiablées proposées par Black Flag (dont on espère vivement un portage !). En outre, Connor devra gérer le domaine Davenport en engageant divers PNJ afin de rendre la zone attractive et fonctionnelle. Aveline, quant à elle, propose une singularité de gameplay qui a les défauts de ses qualités : un système de costumes permettant à la dame d’alterner entre différents rôles, allant de la noble à l’esclave en passant par l’assassin. Intéressant sur le papier, ce gimmick peut lasser puisqu’il oblige constamment le joueur à se changer pour mener à bien telle ou telle mission. Enfin, dans les deux opus, le système de combat s’avère d’une efficacité redoutable et fonctionne toujours selon une routine de contre, d’attaque et de désarmement. Malheureusement, l’intelligence artificielle s’illustre par son outrancière stupidité et préfère attendre son tour pour se voir offrir le trépas plutôt que d’opter pour une redoutable mêlée. Il en va de même pour les gardes qui ont tôt fait de vous oublier dès lors que vous quittez leur champ de vision. Pour terminer, il est appréciable de constater que les développeurs ont adapté la maniabilité au gameplay portable, et proposent de ce fait une visée gyroscopique, indispensable pour effectuer des tirs plus précis !

Forcément, la Nintendo Switch ne peut aucunement rivaliser avec les consoles de salon actuelles, et l’intérêt d’une version remasterisée pourrait s’avérer discutable ; en toute logique, le résultat se rapproche fortement des versions d’origine, même si les modèles 3D des personnages sont globalement plus fins et les éclairages retravaillés (mais gare à certains intérieurs vraiment trop sombres !). Toutefois, de nombreux soucis techniques sont à déplorer : tout d’abord, les textures sont imparfaites, et il ne faut vraiment pas se laisser aller au plaisir coupable et masochiste de l’inspection minutieuse des moindres détails du décor, tant certaines surfaces sont grossières et baveuses ! En outre, le clipping est omniprésent, notamment dans l’aventure principale de Connor, forcément plus gourmande que celle d’Aveline, initialement adaptée à une console nomade. Cette distinction se vérifie également du côté du framerate, beaucoup plus stable lorsqu’il s’agit de sillonner la Louisiane que les rues de Boston. Notons également que pour bénéficier de l’expérience la plus agréable possible, il conviendra de jouer majoritairement en handled mode, qui brille par sa plus convaincante stabilité, là où le mode TV peut ployer sous le poids des saccades lorsque l’action s’intensifie ou que des effets visuels viennent malmener les ventilateurs d’une Switch au seuil de la crise d’asthme ! Enfin, il faut bien admettre que les jeux ont considérablement vieilli et ne répondent plus aux standards actuels, tant en termes de réalisation graphique que de level-design (la construction des lieux possède cet aspect très artificiel et rectiligne qu’ont tendance à gommer les jeux actuels afin d’offrir une géographie plus authentique). Encore une fois, nous ne saurons trop vous aiguiller vers un usage nomade, car le petit écran de la Nintendo Switch amoindrit le gap de sept ans séparant l’original du remaster.

La série des Assassin’s Creed brille souvent par son ambiance sonore et l’immersion permise par l’atmosphère des différents lieux parcourus. Les deux opus ne dérogent pas à cette règle et invitent le joueur au cœur de rues fourmillant de vie, d’énergie et de tous ces petits bruits qui insufflent une véritable identité à cette reconstitution historique. En outre, tous les dialogues sont intégralement doublés en Français, même s’il faudra passer par la case Téléchargement afin de bénéficier des voix francophones. A ce sujet, il faut tout de même pointer du doigt un acting moins naturel dans l’opus Liberation, légèrement en retrait comparé à AC III. En revanche, nous vous conseillons de bidouiller immédiatement les menus afin de régler le volume sonore des dialogues, car ils sont légèrement trop bas et ont la fâcheuse tendance à être étouffés par le brouhaha populaire.

Fort de ses deux aventures haletantes, dont la première constitue le dernier bastion d’une excellente trilogie, Assassin’s Creed III Remastered est un titre généreux. La première épopée est non seulement passionnante, mais elle alterne entre des missions variées et des dialogues hauts en couleurs, tandis que la seconde, plus oubliable et moins ambitieuse, réserve tout de même son lot de surprises. Il est cependant regrettable de constater que les missions secondaires soient si peu originales. Ce sont en effet les récents Origins et Odyssey qui ont opté pour une scénarisation totale des quêtes annexes, mais il ne faut pas oublier qu’en 2012, les quêtes Fedex étaient monnaie courante dans le paysage vidéo ludique, et qu’il faudra attendre l’arrivée du mastodonte The Witcher III afin de redéfinir les standards relatifs à l’écriture et la cohérence d’un univers. Ainsi, le joueur pourra aisément se lasser de la routine de gameplay inhérente au rythme déjà antique d’une série qui a heureusement su se réinventer depuis.

Malgré tout, nous apprécierons la présence de l’intégralité des DLC existants, ce qui permet de rallonger l’aventure, d’autant plus que certaines de ces missions optionnelles jouissent d’une indéniable qualité (si on les compare, justement, avec les objectifs secondaires de chaque opus). Autre petit détail, certes dérisoire, mais qui a le mérite d’exister: le soft donne immédiatement accès à un vaste choix d’artworks nous permettant d’admirer le savoir-faire des graphistes. Une option sympathique qui rappelle que derrière toute oeuvre vidéo ludique, il y a un processus de création qui se doit d’être salué, d’autant plus lorsque l’on sait avec quel soin les développeurs d’Assassin’s Creed peaufinent chacun des épisodes majeurs.

Souvent considéré comme le mal-aimé de la trilogie (car il faut l’avouer, Boston n’a pas la prestance et l’élégance de Florence !), Assassin’s Creed III n’en demeure pas moins un excellent jeu qui a su donner une fin convaincante à l’aventure de Desmond Miles. Cette version remastérisée permet de profiter d’une véritable épopée tenant au creux de notre paume, même s’il faudra composer avec de véritables soucis techniques propres à l’open-world sur Nintendo Switch : textures brouillonnes, framerate imparfait et clipping très prononcé. Mais si le joueur passe outre ces lacunes qui entachent rarement un réel plaisir de découverte, il se destine à une quête haletante sur fond d’Histoire et de complots mystiques. En outre, le contenu de la cartouche s’avère fort généreux puisque proposant non seulement un opus majeur, mais aussi tous ses DLC ainsi qu’un spin-off de qualité honorable. Les adeptes du jeu sur grand écran seront quant à eux freinés par une technique plus contraignante, et l’on croise les doigts pour un correctif solutionnant de réels soucis d’optimisation, même si rien n’a été annoncé à l’heure où nous écrivons ces lignes. Finalement, même si cet Assassin’s Creed n’a de révolutionnaire que le contexte historique au sein duquel il anime ses personnages , il offre une expérience appréciable pour qui cherche à exécuter quelques sauts de la foi (et quelques templiers!) entre deux arrêts de bus.

Test réalisé par Yorick sur une version offerte par l’éditeur
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