Test : Disgaea 1 Complete sur Nintendo Switch

Disgaea 1 Complete

Genre : RPG, Stratégie, Aventure
Langues : Anglais et Japonais – Sous-titres : Multilingue
Développé par Nippon Ichi Software
Édité par NIS America
Sortie France : 12/10/2018
Prix : 49,99€ sur l’eShop, 39,99€ en version boîte ici
Taille : 3,2 Go

Site Web Officiel

Un vent glacial, porteur de désolation et de malheur, souffle sur les contrées les plus obscures du Sous-Monde. Car le grand roi Krichevskoy a trépassé dans des circonstances mystérieuses, laissant son royaume orphelin. Pourtant, grand nombre de ses sujets ne déplore guère son destin si tragique. De nombreux prétendants parmi les démons les plus puissants s’affrontent dans de sanglants duels, afin de siéger avec fierté sur le trône désormais vacant. La violence engendrée par la soif de pouvoir a plongé par conséquent les terres, autrefois quelque peu ordonnées, dans le chaos le plus total.

Cependant, malheur aux opportunistes qui convoiteraient la couronne en pensant la lignée royale éteinte. Au sein même du château impérial, le prince du royaume se réveille lentement d’un long sommeil de deux ans. Apprenant aussitôt le décès de son père, Laharl désire alors, au plus profond de son âme, revendiquer le noble titre qui lui revient de droit. Accompagné de sa vassale Etna, guerrière émérite, et de ses serviteurs les plus fidèles, qu’ils soient humains ou démoniaques, le jeune homme compte bien prouver aux vils imposteurs qu’il est le seul héritier légitime de son pays.

Mais un tel objectif serait long et difficile à accomplir sans maîtriser l’art de la guerre, même pour un prince-démon. Mêlant des mécaniques RP à un aspect stratégique au tour par tour, la franchise Disgaea et ses différents opus regorgent de contes aussi riches en péripéties que mystérieux. À l’occasion des quinze ans de la licence signée de la main de Nippon Ichi Software, les développeurs marquent l’événement en ce mois d’octobre avec la publication du premier volet intitulé Hour of Darkness, sous une forme aux visuels lissés, à destination de la machine hybride nippone au centre de toutes les attentions.

Optant ici pour un titre bien plus modeste, Disgaea 1 Complete présente dès la fin de son introduction les caractéristiques typiques d’un tactical RPG. En poursuivant ardemment sa quête, Laharl et ses acolytes vont arpenter de nombreux tableaux à la géographie particulière, découpés en moult cases. Sur chacun de ces champs de bataille évoquant des échiquiers surdimensionnés, le groupe devra combattre démons, mercenaires et autres embûches qui se mettront en travers du chemin vers le pourvoir. La campagne ardue à laquelle les héros se préparent sera pourtant menée selon la stratégie que vous aurez planifié et mise à exécution lors de vos propres tours.

Triompher d’un combat est une tâche bien spécifique qui ne peut être accomplie que par l’élimination pure et simple de l’équipe antagoniste. Un critère dont l’étonnante omniprésence révèle l’absence de missions aux objectifs plus variés, comme la capture d’un bien précieux ou la défense d’une position donnée. Ce manque de diversité est néanmoins contrebalancé par la grande richesse du système de combat proposé par le titre. Composé de multiples mécaniques de gameplay intéressantes, celui-ci vous donne les outils adéquats pour élaborer des frappes surpuissantes et exploiter l’environnement à votre avantage.

Outre les attitudes offensives et défensives que les protagonistes ont la possibilité d’adopter quelle que soit la situation donnée, un large éventail de techniques complexes est mis à votre disposition. Ainsi, les attaques groupées permettent à un allié d’infliger des dégâts plus importants qu’à l’accoutumée, en impliquant jusqu’à trois coéquipiers à proximité. Alternatives supplémentaires, les capacités spéciales accordent des mouvements particuliers ou confèrent différents bonus à votre équipe, moyennant des « points spéciaux » : à titre d’exemples, des frappes ciblant plusieurs belligérants situés sur un même axe, ou des soins à prodiguer sur un compagnon.

D’autant plus que le terrain lui-même constitue un élément clef pour remporter la victoire sur vos adversaires. Des ensembles de cases instables caractérisés par une couleur distincte sont éparpillés sur chaque carte, conférant bonus ou malus selon les géosphères posées sur ces zones. Non sans un formidable lancée, un personnage humain est capable de déplacer ces cubes, ainsi que leurs effets respectifs, sur un autre emplacement de l’arène. Si ces étranges joyaux sont hors de portée d’une bonne marche, sachez qu’un héros peut aussi soulever un acolyte pour que ce dernier effectue un saut, synonyme de véritable atout afin d’atteindre les coins les plus reculés et surprendre l’ennemi.

Une dernière option bien plus radicale se dessine cependant : détruire les géosphères aux répercussions que vous jugerez néfastes à votre avancée. Si l’artéfact en question est posé sur une cellule colorée, alors toutes les autres cases partageant le même coloris subiront une puissante onde de choc, blessant tout individu présent sur l’espace concerné. Ces réactions en chaîne impactent grandement une jauge bonus, convertie à l’issue de la mission en Hell, la devise du Sous-Monde. Par ailleurs, atteindre certains paliers offre divers objets ou de l’expérience supplémentaire, qui s’ajoute à celle acquise en battant les rivaux, pour former un copieux butin bienvenu.

Puisque vos sessions plus ou moins longues seront ponctuées par l’observation des lieux, essentielle pour déterminer une tactique efficace, il est fort probable que vos yeux soient attirés par la dimension technique du titre. Bien évidemment révisé depuis 2003, le moteur propose de manière légèrement inégale des textures aux résolutions supérieures, auxquelles sont combinés des polygones affinés et une solution anticrénelage convaincante. Même si le rendu en trois dimensions fait la part belle à la lisibilité, l’absence de composants aujourd’hui permis par le hardware, tels que l’herbe et des arrière-plans accompagnant les terrains eux-mêmes, reste regrettable.

Toutefois, derrière ces quelques imperfections et autres détails négligés se cache une direction artistique soignée et une atmosphère unique. Le terme « espiègle » est sans doute l’adjectif le plus approprié pour décrire les protagonistes, dépeints avec des sprites élégants et des voix japonaises aussi talentueuses que conformes aux physiques des héros. Une ambiance à la fois comique et sombre en est le fruit cueilli, induit d’une saveur particulièrement agréable qui agrémente à merveille l’aventure contée. De plus, la bande sonore comprend de savoureuses compositions entraînantes, voire même inoubliables, grâce à la pertinence des instruments et des effets sonores choisis.

Un immense édifice symbolise bien cet étrange décalage entre le pays des démons et le nôtre : le château de Laharl. Servant de cadre introductif au scénario, le bâtiment possède en son sein une porte dimensionnelle, débouchant sur les paysages charmeurs où prennent place les différents niveaux, désignés avec soin par les développeurs. Ce véritable hub regroupe également plusieurs services destinés à améliorer l’escouade de diverses façons, dont des marchands prêts à échanger leurs marchandises contre votre précieux argent, afin que chaque membre exprime pleinement leur potentiel.

Les armes et les armures sont les facteurs les plus notoires, sur lesquels vous avez un contrôle certain. Offrant des bonus permanents, les pièces d’équipement influent sur un grand nombre de traits, tels que l’endurance, la puissance des attaques magiques, ou encore la précision. Avec la multiplication des transactions, les boutiques ne tarderont pas à vous fournir du matériel de plus haute qualité, en échange d’une somme toujours plus élevée. Quant aux consommables, leurs effets temporaires sont capables de vous faire sortir d’une mauvais pas lors d’un affrontement. Néanmoins, la taille restreinte de votre sacoche impose une utilisation judicieuse de ces objets, sans quoi les difficultés pourraient s’accumuler rapidement.

D’autre part, cet ensemble ne fait que renforcer une base qu’il revient à vous d’établir. En effet, créer ses propres personnages se révèle dès la première heure de jeu une option indispensable à tout bon stratège. Les habiletés liées aux différentes classes proposées lors du processus de création apportent des vertus non négligeables au groupe, comme le clerc et ses connaissances en médecine. Malgré l’absence de choix pour personnaliser l’apparence de vos nouveaux guerriers, le système fourmille de concepts non dénués d’intérêt. À titre d’exemple, l’assemblée du Sous-Monde doit approuver lors d’un vote spécial la plupart de ces naissances. Lors des sessions d’approbation, rien ne vous empêchera de soudoyer les sénateurs réfractaires, ou même de vous mesurer au combat contre eux afin d’influencer leur jugement.

Parfaire son équipement fait aussi appel à une notion qui se distingue par son originalité : le monde des objets. Ces derniers sont habités par des êtres nommés « innocents », ayant chacun un métier spécifique influant son entourage. Ainsi, si deux objets partagent la même esthétique, leurs statistiques auront de fortes chances d’être divergentes. Le titre vous donne par ailleurs la possibilité de pénétrer dans ces items, au relief sculpté aléatoirement selon des algorithmes. Une fois soumis à votre autorité par la force, les individus pourront être déplacés librement entre vos outils, modulant par conséquent votre équipement entier, tant que la population totale reste sous un seuil acceptable.

À la lumière de ces faits, il est difficile d’estimer la durée de vie du jeu, tant le contenu y est abondant. Segmenté en quatorze chapitres, le périple de Laharl est servi avec une difficulté qui ne pardonne pas l’insouciance. Oublier ne serait-ce qu’une seule règle peut conduire à un game over lourd en conséquence, avec la perte de votre progression dans la quête principale. Votre équipe décimée, vous débloquerez ainsi l’une des quelques fins proposées par l’histoire en guise de lot de consolation. Heureusement, vous pourrez à l’issue d’une chouette cinématique et des crédits démarrer une nouvelle partie en conservant tous vos alliés recrutés auparavant ainsi que vos objets acquis, sous la forme d’un new game +. De quoi vous permettre d’atteindre le niveau 9999, le plus haut rang accordé par le titre.

Pour éviter que de tels événements se produisent, les tutoriaux restent accessibles à n’importe quel moment de la partie, vous expliquant toutes les ficelles du jeu. Bien construits et instructifs, les enseignements d’Etna sont toutefois condensés dans des boîtes de dialogue, peu aptes à une navigation optimale, tandis que certaines abréviations anglaises n’ont pas été traduites en la langue de Molière. Ces quelques points noirs ne forment qu’une petite ombre au confort visuel du titre, notamment grâce à la vue en 2D isométrique offrant les traditionnels quatre angles de vue, associée à une interface plus moderne, et à une bonne optimisation aussi bien en mode salon qu’en mode portable.

Pour son anniversaire, le premier opus de la saga Disgaea revient plutôt en bonne forme sur le devant de la scène. Avare en nouveautés ludiques lorsque comparé à la version originale, le voyage offert par les développeurs de NIS n’est pas exempt de tout défaut, compte tenu de son prix élevé pour un jeu aussi âgé, et de sa remastérisation visuelle qui ne demande qu’à être plus poussée.

Cependant, Disgaea 1 Complete conserve toute la profondeur stratégique de la licence, en proposant des mécaniques de gameplay intelligentes, alliées à une direction artistique enchanteresse et à des personnages attachants. Il serait dommage de passer à côté d’une telle recette raffinée, qui plaira à tous les amateurs de tactical RPG mais aussi aux néophytes du genre.

 

Test réalisé par TheAmazingNatpon sur une version offerte par l’éditeur
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