Test : Mighty Switch Force ! Collection sur Nintendo Switch

Mighty Switch Force ! Collection

Genre : Action, stratégie, casse-tête
Langues : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Japonais, Russe, Chinois
Développé par WayForward Technologies
Édité par WayForward Technologies
Sortie France : 25/07/2019
Prix : 17,99€ sur l’eShop
Taille : 886,05 Mo
Joueurs : 1-4
Age minimum : 7

Site Web Officiel

WayForward est un studio qui, malgré les apparences, ne se contente pas d’une moitié de génie. Les créateurs de l’excellente Shantae sont aussi à l’origine d’un jeu d’arcade acclamé par la critique lors de sa sortie sur 3DS : Mighty Switch Force ! Et pour cause : le soft, par son gameplay alternant deux plans distincts, exploitait pleinement les caractéristiques de la portable de Nintendo, misant sur le relief pour renouveler une expérience de jeu jusqu’alors cantonnée à une seule petite dimension. Immersif et ingénieux, le soft s’illustrait également par sa jolie patte graphique à l’ancienne, avec son chatoyant pixel-art et ses animations fluides. Fort logiquement, il fut rejoint par une suite en HD, disponible sur Nintendo Wii U, ainsi qu’un remaster à la plastique de rêve et un préquel axé multijoueur. Aujourd’hui, tout ce beau monde se serre du mieux qu’il peut pour entrer dans votre poche. Espérons qu’elles soient résistantes, car il va y avoir du grabuge !

Dans Mighty Switch Force ! , Patricia Wagon est une justicière chargée d’interpeller les redoutables Hooligan Sisters, de véritables petites furies blondes et plantureuses qui ont troqué les barreaux du panier à salade pour l’attrayante immensité d’une ville futuriste. Et à peine parviendra-t-elle au terme de cette rude mission qu’elle devra se charger d’un gigantesque incendie ravageant les rues nouvelles paisibles de cette mégalopole en détresse, dans Might Switch Force 2. Aussi, pour les plus nostalgiques d’entre vous, il sera même possible de suivre notre héroïne dans son accession au statut d’officier, dans le plaisant mais humble épisode multijoueur sobrement nommé Academy. Et c’est à peu près tout pour la partie narrative : le contexte n’est ici qu’un prétexte au service d’un petit jeu d’arcade qui ne s’épuise pas en de vains enjeux scénaristiques !

Sur 3DS, la singularité du gameplay reposait intégralement sur l’alternance entre deux plans (à la manière d’un Mutant Mudds). En effet, Patricia dispose d’un casque lui permettant d’activer ou désactiver des blocs plus ou moins éloignés du regard du joueur. L’aventure nécessite donc un certain timing puisqu’il n’est pas rare de devoir faire apparaître ou disparaître diverses plateformes tout en sautant, courant et dézinguant de coriaces adversaires… le tout sous la tutelle d’un chronomètre résolument avare et peu permissif ! (et ce même s’il ne sert qu’à déterminer le rang obtenu par le joueur). Par la suite, différents mécanismes exploiteront ce gimmick, comme ces propulseurs qui ne s’activent que lorsque Miss Wagon est projetée à l’intérieur.

Quant à la partie musclée, elle se veut finalement très secondaire puisque seuls quelques tirs bien placés viendront à bout des ennemis basiques, tandis que d’autres réclameront davantage de ruse dans l’exploitation du pouvoir d’alternance (par exemple, faire revenir un bloc lointain sur le devant de la scène permet d’envoyer valser un ennemi qui viendra littéralement s’écraser sur l’écran de la console. Attention car ce stratagème peut aussi s’appliquer sur la pauvre petite justicière, si le joueur n’y prend garde !). Le concept est quasiment similaire dans le deuxième opus, même si le pistolet a été remplacé par une lance à incendie, impliquant que notre héroïne devra arroser ses opposants au sens propre, et non au figuré ! Plus technique et, fatalement, un poil moins nerveux, ce Mighty Switch Force 2 souffre également d’une certaine redondance imposée par sa thématique, brûlante du début à la fin.

Quant à Academy, il délivre une expérience multijoueur agréable même si la plupart de ses niveaux peuvent être sillonnés en solo. Le concept reste inchangé et la jeune femme aux faux airs de Mega Man devra sauver des demoiselles en détresse au cœur d’une réalité virtuelle offrant une vue d’ensemble peu pratique et manquant de lisibilité.

Graphiquement, il faut tout d’abord clarifier que deux des quatre jeux présents dans cette compilation sont en tous points identiques, si l’on excepte leur esthétique : Mighty Switch Force est l’opus 3DS réalisé en pixel-art, tandis que l’Hyper Drive Edition est sa version HD. Toutefois, curieuse décision des développeurs que d’avoir distingué ces deux moutures. En effet, il est tout simplement impossible de transférer sa progression d’un titre à l’autre, ou tout bêtement de jongler d’une version old-school à une moderne, comme nous le propose par exemple un Wonder Boy. C’est assez dommage et toutefois compréhensible puisque l’on imagine aisément que cela aurait représenté une charge de travail supplémentaire pour un portage qui n’en requiert pas tant. Et l’on se satisfera malgré tout de pouvoir choisir entre ces deux versions d’un même univers. D’autant plus que nous avons sous les yeux de très jolis personnages aux mouvements fluides, s’animant dans des univers riches en couleurs et en effets pyrotechniques. On reprochera toutefois à Academy son manque de lisibilité qui s’avère handicapant tant sur un téléviseur éloigné du canapé que sur le petit écran de la Switch en mode nomade. Enfin, il est possible que le design quelque peu sexy des différents protagonistes ne soit pas au goût de tous les joueurs, à une époque où la réification de la femme est un sujet de plus en plus houleux. Rien de bien méchant toutefois, et le graphisme très anguleux se prête fort bien à cette ambiance un peu folle aux douces fragrances de Cartoon Network. Enfin, il faut reconnaître que la série perd quelque peu en originalité depuis qu’elle a abandonné la 3D stéréoscopique de la portable japonaise : forcément, l’alternance des plans devient un simple élément de gameplay et perd cette petite étincelle d’immersion qu’offrait le relief !

Musicalement, le soft ne marquera pas les esprits mais dispose malgré tout d’une OST qui a le mérite d’accompagner fidèlement l’action sans jamais se montrer trop envahissante. On aurait apprécié une plus grande variété des thèmes !

Chaque opus disposait d’un point faible de taille : sa durée de vie dérisoire. Ainsi, les différents titres ne proposent qu’une quinzaine de missions chacun, et il faudra compter sur l’accession au rang le plus élevé pour faire durer l’expérience. On pourra alors tabler sur une petite dizaine d’heures pour faire le tour de cette collection. Peut-être davantage pour les amateurs de speedrun qui n’auraient pas déjà parcouru ces jeux de long en large sur les autres supports ?

Heureusement, la série des Mighty Switch Force ! jouit d’une certaine rejouabilité, et il est toujours agréable de lancer une petite partie entre deux rames de métro. Intenses et nerveux, les niveaux ne durent jamais plus de deux ou trois minutes, ce qui fait de cette compilation un véritable jeu de poche. Il est pourtant regrettable de ne pas trouver de contenu supplémentaire agrémentant chacun des titres, lesquels proposent peu de modes de jeu. Peut-être un troisième opus corrigera-t-il le tir afin d’imposer pleinement cette série aux yeux des joueurs ?

Mighty Switch Force ! Collection constitue une très bonne compilation pour qui n’a pas accompagné l’officier Wagon dans ses pérégrinations à la recherche d’un brigand à coffrer ou d’une âme en détresse. Axé autour d’un système d’alternance entre deux plans, chaque opus parvient à renouveler l’expérience sans jamais lasser le joueur. Chacun étant assez court, le titre s’adresse avant tout aux amateurs de scoring et de speedrun, même si la simple complétion des niveaux est une expérience fort plaisante en soi. Academy, quant à lui, est un jeu multijoueur qui demeure anecdotique même s’il est probable qu’il puisse animer une petite soirée coopérative. A fortiori, cette collection mérite sa place dans votre ludothèque, d’autant plus qu’il serait dommage de passer à côté d’une production au nom si évocateur. Joueurs, certes ; mais gardiens de la paix avant tout.

Test réalisé par Yorick sur une version offerte par l’éditeur
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