Test : RPG Maker MV

Test : RPG Maker MV sur Nintendo Switch

Genre : RPG, Simulation
Langues : Multilingue
Développé par Enterbrain
Édité par Nis America
Sortie France : 11/09/2020
Prix : 49,99€ sur l’eShop, 49,99€ version boîte
Taille : 2707 MB
Joueurs : 1
Age minimum : 7+

Site Web Officiel

RPG Maker est une licence assez vieille. En effet, les premiers opus ont vu le jour au Japon à la toute fin des années 80, sur micro-ordinateur. Ce n’est qu’en 1995 que la console de salon Super Famicom a accueilli son premier opus, RPG Tsukuru Super Dante. Les sorties n’ont jamais conquis l’occident avant RPG Maker 3 sur PlayStation 2. Mais la licence s’est surtout développée sur PC, jusqu’en 2015 avec RPG Maker MV. Cinq ans plus tard, la Nintendo Switch accueille son portage grâce à Nis America.

C’est une véritable aubaine pour ceux qui souhaitent transporter n’importe où cet outil de création de RPG. En effet, RPG Maker MV permet aux joueurs de fabriquer de toutes pièces un jeu du début à la fin.

Cette version propose un petit tutoriel sous forme de mini-aventure, pour découvrir les bases. Mais les fonctions les plus poussées ne sont pas développées outre mesure, de quoi laisser le joueur mettre ses mains dans le cambouis.

Ce portage est fidèle à la version PC, c’est à dire qu’il nous offre la possibilité de personnaliser notre jeu de rôle à l’envi. Nous créons notre carte du monde avec ses environnements, ses forêts, ses montagnes et ses océans. Puis nous fabriquons divers lieux comme des villes, des donjons, des grottes, etc. Nous décidons du nombre d’ennemis rencontrés jusqu’à la fréquence de leur apparition. Enfin, nous pouvons éditer l’intérieur des maisons, des étages jusqu’aux sous-sols.

Tout est customisable au pixel près à l’aide de tuiles qu’il faudra déposer une à une sur notre plan de travail. Ce dernier se présente comme un quadrillage qu’il convient de remplir pour créer les décors de notre choix. Les joueurs les moins inspirés pourront toutefois sélectionner des cartes préenregistrées, modifiables à leur guise.

Plus nous progressons, plus nous découvrons un spectre de possibilités extrêmement large. L’aspect graphique est poussé, mais que serait un RPG sans interactions ni gestion ? Nous pouvons programmer des événements, scripts et autres PNJ avec lesquels communiquer. Pas besoin de s’y connaître en codage, quelques clics suffisent pour créer toute une histoire.

L’outil est complexe et nous propose ainsi de créer nos personnages, de l’apparence physique aux statistiques, en passant par l’équipement, les classes et le système de combat. Même les ennemis ont le même traitement. De quoi créer un univers bien atypique.

RPG Maker MV est extrêmement généreux, mais aussi, extrêmement dense. Il est très facile de se perdre dans ce dédale d’éléments. Menus, tuiles, base de données ou scripts, on navigue entre eux à l’aide des boutons de nos Joy-Con. Rien à voir avec la souris d’un ordinateur. Ce portage est délicat dans la mesure où les interfaces n’ont pas été adaptées pour cette version Switch. On doit appuyer sur plusieurs boutons, nous diriger tant bien que mal avec nos sticks pour charger nos tuiles ou rentrer dans la banque de données.

S’il s’avère difficile de passer de menus en menus, que dire alors des textes? Par nature, un RPG est plutôt bavard. Ici, nous n’avons pas d’autres choix que d’écrire tous nos dialogues avec la manette. En plus de cela, l’outil ne nous permet pas de tester en direct nos choix et modifications. En effet, il faut passer par un autre menu qui nous transporte directement à l’écran titre. Ce dernier nous emmène sur un écran de chargement qui, finalement, nous fait atterrir à l’intérieur du jeu.

C’est bien trop long et fastidieux. Cette manœuvre apporte une cassure dans notre processus de création et il peut être difficile de s’investir pleinement dans un outil manquant de fluidité et d’ergonomie.

RPG Maker MV nous plonge dans des graphismes proches de l’ère 16-bit. Les tuiles mises à disposition sont variées, avec la possibilité de créer des mondes aussi différents que cohérents : paysages enneigés ou désertiques, prairies, villes modernes ou cyberpunk, ambiances occultes ou féériques. La densité de la pluie, les rayons du soleil et la puissance du vent peuvent être ajustés.

La bande-son est diversifiée. Le soft propose de nombreuses pistes, à adapter aux environnements. Ainsi, on choisit la musique la plus appropriée pour les villes, les maisons, les combats, etc. Cela peut aller du classique thème de fantasy aux balades nostalgiques, en passant par des cavalcades énergiques, sans oublier des mélodies plus modernes ou futuristes.

Lorsqu’il est question de création, le temps passé se calcule en dizaine d’heures, voire en centaine d’heures. RPG Maker MV a par conséquent une durée de vie quasi illimitée puisque tout dépend de l’investissement du joueur.

Mais ceux qui n’ont pas la patience ni la fibre créatrice pourront toutefois s’aventurer dans le « forum des créateurs ». Cette section est ouverte à tous et met à disposition tous les jeux fabriqués par des créateurs qui ont bien voulu les mettre en ligne. De quoi découvrir des jeux de rôle à l’infini.

Qui n’a jamais rêvé de créer son propre RPG ? RPG Maker MV permet aux joueurs adeptes des consoles de réaliser ce souhait. Sa base de données est riche et met en avant de nombreuses fonctionnalités poussées. Malheureusement, la prise en main est on ne peut plus délicate. Les ralentissements et les nombreuses manœuvres entre menus à la manette rendent cet outil assez lourd. Il faut donc partir avec une idée bien précise du projet et une bonne dose de patience pour aller au bout de ses rêves. Difficile, mais pas impossible !

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