Test : Sundered : Eldritch Edition sur Nintendo Switch

Sundered : Eldritch Edition

Genre : Aventure, RPG, Action, Plateformes
Langues : Japonais, Français, Allemand, Italien, Espagnol, Coréen, Portugais, Russe, Chinois, Anglais
Développé par Thunder Lotus Games
Édité par Thunder Lotus Games
Sortie France : 21/12/2018
Prix : 19,99€ sur l’eShop
Taille : 2148,53 Mo
Joueurs : 1-4
Age minimum : 12

Site Web Officiel

Une tempête fait rage alors qu’une silhouette vêtue d’une cape blanche essaie de se frayer un chemin dans un désert. Chaque pas est une épreuve face à un vent impitoyable. Les choses vont de mal en pis lorsque d’inquiétantes ruines apparaissent devant la nomade pour finir par l’engloutir sans plus de cérémonie.

L’introduction de Sundered se montre simple, sans en mettre plein la vue. Suite à ces événements, vous êtes immédiatement aux commandes d’Eshe, ce personnage dont on ne sait rien et qui se retrouve malgré elle dans les entrailles de la planète face à une ancienne civilisation. Arrivée à un sanctuaire, elle mettra la main sur le Trapezohedron, une entité mystérieuse douée de parole, qui va lui conférer une arme.

La narration se fera à travers cet être tout au long de l’aventure et ce n’est qu’au compte-goutte que vous en apprendrez davantage sur ce monde et ce qui a causé sa perte.

Sundered : Eldritch Edition se situe au croisement entre un metroidvania et un rogue-lite. Alliant exploration et combat, le titre ne cachera pas sa vraie nature: c’est lors de votre première mort que vous la découvrirez. Passer de vie à trépas n’est ici pas une fin mais une suite. Si vos premières minutes seront allouées à dévoiler la carte, à explorer le moindre recoin pour la rendre entièrement visible, vous vous apercevrez que cette première tâche ne sera qu’éphémère. En effet, les différentes régions qui composent l’aventure sont divisées en zones qui, elles-mêmes, sont découpées en salles. Si les zones resteront fixes, la structure des pièces variera à chacun de vos passages suite à une mort.

Maintenant, comment avancer dans cet univers impitoyable ? Eshe se contrôle très simplement. Un bouton est assigné à l’arme au corps à corps dont la forme est malléable en fonction des combos effectués. En enchaînant les frappes, une jauge violette augmentera. Une fois remplie, cette dernière permet de réaliser un coup fatal. Inversement, en restant hors-combat, cette même jauge diminuera. Même si vous ne disposez que de cette unique arme, Thunder Lotus Games a pensé à tout et chaque attaque couplée à une direction donnera lieu à une animation différente. Mieux encore, une fois le double saut débloqué, vous serez capable de réaliser de véritables ballets aériens. Mais si le contact physique vous déplaît, rassurez-vous : Eshe sera capable d’attaquer à distance grâce à un canon générant de volumineuses boules d’énergie (dans la limite de vos munitions).

Durant votre aventure, votre exploration vous fera découvrir des autels qui vous conféreront de nouvelles compétences. Double saut, charge, bouclier, nombreux sont ces outils qui vous faciliteront l’exploration notamment en vous ouvrant de nouveaux chemins.

Car qui dit metroidvania dit environnement qui se débloque au fur et à mesure que le personnage se renforce. La carte, très claire, vous indique l’emplacement des différents points d’intérêt et fait même briller les zones que vous pourriez encore explorer. Une particularité de Sundered, réside dans la possibilité de corrompre (ou non) nos compétences pour en extirper le plein potentiel… Mais à quel prix ?

N’oublions pas l’arbre de talents qui est au coeur de l’amélioration de votre personnage. En combattant vous mettrez la main sur de précieux éclats qui vous permettront d’acheter les augmentations de statistiques. Que ce soit plus de vie, plus de dégâts ou davantage de jauge d’esquive, vous ressentirez réellement une montée en puissance. Chaque nouvelle compétence acquise ouvrira une nouvelle branche de l’arbre. Et en plus de ces bonus de statistiques, vous pourrez équiper jusqu’à trois talents (quatre en respectant certaines conditions). Ces derniers offriront, dans la plupart des cas, un bonus contrebalancé par un malus. Arrivé à un certain stade de développement, revenir dans les premiers environnements deviendra une balade de santé face à des ennemis qui auront perdus de leur panache face à votre toute-puissance

Cependant, ces hostiles créatures ont la fâcheuse tendance à être imprévisibles. Autant vous pourrez marcher pendant quelques minutes sans en croiser un seul, autant il est possible qu’une horde entière se mette à vous poursuivre soudainement. Combattre vaillamment ne sera pas très gratifiant, la fuite devenant souvent le meilleur recours pour y mettre fin. Ce système quelque peu étrange se révèle assez frustrant et injuste par moment.

Mais votre personnage devra également affronter des adversaires plus coriaces. Des mini-boss vous permettront de vous échauffer. Par contre, les boss de région se mettront sur votre chemin et ces combats épiques seront le théâtre d’affrontements très graphiques et intéressants.

Pour finir, on peut noter qu’il est possible de jouer jusqu’à quatre joueurs, chacun n’ayant besoin que d’un Joy-con.

Visuellement au point depuis Jotun, Thunder Lotus Games a mis les bouchées doubles pour nous proposer un jeu aux environnements et personnages sortis tout droits des crayons des illustrateurs.

Un véritable plaisir pour les yeux qui sera malheureusement terni par la construction du titre. En effet, certains décors se ressemblent, donnant une dérangeante impression de répétition, et vos morts risquent de vous faire repasser par les mêmes salles, perdant ainsi de leur superbe initiale. Le bestiaire sera également une petite déception. Assez peu varié, certains ennemis n’auront pour différence que leur couleur. Heureusement, chaque boss de région demeure unique et sort réellement du lot. Eshe, quant à elle, dispose d’animations fluides et stylées et les différentes compétences et leurs améliorations corrompues offriront des variations graphiques appréciées.

Côté son, la musique d’exploration est assez discrète, mais ce choix est probablement volontaire et renforce le sentiment de solitude qui nous occupe tout au long de l’aventure. Les bruitages des armes et des ennemis sont de très bonne facture et apportent un tout complet à l’ambiance globale.

Votre première partie durera une quinzaine d’heures. Cependant, Sundered: Eldritch Edition  ne se terminera pas si simplement. Le titre dispose de trois fins en fonction de vos choix. Rien que ce détail gonflera la durée de vie d’autant plus que le gameplay sera différent si vous décidez de corrompre ou non vos compétences. Ajoutez à cela quatre modes de difficulté, dont une démente à débloquer.

Pour finir, notre portage sur Switch dispose de toutes les mises à jour sorties jusqu’à présent, dont le contenu additionnel “Magnat du gong” qui ajoute de nouvelles zones, un nouveau boss et le fameux mode multijoueur précédemment cité.

Là où certains rogue-lite frustrent par une absence notable de réelle évolution, Sundered: Eldritch Edition réussit à rendre l’expérience addictive. Avec un arbre de talents géant, des compétences à débloquer et à améliorer, une histoire dévoilée au fur et à mesure, la recette semble simple mais s’avère diablement efficace. Les améliorations continuellement apportées au gameplay en progressant dans les profondeurs de la terre pallient à l’absence de multiples armes. Répondant au doigt et à l’oeil, Eshe se montre agréable à contrôler, très agile et son gain en puissance est tout bonnement jouissif.

Malheureusement, on déplore quelques rares ratés comme des temps de chargements très long après chaque mort (environ vingt secondes), le concept assez discutable des hordes d’ennemis interminables ou encore l’impression de léger recyclage de ces mêmes ennemis. Néanmoins, Thunder Lotus Games nous livre un titre de qualité aux graphismes travaillés et doté d’un gameplay parfaitement en adéquation avec la console.

Test réalisé par Nadium sur une version offerte par l’éditeur
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