Test : Triangle Strategy sur Nintendo Switch

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Test : Triangle Strategy sur Nintendo Switch

8.5

SCENARIO

9.0/10

GAMEPLAY

8.0/10

GRAPHISMES

9.0/10

BANDE-SON

8.5/10

CONTENU ET DUREE DE VIE

8.0/10

Les plus

  • Un univers cohérent et immersif
  • Des choix avec des conséquences
  • Différents chemins pour différentes fins
  • Des combats classiques mais efficaces
  • Des graphismes en HD-2D magnifiques

Les moins

  • Peut-être un peu trop de dialogues
  • Et pas assez de batailles!
  • Un système d'évolution des armes léger
  • Pas de quêtes annexes

Test : Triangle Strategy sur Nintendo Switch

Test : Triangle Strategy sur Nintendo Switch

Genre : T-RPG
Langues : Anglais, Japonais Sous-titres : Français, Anglais
Développé par Artdink
Édité par Square Enix
Sortie France : 04/03/2022
Prix : 59,99€ sur l’eShop, 44,99€ version boîte
Taille : 6462,00 MB
Joueurs : 1
Age minimum : 12+

Site Web Officiel

SCENARIO

Square Enix est plutôt prolifique ces derniers temps et gâte les grands amateurs de J-RPG. Fidèle à sa réputation, et 1 an après la sortie de Bravely Default 2, l’éditeur fait son retour cette fois-ci avec le Tactical RPG Triangle Strategy, dans la digne lignée des Final Fantasy Tactics, Fire Emblem ou encore Tactics Ogre. Supervisé par l’équipe de Tomoya Asano (Octopath Traveler), le soft s’avère plus mâture et plus stratégique. Effectivement, on nous promet une histoire baignée de politique, de complots et de trahisons, avec des combats tactiques où l’environnement et les choix ont leur importance.

A la manière de Game Of Thrones, le scénario nous embarque sur le continent de Norzélia, dominé par trois grandes provinces (« maisons »). Au nord, le duché d’Aefrost a le monopole du fer, ses terres de glaces regorgeant de ce minerai. A l’est, les habitants de la ville sacrée d’Hyzante extraient le sel du lac. A l’ouest, enfin, le royaume de Glenbrook tire sa puissance des trésors de son fleuve. Ces différentes ressources ont généré nombre de convoitises qui menèrent à une Guerre de 30 ans.

La paix négociée, les trois maisons se sont mises d’accord sur la gestion conjointe des mines. Afin de renforcer les liens diplomatiques, il a été décidé que Serenor, l’héritier de Glenbrook, s’unirait à Frédérica Aesfrost. Hélas, alors que les festivités commençaient, le royaume de Glenbrook est le premier à subir un terrible sort…

GAMEPLAY

Le joueur incarne Serenor, l’héritier, en quête de paix et de vérité. Entouré de ses alliés, il va devoir faire la lumière sur les événements, protéger le continent tout entier ainsi que les siens. Le chemin n’est pas de tout repos puisqu’il se constitue de mensonges et de négociations, de batailles, d’enquêtes et de convictions. Le jeu se découpe exactement de cette manière. Ponctué de différentes phases, il pousse le joueur à effectuer des choix et à assumer les conséquences de ses actes.

Première phase. L’histoire se met en place et progresse, de chapitres en chapitres. Triangle Strategy est un jeu bavard qui fait la part belle à des dialogues de qualité et des événements bien ficelés. Le début du jeu désempare avec ses heures de discours. Nous découvrons chacun des personnages, ses origines, ses motivations et son caractère.

Cela peut être difficile à suivre, car ils sont assez nombreux. Heureusement, les développeurs ont pensé à tout. En appuyant sur X, un petit encadré décrivant le personnage apparaît, ce qui évite de se retrouver à ne plus savoir qui est qui.

Deuxième phase. Entre deux dialogues, nous avons la possibilité d’enquêter afin d’interroger certains PNJ. En général, ces moments anecdotiques nous permettent d’en apprendre plus sur l’histoire du royaume, son passé sanglant, ainsi que sa population, avec ses attentes et ses craintes. Lorsqu’une décision est à prendre, il est aussi intéressant d’entendre les rumeurs, afin de savoir avec qui nous allons pactiser. Cette phase est aussi un moyen de visiter les lieux, à la recherche de matériaux, d’argent et d’objets utiles. C’est dommage qu’on ne puisse pas aller au-delà de la zone d’exploration, cette dernière étant restreinte, avec peu de PNJ et de maisons.

Troisième phase. Une fois que nous avons obtenu toutes les informations nécessaires, c’est le moment de faire fonctionner la Balance des convictions. A chaque moment crucial, Serenor décide d’effectuer un vote afin que ses compagnons l’aident à décider de la voie à suivre. Allons-nous tremper dans des conspirations ou préférer l’honneur ? Décidons-nous de livrer tel personnage, ou au contraire de le protéger ? De nombreux choix moraux s’offrent à nous et déterminent la personnalité de Serenor. Car selon ses convictions (pragmatisme, éthique, liberté), l’histoire ne se développe pas de la même manière, les alliés sont plus ou moins faciles à convaincre et certains compagnons ne se rallient pas à notre cause.

Quatrième phase. Faire un choix mène généralement à une bataille, anticipée ou non. Et c’est là que les choses sérieuses commencent ! En vue du dessus, les combats se présentent sous la forme d’un quadrillage. Au tour par tour, nous déplaçons nos personnages sur plusieurs cases, et effectuons diverses actions comme utiliser un objet ou attaquer. Les amateurs de T-JRP à la Fire Emblem / Final Fantasy Tactics ne seront donc pas dépaysés.

Les personnages, lorsqu’ils sont vaincus, ne meurent pas au combat et reviennent toujours à la vie. De plus, il n’est pas possible d’aller réanimer un allié KO sur le champ de bataille. Il n’y a pas de forces et de faiblesses particulières entre les différentes armes. Néanmoins, il est possible de tirer profit du terrain, de la météo et des sortilèges pour piéger ses adversaires. Par exemple, un mage de feu peut incendier les hautes herbes. Une tempête peut altérer la précision des archers. Et l’eau peut conduire l’électricité, touchant tous les soldats en contact. Mais attention : nos compagnons sont aussi impactés et il faut faire preuve de prudence.

A côté de cela, il y a différentes manières d’attaquer les ennemis. Par derrière, afin d’effectuer un coup critique, ou en tenaille, afin de multiplier les dégâts en coopération. Il y a donc de nombreux éléments de stratégie, avec des combats parfois difficiles. Mais le fait que nos camarades ne meurent pas définitivement au combat, comme un Fire Emblem, nous empêche de vraiment nous impliquer totalement dans le conflit. Il est beaucoup plus facile de faire un sacrifice nécessaire, sachant que nous allons revoir l’allié à la fin du combat, plutôt que de réfléchir à une stratégie viable empêchant une disparition définitive.

En parallèle, nous avons des moments libres dans lesquels il est possible d’évoluer dans un campement. Nous y faisons du commerce, achetons des objets utiles, forgeons des armes et montons en grade. Les évolutions proposées restent assez sommaires, avec un système de craft pour améliorer les stats de ses armes. Il n’est pas aussi abouti qu’il aurait pu l’être mais fait l’affaire. Au niveau de l’équipement, on se contente de quelques anneaux et médaillons, et les personnages ont quelques compétences passives bien venues mais qui auraient gagné à être plus développées.

Les recrutements se font aussi dans le campement. Selon l’avancement dans l’histoire, des personnages peuvent décider de s’associer à nous. Il aurait été intéressant d’effectuer des actions spécifiques, ou de convaincre les guerriers en question pour les faire rejoindre notre cause. De plus, le nombre de personnage jouable est limité et nous nous retrouvons avec une équipe de maximum 20 combattants, ce qui n’est pas énorme.

GRAPHISMES ET BANDE-SON

Si Triangle Strategy est autant comparé à Octopath Traveler, c’est parce que l’équipe en charge s’est de nouveau orientée vers des graphismes en HD-2H. Un mélange d’environnements 3D sous Unreal Engine et de pixel-art qui fait totalement mouche. Cette direction artistique est prévue pour les prochains remakes de Dragon Quest III et Live A Live et on comprend pourquoi. Visuellement, c’est très joli, avec de superbes paysages et des intérieurs détaillés. Il n’y a rien de tel pour titiller les rétines des amateurs de J-RPG à l’ancienne.

Côté bande-son, un gros travail a été effectué sur les musiques, épiques et grandioses, ainsi que sur les bruitages et les doublages. Les voix sont intégralement en anglais ou en japonais, et la qualité est au rendez-vous. Les sous-titres en français restent en deçà des attentes, avec une traduction parfois approximative ou raccourcie. Pour ceux qui sont familiers de la langue de Shakespeare, le texte en anglais montre à quel point les dialogues sont développés, avec des termes parfois proches de l’ancien anglais.

CONTENU ET DUREE DE VIE

Toute la force de Triangle Strategy réside dans sa grande rejouabilité. Le fait de pouvoir influencer le déroulement de l’histoire, de faire des choix et d’avoir un parcours différent en fonction des convictions de Serenor pousse à recommencer plusieurs fois le jeu ou faire plusieurs slots de sauvegarde. Même si certaines décisions ont des conséquences plus ou moins similaires, le chemin emprunté peut s’avérer totalement différent. Nul besoin, donc, d’avoir du contenu supplémentaire à foison lorsqu’on se retrouve avec une centaine d’heures de jeu garanties.

Triangle Strategy est une belle réussite. Classique dans ses combats, solide dans sa stratégie, il tire son épingle du jeu dans sa capacité à impliquer le joueur dans son scénario. L’univers est cohérent, avec des personnages attachants et ayant une personnalité propre. Le système de choix, avec la Balance des convictions, guidé par la liberté, le pragmatisme et l’éthique, est original et permet à chaque partie de ne pas se ressembler. Visuellement très beau, nous avons ici un T-RPG de très bonne facture. Merci Square Enix!

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