Test : YU-NO : A Girl who chants love at the bound of this world sur Nintendo Switch

Test : YU-NO : A Girl who chants love at the bound of this world sur Nintendo Switch

Genre : Point & click, visual novel
Langues : Japonais Sous-titres : Anglais
Développé par 5pb.Games
Édité par Spike Chunsoft
Sortie France : 04/10/2019
Prix : 49,99€ sur l’eShop
Taille : 5339,35Mo
Joueurs : 1
Age minimum : 18

Site Web Officiel

YU-NO : A girl who chants love at the bound of this world est un jeu initialement sorti au Japon sur PC-98 en 1996. Il a ensuite été porté sur Sega Saturn et sur PC Windows. À l’époque, ce jeu érotique lorgnant sur le pornographique connut un vif succès. En effet, il renouvelait le genre du visual novel en proposant divers cheminements et autres fins alternatives. Le joueur n’était donc plus totalement passif devant son écran, et se sentait impliqué dans l’histoire qu’il suivait. D’autant plus que derrière une atmosphère résolument coquine se dissimulait un synopsis haletant, à base de voyages dans le temps et de réalités parallèles.

Il n’en fallut pas moins pour que le soft se forge une légende aux yeux des amateurs de culture japonaise. Et c’est en toute logique que vingt ans plus tard, les développeurs de 5pb.Games proposent une refonte totale de cet OVNI vidéoludique. Qu’en est-il de cette remise à neuf ? Vous le saurez quand tomberont, parallèlement, notre verdict et les dizaines de sous-vêtements croisés au cours de notre partie.

Le joueur incarne Takuya, surnommé par ses pairs « la libido ambulante ». Le lycéen, très porté sur la chose, n’a aucun mal à se remettre de la disparition soudaine de son père. Ce dernier, éminent scientifique au service d’un intrigant laboratoire, a bravé la foudre alors qu’il menait des travaux d’excavation. Les ouvriers du chantier partagèrent un sort identique. Pourtant, Takuya n’a que faire de son paternel, et préfère succomber au chant des sirènes. C’est donc dans un véritable harem ludique peuplé d’enseignantes sans vertu et de séduisantes camarades que notre loup choisira de rôder. Cependant, un colis va vite interpeller l’adolescent. Contenant un artefact et un étonnant miroir, l’emballage est accompagné d’une lettre signée par son propre géniteur ! Et s’il n’était pas mort ?

Aussi stupéfiant que cela puisse paraître, le scénario de YU-NO : A girl who chants love at the bound of this world est haletant et bien écrit. Les ingrédients classiques du jeu d’aventures temporelles sont présents, tels que des scientifiques véreux, des quiproquos surprenants ou des paradoxes. De plus, les dialogues, intégralement en anglais, ont été habilement traduits du japonais et l’humour est omniprésent.

Toutefois, il est tout bonnement impossible de passer à côté de l’aspect érotique du titre, tant il s’avère central. En outre, notre avatar est un déviant misogyne de la pire espèce et ne peut s’empêcher d’émettre des remarques graveleuses à la moindre occasion. Ainsi, il est difficile d’avoir de l’empathie pour lui, même si quelques heures suffisent à nuancer sa personnalité. En effet, derrière ce champion de la beaufitude se dissimulent quelques valeurs noyées dans beaucoup (trop) de gras ! Autant dire que la place de la femme dans l’oeuvre va en faire tiquer plus d’un.

Le gameplay de YU-NO : A girl who chants love at the bound of this world peut sembler classique de prime abord. Mais il ne faut pas oublier que le titre a posé les piliers des standards actuels du visual novel. Toutefois, il emprunte davantage au point & click. Le joueur peut se promener d’un lieu à l’autre et cliquer sur une foultitude d’éléments afin de les analyser. Les allergiques à la lecture risquent de se sentir frustrés, car YU-NO est extrêmement bavard et certains objets sont cliquables à plusieurs reprises. Il en va de même pour l’ensemble des personnages, notamment féminins. Vous pourrez alors profiter des commentaires rigoureusement poétiques de Takuya sur leur poitrine, leur petite culotte, leur fessier, etc. Charmant ! D’autant plus que la pratique s’avère indispensable pour orienter tel ou tel cheminement (lequel dépend de la dulcinée qui aura jeté son dévolu sur vous).

Mais le charme de l’aventure réside dans la manipulation temporelle. L’artefact possédé par notre héros lui permet, moyennant un certain nombre d’orbes, de créer des points de sauvegarde. Il peut ainsi obtenir un objet dans le futur, et retourner dans le passé afin de débloquer une voie en brandissant ladite babiole devant un protagoniste. En résulte un système riche qui nécessitera de longues heures de recherche. Même s’il faut avouer qu’une solution est indispensable pour faire le tour du voyage.

Enfin, il faut savoir que chaque route aboutit à une sulfureuse scène de sexe, que vous n’aurez pas la chance d’admirer. La version Switch est en effet censurée. Un écran noir remplacera ces turpitudes, contrairement à la version PC restée intacte ! On se demandera l’intérêt de cet entre-deux, mi-graveleux mi-puritain, car l’essence même de YU-NO réside dans son atmosphère torride. À noter qu’aucun thème n’est épargné, allant du semi-inceste à la relation sadomasochiste.

Graphiquement, le soft est convainquant. Ainsi, ce nouveau YU-NO : A girl who chants love at the bound of this world propose des décors modernisés. Aussi, il troque des écrans fixes contre des personnages sensiblement animés, même s’il faut se contenter de mouvements labiaux. Le chara-design s’actualise également, mais il risque de brusquer les amateurs de la première heure. En effet, le jeu perd ce charme inégalable qui l’ancrait dans l’ambiance des animes typés 90. À la place, nous retrouvons des visages sans véritable étincelle graphique. Nous remarquons en outre que les personnages masculins ont joui d’un moindre soin, et ressemblent presque à ces avatars standards d’un RPG Maker. De leur côté, les demoiselles, sexualisées à l’excès, s’offriront toujours à nous dans des poses incroyablement suggestives. Beaucoup trop, d’ailleurs, ce qui a tendance à lisser leur personnalité.

Musicalement, la production de 5pb.Games s’en sort honorablement, même si certains morceaux risquent de vous taper sur les nerfs. C’est toutefois assez fréquent dans un genre où l’on repasse des centaines de fois devant le même endroit ! En revanche, il faut saluer la remarquable performance des doubleurs, qui ont déclamé l’intégralité des textes du jeu ! C’est assez impressionnant, tant loquace est l’aventure. De plus, les comédiens mettent du cœur à l’ouvrage, et les joutes verbales et autres parades de séductions sont criantes de vérité.

Contrairement à ses pairs, YU-NO : A girl who chants love at the bound of this world vous tiendra bien plus d’un après-midi. Très lent à se mettre en route, il réclame plusieurs parties successives avant d’en voir le bout. En effet, la véritable fin ne s’offre à l’apprenti Dom Juan qu’au bout d’une trentaine d’heures, au minimum. De surcroît, la difficulté du titre est assez élevée, compte tenu des multiples possibilités en termes de cheminements. Bien souvent, la solution sera salvatrice, car la narration mâche rarement le travail. Et notre pauvre Takuya devra souvent faire quinze fois le tour de la ville avant de déclencher la prochain séquence.

Le système mis en place fait en sorte d’éviter toute lassitude. Ainsi, revoir certaines scènes ne sera jamais un calvaire, et vous pourrez librement emprunter des chemins alternatifs. Les développeurs ont incorporé une avance rapide, activable via une gâchette. Cela permet de ne pas crouler sous de longues et vaines palabres. Mais il faut garder à l’esprit qu’une fois l’aventure parcourue en long et en large, la rejouabilité est très faible. Il faudra alors se contenter des souvenirs d’une sympathique épopée à travers l’espace-temps, ponctuée de rebondissements, de trahisons, et de silhouettes cambrées.

Véritable révolution de son époque, YU-NO : A girl who chants love at the bound of this world a plutôt bien vieilli. Ses mécanismes permettent au voyageur du temps d’emprunter divers cheminements narratifs, ce qui casse la linéarité de l’aventure. Toutefois, l’efficace scénario conté est constamment entrecoupé de scènes érotiques souvent maladroites. En effet, la lourdeur du personnage principal tend vers une grossièreté peu affriolante. Paradoxalement, le jeu a subi les foudres de la censure, et les scènes de sexe torride ont tout bonnement disparu ! Finalement, si vous êtes un amateur de visual novels, vous ne pouvez passer à côté de ce pionnier du genre. Mais soyez prévenus qu’il faudra effeuiller bien des nuisettes avant d’en voir le bout.

Test : YU-NO : A Girl who chants love at the bound of this world sur Nintendo Switch réalisé par Yorick sur une version offerte par l’éditeur
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